De pierre et d'os

Couverture du livre « De pierre et d'os » de Berengere Cournut aux éditions Le Tripode
  • Date de parution :
  • Editeur : Le Tripode
  • EAN : 9782370552129
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l'Arctique depuis un millier d'années. Jusqu'à très récemment, ils n'avaient d'autres ressources à leur survie que les animaux qu'ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au... Voir plus

« Les Inuit sont un peuple de chasseurs nomades se déployant dans l'Arctique depuis un millier d'années. Jusqu'à très récemment, ils n'avaient d'autres ressources à leur survie que les animaux qu'ils chassaient, les pierres laissées libres par la terre gelée, les plantes et les baies poussant au soleil de minuit. Ils partagent leur territoire immense avec nombre d'animaux plus ou moins migrateurs, mais aussi avec les esprits et les éléments. L'eau sous toutes ses formes est leur univers constant, le vent entre dans leurs oreilles et ressort de leurs gorges en souffles rauques. Pour toutes les occasions, ils ont des chants, qu'accompagne parfois le battement des tambours chamaniques. » (note liminaire du roman) Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n'a d'autre solution pour survivre que d'avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d'une quête qui, au-delà des vastitudes de l'espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

Deux ans après son roman Née contente à Oraibi, qui nous faisait découvrir la culture des indiens hopis, Bérengère Cournut poursuit sa recherche d'une vision alternative du monde avec un roman qui nous amène cette fois-ci dans le monde inuit. Empreint à la fois de douceur, d'écologie et de spiritualité, De pierre et d'os nous plonge dans le destin solaire d'une jeune femme eskimo.

Édition augmentée d'un cahier de photographies.

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  • De pierre et d'os est un très beau roman, qui nous emmène au cœur de l'Arctique, chez les Inuits. Plus de 200 pages d'une écriture poétique, telle un conte. C'est une des magies de la littérature, de nous arracher à notre quotidien et de nous emmener loin, très loin.
    Grâce à l'enthousiasme des...
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    De pierre et d'os est un très beau roman, qui nous emmène au cœur de l'Arctique, chez les Inuits. Plus de 200 pages d'une écriture poétique, telle un conte. C'est une des magies de la littérature, de nous arracher à notre quotidien et de nous emmener loin, très loin.
    Grâce à l'enthousiasme des libraires, de tous les libraires, ce roman a déjà conquis bien des lecteurs. Et vous ?

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  • Ce roman, couronné du Prix du roman Fnac m'a littéralement enchanté. Un très beau coup de coeur et certainement un roman que je vais énormément offrir.

    Une nuit, aux confins du monde, la fracture de la banquise sépare Uqsuralik, adolescente inuit, de sa famille. Plongée dans la pénombre et le...
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    Ce roman, couronné du Prix du roman Fnac m'a littéralement enchanté. Un très beau coup de coeur et certainement un roman que je vais énormément offrir.

    Une nuit, aux confins du monde, la fracture de la banquise sépare Uqsuralik, adolescente inuit, de sa famille. Plongée dans la pénombre et le froid polaire, elle n'a d'autre solution pour survivre que d'avancer pour trouver un refuge.

    Bien sûr, le dépaysement est total, l'Arctique, ses paysages arides. La violence de qu'il impose aux hommes qui n'ont de cesse de chasser la faim, de combattre le froid. Sa faune, ours phoques annelés, perdrix des neiges, renards blancs …
    Bérengère Cournut a adopté une démarche d'ethnographe en s'immergeant dans la bibliothèque du Museum d'histoire naturelle ( plus particulièrement dans les fonds polaires de Jean Malaurie et les fonds d'archives de Paul-Emile Victor ), tout sonne vrai, juste, authentique, que ce soit pour décrire cette nature incroyablement belle et hostile, ou les coutumes et le quotidien des Inuits sans idéalisation. L'imaginaire du lecteur est stimulé sans être racolé. le Grand Nord n'est pas que du décor exotique pour faire joli.

    Non, l'environnement acquiert immédiatement une dimension métaphysique, la quête de Uqsuralik, menée dans des conditions extrêmes, met à l'épreuve sa force de caractère et lui révèle son monde intérieur. En lisant de pierre et d'os, j'ai pensé à une interview dans Libération du philosophe Baptiste Morizot - qui m'avait beaucoup impressionnée - sur l'animalité de l'être humain constitutive de son identité, l'homme étant replacé au sein de la communauté animale, dans la chaine alimentaire et non au-dessus. Lors de l' errance arctique de son héroïne, Bérangère Cournut décrit une Uqsularik à la sensibilité directement branchée sur la multiplicité des formes de vie qui habitent ce milieu arctique et le constituent. Elle voit à travers les yeux des animaux qui l'entourent, elle a éveillé un oeil qui voit l'invisible, un oeil de l'esprit, sans angélisme ou niaiserie. En fait c'est toute la question du rapport à la nature de l'homme qui est en jeu, au fil des mots, en toute humilité. Cela m'a touché.

    A cette dimension métaphysique, se superpose une dimension plus existentialiste, d'autant plus puissante. Dans ce roman initiatique, on voit une adolescente sans famille devenir femme, puis mère. On la voit s'emparer de sa vie pour devenir puissante, transcendée par sa résilience, sa résistance aux épreuves, puis par le chamanisme auquel elle est initiée. Elle aime, elle haït, elle souffre, elle attise le désir, la convoitise et la jalousie. C'est avant tout un autre de chair agité par des émotions universelles qui nous emportent avec force. Un être éminemment romanesque qui parle à tous les éléments, à tous les êtres vivants, et même aux créatures polaires comme l'homme-lumière ou le géant de dessous les pierres.

    J'avais déjà goûté à la plume ciselée de Bérengère dans Par delà nos corps. Je l'ai encore plus appréciée ici tellement elle enveloppe la quête de Uqsularik de simplicité et d'intensité. Elle sait se faire poétique, tout particulièrement dans les chants qui entrecoupent le récit et accompagnent ses moments forts pour les intensifier.

    Extrait du chant d'Uqsularik lorsqu'elle comprend qu'elle attend enfin un nouvel enfant

    « Depuis que je sais qu'un enfant est là
    Qu'un enfant va passer par moi
    Je ris, je ris en secret
    Je ris comme une brassée de palourdes
    Qui roulent depuis les collines
    Jusqu'aux galets lourds
    Du rivage.
    Et depuis plusieurs lunes
    Que le sang bat et reste en moi
    J'ai l'impression que
    Sous la banquise
    La mer rit avec moi. »

    Une merveille à lire dans un écrin à la hauteur, entre cette couverture magique et le carnet de photographies prises au début du XXème siècle.

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  • Attention pépite ♥

    Une très très belle double découverte pour moi - merci Antony - les éditions Tripode (voir Vigile) et cette pépite "De pierre et d'os".

    Son écrin est superbe, une couverture qui invite au rêve, à l'évasion réalisée par Juliette Maroni. A l'intérieur de cet écrin une...
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    Attention pépite ♥

    Une très très belle double découverte pour moi - merci Antony - les éditions Tripode (voir Vigile) et cette pépite "De pierre et d'os".

    Son écrin est superbe, une couverture qui invite au rêve, à l'évasion réalisée par Juliette Maroni. A l'intérieur de cet écrin une plume enchanteresse, poétique qui nous emmène en Arctique à la découverte des Inuits et de leur mode de vie.

    Bérengère Cournut nous propose de suivre le destin d'Uqsuralik, une jeune inuit qui suite à de fortes douleurs au ventre, sort de l'igloo en pleine nuit pour découvrir qu'elle est devenue femme. C'est un bouleversement qui se déroule en elle, une étape.

    Tout à coup, un immense craquement et la banquise se fendille en deux laissant d'un côté l'igloo familial, ses affaires, ses attaches.

    Son père sort rapidement et lui lance une amulette - une dent d'ours pour la protéger - une peau d'ours et un harpon qui malheureusement se cassera en arrivant à proximité d'Uqsuralik. C'est tout ce dont elle disposera pour survivre, enfin presque car trois chiots la regardent en grognant ainsi que sa chienne Iksaluk.

    Commence alors une longue marche vers la survie, son apprentissage à la vie, sa quête d'identité. Un magnifique roman d'initiation.

    L'écriture est poétique, les différents chapitres entrecoupés de chansons, de complaintes magnifiques. C'est beau, original, touchant, ce sont des respirations dans ce monde souvent hostile.

    C'est l'Arctique, les conditions de vie difficiles du peuple Inuit qui nous sont contées avec beaucoup de pudeur et de délicatesse. L'écriture est superbe.

    Ce voyage initiatique qui aborde la vie de tous les jours, la chasse, l'errance, la cueillette, les réserves, les constructions des maisons d'été et de glace, la vie communautaire mais aussi la difficulté d'être femme, de trouver sa place, la nécessité de la maternité, l'amour, la mort, la vie et ses traditions.

    On vit au rythme des saisons, du temps qui passe, à la rencontre des gens, des tribus. On découvre la beauté de la nature mais aussi les conditions extrêmes lorsque les éléments se déchaînent, ses dangers.

    Un autre aspect très important et non des moindres est mis en avant, c'est le pouvoir des esprits, le monde obscur des chamanes. C'est fascinant, éblouissant.

    Un récit qui sort de l'ordinaire, que je n'ai pu quitter. Une très belle découverte que je vous recommande vivement.

    Un immense coup de coeur

    Les jolies phrases

    Un iceberg est un monde qui peut basculer à tout moment.

    Nous allons loin parfois. Au-delà de la baie, au pied des icebergs qui passent au large. Ces géants de glace sont comme des montagnes posées sur l'eau. Aux heures où le soleil monte dans le ciel, ils sont éblouissants, on ne peut pas les regarder sans se blesser les yeux. Ils parlent une langue étrange - de succion, d'écoulements et de craquements. Ils sont plus imprévisibles encore que la banquise.

    Nous avons atteint la montagne. L'homme guidait ses chiens entre les monticules, les crevasses. La pente glissait sous leurs pattes comme un saumon bien gras dans la gueule d'un ours. Des larmes de froid coulaient sur mes joues et la lumière s'intensifiait à mesure que nous montions. D'où nous étions, le rivage apparaissait parfaitement blanc. Il étincelait même, plus lumineux que la banquise encore grise par endroits. Au loin, la mer était sombre. Je ne me souvenais pas d'avoir déjà vu l'eau libre en cette saison. Sans doute parce que je ne suis jamais montée si haut dans la montagne en hiver.

    Ma vieille mère a d'ailleurs décrété qu'elle ne s'approcherait plus de l'eau ni de la glace lisse. Elle ne veut plus voir son visage. "Quand on a une fille qui s'apprête à avoir des petits-enfants on ne doit plus essayer de regarder ses rides, assure-t-elle. Ce sont des crevasses profondes dans lesquelles on tombe trop facilement."

    Durant ma longue vie d'Inuit, j'ai appris que le pouvoir est quelque chose de silencieux. Quelque chose que l'on reçoit et qui - comme les chants, les enfants - nous traverse . Et qu'on doit ensuite laisser courir.




    https://nathavh49.blogspot.com/2019/08/de-pierre-et-dos-berengere-cournut.html

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