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De colère et d'ennui ; Paris, chronique de 1832

Couverture du livre « De colère et d'ennui ; Paris, chronique de 1832 » de Thomas Bouchet aux éditions Anamosa
  • Date de parution :
  • Editeur : Anamosa
  • EAN : 9791095772378
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

La bourgeoise Adélaïde, épouse hypocondriaque d'un scientifique du Jardin des plantes s'ennuie à mourir. Épouvantée par le choléra et les insurrections, elle se délecte du chocolat de Marquis et dévore la Gazette des tribunaux. Émilie la saint-simonienne se bat du haut de Ménilmontant pour faire... Voir plus

La bourgeoise Adélaïde, épouse hypocondriaque d'un scientifique du Jardin des plantes s'ennuie à mourir. Épouvantée par le choléra et les insurrections, elle se délecte du chocolat de Marquis et dévore la Gazette des tribunaux. Émilie la saint-simonienne se bat du haut de Ménilmontant pour faire émerger la cause féministe. Louise, marchande ambulante du centre de Paris, atteinte du choléra et soupçonnée d'avoir participé à l'insurrection, est soumise à l'interrogatoire de la police, du juge et du médecin. Lucie, la mystique en extase, jouit du corps du Christ et de celui de Marthe au fond sa cellule.
Comment situer ce texte inclassable, oeuvre littéraire d'un historien, à mi-chemin entre le Martin Guerre de Natalie Zemon Davis, le Pierre Rivière de Foucault et la fresque romanesque ? « Tout est vrai, mais rien n'est vrai » nous dit Thomas Bouchet, historien talentueux du sensible et amoureux rigoureux de littérature. Ces femmes sont fictives, mais leur incarnation aux accents hyperréalistes se développe à travers l'usage minutieux des archives. Ce sont le corps et ses humeurs, l'expérience sexuelle, les maux de dents, le goût du chocolat ou celui de l'eau de vie dans les estaminets. L'éclat de réel du paysage avec la girafe du Jardin des Plantes, ces indigènes qui traversent le paysage et les faits divers. Mais le tour de force littéraire et politique réside aussi et surtout dans la voix des femmes. Toutes sont recluses, c'est leur condition, que ce soit dans « l'île » du Jardin des plantes, le couvent de la rue Neuve Sainte-Geneviève, la colline de Ménilmontant et la prison la vraie, Saint-Pélagie, pour Louise. Bouchet donne la parole aux femmes, alors que les hommes en sont privés. Chacune a un mode d'expression qui s'accorde avec sa condition : la bourgeoise a accès à la correspondance et se prête à des essais littéraires, pour la religieuse c'est le journal intime, pour la militante, le discours, la harangue, et la marchande, la plus précaire de toutes, parle à travers les minutes des interrogatoires.
L'effet de réel est parfait.

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