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Danse avec la foudre

Couverture du livre « Danse avec la foudre » de Jeremy Bracone aux éditions L'iconoclaste
Résumé:

Figuette est ouvrier à la chaîne et père célibataire de la petite Zoé depuis que sa femme, Moïra, a fugué. Elle était aussi fragile et imprévisible que passionnée et irrésistible.
Comment reconquérir l'amour de sa vie ? Pour séduire Moïra, il avait été capable de si belles folies. Pour qu'elle... Voir plus

Figuette est ouvrier à la chaîne et père célibataire de la petite Zoé depuis que sa femme, Moïra, a fugué. Elle était aussi fragile et imprévisible que passionnée et irrésistible.
Comment reconquérir l'amour de sa vie ? Pour séduire Moïra, il avait été capable de si belles folies. Pour qu'elle revienne, il doit faire encore plus... L'usine qui l'emploie va fermer. Avec sa bande, ils luttent, en vain. Il n'aura pas les moyens d'emmener sa famille en vacances à la mer. Il l'avait promis. Alors, pour ne pas décevoir sa fille et reconquérir sa femme, il invente des vacances en carton-pâte dans le sous-sol de sa maison. Mais rien ne va se dérouler comme prévu...
Jérémy Bracone est né en Lorraine, dans la cité ouvrière de Villerupt. Dans Bella Ciao, il fait vivre autant la solidarité indéfectible de ces femmes et de ces hommes que le recours à la fantaisie pour surmonter le malheur. On y retrouve aussi la poésie tendre du film La vie est belle de Begnini et toute la volonté d'un père de préserver son enfant.

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Articles (1)

Avis (16)

  • Nous sommes en Lorraine, terre de travail ravagée par les fermetures d'usines et les délocalisations. Voilà la foudre qui s'abat sur tout ce monde ouvrier qui se bat pour préserver sa dignité. quelques coups rendus au patronat , beaucoup de solidarité , beaucoup d'amour perdu, c'est la trame de...
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    Nous sommes en Lorraine, terre de travail ravagée par les fermetures d'usines et les délocalisations. Voilà la foudre qui s'abat sur tout ce monde ouvrier qui se bat pour préserver sa dignité. quelques coups rendus au patronat , beaucoup de solidarité , beaucoup d'amour perdu, c'est la trame de ce roman.
    Un jeune couple ne résiste pas aux assauts de cette désindustrialisation, Moïra est une femme enfant , Figuette son jeune époux n'en a pas le mode d'emploi, et quand vient un bébé, Moïra fait des fugues, elle exige trop de l'amour et son environnement ne le permet pas. Figuette a de l'imagination pourtant,( un grand moment quand il emmène sa fille en vacances dans son garage).
    C'est un premier roman assez loufoque , tragi-comique, j'ai éprouvé de l'empathie pour Figuette et ses copains , pas trop pour Moïra, un peu caricaturale sûrement. La spontanéité et les défauts d'un premier roman à forte connotation sociale. Se lit d'une traite.
    Merci aux Edts de l'Iconoclaste pour leur confiance.

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  • « Car la vie entre les femmes et les hommes est un orage perpétuel. L'air entre leurs visages est plus intense plus hostile, plus fulgurant qu'entre les arbres ou les pierres. Parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment, tue vraiment. C'est l'amour. » - Pascal Quignard,...
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    « Car la vie entre les femmes et les hommes est un orage perpétuel. L'air entre leurs visages est plus intense plus hostile, plus fulgurant qu'entre les arbres ou les pierres. Parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment, tue vraiment. C'est l'amour. » - Pascal Quignard, Villa Amalia

    « Il n'y en aurait jamais d'autres qu'elle. Là, devant ce miroir, il en avait la certitude. Ses délires espiègles, il ne pouvait envisager de s'en passer. Et tant pis si elle lui en faisait baver. Elle était immature et égoïste. Son refus de l'ordinaire, son inaptitude à vivre le quotidien n'autorisaient pas la moindre faute. C'était le prix à payer pour côtoyer ses exquises folies, les nuages d'où à tout moment il espérait voir jaillir la lumière. Alors l'orage pouvait gronder, il y ferait face. Il serait le paratonnerre de ses colères, la laisserait se décharger sur lui de ces forces sombres qui l'embrasaient avant de la laisser sans défense. Après la tempête, ensemble ils connaîtraient de nouveau le printemps. »

    Danse avec la foudre est le 1er roman de Jérémy Bracone. Hasard des réceptions des livres voyageurs dans le cadre de cette session 2021 des #68premieresfois, il est le 2e que je lis, à quelques jours d'intervalle, à avoir pour cadre le bassin lorrain et précisément la même ville de Villerupt. le 1er, Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin, ne m'ayant pas vraiment convaincue, autant vous dire que j'entrais du bout des yeux dans un autre roman ancré dans ce territoire sinistré, laminé par les faillites industrielles et les délocalisations d'usines en dépit de subventions généreuses, dans cette France à l'abandon depuis la fermeture des hauts-fourneaux, coincée entre revendications syndicales et plans sociaux.

    Je le confesse, il y avait cette crainte un peu sotte de tomber dans du déjà-lu.
    Ça, c'était avant. Avant de savoir que j'allais à la rencontre de Bolchoï, Piccio, Pop, les frères Ronzi, la grand-mère Tatta, Wanda, Nourdine, Karima... et Figuette. Une bande d'hommes et de femmes attachants, soudés et fidèles en amitié, de sacrés débrouillards qui composent avec une réalité bien rugueuse et aiment à se retrouver autour d'un verre au Spoutnik

    « Les psys, c'est juste bon pour les bourgeois qui n'ont pas de copains. Chez nous, quand on a un truc sur le coeur, on va au bistrot et on met verres sur table. »

    et à improviser un barbecue dans leurs jardins ouvriers où ils cultivent de quoi améliorer l'ordinaire à peu de frais alors que les factures s'entassent et les salaires accusent plusieurs semaines de retard.
    D'autres, comme Nourdine et Karima son épouse, sont partis travailler au Luxembourg voisin où la paie plus avantageuse permet de s'offrir une belle voiture et une maison plus cossue que celles, décrépies et vétustes, de la Caserne.

    Ne vous méprenez pas, Danse avec la foudre n'est pas un roman social, du moins il n'est pas que cela. C'est aussi le récit intime d'une histoire d'amour qui a pris fin, du jour au lendemain, quand Moïra s'est évaporée, laissant Figuette seul avec leur petite Zoé.

    « La dernière fois que Figuette avait vu sa femme, elle traversait la cuisine avec un panier de linge sale. […] Les jours précédents, Moïra s'était montrée câline. […] Et ce n'était pas bon signe, pas du tout. »

    Figuette, anéanti, se souvient.
    De sa rencontre avec la toute jeune et farouche Moïra, 15 ans à peine ;
    De la fantasque et immature Moïra, dont le petit grain de folie pimentait sa vie et lui plaisait tant ;
    De Moïra la fragile, l'abandonnée à qui « il était arrivé de se sentir si seule, […] que lorsqu'une mouche venait à se poser sur elle, elle fermait les yeux et la laissait explorer son épiderme, en imaginant que ces chatouilles étaient des caresses » ;
    De cette femme-enfant versatile, capable de se déchaîner pour des riens, qu'il calmait en inventant des fictions peaufinées dans les moindres détails afin que « sa jeune épouse s'oublie dans d'autres histoires que la sienne, loin de la médiocrité du quotidien. [Car] Moïra rêve de romance, d'une vie écrite par un dieu qui aurait enfin du talent » ;
    De Moïra, jeune mariée tout émue de remonter l'allée de l'église désaffectée aux murs de tôle que la rouille rongeait ;
    De Moïra, déboussolée de se découvrir enceinte ;
    De Moïra, trop éprise de liberté pour résister à l'ennui, et qui les a abandonnés, lui et Zoé, sans se retourner.

    Les jours se changeront en semaines, les semaines en mois. de cette dernière fugue, Moïra ne reviendra pas, pas plus qu'elle ne répondra aux messages laissés par Figuette qui sait déjà qu'il ne l'oubliera pas.

    « Non, lui ce qu'il aime, c'est les chieuses, les passionnées, les folles furieuses. Définitivement. Mais pas n'importe quelle chieuse, une en particulier. Une seule et de toute éternité. »

    Danse avec la foudre raconte un père, redevenu célibataire, prêt à tout pour sa fille, jusqu'à lui promettre des vacances au bord de la mer qu'elle n'a jamais vue alors même que le démantèlement de l'usine scelle la perte de son emploi et la perte d'argent qui va avec. Les amis ne lui ont-ils pas conseillé autrefois « Fais-la rêver. Sors-lui le grand jeu, t'as encore des cartes dans ta manche » ? Alors, la mer, Zoé la verra. Ils iront camper. Elle dormira sous la tente avec Mouche, le chien, ou à la belle étoile, construira des châteaux de sable, partira à la chasse au trésor. Ensemble, ils feront des parties de pêche, sauteront dans les vagues, se fabriqueront des souvenirs pour plus tard. Ces moments d'évasion estivale volés à la grisaille du quotidien sont le cadeau d'un père pour qui, décidément, rien n'est impossible. Au diable la raison quand il s'agit de ne pas décevoir sa fille !

    Jérémy Bracone signe là un 1er roman poétique et tendre, qui questionne le rôle de la fiction. Est-ce « de créer des mondes imaginés, que les lecteurs aiment habiter et qui les poussent à penser leurs propres vies » comme le suggère Salman Rushdie ? Pour Figuette, Zoé et Moïra, passer par la fiction permet de faire face à un quotidien en berne quand la tristesse éteint les jours, en tenant le réel à une distance respectable. Quand ces petits arrangements avec le réel n'ont plus suffi, Moïra s'est enfuie. Que feront Figuette et Zoé ?

    L'auteur aborde avec une égale délicatesse des sujets qui dépriment autant que l'amitié pudique et sincère réconforte.

    « Les copains s'inquiètent pour Figuette, ils le visitent comme une vieille tante malade. À tour de rôle, ils trouvent un prétexte pour passer à la maison. »

    Si tout sonne étonnamment juste, de la description de ce coin de France aux dialogues des personnages, c'est parce que l'auteur est un conteur épatant. « Il était une fois » en 4e de couverture ne trompe pas, pas plus que les citations de J. M. Barrie et Platon en exergue. La réussite de ce roman tient au regard différent que Jérémy Bracone pose sur une situation bien glauque, terrible et ordinaire. Elle tient aussi à ce que ce n'est pas un « je » qui se raconte en accaparant la page ; le récit à la 3e personne autorise une distance au personnage - magnifique Figuette -, que l'on découvre alors dans toute son authenticité, sans affectation ni subjectivité. Alors que parfois les larmes hésitent à venir éteindre le rire, Danse avec la foudre, roman touchant, rugueux, doux car pétri d'humanité, avait tout pour sombrer dans le mélo complaisant. Il l'évite joliment, jusqu'à la toute dernière phrase.

    1er roman, lu pour la session 2021 des #68premieresfois
    https://www.calliope-petrichor.fr/2021/03/01/danse-avec-la-foudre-jérémy-bracone-éditions-de-l-iconoclaste/

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  • Figuette, ouvrier élève seul sa petite fille Zoé depuis le départ de Moïra sa femme, mère et femme fantasque et imprévisible. Encore une fois Moïra a fugué mais cette fois-ci elle n’est pas revenue et Figuette garde l’espoir d’un retour.
    Pour elle il a été d’actes incroyables et complètement...
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    Figuette, ouvrier élève seul sa petite fille Zoé depuis le départ de Moïra sa femme, mère et femme fantasque et imprévisible. Encore une fois Moïra a fugué mais cette fois-ci elle n’est pas revenue et Figuette garde l’espoir d’un retour.
    Pour elle il a été d’actes incroyables et complètement fous.
    Sans argent depuis la faillite de son usine il ne peut tenir la promesse faite à Zoé « partir en vacances ». Une promesse est une promesse ;
    Alors il va créer des vacances imaginaires pour enchanter la vie de Zoé . Ce sera leur secret.
    Il ne cesse d’espérer et de croire que les photos qu’il poste sur les réseaux sociaux feront revenir Moïra.
    Un joli livre sur l’amitié, sur l’amour, sur l’espoir d’un monde meilleur

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  • Cette sélection compte, à ma connaissance, au moins deux livres sur ma région d'origine : La Lorraine, région industrielle autour de l'acier qui paye bien trop chèrement son total abandon par l'État... 

    Plongée donc, ici, dans un premier roman oscillant entre histoire d'amour compliquée,...
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    Cette sélection compte, à ma connaissance, au moins deux livres sur ma région d'origine : La Lorraine, région industrielle autour de l'acier qui paye bien trop chèrement son total abandon par l'État... 

    Plongée donc, ici, dans un premier roman oscillant entre histoire d'amour compliquée, amitiés ouvrières, mixité sociale, immigration c'est plus particulièrement la vie du narrateur à laquelle s'attache son lecteur. Drôle de personnage que ce Figuette, à la fois attachant, sensible dans l'amour admirable qu'il porte à sa fille Zoé  mais aussi exaspérant dans son idolâtrie insensée de Moïra, sa compagne et la mère de Zoé en fuite. Une passion née alors que Moïra n'avait pas encore 18 ans, une personnalité indiscutablement perturbée, instable pour laquelle Finguette est obligé de scénariser chaque rencontre sur un thème pour la séduire, l'aimer et se sentir un peu aimé. Une succession de hauts et bas, de fuite et de fusion qui n'est que chaos et qui débouche néanmoins sur la naissance de Zoé puis le départ de Moïra sans laisser de coordonnées ni de pistes pour la retrouver laissant le narrateur toujours éperdument amoureux. Tout cela se joue dans une région qui se désindustrialise à une une vitesse grand V dont les groupes industriels étrangers jouent sur les subventions pour s'installer et puis déménager sans se soucier des ouvriers et employés replongé dans la précarité et leur vole leur production et leurs outils vers des cieux moins coûteux... A travers la petite communauté dans laquelle Figuette évolue, avec laquelle il partage quelques instants de bonheurs et de soutien, c'est le récit de la désespérance humaine, d'une certaine misère sociale mais heureusement d'une certaine solidarité et d'une belle histoire d'amour entre un père et sa fille, son combat pour lui offrir le meilleur et le rêve.

    Un joli récit  qui se lit facilement, un premier roman séduisant.

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  • Après les mines, ce sont les usines menacent de mettre sur la touche la bande de potes. En Lorraine, les relents d’une Italie lointaine continuent à illuminer le décor industriel. Mais la fin de rêve a un nom : délocalisation. Et l’église de métal qui se dresse au centre de la ville est témoin...
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    Après les mines, ce sont les usines menacent de mettre sur la touche la bande de potes. En Lorraine, les relents d’une Italie lointaine continuent à illuminer le décor industriel. Mais la fin de rêve a un nom : délocalisation. Et l’église de métal qui se dresse au centre de la ville est témoin de la décrépitude ambiante : naguère prototype et garante d’une réussite économique, elle ne vaut pas plus que son poids de rouille, le prix d’un pavillon modeste.


    Pour Figuette, le désastre ne s’arrête pas là, la mère de Zoé s’est envolée, et avec elle, les colères, les éclats de verre, l’immaturité, mais aussi les soirées de plaisir, la beauté, la fougue de sa jeunesse.

    Pas de travail, pas d’argent. Impossible de quémander auprès de la famille ou des amis, il faut alors réinventer le quotidien pour offrir des vacances de rêves à l’enfant, à grand coup de bluff et de selfies .

    Roman social, sur fond de crise économique, et roman d’un amour perdu, voué à un échec programmé.

    Dans un style mâtiné d’italien, et de langue du terroir, Jérémy Bracone révèle avec ce premier roman une vraie disposition pour transcrire les émotions qu’elles s’apparentent à la colère ou à la passion amoureuse.

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  • Jérémy Bracone a choisi le Haut-Pays lorrain comme décor d'un sombre premier roman qui retrace le difficile combat d'un père se retrouvant seul avec sa fille, pourchassé par les huissiers et espérant le retour de son épouse. Bouleversant!

    Commençons par planter le décor de cette belle...
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    Jérémy Bracone a choisi le Haut-Pays lorrain comme décor d'un sombre premier roman qui retrace le difficile combat d'un père se retrouvant seul avec sa fille, pourchassé par les huissiers et espérant le retour de son épouse. Bouleversant!

    Commençons par planter le décor de cette belle histoire. Nous sommes en Lorraine, plus précisément à Villerupt, surnommée la Petite Italie, qui «avait poussé de rien au début du siècle dernier, lors de l’eldorado du fer. Dans les années 1980, les hauts fourneaux étaient tombés comme des quilles, laissant la place à d'immenses friches. Sous la ville, le sol chancelle : le gruyère de galeries abandonnées qui relient les cités du bassin menace de s’effondrer. Les traces des mines et des aciéries sont toujours visibles à la surface. Ici des crassiers ; là des cratères ; et partout la terre est rouge de fer.»
    C'est là que vit Figuette avec sa fille Zoé et son chien, un Rottweiler baptisé Mouche. Moïra, son épouse, les a quittés. Partie sans crier gare pour Clermont-Ferrand. Leur histoire d'amour avait pourtant été belle. Deux solitudes se fondant dans une fête des sens effrénée. Avec elle, il a cru qu'il pourrait éloigner tous les oiseaux de mauvaise augure, oublier leurs soucis et construire une belle histoire.
    Pour sa princesse, il échafaudait de jolis scénarios et réussissait à enflammer leur imagination. Mais les beaux décors qu’il avait savamment bricolés, n'avaient pas suffi à la retenir.
    Alors il tentait de panser ses blessures avec ses potes Tatta, Nourdine, Bolchoï, Piccio et les autres. Eux étaient restés fidèles malgré la misère économique qui avait fait d'un fleuron industriel une zone sinistrée. Après Daewoo qui avait installé une usine flambant neuve, empoché les millions d'aides de l'État et bénéficié d'exonérations fiscales avant de disparaître était venu le tour de Rosegrund, une société allemande qui produisait des robots ménagers. Certains des anciens de Daewoo s'y étaient retrouvés aux côtés de nouveaux ouvriers. Ensemble, ils ont cru à un nouveau départ. Mais il a bien vite fallu se rendre à l'évidence. Le temps des usines jetables était arrivé et Rosegrund, tout le monde l'avait compris, allait fermer à son tour. Dès lors, leur but ne pouvait être que de négocier de bonnes indemnités pour ne pas se faire avoir à nouveau, comme avec les coréens partis après avoir mis le feu à l'usine.
    Au Spoutnik, le bistrot où ils se retrouvent, après le turf et les jeu de cartes, ils élaborent des plans pour améliorer leur ordinaire, se servent de matériaux et d'outils de Rosegrund pour retaper la maison de Figuette et emportent une partie de la production pour la revendre dans les pays voisins, eux qui sont vraiment européens, coincés entre le Luxembourg qui fait figure d'Eldorado et où les plus chanceux ont trouvé un emploi, la Belgique, l'Allemagne et les Pays-Bas où ils vont refourguer leur butin de guerre pour se constituer un pactole à se partager le jour où il n'auront plus de salaire.
    Alors que la situation devient de plus en plus précaire, Figuette prépare ses vacances avec Zoé. Rien n'y manquera, le soleil, la plage, les oiseaux, le ciel constellé d'étoiles. Il est bien décidé à suivre le conseil de son ami
    «fais-la rêver. Sors-lui le grand jeu, t’as encore des cartes dans ta manche».
    Jérémy Bracone a construit un roman sombre que ni la solidarité des immigrés, ni l'amour d'un père pour sa fille ne pourront éclaircir. Implacable, même si l'humanité sourd au fil du récit, désespéré même si l'on veut croire à un épilogue heureux.
    En 2018 Nicolas Mathieu avait ouvert le bal avec Leurs enfants après eux (couronné du Prix Goncourt), l’an passé Laurent Petitmangin avait continué à creuser de même sillon avec le superbe Ce qu'il faut de nuit. Et autour de cette Lorraine en proie à la désindustrialisation, ne laissant guère de perspectives à la jeunesse, Pierre Guerci et Jérémy Bracone leur ont emboité le pas en cette rentrée, situant leurs premiers romans respectifs à Villerupt. Ici-bas, qui raconte les derniers mois de vie d'un médecin, a bien des points communs avec Danse avec la foudre. Notamment ces fulgurances d’humanité qui laissent penser que tout n'est pas perdu.
    https://urlz.fr/f0wI

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/danse-avec-la-foudre-de-jeremy-bracone.html

    Au cœur de la Lorraine en faillite industrielle, Figuette est manutentionnaire dans une usine qui fabrique des robots de cuisine haut de gamme, il sait que la fermeture de son usine est imminente. Avec...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2021/01/danse-avec-la-foudre-de-jeremy-bracone.html

    Au cœur de la Lorraine en faillite industrielle, Figuette est manutentionnaire dans une usine qui fabrique des robots de cuisine haut de gamme, il sait que la fermeture de son usine est imminente. Avec sa bande de copains il imagine un moyen pour constituer une cagnotte solidaire, dans cette zone frontalière paradis de la contrebande ils ne sont pas à cours d'imagination...

    Accablé de soucis à l'usine, Figuette doit aussi faire face au départ de sa femme qui le laisse seul avec leur petite fille Zoé. Moïra est une femme immature, égoïste, passionnée, elle a l'habitude de décharger son trop plein de colère en faisant la fête avec alcool et musique pour "dompter la foudre". Figuette a conscience que c'est une femme-enfant qui a "l'égoïsme de la tristesse", ce n'est pas la première fois qu'elle fugue par besoin d'oxygène, "partir pour renaître", mais cette fois son absence sans donner aucune nouvelle se prolonge, il est vrai que leur relation de couple était compliquée depuis la naissance de la petite Zoé.

    Fou amoureux de Moïra, sa princesse, Figuette voit l'été arriver avec angoisse. Sa femme continue à ne pas répondre à ses messages et il se demande comment il va pouvoir offrir les vacances de rêve qu'il a promis à sa fille, avec la fermeture programmée de l'usine et les charges de la maison à payer seul depuis le départ de sa femme, ses finances sont au plus bas.

    Mais Figuette a toujours eu le don de créer des univers un peu fous pour voir des étincelles briller dans les yeux de sa femme, il n'a jamais été à cours d'idées pour pimenter leurs soirées amoureuses. Pour reconquérir sa femme et ne pas décevoir sa fille, il va aller encore plus loin et vivre des moments inoubliables avec sa fille dans un cocon, coupés du monde.

    Voilà une bien belle histoire qui mêle l'histoire d'un amour fou pour une femme et pour un enfant à une magnifique histoire d'amitié avec un groupe d'ouvriers très sympathiques, une bande d'amis pour qui solidarité n'est pas un vain mot. Une petite communauté ouvrière qui fait preuve d'un bel esprit inventif, de beaucoup d'humour mais surtout d'une infinie pudeur dans leur relation avec Figuette. Des personnages forts et attachants, une histoire fort bien menée, une écriture fluide, un très joli titre pour un premier roman plein d'humanité et très émouvant qui se lit d'une traite, la gorge souvent serrée. Un auteur qui ne manque pas d'imagination...

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  • Nord de la Lorraine, dans la ville de Villerupt, connu pour son festival du film italien mais surtout pour ce coeur de la Lorraine en faillite industrielle, où le chômage est au plus haut.

    C'est dans ce décor que vit Figuette, ouvrier à la chaine mais aussi père célibataire depuis que sa...
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    Nord de la Lorraine, dans la ville de Villerupt, connu pour son festival du film italien mais surtout pour ce coeur de la Lorraine en faillite industrielle, où le chômage est au plus haut.

    C'est dans ce décor que vit Figuette, ouvrier à la chaine mais aussi père célibataire depuis que sa femme Moïra a décidé de partir du jour au lendemain sans donner de nouvelles à part une photo d'elle publiée sur Facebook.

    L'été arrivant à grands pas, l'usine qui l'emploie risque de mettre la clé sous la porte, les salaires ne sont déjà plus versés, il décide de lutter avec ses collègues à leurs manières... Mais, Figuette est le père d'une petite Zoé, à qui il a promis des vacances à la mer.

    Pour sauver la situation, Figuette décide d'inventer des vacances dans le sous-sol de sa maison, avec astuces et folie comme il a pu le faire pour séduire Moïra à l'époque... et peut-être pour la reconquérir à nouveau !

    Un premier roman complètement dans l'air du temps et qui fait du bien (parce que certains passages sont extrêmement drôles). Ce roman est vrai, touchant, où les mots sont justes, où la vérité de la vie est présente.

    Dans un style simple, à la fois en français et en italien (car, oui, le nord de la Lorraine et fortement d'origine italienne), Jérémy Bracone fait de ce premier roman un drame social et une comédie tragique.

    Entre passion amoureuse, folie pour faire rêver sa fille et solidarité ouvrière, ce premier roman très réussi est un condensé d'humour, de révolte et d'amour.

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