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Danse avec la foudre

Couverture du livre « Danse avec la foudre » de Bracone Jeremy aux éditions L'iconoclaste
Résumé:

Figuette est ouvrier à la chaîne et père célibataire de la petite Zoé depuis que sa femme, Moïra, a fugué. Elle était aussi fragile et imprévisible que passionnée et irrésistible.
Comment reconquérir l'amour de sa vie ? Pour séduire Moïra, il avait été capable de si belles folies. Pour qu'elle... Voir plus

Figuette est ouvrier à la chaîne et père célibataire de la petite Zoé depuis que sa femme, Moïra, a fugué. Elle était aussi fragile et imprévisible que passionnée et irrésistible.
Comment reconquérir l'amour de sa vie ? Pour séduire Moïra, il avait été capable de si belles folies. Pour qu'elle revienne, il doit faire encore plus... L'usine qui l'emploie va fermer. Avec sa bande, ils luttent, en vain. Il n'aura pas les moyens d'emmener sa famille en vacances à la mer. Il l'avait promis. Alors, pour ne pas décevoir sa fille et reconquérir sa femme, il invente des vacances en carton-pâte dans le sous-sol de sa maison. Mais rien ne va se dérouler comme prévu...
Jérémy Bracone est né en Lorraine, dans la cité ouvrière de Villerupt. Dans Bella Ciao, il fait vivre autant la solidarité indéfectible de ces femmes et de ces hommes que le recours à la fantaisie pour surmonter le malheur. On y retrouve aussi la poésie tendre du film La vie est belle de Begnini et toute la volonté d'un père de préserver son enfant.

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Avis (13)

  • Lu dans le cadre de la sélection 2021 des 68.
    Un roman social qui se passe en Lorraine et nous parle, comme pour "les nuits d'été" de Thomas Flahaut (autre roman sélectionné) des travailleurs dans les usines et aussi des travailleurs frontaliers.
    Un premier roman qui m'a fait penser aux films...
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    Lu dans le cadre de la sélection 2021 des 68.
    Un roman social qui se passe en Lorraine et nous parle, comme pour "les nuits d'été" de Thomas Flahaut (autre roman sélectionné) des travailleurs dans les usines et aussi des travailleurs frontaliers.
    Un premier roman qui m'a fait penser aux films sociaux de Ken Loach et Robert Guédiguian pour le côté "groupe social" qui essaie de s'entraider et d'améliorer leur vie et celles de leurs familles et voisins ; Nous sommes dans un quartier de la ville de Vilerupt, prénommée la petite Italie car il y a encore beaucoup d'ouvriers d'origine italienne. de belles scènes dans les cuisines de la vieille voisine qui fait nounou et avec qui la petite Zoé parle italien et les scènes de cuisine italienne.
    Ce texte est peuplé de portraits de personnages touchants, que ce soient les personnages principaux ou secondaires.
    L'auteur nous parle de la situation actuelle de régions industrielles et leur mutation. Les mines ont été fermées, le travail a changé, de nouvelles usines ont été implantées, puis vendues et revendues, par des coréens (comme celle de Daewo) ou par les allemands (comme Rosegrund, mais celle ci va sûrement être démantelée et le personnel attend le résultat de négociation).
    Ce roman est jalonné de scènes dignes de tragicomédies sociales, digne du cinéma réaliste italien : course des caristes digne d'un circuit de courses automobiles, plaisanterie de ces mêmes caristes qui aiment déplacer la voiture du directeur dans les immenses parkings de l'usine, une distribution style gilets jaunes avant un démembrement sauvage de l'usine, au mois d'août mais aussi des moments et des actions collectives solidaires (ou beaucoup d'humour aussi entre voisins de jardins ouvriers !!)
    Des portraits de vieux ouvriers qui avaient travaillé dans les mines, des nouveaux ouvriers (caristes, ouvriers et ouvrières à la chaîne ou de nouveaux prolo, comme Nordine qui a trouvé un emploi dans une banque du Luxembourg, mais comme lui dit un copain il est un prolo du Luxembourgeois car "vous avez juste toqué nos bleus de travail contre des costards cravates".
    Puis le portrait du personnage principal : Figuettte, un jeune père qui se retrouve seul avec sa jeune enfant Zoé, car sa jeune épouse, Moïra, jeune fille border line, est une fois en fugue, elle est partie sans donner d'adresse, sauf quelques messages sur sa page facebook. Cet homme va essayer d'attendre, d'espérer le retour de son épouse, il va créer un monde féerique pour sa fille. Il a toujours été créatif, en créant des mondes parallèles, il proposait des soirées thématiques à Moïra et là il crée un monde féerique, digne des contes de fées pour les vacances de sa fille. Un monde fait de pacotille mais où de vraies aventures peuvent se passer.
    Un premier roman qui m'a beaucoup touché et qui m'a ému par des scènes touchantes et des personnages si réels qui essaient de survivre dans ces sociétés qui changent trop vite.
    Un texte aussi d'espoir collectif malgré tout ce qui peut arriver dans ces régions abandonnées. L'amitié, la solidarité, les débrouilles, la poésie, la féerie au quotidien permettent de continuer à avancer.

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  • La Lorraine désindustrialisée, sa communauté italienne et son milieu ouvrier à l’avenir incertain sont à l’honneur dans cette histoire d’amour et d’héritage social, entre désillusions et porte-monnaie vide, vies conjugales bancales et glorieux souvenir des luttes passées, rêves d’ailleurs et...
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    La Lorraine désindustrialisée, sa communauté italienne et son milieu ouvrier à l’avenir incertain sont à l’honneur dans cette histoire d’amour et d’héritage social, entre désillusions et porte-monnaie vide, vies conjugales bancales et glorieux souvenir des luttes passées, rêves d’ailleurs et amitié réparatrice.

    A l’ombre des hauts-fourneaux démantelés, il faut bien du courage et de l’imagination à Figuette, l’ouvrier dont le poste est menacé, pour ensoleiller l’été de sa fillette en lui créant un domaine enchanté entre royaume de Peter Pan, nid du marsupilami et caverne de Platon.

    J’ai aimé la tendresse qui règne entre les hommes et ces femmes qui font leur possible pour que les choses aillent mieux, comme j’ai aimé la lente progression du roman vers une fin très maîtrisée qui m’a serré la gorge.

    Mille mercis à l’auteur de ne jamais céder au misérabilisme et de montrer des personnages extrêmement attachants qui parfois donnent l’impression de s’agiter comme des abeilles contre une vitre, mais sortent grandis des épreuves en pariant sur l’humanité, l’humour et la délicatesse des sentiments.

    Ce livre a été sélectionné par les 68 premières fois et voyage auprès des lecteurs/lectrices engagé.e.s dans l'aventure.

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  • Sur fond de grèves et risque de fermeture d'usine à Villerupt - la petite Italie- en Lorraine, Jeremy Bracone nous livre avec ce premier roman une histoire extrêmement touchante. Celle d'un homme Figuette qui va tenter avec quatre bouts de ficelle, une imagination débordante et beaucoup d'amour...
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    Sur fond de grèves et risque de fermeture d'usine à Villerupt - la petite Italie- en Lorraine, Jeremy Bracone nous livre avec ce premier roman une histoire extrêmement touchante. Celle d'un homme Figuette qui va tenter avec quatre bouts de ficelle, une imagination débordante et beaucoup d'amour d'enchanter le quotidien pour éblouir et tenter de retenir l'amour de sa vie, Moïra une femme-enfant immature et fantasque. Et quand elle sera partie, de prendre soin de sa fille Zoé, de lui imaginer des vacances à la hauteur de ses rêves d'enfant malgré la dèche ...

    La bande du Spoutnik, le bar où tous les copains se retrouvent, se racontent leurs galères et se serrent les coudes, constitue une galerie de personnages savoureuse. Dans ce roman social, la fantaisie le dispute au désespoir, la solidarité et la fraternité ne sont pas de vains mots et sur fond de ruine psychologique et sociale, l'auteur réussit l'exploit de livrer un roman lumineux bien qu'on sache très bien qu'à un moment donné l'amour et l'imagination ne suffiront plus...

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  • Quand Figuette rencontre Moïra jeune femme-enfant immature et fantasque, il en tombe fou amoureux. Pour la séduire il crée des mondes imaginaires le vendredi soir dans lesquels, l’alcool aidant, ils échappent à la réalité. Mais Moïra se retrouve enceinte, la magie ne fonctionne plus et la...
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    Quand Figuette rencontre Moïra jeune femme-enfant immature et fantasque, il en tombe fou amoureux. Pour la séduire il crée des mondes imaginaires le vendredi soir dans lesquels, l’alcool aidant, ils échappent à la réalité. Mais Moïra se retrouve enceinte, la magie ne fonctionne plus et la réalité reprend le dessus. Figuette arrête les efforts, Moïra se lasse. Elle part le laissant seul avec Zoé leur fille de 4 ans .
    Pour les vacances de Zoé à qui il a promis la mer, Figuette va alors faire preuve d’encore plus d’imagination .
    Ce livre se passe au coeur de la Lorraine sinistrée au sein d’une communauté d’origine italienne très solidaire. Leur usine va être délocalisée et en parallèle des syndicats les ouvriers vont trouver un moyen pour mettre en place une caisse de solidarité devant les aider lors de leurs licenciements.
    Malgré les thèmes abordés qui sont graves, le ton reste léger et le livre se lit très facilement. C’est un premier roman très prometteur.

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  • On ne va pas se mentir, j’étais partie craintive à l’assaut de ce livre, craignant le misérabilisme qui entoure souvent le monde ouvrier dans les livres. L’auteur aurait pu tomber dans l’écueil : son personnage est dans la merde. L’usine qui l’emploie est sur le point de fermer, sa compagne...
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    On ne va pas se mentir, j’étais partie craintive à l’assaut de ce livre, craignant le misérabilisme qui entoure souvent le monde ouvrier dans les livres. L’auteur aurait pu tomber dans l’écueil : son personnage est dans la merde. L’usine qui l’emploie est sur le point de fermer, sa compagne s’est barrée sans un regard en arrière, il doit gérer une fille à qui il ne sait pas faire de tresse. Mais la lumière de ce texte a mis le misérabilisme au placard. Oui, c’est la merde. Mais il y a les copains, les valeurs communes, la solidarité. Il y a le café qui concentre les souvenirs, le quartier qu’on ne peut quitter complètement et les odeurs de merguez qui appellent les discussions de groupe. On rit, on pleure, on compatit, mais jamais on ne plaint, et c’est bien là, la force de ce livre. Vous l’avez lu ? Il vous tente ?

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  • Nous sommes en Lorraine, terre de travail ravagée par les fermetures d'usines et les délocalisations. Voilà la foudre qui s'abat sur tout ce monde ouvrier qui se bat pour préserver sa dignité. quelques coups rendus au patronat , beaucoup de solidarité , beaucoup d'amour perdu, c'est la trame de...
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    Nous sommes en Lorraine, terre de travail ravagée par les fermetures d'usines et les délocalisations. Voilà la foudre qui s'abat sur tout ce monde ouvrier qui se bat pour préserver sa dignité. quelques coups rendus au patronat , beaucoup de solidarité , beaucoup d'amour perdu, c'est la trame de ce roman.
    Un jeune couple ne résiste pas aux assauts de cette désindustrialisation, Moïra est une femme enfant , Figuette son jeune époux n'en a pas le mode d'emploi, et quand vient un bébé, Moïra fait des fugues, elle exige trop de l'amour et son environnement ne le permet pas. Figuette a de l'imagination pourtant,( un grand moment quand il emmène sa fille en vacances dans son garage).
    C'est un premier roman assez loufoque , tragi-comique, j'ai éprouvé de l'empathie pour Figuette et ses copains , pas trop pour Moïra, un peu caricaturale sûrement. La spontanéité et les défauts d'un premier roman à forte connotation sociale. Se lit d'une traite.
    Merci aux Edts de l'Iconoclaste pour leur confiance.

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  • « Car la vie entre les femmes et les hommes est un orage perpétuel. L'air entre leurs visages est plus intense plus hostile, plus fulgurant qu'entre les arbres ou les pierres. Parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment, tue vraiment. C'est l'amour. » - Pascal Quignard,...
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    « Car la vie entre les femmes et les hommes est un orage perpétuel. L'air entre leurs visages est plus intense plus hostile, plus fulgurant qu'entre les arbres ou les pierres. Parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment, tue vraiment. C'est l'amour. » - Pascal Quignard, Villa Amalia

    « Il n'y en aurait jamais d'autres qu'elle. Là, devant ce miroir, il en avait la certitude. Ses délires espiègles, il ne pouvait envisager de s'en passer. Et tant pis si elle lui en faisait baver. Elle était immature et égoïste. Son refus de l'ordinaire, son inaptitude à vivre le quotidien n'autorisaient pas la moindre faute. C'était le prix à payer pour côtoyer ses exquises folies, les nuages d'où à tout moment il espérait voir jaillir la lumière. Alors l'orage pouvait gronder, il y ferait face. Il serait le paratonnerre de ses colères, la laisserait se décharger sur lui de ces forces sombres qui l'embrasaient avant de la laisser sans défense. Après la tempête, ensemble ils connaîtraient de nouveau le printemps. »

    Danse avec la foudre est le 1er roman de Jérémy Bracone. Hasard des réceptions des livres voyageurs dans le cadre de cette session 2021 des #68premieresfois, il est le 2e que je lis, à quelques jours d'intervalle, à avoir pour cadre le bassin lorrain et précisément la même ville de Villerupt. le 1er, Ce qu'il faut de nuit de Laurent Petitmangin, ne m'ayant pas vraiment convaincue, autant vous dire que j'entrais du bout des yeux dans un autre roman ancré dans ce territoire sinistré, laminé par les faillites industrielles et les délocalisations d'usines en dépit de subventions généreuses, dans cette France à l'abandon depuis la fermeture des hauts-fourneaux, coincée entre revendications syndicales et plans sociaux.

    Je le confesse, il y avait cette crainte un peu sotte de tomber dans du déjà-lu.
    Ça, c'était avant. Avant de savoir que j'allais à la rencontre de Bolchoï, Piccio, Pop, les frères Ronzi, la grand-mère Tatta, Wanda, Nourdine, Karima... et Figuette. Une bande d'hommes et de femmes attachants, soudés et fidèles en amitié, de sacrés débrouillards qui composent avec une réalité bien rugueuse et aiment à se retrouver autour d'un verre au Spoutnik

    « Les psys, c'est juste bon pour les bourgeois qui n'ont pas de copains. Chez nous, quand on a un truc sur le coeur, on va au bistrot et on met verres sur table. »

    et à improviser un barbecue dans leurs jardins ouvriers où ils cultivent de quoi améliorer l'ordinaire à peu de frais alors que les factures s'entassent et les salaires accusent plusieurs semaines de retard.
    D'autres, comme Nourdine et Karima son épouse, sont partis travailler au Luxembourg voisin où la paie plus avantageuse permet de s'offrir une belle voiture et une maison plus cossue que celles, décrépies et vétustes, de la Caserne.

    Ne vous méprenez pas, Danse avec la foudre n'est pas un roman social, du moins il n'est pas que cela. C'est aussi le récit intime d'une histoire d'amour qui a pris fin, du jour au lendemain, quand Moïra s'est évaporée, laissant Figuette seul avec leur petite Zoé.

    « La dernière fois que Figuette avait vu sa femme, elle traversait la cuisine avec un panier de linge sale. […] Les jours précédents, Moïra s'était montrée câline. […] Et ce n'était pas bon signe, pas du tout. »

    Figuette, anéanti, se souvient.
    De sa rencontre avec la toute jeune et farouche Moïra, 15 ans à peine ;
    De la fantasque et immature Moïra, dont le petit grain de folie pimentait sa vie et lui plaisait tant ;
    De Moïra la fragile, l'abandonnée à qui « il était arrivé de se sentir si seule, […] que lorsqu'une mouche venait à se poser sur elle, elle fermait les yeux et la laissait explorer son épiderme, en imaginant que ces chatouilles étaient des caresses » ;
    De cette femme-enfant versatile, capable de se déchaîner pour des riens, qu'il calmait en inventant des fictions peaufinées dans les moindres détails afin que « sa jeune épouse s'oublie dans d'autres histoires que la sienne, loin de la médiocrité du quotidien. [Car] Moïra rêve de romance, d'une vie écrite par un dieu qui aurait enfin du talent » ;
    De Moïra, jeune mariée tout émue de remonter l'allée de l'église désaffectée aux murs de tôle que la rouille rongeait ;
    De Moïra, déboussolée de se découvrir enceinte ;
    De Moïra, trop éprise de liberté pour résister à l'ennui, et qui les a abandonnés, lui et Zoé, sans se retourner.

    Les jours se changeront en semaines, les semaines en mois. de cette dernière fugue, Moïra ne reviendra pas, pas plus qu'elle ne répondra aux messages laissés par Figuette qui sait déjà qu'il ne l'oubliera pas.

    « Non, lui ce qu'il aime, c'est les chieuses, les passionnées, les folles furieuses. Définitivement. Mais pas n'importe quelle chieuse, une en particulier. Une seule et de toute éternité. »

    Danse avec la foudre raconte un père, redevenu célibataire, prêt à tout pour sa fille, jusqu'à lui promettre des vacances au bord de la mer qu'elle n'a jamais vue alors même que le démantèlement de l'usine scelle la perte de son emploi et la perte d'argent qui va avec. Les amis ne lui ont-ils pas conseillé autrefois « Fais-la rêver. Sors-lui le grand jeu, t'as encore des cartes dans ta manche » ? Alors, la mer, Zoé la verra. Ils iront camper. Elle dormira sous la tente avec Mouche, le chien, ou à la belle étoile, construira des châteaux de sable, partira à la chasse au trésor. Ensemble, ils feront des parties de pêche, sauteront dans les vagues, se fabriqueront des souvenirs pour plus tard. Ces moments d'évasion estivale volés à la grisaille du quotidien sont le cadeau d'un père pour qui, décidément, rien n'est impossible. Au diable la raison quand il s'agit de ne pas décevoir sa fille !

    Jérémy Bracone signe là un 1er roman poétique et tendre, qui questionne le rôle de la fiction. Est-ce « de créer des mondes imaginés, que les lecteurs aiment habiter et qui les poussent à penser leurs propres vies » comme le suggère Salman Rushdie ? Pour Figuette, Zoé et Moïra, passer par la fiction permet de faire face à un quotidien en berne quand la tristesse éteint les jours, en tenant le réel à une distance respectable. Quand ces petits arrangements avec le réel n'ont plus suffi, Moïra s'est enfuie. Que feront Figuette et Zoé ?

    L'auteur aborde avec une égale délicatesse des sujets qui dépriment autant que l'amitié pudique et sincère réconforte.

    « Les copains s'inquiètent pour Figuette, ils le visitent comme une vieille tante malade. À tour de rôle, ils trouvent un prétexte pour passer à la maison. »

    Si tout sonne étonnamment juste, de la description de ce coin de France aux dialogues des personnages, c'est parce que l'auteur est un conteur épatant. « Il était une fois » en 4e de couverture ne trompe pas, pas plus que les citations de J. M. Barrie et Platon en exergue. La réussite de ce roman tient au regard différent que Jérémy Bracone pose sur une situation bien glauque, terrible et ordinaire. Elle tient aussi à ce que ce n'est pas un « je » qui se raconte en accaparant la page ; le récit à la 3e personne autorise une distance au personnage - magnifique Figuette -, que l'on découvre alors dans toute son authenticité, sans affectation ni subjectivité. Alors que parfois les larmes hésitent à venir éteindre le rire, Danse avec la foudre, roman touchant, rugueux, doux car pétri d'humanité, avait tout pour sombrer dans le mélo complaisant. Il l'évite joliment, jusqu'à la toute dernière phrase.

    1er roman, lu pour la session 2021 des #68premieresfois
    https://www.calliope-petrichor.fr/2021/03/01/danse-avec-la-foudre-jérémy-bracone-éditions-de-l-iconoclaste/

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  • Figuette, ouvrier élève seul sa petite fille Zoé depuis le départ de Moïra sa femme, mère et femme fantasque et imprévisible. Encore une fois Moïra a fugué mais cette fois-ci elle n’est pas revenue et Figuette garde l’espoir d’un retour.
    Pour elle il a été d’actes incroyables et complètement...
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    Figuette, ouvrier élève seul sa petite fille Zoé depuis le départ de Moïra sa femme, mère et femme fantasque et imprévisible. Encore une fois Moïra a fugué mais cette fois-ci elle n’est pas revenue et Figuette garde l’espoir d’un retour.
    Pour elle il a été d’actes incroyables et complètement fous.
    Sans argent depuis la faillite de son usine il ne peut tenir la promesse faite à Zoé « partir en vacances ». Une promesse est une promesse ;
    Alors il va créer des vacances imaginaires pour enchanter la vie de Zoé . Ce sera leur secret.
    Il ne cesse d’espérer et de croire que les photos qu’il poste sur les réseaux sociaux feront revenir Moïra.
    Un joli livre sur l’amitié, sur l’amour, sur l’espoir d’un monde meilleur

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