Dans la baie fauve

Couverture du livre « Dans la baie fauve » de Sara Baume aux éditions Noir Sur Blanc
Résumé:

Dans l'Odyssée d'Homère, la nymphe Calypso dispa- raît du récit avec le départ d'Ulysse, qu'elle a échoué à retenir. C'est à cet instant précis que s'ouvre le roman d'Anne Luthaud : Calypso quitte sa maison, son village, sa vie - à quoi bon rester puisqu'Ulysse est parti ? Commence alors... Voir plus

Dans l'Odyssée d'Homère, la nymphe Calypso dispa- raît du récit avec le départ d'Ulysse, qu'elle a échoué à retenir. C'est à cet instant précis que s'ouvre le roman d'Anne Luthaud : Calypso quitte sa maison, son village, sa vie - à quoi bon rester puisqu'Ulysse est parti ? Commence alors l'errance de celle qui refuse désormais les attaches, les lieux qui rassurent et enferment à la fois. Elle marche, se laisse envahir par les images, se souvient aussi de sa vie avec Ulysse.
Les images de Calypso sont le contrepoint de celles de l'autre personnage central, Simon. Le jeune homme, lui, vit entouré d'écrans, à peine sort-il de sa chambre pour s'aventurer dans un Paris bien terne en comparaison des possibles démultipliés que lui offre son univers numérique. Il y rencontre des figures vir- tuelles, d'autres bien réelles, il suit, traque les gens, les mouvements de la vie.
Les trajectoires de Calypso et de Simon finissent par se confondre, les images de l'une, bien réelles, se retrouvant dans les écrans de l'autre. Les deux figures se croisent alors, sans le savoir, au cours de leurs odyssées respectives. Jusqu'à s'effleurer en vrai, qui sait ?
Anne Luthaud nous livre une belle fable sur notre monde enseveli sous les images, celles que l'on récolte, que l'on recherche, et celles que l'on subit aussi à chaque seconde.

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Avis(3)

  • A l’image de son personnage, voilà un roman bien atypique. Il ne semble pas y avoir d’enjeu au départ, on est simplement témoin du désarroi, des angoisses paranoïdes de cet homme qui n’est plus dans la première jeunesse. Et cela suffit pour créer la connivence. La relation fusionnelle qui...
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    A l’image de son personnage, voilà un roman bien atypique. Il ne semble pas y avoir d’enjeu au départ, on est simplement témoin du désarroi, des angoisses paranoïdes de cet homme qui n’est plus dans la première jeunesse. Et cela suffit pour créer la connivence. La relation fusionnelle qui s’installe avec ce chien bien abimé aussi par la vie, nettement plus proche de Rantanplan que de Lassie, est accrocheuse. Mais on n’est pas au bout des surprises : c’est peu à peu, alors que le narrateur nous dévoile des bribes de son itinéraire que le sens apparaît. Mais chut…il serait bien inconvenant d’en dire plus. Ajoutons cependant que la nature, les paysages et la flore de l’Irlande sont là, bien présents et créant un décor précieux dans la grisaille globale.

    C’est paradoxalement presque un huis-clos, malgré la fuite qui occupe une bonne partie du récit. car les personnages qui gravitent autour du narrateur ne se matérialisent que dans ses pensées et ses projections.

    C’est très certainement à la magie de cette écriture que l’on doit d’adhérer immédiatement à l’histoire, malgré l’ambiance lourde et menaçante. Il y a de la poésie dans l’itinéraire de ce couple bancale et dans l’immense force qui les lie.

    C’est suffisamment court pour qu’à aucun moment l’attention ne se relâche. Et jusqu’aux dernières pages , les secrets sont bien gardés.

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  • Dans un petit village de l’Irlande profonde, Ray, homme d’un certain âge, vit seul dans une modeste maison face à la mer. Orphelin, il n’a pas connu sa mère et il a passé son enfance chez une femme qu’il n’aimait pas et qu’il devait appeler « Ma Tante ». Considéré comme débile mental, il n’alla...
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    Dans un petit village de l’Irlande profonde, Ray, homme d’un certain âge, vit seul dans une modeste maison face à la mer. Orphelin, il n’a pas connu sa mère et il a passé son enfance chez une femme qu’il n’aimait pas et qu’il devait appeler « Ma Tante ». Considéré comme débile mental, il n’alla pas à l’école, ne fréquenta pas d’enfants de son âge et vécut en la seule compagnie de son père, homme froid et indifférent qui passa sa retraite à fabriquer des jeux de sociétés aux règles improbables avant de décéder fort âgé en s’étouffant avec une saucisse. Se retrouvant du jour au lendemain seul et abandonné, Ray décide d’adopter un chien, un ratier au caractère difficile qui se bat souvent avec ses congénères. Il est couvert de cicatrices et a déjà perdu un œil. D’où son nom : « One Eye ». Le couple cabossé part au hasard des routes, vivant, mangeant et dormant sur des parkings dans une vieille auto.
    « Dans la baie fauve » se présente comme une sorte de long monologue réparti sur quatre chapitres, un pour chaque saison de l’année. Par bribes, Ray raconte sa vie à son chien, son seul confident et son seul ami. Celle-ci étant très tristesse et d’une monotonie à pleurer, l’auteure la pimente de longues et minutieuses descriptions de plages, d’oiseaux marins, de plantes, d’animaux familiers et autres décors ou paysages. Le résultat donne une sorte de « magie du quotidien » avec des alternances d’épisodes un tantinet abracadabrantesques qui ne manquent d’ailleurs pas d’étonner. Peu de péripéties, aucun rebondissement, et pourtant, l’intérêt ne se dément pas et on lit même avec un certain plaisir. Sans doute est-ce dû au regard acéré de l’auteure, à ses observations pertinentes, à ses fulgurances et à son style particulier, tout en finesse et allusions. Les deux personnages ne peuvent laisser indifférents. Leur histoire dans sa terrible banalité amène à réfléchir sur le sens de ces « petites » vies « inutiles ». Un premier roman très réussi et déjà remarqué dans divers prix littéraires.

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  • Et bien, pour un premier roman c’est un coup de maître.
    C’est beau et triste, magnifique et désespérant.
    C’est long et lancinant.
    Un homme de cinquante-sept ans qui se définit comme vieillard prend un chien dans un chenil.
    Entre eux vont se nouer des liens forts, de partage, de tendresse. de...
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    Et bien, pour un premier roman c’est un coup de maître.
    C’est beau et triste, magnifique et désespérant.
    C’est long et lancinant.
    Un homme de cinquante-sept ans qui se définit comme vieillard prend un chien dans un chenil.
    Entre eux vont se nouer des liens forts, de partage, de tendresse. de gaieté, de désespoir.
    Tout au long de ma lecture, j’ai tenté de le définir.
    Attardé mental ? Mais non, il sait tant de choses.
    Asocial ? Oui mais par la force des choses
    Simplet ? Un peu, à sa manière de rabâcher
    Fada ? Si peu
    Le ravi de la crèche ?
    Un homme différent, tout simplement.
    En tout cas, c’est un homme attachant, qui fut un enfant pas comme les autres, ne connut pas sa mère, n’alla pas à l’école, fut élevé par son père…… et se retrouva bien seul à la mort de celui-ci.
    D’où sa décision de prendre ce chien qui a perdu un œil, est agressif avec les autres animaux.
    Mais quelle belle vie ils s’organisent tous les deux. Quelles belles ballades ils font dans la baie fauve proche du village irlandais où est la maison de son père. Quelle complicité lors de leur long périple en voiture.
    Une parfait maîtrise du récit. Les situations s’éclaircissent au fur et à mesure pour cerner ce mystérieux personnage.
    Une lecture envoutante qui plonge dans un univers des plus particuliers.

    Pas évident de reprendre le fil de ses activités après avoir fermé la dernière page.

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