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Crénom, Baudelaire !

Couverture du livre « Crénom, Baudelaire ! » de Jean Teulé aux éditions Mialet Barrault
Résumé:

Après Rimbaud, Verlaine et Villon, Jean Teulé se devait de se pencher sur la vie et l'oeuvre de Charles Baudelaire. L'oeuvre éblouit, le personnage fascine. Cet homme au caractère épouvantable, qui ne respectait rien, qui méprisait les usages et les êtres humains en général, n'a eu d'autre... Voir plus

Après Rimbaud, Verlaine et Villon, Jean Teulé se devait de se pencher sur la vie et l'oeuvre de Charles Baudelaire. L'oeuvre éblouit, le personnage fascine. Cet homme au caractère épouvantable, qui ne respectait rien, qui méprisait les usages et les êtres humains en général, n'a eu d'autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Il a réuni à travers cent poèmes l'ignoble et le sublime et les a jetés à la face de l'humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé à jamais le destin de la poésie française.
Jean Teulé s'est nourri de cette matière pour atteindre ce lieu mystérieux où, telle la lave des volcans, surgit la création.

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Avis (13)

  • Intéressant mais sans plus... C'est bien la première fois que je ressens des longueurs dans une oeuvre de Jean Teulé que j'apprécie tant pour son talent et son audace... Passionné depuis des années par Baudelaire, je m'attendais à être un peu surpris par Teulé à propos du poète maudit, je n'ai...
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    Intéressant mais sans plus... C'est bien la première fois que je ressens des longueurs dans une oeuvre de Jean Teulé que j'apprécie tant pour son talent et son audace... Passionné depuis des années par Baudelaire, je m'attendais à être un peu surpris par Teulé à propos du poète maudit, je n'ai pas appris grand-chose finalement... Ce sont des choses qui arrivent ! CM

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  • Un roman, mettant en scène un personnage célèbre est toujours teinté d'une couleur propre à la vision personnelle qu'en a l'auteur, construite en tenant compte d'une réalité historique accessible par des recherches documentaires plus ou moins élaborées. Son contenu dépend donc de l'objectif que...
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    Un roman, mettant en scène un personnage célèbre est toujours teinté d'une couleur propre à la vision personnelle qu'en a l'auteur, construite en tenant compte d'une réalité historique accessible par des recherches documentaires plus ou moins élaborées. Son contenu dépend donc de l'objectif que s'assigne l'auteur, et s'agissant de Jean Teulé, on est habitué a du romanesque débridé, inventif, excessif, abusant d'un style et d'un vocabulaire vulgaires choquant le lecteur. Dans des situations purement imaginaires, cela peut produire des histoires drôles et truculentes, mais en l'occurrence on sent bien que ce Beaudelaire là, malgré quelques fils conducteurs réalistes est le fruit d'une imagination délirante ! Pourquoi pas ! L'écrivain a tous les droits, mais les références précises à des poèmes associées au romanesque laissant penser qu'elles sont le résultat d'une enquête littéraire poussée, piègent le lecteur. le « Teulé » auteur de contes fantastiques est meilleur que celui là !

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  • Les fleurs du mâle

    « Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. », dixit Rimbaud. Quant à moi, si je dois mes premiers émois poétiques à la lecture des Fleurs du Mal, je dois avouer que de l’auteur j’en connaissais bien peu. Si on peut juger et apprécier une œuvre sans...
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    Les fleurs du mâle

    « Baudelaire est le premier voyant, roi des poètes, un vrai Dieu. », dixit Rimbaud. Quant à moi, si je dois mes premiers émois poétiques à la lecture des Fleurs du Mal, je dois avouer que de l’auteur j’en connaissais bien peu. Si on peut juger et apprécier une œuvre sans connaître l’homme, j’ai eu très envie de découvrir la détonnante biographie romancée de ce « prince des nuées » qui se perdait dans les paradis artificiels.

    Et qui d’autre que Jean Teulé pour se frotter à Baudelaire, homme qui détestait les conventions et qui semblait prendre plaisir à choquer. De cet auteur, j’ai lu Le Montespan et j’ai adhéré à son style. Teulé, c’est le mot d’argot bien placé qui colore la prose.

    De Baudelaire, il en dresse le parfait portrait du « poète maudit ». Égocentrique, drogué, mais dandy hyper sophistiqué, travailleur acharné de ses vers. Les retours d’épreuves corrigées retranscrites dans le livre en témoignent. «Tout dans cet ouvrage doit être irréprochable : les mots, leur musique, la ponctuation, la forme des lettres, l’interligne, la mise en page, tout ! Ce n’est que par un soin appliqué, minutieux, opiniâtre, qu’on arrive à donner aux œuvres une valeur définitive ! »
    Baudelaire, c’est aussi des relations compliquées avec les femmes - la faute à un complexe d’Œdipe contrarié -, notamment son histoire d’amour tumultueuse avec Jeanne Duval…

    Enfin, ce livre c’est aussi la traversée de Paris du XIXème siècle au gré des déménagements à la ficelle du poète fuyant les huissiers… et de croiser ces insolites métiers disparus au gré de ses pérégrinations : passeur de ruisseaux, loueuse de sangsues, marchand d’encre ambulant !
    Dans le salon que tient Apollonie Sabatier le dimanche ou dans un troquet, il fréquente les artistes de son époque - liste non-exhaustive : Gustave Courbet, Eugène Delacroix, Gustave Flaubert, les frères Goncourt - quels patte-pelus, Nadar, et son fidèle ami Charles Asselineau …

    Loin de déboulonner le poète de son piédestal car il est des morts qu’on ne peut tuer, Jean Teulé nous démontre qu’avant tout :
    « C’est beau, de l’air ! »

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  • J'ai adoré découvrir la biographie de cet auteur caustique et torturé mais aussi la plume de Teulé. Il faut dire qu'il y va fort ! Hein ! C'est cru, dérangeant, un tantinet offusquant mais à la hauteur tout de même du personnage qu'était Baudelaire.
    Cet être brisé, narcissique, blessé par...
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    J'ai adoré découvrir la biographie de cet auteur caustique et torturé mais aussi la plume de Teulé. Il faut dire qu'il y va fort ! Hein ! C'est cru, dérangeant, un tantinet offusquant mais à la hauteur tout de même du personnage qu'était Baudelaire.
    Cet être brisé, narcissique, blessé par l'abandon affectif de sa maman qui enfant la vénérait, la considérait comme une divinité, un astre ! Il deviendra ingrat, hautain, drogué, complètement fou. Un être détestable abusant de tout, mais envers qui j'ai ressenti beaucoup d'empathie et ce, grâce à Teulé qui a su avec brio et intelligence montrer et faire ressortir la fibre sensible et l'âme généreuse du poète.

    Complètement épris par sa muse Jeanne Duval, il prie dieu de partager sa paralysie, un vœu exaucé. Il finira sa vie hémiplégique, sans le sou, dans la déchéance totale.
    '' Tout cela est arrivé  par ma faute. J'ai usé et abusé de tout. Je me suis amusé à martyriser chacun et me voilà martyrisé à mon tour.''

    Si tout pousse à detester Baudelaire, ce roman va vous le faire voir autrement. Je vous le conseille vivement.

    Note: 4,5/5

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  • Avec sa verve habituelle, Jean Teulé ne déçoit pas en publiant Crénom, Baudelaire !, hommage vibrant au plus grand des poètes.
    Pourtant, tout au long du livre, il ne ménage guère son héros, cet homme qui ne pouvait exprimer son génie que drogué, halluciné, toujours très désagréable avec les...
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    Avec sa verve habituelle, Jean Teulé ne déçoit pas en publiant Crénom, Baudelaire !, hommage vibrant au plus grand des poètes.
    Pourtant, tout au long du livre, il ne ménage guère son héros, cet homme qui ne pouvait exprimer son génie que drogué, halluciné, toujours très désagréable avec les gens qu’il croise.
    Sa chute au sortir de l’église Saint-Loup de Namur, en 1866, ouvre ce roman plein de surprises et d’enseignements, ouvrage qui permet de lire ou relire les vers du poète, ce qui est parfait.
    Sans délai, le voilà à cinq ans, complètement accroché à sa mère, Caroline (33 ans). Sa passion pour elle marque à jamais sa personnalité. Son père a 34 ans de plus que Caroline et décède le 10 février 1827. Pendant dix-neuf mois, Charles vit une relation passionnelle avec sa mère qui se remarie avec Jacques Aupick (39 ans), un officier. Cette rupture est très dure à vivre pour l’enfant, traumatisé par ce qu’il vit comme un abandon.
    Quelques années plus tard, alors qu’il est élève au lycée Louis-le-Grand, il en est exclu. À vingt ans, Louis-Philippe étant au pouvoir, il traîne dans les cabarets, clame qu’il veut être poète, dépasser Racine et Hugo. C’est après avoir agressé son beau-père que celui-ci l’envoie sur le Paquebot-des-Mers-du-Sud, à Bordeaux pour un an de navigation. Il vit très mal cette punition. Mélancolique, boudeur, il est horrifié par le piégeage d’un albatros par les matelots et rédige un poème magnifique :

    « Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers. »

    Toujours coiffé d’un chapeau très original et vêtu comme un dandy, il se paie une prostituée pour qu’elle le dépucèle. Résultat : une blennorragie, la chaude-pisse ! Un peu plus tard, dans le Quartier latin, une actrice noire l’époustoufle. Cette mulâtresse originaire des Caraïbes, est grande, une tête de plus que lui. C’est elle, Jeanne Duval, qui sera sa muse, celle avec laquelle il vit les plus forts moments de sa vie et les plus douloureux, lors des ruptures. Elle lui fait cadeau de la syphilis, la grande vérole, et Charles est pris dans l’engrenage infernal de la drogue : shit, laudanum, opium, avalant des doses impressionnantes pour être bien et surtout doper son inspiration géniale. J’ajoute qu’il dépense sans compter et qu’il est sans cesse la proie des huissiers et dépend de la générosité de sa mère.
    Ainsi, au fil des chapitres enchaînés nerveusement, Jean Teulé m’a fait souffrir avec les déboires de Baudelaire, m’a enthousiasmé avec ces vers d’une force extraordinaire, m’a révolté devant l’attitude des bien-pensants qui iront jusqu’à le condamner et interdire plusieurs poèmes des Fleurs du Mal. Ici, je salue le formidable courage de son imprimeur, Auguste Poulet-Malassis. Il ira jusqu’à se ruiner pour publier ce poète qui le touche beaucoup.
    J’ajoute que Jean Teulé sait bien faire ressentir la vie dans Paris au XIXe siècle, des plus beaux salons aux bas-fonds, qu’il démontre bien les bouleversements créés par Haussmann et surtout permet à son lecteur de rencontrer, dans le désordre : Félix Nadar, Edouard Manet, Charles Asselineau – son plus fidèle ami -, les frères Goncourt – pas à leur avantage-, Hector Berlioz, Daumier, Gustave Courbet - d’une patience infinie -, Gustave Flaubert, Gustave Doré, Alfred de Musset, Barbey d’Aurevilly, Gérard de Nerval, Eugène Delacroix que Charles Baudelaire, jamais de bonne humeur, croise chez la délicieuse Apollonie Sabatier qui tient salon le dimanche. Voilà une belle brochette d’immenses artistes pour faire honneur au plus grand des poètes qui meurt le 31 août 1867, à 46 ans !

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Adolescente, j'ai lu "les fleurs du mal" et j'étais admirative de cette poésie mélancolique et exotique. A la lecture de cette biographie, j'ai aimé le style irrévérencieux de Jean Teulé mais j'ai été choquée de découvrir la vie dépravée de Baudelaire. Une vie où la débauche est dépeinte dans...
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    Adolescente, j'ai lu "les fleurs du mal" et j'étais admirative de cette poésie mélancolique et exotique. A la lecture de cette biographie, j'ai aimé le style irrévérencieux de Jean Teulé mais j'ai été choquée de découvrir la vie dépravée de Baudelaire. Une vie où la débauche est dépeinte dans tous ses excès.
    Le roman est très bien écrit et les poésies de Baudelaire y sont remises dans leur contexte.
    Y est dépeint aussi l'accueil des "fleurs du mal" par le public de l'époque. On est loin de la libre expression que l'on peut avoir aujourd'hui.
    J'ai été particulièrement sensible au côté perfectionniste de Baudelaire qui se bat envers et contre tous pour publier ses poèmes. J'ai aimé également les batailles de son éditeur pour publier les textes alors qu'il savait qu'il y aurait un procès.
    J'ai été touchée également par la longue et douloureuse maladie dont il est victime, la syphilis.
    Ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains car le langage y est cru, les scènes souvent choquantes et la descente aux enfers inéluctable.
    Merci à Lecteurs.com pour cette lecture qui avait lieu dans le cadre du cercle livresque.

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  • Un grand millésime ce Teulé !
    Il nous narre la vie de Baudelaire dans un langage vert qu’il sait manier, saupoudré d’une irrévérencieuse élégance. C’est jubilatoire. J’aurais aimé avoir cette biographie à l’âge où le système scolaire nous faisait apprendre L’albatros avec « un par cœur...
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    Un grand millésime ce Teulé !
    Il nous narre la vie de Baudelaire dans un langage vert qu’il sait manier, saupoudré d’une irrévérencieuse élégance. C’est jubilatoire. J’aurais aimé avoir cette biographie à l’âge où le système scolaire nous faisait apprendre L’albatros avec « un par cœur décortiqué chirurgicalement au scalpel de la métrique scolaire » ce qui, entre-nous soit dit, nous enlevait tout ressenti et toute envie d’aller plus loin dans ce recueil des « Fleurs du mal » dont le titre augurait certains délices.
    Le livre s’ouvre sur un tableau des plus dévastateurs, celui d’un homme totalement délabré, rongé par la syphilis, ce qui exacerbe encore plus ce caractère difficile pour ne pas dire infecte. Immédiatement le lecteur se dit qu’il ne sait rien de ce poète qu’il croyait flamboyant.
    Le petit Charles est un enfant capricieux et nombriliste, amoureux de sa mère qu’il veut pour lui seul. La vie fait que son père meurt. Il y aura remariage avec un beau-père « à poigne ». Cette autorité ne servira pas à dresser l’indomptable. Le petit Charles devenu jeune homme restera immature, centré sur lui, développera son génie sur le terreau nourri à la muflerie, à l’insolence, aux mensonges, au mépris, à la malhonnêteté et aux addictions.
    Sa pédanterie donne de lui l’image d’un benêt facile à berner.
    « D’un pas souple, lent, presque rythmique, il rejoint la boutique de l’antiquaire en bas de chez lui et en pousse la porte qui s’ébruite d’un son de clochettes suspendues. Soudain, ainsi que fendue par un coup de sabre, la bouche d’Arondel s’ouvre d’une oreille à l’autre comme chez les batraciens s’apprêtant à avaler un insecte. Le vieux commerçant au visage entouré d’une longue barbe argentée et ondulée, fluviale, joue d’un encensoir auquel Baudelaire ne croit guère… »
    Dispendieux avec l’héritage reçu de son père, il sera mis sous tutelle à 23 ans.
    Cela ne freinera en rien ses dépenses, il « déménagera à la ficelle » toute sa vie.
    Il laissera derrière lui de nombreuses ardoises et quémandera auprès de sa mère, qui le verra en cachette de son mari.
    Ce n’est pas sa rencontre avec Jeanne Duval qui changera la donne.
    « Rue de la femme-sans-Tête mais pas sans cul, Baudelaire regarde celui de Jeanne. Il a les couleurs de mystères avec l’air de revenir de loin. Il incarne le voyage. »
    Jean Teulé sait magnifiquement faire revivre cette époque et Paris.
    Le lecteur connait l’envers du décor, des salons, surtout celui d’Appolonie Sabatier, bistrots où se réunissent Charles Asselineau l’indéfectible ami de Baudelaire, Gustave, Courbet, Gustave Flaubert, Eugène Delacroix, Nadar, Théophile Gautier, Edouard Manet et Alphonse de Lamartine, les frères Goncourt entre autres.
    Et notre génie Baudelaire quand il ne monopolise pas l’attention est toujours en décalage d’humeur et tire souvent une tête de six pieds de long.
    Grâce à Asselineau il trouvera un éditeur pour ces fleurs du mal, 100 poèmes promet-il.
    L’édition se fera dans la douleur pour ceux qui œuvrent à la correction et la mise en page etc.
    « Pour la première fois de ma vie, je suis presque content. Sans compter que j’y mens comme un arracheur de dents, ces Fleurs du Mal sont presque bien et elles resteront comme témoignage de mon dégoût et de ma haine de toutes choses. »
    Et pour l’habillage notre poète a un avis bien à lui.
    « Un tel livre sur l’âme humaine mériterait bien qu’on l’habille d’un costume humain. Cette couverture en peau de gaupe(salope) connaîtrait aussi un certain engouement. Cela lui donnerait un petit cachet supplémentaire. »
    Lui qui aimait tant se contempler dans son miroir vénitien qu’il transportera partout aura-t-il vu « les signes spectaculaires de son vieillissement précoce ? »
    Baudelaire qui a fait chanter, tourbillonner les mots finira avec ce seul mot en bouche Crénom !
    Après Oh ! Verlaine et Rainbow pour Rimbaud, Crénom, Baudelaire nous donne furieusement envie de lire et relire ces poèmes.
    S’il y a un pari un peu fou à faire revivre ces poètes Jean Teulé le réussit car il les étreint de son admiration, de sa tendresse et de son grain de folie personnel.
    Jean Teulé fidèle à son éditeur l’a suivi dans cette nouvelle maison devenue Mialet et Barrault, et ce livre a une bien jolie tournure puisqu’il nous offre des illustrations bien choisies et quelques poèmes dans leur contexte. Tout un bonheur pour les lecteurs.
    ©Chantal Lafon

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  • Avec Crénom Baudelaire, Jean Teulé nous offre une biographie romancée de l'auteur des Fleurs du mal, assez irrévérencieuse, mais ô combien savoureuse ! Ce très bon conteur, nous peint avec moult grivoiseries le portrait d'un homme décrit comme un punk défoncé du matin au soir, adepte de la...
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    Avec Crénom Baudelaire, Jean Teulé nous offre une biographie romancée de l'auteur des Fleurs du mal, assez irrévérencieuse, mais ô combien savoureuse ! Ce très bon conteur, nous peint avec moult grivoiseries le portrait d'un homme décrit comme un punk défoncé du matin au soir, adepte de la confiture verte, extrait gras de haschisch mêlé à du miel et des aromates qu'il prenait en décoction dans du thé, et d'autres substances comme l'opium ou le laudanum prescrit par son médecin pour soigner sa syphilis. Mais il ne tenait aucun compte des doses à ne pas dépasser.
    Charles Baudelaire né à Paris en 1821 n'a que 6 ans lorsque son père François, âgé de plus de 34 ans que sa mère, décède. Loin d'en être affecté, il se sent au contraire soulagé, débarrassé d'un rival, sa mère n'aura plus, dès lors, que lui à aimer. Mais son bonheur dure peu, car Caroline, sa mère, se remarie 19 mois plus tard avec l'officier Jacques Aupick. Pour Charles, c'est une véritable trahison, car il lui prend une grande partie de l'affection de sa mère. Ce beau-père va vouloir le dompter et s'opposera même à sa vocation de poète. Ce sera une lutte incessante entre eux jusqu'à ce que, pour le mâter, le beau-père l'oblige à embarquer à bord du Paquebot-des-mers-du-Sud, direction L'Inde jusqu'à Calcutta, pour une durée d'un an. C'est d'ailleurs au cours de ce voyage en mer que notre jeune Charles, tout juste vingt ans, composera ce magnifique poème, L'Albatros, ayant assisté à la pêche et à la capture de de cet oiseau ensuite ridiculisé et maltraité par l'équipage et incarnant pour lui l'artiste incompris et rejeté.
    Sa mère l'ayant trahi, une blessure déterminante, il ne fait plus confiance aux femmes. Il va alors mener une vie dissolue, fréquenter des prostituées, dont Sarah la Louchette et bien sûr la devenue célèbre Jeanne Duval, cette grande et jeune métisse qu'il nomme son soleil noir, en quelque sorte son alter-ego, qui sera sa maîtresse et sa muse et avec qui il aura des relations orageuses tout comme avec Marie Daubrun ou Apollonie Sabatier.
    C'est cette face sombre du poète, cette personnalité méconnue, cet éternel ado révolté, ce personnage odieux et dépravé, cet homme qui se cherche, et aussi cet homme malheureux souffrant d'une forme de dépression, que nous raconte merveilleusement Jean Teulé, dans ce roman assez long, pas moins de 430 pages, mais jamais rébarbatif, bien au contraire. le texte est émaillé de nombreux poèmes ou de morceaux choisis de ses plus belles rimes, judicieusement placés. L'auteur montre bien également le temps qu'il prenait et le travail et l'application que mettait Charles Baudelaire à peaufiner ses écrits. Il dresse par ailleurs des portraits hauts en couleurs de tous les personnages.
    Si Jean Teulé affirme que tout est exact sur ce côté détestable de ce génie littéraire, difficile pour moi de confirmer, ne connaissant que peu sa vie.
    J'ai particulièrement apprécié ce livre qui permet, à travers la personnalité méconnue de cet immense poète maudit dont le recueil Les Fleurs du mal, publié en 1857, fera scandale à sa sortie et dont six poèmes devront être supprimés de l'oeuvre incriminée de mieux comprendre son oeuvre. Outre les poèmes inclus dans le roman, Jean Teulé a également inséré quelques vers avec les corrections de l'auteur envoyées à l'éditeur.
    L'écrivain réussit à merveille à faire revivre ce 19ème siècle avec les grands travaux entrepris dans Paris. Il nous permet aussi de côtoyer avec Charles toutes ces figures célèbres que sont entre autres Gustave Flaubert, Théophile Gautier, Gustave Doré, les frères Goncourt, Edouard Manet, Gustave Courbet, Nadar ou encore Auguste Poulet-Malassis, cet éditeur qui a osé publier Les Fleurs du mal.
    Crénom Baudelaire m'a beaucoup appris tout en m'amusant beaucoup. Il faut, à mon avis, beaucoup de talent pour réussir une oeuvre de vulgarisation comme cet ouvrage sans tomber dans le ridicule ou le niais. C'est à la fois très divertissant et hautement instructif et sérieux.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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