Concerto pour la main morte

Couverture du livre « Concerto pour la main morte » de Olivier Bleys aux éditions Lgf
  • Date de parution :
  • Editeur : Lgf
  • EAN : 9782253071136
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

A Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais, faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie : Colin Cherbeaux, un pianiste raté dont la main... Voir plus

A Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais, faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie : Colin Cherbeaux, un pianiste raté dont la main droite refuse d'obéir dès qu'il se met à jouer le concerto n°2 en do mineur de Rachmaninov. A la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys crée ici un univers poétique où le tragique côtoie l'absurde.
Histoire de vodka et de mystère, de musique, d'amitié entre les hommes, ce livre jubilatoire nous invite à cultiver la joie plutôt que la tristesse. Un délicieux roman peuplé de fous sympathiques, d'adorables hurluberlus, de paumés du bout du monde et du bout de la vie. Bernard Pivot, Le Journal du dimanche.

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Le courrier des auteurs

Olivier Bleys répond à nos questions ! (25/06/2013)

1) Qui êtes-vous ? ! Un " flâneur magique ", formule utilisée récemment par un journaliste. Je crois qu'elle me décrit bien. C'est aussi une allusion au tour du monde à pied, par étapes, que j'accomplis depuis trois ans (http ://geopedisfr.canalblog.com/). On pourrait m'appliquer ensuite cette confession d'André Gide : " «Je ne suis qu'un petit garçon qui s'amuse - doublé d'un pasteur protestant qui l'ennuie.» Tout à fait moi ! Mais pour dresser un portrait plus objectif : " Écrivain confirmé âgé de trente-neuf ans, Olivier Bleys a publié vingt livres : romans, essais, récits de voyage, bandes dessinées, roman graphique, récit d'anticipation, surtout chez Gallimard qui l'a nommé en 2004 lecteur permanent et chez Albin Michel. L'ensemble de son oeuvre est traduit dans une dizaine de langues, et lui a valu de nombreuses récompenses dont un prix de l'Académie française pour Pastel (Gallimard, 2000). " Mon blog (http ://monvolubilis.canalblog.com/) satisfait toutes les curiosités. 2) Quel est le thème central de ce livre ? La musique, la Sibérie, l'amitié, les vies antérieures. La musique, pour n'en choisir qu'un. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? " Je jouerai pour les arbres debout, pour le fleuve aux longs méandres, pour le premier brin d'herbe qui percera la neige au sortir de l'hiver. " 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Précisément l'adagio (2e mouvement) du concerto pour piano n° 2 de Sergueï Rachmaninov. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? La croyance dans une vie plus étendue que celle que nous parcourons, qui débute à la naissance et s'achève à la mort. Pour ma part, je ne peux envisager d'existence dans un cadre aussi étroit ! 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? Une musique, sûrement pas. Plus je prends de l'âge, plus le silence devient condition de l'écriture. C'est presque la seule. J'envie d'ailleurs mes amis peintres et dessinateurs de pouvoir travailler en musique. Au contraire, je me suis équipé cette année d'un casque anti-bruit professionnel, conçu pour l'aviation, et qui garantit un silence presque parfait. Pour le reste : je travaille sans horaires fixes mais plutôt le matin, par brèves séquences entrecoupées de dégustations de café, toujours allongé, l'ordinateur sur les genoux. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Les idées me viennent en marchant. J'emporte un carnet dans mes déambulations à travers la nature ou la ville, et j'y note quelques phrases, quelques pensées. Le procédé est assez efficace. Plus largement, un sujet de roman n'est jamais pris au hasard, mais procède d'un choix sinon éclairé, du moins conscient et volontaire. En revanche, ce qui détermine ce choix varie beaucoup selon les auteurs. Certains désirent traiter un thème, voire illustrer une thèse, et développent un récit qui pourra les servir. D'autres, plus intuitifs, se laissent guider par leur sensibilité. D'autres, enfin, connaissent cette double emprise : leurs romans sont à la fois «goûtés» et «réfléchis». Dans mon cas, le hasard et la curiosité jouent un grand rôle. 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ? Au sortir de l'adolescence, malgré de premiers contacts noués dans le milieu de l'édition (avec Jean Grosjean de Gallimard et Gérard Bourgadier de l'Arpenteur), je ne me destinais pas à l'écriture mais au cinéma et à la réalisation de films. J'ai étudié longuement l'analyse filmique et possède assez bien les classiques du 7e art, en particulier les chefs-d'oeuvre d'Orson Welles et d'Elia Kazan. Mes livres, sans doute, en restent imprégnés. J'entends souvent dire de mes lecteurs que mon écriture évoque des images, qu'elle est «visuelle.» De même, la construction de mes récits s'inspire largement des scénarii de cinéma, tandis que le découpage de mes chapitres s'apparente à un découpage de séquences. Il paraît enfin que mes romans feraient de bons films. Adolescent, j'écrivais de la poésie, m'essayais à la composition de romans mais, je le répète, sans intention (ni même désir) d'en faire un métier. C'est venu assez simplement, parce que les éditeurs s'intéressaient à mes écrits et m'ont poussé dans cette voie. 9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ? Adolescent, je fréquentais beaucoup les romans de Jean-Paul Sartre, ceux de Boris Vian. Ils tissaient un monde où j'évoluais naturellement - mieux, je pense, que dans le monde réel. Certains poètes (Paul Claudel, Saint-John Perse...) m'ont procuré de grandes joies. Plus tard, je suis devenu inconditionnel des écrits de Gabriel Marcia-Marquez, et me revendique du " réalisme magique " qu'il a contribué à inventer. Mais je n'ai pas vraiment d'écrivain tutélaire, ni d'oeuvre référente. Je n'ai aucune fidélité dans mes lectures, et passe facilement d'un livre à l'autre. 10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! On n'aurait pas posé cette question au XIXe siècle ! Je fais partie du petit nombre qui croient les écrivains aussi utiles que les médecins ou les agriculteurs - ou bien ceux-là, aussi superflus que les écrivains. Cependant, abolissez les livres, les librairies, les bibliothèques ; défendez à quiconque de lire le moindre mot ou qu'on lui raconte la moindre histoire. Je ne donne pas cher de sa vie. 11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ? Une place assez marginale. Ayant affaire aux livres, ou plutôt à l'écrit, toute la journée, je n'aime pas m'entourer de papier dans mes moments de liberté. Rien ne m'est plus étranger que ces écrivains cérébraux qui vivent par et pour le mot, sans autre horizon que leur table de travail. Au contraire, je la quitte dès que je peux, impatient de ciel et d'air pur.

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Avis(9)

  • Je viens de découvrir ce roman alors qu'il date de 2013 et il est formidable du début jusqu'à la fin. Et pourtant entre la couverture le titre et le résumé, il n'est pas tentant.
    Donc dans ce petit hameau sibérien, c'est comme si la vie s'était arrêté presque au 19eme siècle. Et pourtant on est...
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    Je viens de découvrir ce roman alors qu'il date de 2013 et il est formidable du début jusqu'à la fin. Et pourtant entre la couverture le titre et le résumé, il n'est pas tentant.
    Donc dans ce petit hameau sibérien, c'est comme si la vie s'était arrêté presque au 19eme siècle. Et pourtant on est bien de nos jours. Tous les personnages sont attachants. Vladimir, la soixantaine, que tout le monde trouve ridicule parce-qu'il aime la propreté dans son hameau ou faute de ramassage d'ordure chacun jette dans les fossés les détritus. Vladimir a un rêve : prendre le bateau vers la ville la plus proche, un bateau qui ne passe que de temps en temps et trop cher pour lui. Mais va descendre de ce bateau l'autre personnage principal, Colin, avec son piano et son handicap de la main qui bloque toujours au milieu d'un morceau qu'il doit jouer.
    L'épicier, l'ermite, l'herboriste, tous les personnages sont drôles et émouvants et ce roman au thème noir est complètement lumineux.
    J'ai apprécié en particulier les scènes ou les villageois découvrent le pouvoir de la musique et l'émotion qu'elle procure.
    Je suis impatiente de découvrir le prochain ouvrage de cet auteur "Nous les vivants".

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  • Décidément, je deviens très très fan d'Olivier BLEYS qui bondit d'histoire en histoire avec une facilité déconcertante ! Encore une fois, il entraîne le lecteur dans une parabole à la fois cocasse et tendre, au fin fond de la Sibérie où la vodka frelatée coule à flots, où les ours mal léchés ont...
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    Décidément, je deviens très très fan d'Olivier BLEYS qui bondit d'histoire en histoire avec une facilité déconcertante ! Encore une fois, il entraîne le lecteur dans une parabole à la fois cocasse et tendre, au fin fond de la Sibérie où la vodka frelatée coule à flots, où les ours mal léchés ont mal à la patte, où un cosmonaute-ermite pratique l'hypnose, où ce pianiste français a accosté dans l'espoir de soigner sa main rétive et va rencontrer Vladimir, un moujik-éboueur pas piqué des vers.
    Les personnages sont parfois fantaisistes, à la limite de la caricature, mais sont surtout attachants, profondèment philosophes et la narration, fluide, légère (quoique travaillée au millimètre souvent) donne à ce drôle de conte ce qu'il convient de tendresse et de magie !
    Merci à Jérôme qui m'avait conseillé cette lecture !

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  • Le temps semble s’être arrêté à Mourava, village perdu dans la Sibérie centrale.
    La seule occupation de la population se limite à fabriquer et à consommer de la vodka.
    Vladimir Golovkine, éboueur, est le seul à tenir encore à apporter un semblant de civilisation dans ce village hors du temps,...
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    Le temps semble s’être arrêté à Mourava, village perdu dans la Sibérie centrale.
    La seule occupation de la population se limite à fabriquer et à consommer de la vodka.
    Vladimir Golovkine, éboueur, est le seul à tenir encore à apporter un semblant de civilisation dans ce village hors du temps, mais il rêve surtout de partir à Moscou. Le jour où il s’apprête à sauter le pas, il est violemment refoulé du bateau faute de billet et d’argent pour en faire l’acquisition.
    Il voit au même moment un étrange personnage débarquer du bateau avec entre autre bagage… un piano !
    Colin Cherbaux est un pianiste dont la carrière n’a jamais vraiment décollée et alors qu’il est sur le point de se produire en concert, il est incapable d’exécuter le Concerto n°2 en do mineur de Rachmaninov, sa main droite refusant de lui obéir.
    Vladimir va le prendre sous son aile et mettra tout en œuvre pour tenter de guérir son protégé.
    Ce livre est drôle, plein de fantaisie mais non dénué de poésie et de nostalgie.
    Olivier Bleys nous fait découvrir une galerie de personnages hauts en couleur dans un pays couvert de neige où la vodka coule à flot.
    A lire en écoutant peut-être Rachmaninov.

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  • Ce livre m’est arrivé du nord de la France grâce à Lana qui le fait voyager
    Première surprise en ouvrant le livre, il débute par le paragraphe 6, étonnant non ! Et cela ira décrescendo pour se terminer avec le chapitre 1. Est-ce parce qu’une autre histoire pourrait débuter, ou la fin de quelque...
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    Ce livre m’est arrivé du nord de la France grâce à Lana qui le fait voyager
    Première surprise en ouvrant le livre, il débute par le paragraphe 6, étonnant non ! Et cela ira décrescendo pour se terminer avec le chapitre 1. Est-ce parce qu’une autre histoire pourrait débuter, ou la fin de quelque chose que je ne dévoilerai pas ?

    « Le petit village se nommait Mourava, ce qui traduit de l’ancien russe donne à peu près « la jeune herbe » ». Ici habitent quelques familles vivant de chasse, de pêche et de vodka. Les hommes n’ont pas de sang dans les veines, mais de la vodka qu’ils distillent eux-mêmes avec on ne sait trop quels ingrédients, mais qui s’avère très efficace.
    Vladimir Golovkine détonne dans ce milieu. Il essaie tant bien que mal, de nettoyer le village, mais comme le tonneau des Danaïdes, c’est mission impossible. « Un homme qui nettoyait au lieu de boire ne pouvait qu’éveiller les soupçons de ses congénères. On ne l’aurait pas jugé plus sévèrement de broder des chemises ou d’enfiler des jupes ».
    Ce n’est pas Sergueï qui dira le contraire, lui qui est toujours plein comme une barrique de rhum vodka « Du matin au soir, on voyait le dénommé Sergueï, toujours vêtu d’un uniforme gris râpé aux coudes, somnoler sur la troisième marche de son logis, hors d’atteinte des cochons dont les groins velus fouaillaient la boue sous l’escalier. »

    Au débarcadère, alors que Volodia cherche à tout prix à embarquer, descend un voyageur ; Un français dont on ne sait ce qu’il vient chercher ici. Un français avec un piano ! oui, vous avez bien lu. Colin Cherbeaux se retrouve locataire chez Vladimir Golovkine (c’est sûrement la maison la plus propre du village). La contraste est rude pour Kolincherbo (c’est ainsi que le nomme Volodia) « Du coin de l’œil, Colin inspecta la couverture crasseuse jetée sur le matelas, genre de capote militaire en feutre gris, ravaudée partout, dont les plis bourdonnaient de mouches ».
    Colin Cherbeaux est arrivé en ce lieu perdu pour essayer de guérir, d’oublier, sa main qui se paralyse toujours au même endroit lorsqu’il interprète le concerto n°2 de Rakhaminov. « Le pianiste eut une grimace. Avec sa main gauche encore valide, il souleva la droite, réduite à l’état de marotte incapable, qu’il présenta au Sibérien comme un animal tend sa patte meurtrie par le piège ».
    Ces deux-là vont s’apprivoiser sous les regards envieux des autres villageois. Oleg, ex-futur cosmonaute, autre personnage qui interviendra dans la vie de Kolincherbo est un concentré d’humanité doublé d’un amoureux des livres.
    A mi-chemin du conte, de la farce, ce roman est un vrai enchantement. Enchantement des paysages enneigés, enchantement du texte. Olivier Bleys force un peu le trait sur les habitants de ce hameau, j’ai souri plus d’une fois, il y a de la poésie, de la farce, de l’humeur, de l’absurde, tout cela servi par un très beau texte.

    Une belle pépite d’émotions, de rêve, de charme et d’émotions. Un des bons romans de cette rentrée 2013.

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  • Quel beau roman ! Dans un minuscule village de Sibérie débarque, un jour, un homme mystérieux qui s'installe chez Vladimir. Ce dernier espère ainsi gagner l'argent qui lui permettra de quitter ce trou oublié de tous. Colin Cherbaux, le voyageur pianiste raté, veut jouer le Concerto n°2 de...
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    Quel beau roman ! Dans un minuscule village de Sibérie débarque, un jour, un homme mystérieux qui s'installe chez Vladimir. Ce dernier espère ainsi gagner l'argent qui lui permettra de quitter ce trou oublié de tous. Colin Cherbaux, le voyageur pianiste raté, veut jouer le Concerto n°2 de Rachmaninov... mais sa main droite le refuse.
    L'amitié, la générosité et une bonne part de rêve permettront de le guérir pour que Vladimir et lui réalisent enfin leur destin.
    C'est un roman de joie, de partage, de chaleur humaine. Tragique, burlesque et merveilleux se rejoignent dans la superbe écriture d'Olivier Bleys pour un véritable hymne à la vie et à la musique.

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  • Un vrai bonheur que ce nouveau roman d'Olivier Bleys. Après avoir fait voyager un piano-forte dans le Brésil du début du 19ème siècle dans le très beau Le colonel désaccordé, voilà qu'il fait voyager un piano brinquebalant dans un village perdu de la Sibérie. Si j'avais émis quelques -toutes...
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    Un vrai bonheur que ce nouveau roman d'Olivier Bleys. Après avoir fait voyager un piano-forte dans le Brésil du début du 19ème siècle dans le très beau Le colonel désaccordé, voilà qu'il fait voyager un piano brinquebalant dans un village perdu de la Sibérie. Si j'avais émis quelques -toutes petites- réserves sur son dernier roman Le maître de café, là, je fonds véritablement. Tout est là pour plaire aux lecteurs : paysages enneigés, grands espaces, personnages typiques, caricaturaux parfois comme Sergueï alcoolique notoire qui noie sa solitude et sa tristesse dans la vodka qu'il distille lui-même, situations absurdes, comme cette main qui refuse totalement de jouer cet air de Rachmaninov (que j'écoute en écrivant ce billet), flirt avec le conte ou la fable, humour et belle écriture. Que demander de plus ?
    Pour la belle écriture, les belles phrases, les amateurs seront servis, avec en cerise sur le gâteau un lot d'imparfaits du subjonctif fort à-propos qui, loin d'être pompeux enjolivent la phrase : "Puis, de retour en France, il avait fréquenté diverses classes de perfectionnement avant que ses parents, d'accord avec ses professeurs, jugeassent l'étudiant assez mûr pour affronter les concours internationaux." (p.84). Le style est léger, alerte, très accessible même s'il ne cède pas à une facilité de mauvais aloi ; on peut plaire au plus grand nombre avec de l'exigence littéraire, ce que prouvent Olivier Bleys et très récemment (chez le même éditeur d'ailleurs), Eric Pessan avec Muette. Pour l'humour, il est présent tout au long du livre, dans des situations, dans des personnages (le portrait de Colin est un peu long, sinon je l'aurais cité bien volontiers, je l'ai lu à voix haute à la maison et il a fait sensation) ou des répliques. Il est tout à tour léger ou plus noir :
    "- Ça fait huit mois que je n'ai vu personne, indiqua Oleg en réchauffant le thé. Le dernier à m'avoir rendu visite portait un sac à dos et venait de Suisse. Il prétendait faire le tour du monde à pied. Malheureusement, deux ou trois jours après son passage chez moi, il a rencontré un ours plein d'appétit. J'ai ramassé un tibia et des morceaux de crâne au bord de la rivière.
    - Ce sont des choses qui arrivent, commenta sobrement Vladimir
    - Il est heureux qu'il arrive encore des choses en Sibérie fit l'ermite en versant l'infusion dans des verres minuscules à culot de métal." (p.147/148)
    Parfois, c'est dans un détail :
    "- Comment t'appelles-tu, demanda Vladimir, très excité. Parle lentement, s'il te plaît, que j'entende bien...
    - Colin Cherbaux
    - Kolincherbo, répéta plusieurs fois l'éboueur, avec une délectation timide, un demi-sourire flottant dans sa barbe." (p.47/48)
    Tout cela pour dire que j'ai pris grand plaisir à lire cette aventure de Kolincherbo comme dirait Vladimir, qui parle également de l'amitié, de retrouver ses vraies valeurs, du partage, du sens de la vie, ... enfin que des sujets universels dont Olivier Bleys s'empare joyeusement et finement. Le souffle de Sibérie est présent du début à la fin, loin d'être glacial, il réchauffe les corps et les esprits (surtout si l'on y adjoint de la vodka), et donne sourire et enthousiasme aux lecteurs.

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  • J'avais lu avant Semper augustus ce livre est du meme niveau. Il nous fait découvrir un monde a part fait de gens hauts en couleurs et de pratiques qui correspondent aux portraits;
    Ecriture simple , facile a lire et que l'on peut pas quitter avant la dernière page.

    J'avais lu avant Semper augustus ce livre est du meme niveau. Il nous fait découvrir un monde a part fait de gens hauts en couleurs et de pratiques qui correspondent aux portraits;
    Ecriture simple , facile a lire et que l'on peut pas quitter avant la dernière page.

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  • Lecture/Critique du dernier livre de Olivier Bleys : "chronique de la main morte" par JM PALACIOS

    Olivier Bleys dont j'ai lu auparavant avec gourmandise et intérêt "Pastel" dont l'intrigue se déroule en plein Moyen âge et dont l'histoire relate la fabrication des bleu pastel et rouge garance...
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    Lecture/Critique du dernier livre de Olivier Bleys : "chronique de la main morte" par JM PALACIOS

    Olivier Bleys dont j'ai lu auparavant avec gourmandise et intérêt "Pastel" dont l'intrigue se déroule en plein Moyen âge et dont l'histoire relate la fabrication des bleu pastel et rouge garance nous présente ici en cette rentrée littéraire 2013, "concerto pour la main morte".

    On entre "immédiatement" dans le récit comme par une porte magique pour suivre un conte moderne tout aussi surprenant.

    L'action commence sur les bords du fleuve l'Iénisseï en pleine Sibérie à une époque actuelle, récente semble-t-il, à proximité d'un village très pauvre et isolé, du nom de "Mourava". Ce village compte si peu d'âmes que toutes se connaissent et peu s'envient à part peut-être, le tenancier de la boutique qui fait office de quincaillerie et donc le plus fortuné.
    Vladimir, sorte d'écolo, rêve de partir pour la grande ville Krasnoïarsk et pour cela il a besoin d'une valise pour y mettre ses affaires. Il a si peu de choses.
    Les âmes du village sont dépeintes ici avec justesse et précision et chaque mot dessine les contours des personnages malgré les vapeurs de vodka. On devine la peau tannée et boursoufflée par l'alcool et le froid.

    Sur le point de partir par le premier et rare bateau, le destin décide pour Vladimir d'une rencontre improbable avec Colin Cherbaux, un français, musicien et pianiste. Ce dernier, en quête d'isolement, arrive dans cet endroit pour travailler loin des regards, un "Concerto n°2 de Rachmaninov" qu'il doit présenter impérativement lors d'un récital à Paris dans 15 jours. La nature depuis son enfance a décidé d'un handicap lourd à porter avec des mains difformes et monstrueuses et sa mère l'a poussé malgré tout à faire de la musique.

    Alors commence un voyage entre ces deux personnages que tout oppose mais qui sans le savoir vont pouvoir s'entraider pour favoriser leur propre destin. Raconter davantage serait gâcher la suite de ce voyage à la fois philosophique, initiatique où l'à venir peut basculer brusquement suite à "la" rencontre.

    J'ai aimé les mots, les paysages, les rencontres et les attitudes. Aussi je vous laisse sur les traces de cailloux déposées par Vladimir dans la neige pour ne pas se perdre et cette réflexion intéressante d'un ermite :
    "la réalité n'a pas d'existence propre mais constitue, tout entière, une projection de l'esprit ; il est donc au pouvoir de chacun de la créer ou de la façonner à son gré."

    A méditer.
    Bonne lecture
    Jean-Michel

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