Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Comment tu parles de ton père ?

Couverture du livre « Comment tu parles de ton père ? » de Joann Sfar aux éditions Albin Michel
Résumé:

« Papa est né l'année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933. C'est l'année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness. C'est l'année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans. Mon père, c'est pas rien. » Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir et un père comme... Voir plus

« Papa est né l'année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933. C'est l'année où pour la première fois on a découvert le monstre du Loch Ness. C'est l'année, enfin, où sortait King Kong sur les écrans. Mon père, c'est pas rien. » Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir et un père comme André Sfar. Ce livre pudique, émouvant et très personnel, est le Kaddish de Joann Sfar pour son père disparu. Entre rire et larmes.

Donner votre avis

Articles (5)

Avis (11)

  • Chronique de « Comment tu parles de ton père »

    Joann SFAR

    Quel que soit l’âge auquel cela nous arrive, on reste inconsolable de la perte de son père. Plus qu’un autre, Joan Sfar orphelin de mère en a saisi la substantifique origine de bien des difficultés à vivre et à vieillir.
    Mais...
    Voir plus

    Chronique de « Comment tu parles de ton père »

    Joann SFAR

    Quel que soit l’âge auquel cela nous arrive, on reste inconsolable de la perte de son père. Plus qu’un autre, Joan Sfar orphelin de mère en a saisi la substantifique origine de bien des difficultés à vivre et à vieillir.
    Mais durant les huit jours d’agonie d’Albert Sfar, le fils Joann est là et le tiendra dans ses bras dans son dernier souffle. Ce qui n’est pas rien et parfois change tout. Surtout quand il s’agit de faire un deuil à contre cœur du fait de laisser partir le père tout en voulant le garder.
    Joann Sfar est clair : « Je n’écris pas pour qu’on se souvienne de l’agonie. Je souhaite m’en débarrasser. » Ce petit roman de 150 pages, pas toujours équilibré mais ô combien sincère, peut donc être pris pour ce que les psychologues avisés appellent « un travail sur soi ». Ce qui pourrait sembler rébarbatif si cet exercice n’était proposé par l’auteur des BD les plus délicieusement intelligentes et marrantes du moment.
    Joann Sfar se lâche avec un humour dévastateur, celui du désespoir et un art assumé de la dérision, d’où le titre très inspiré « Comment tu parles de ton père ».
    Derrière cet humour désespéré et cette dérision aérienne transparait la formidable confession d’un enfant d’entre deux siècles, hanté par l’image du père trop grande pour le cadre, une judaïcité contrariée, un rapport aux autres compliqué. On comprend très vite comment la création (dessins, romans, films) deviendra l’indispensable exutoire pour le petit garçon de Nice devenant peu à peu Joann Sfar.
    Mais rien n’est simple. Cesare Pavese appelait ça « Le métier de vivre ». Sfar nous amène à croiser des pères de substitution avec une belle élégance et une certaine émotion, Hugo Pratt, Moebius, Dark Vador…L’absence pèse et ne disparaitra jamais, mais avec ce roman Sfar partage et allège donc quelque peu le fardeau.
    Il serait dommage que dans le tsunami éditorial de la rentrée littéraire 2016, cette petite bulle soit engloutie avec une grosse majorité des romans français. Elle a toutes les qualités pour surnager, en priorité celle de sa profonde humanité.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • AVIS DE LA PAGE 100

    Au début on lit la 4eme de couverture et on apprends qu'il s'agit du Kaddish de Joann pour son père André (Je n'avais aucune idée de ce que c'était et j'ai même pensé:" Attention,ne pas confondre Kaddish et Quidditch ,il ne s'agit pas du même JE" ) .
    J'avoue que sur...
    Voir plus

    AVIS DE LA PAGE 100

    Au début on lit la 4eme de couverture et on apprends qu'il s'agit du Kaddish de Joann pour son père André (Je n'avais aucune idée de ce que c'était et j'ai même pensé:" Attention,ne pas confondre Kaddish et Quidditch ,il ne s'agit pas du même JE" ) .
    J'avoue que sur le coup je me suis dit que ça risquait d'être triste comme un long dimanche de pluie (heu en l’occurrence plutôt un jour de sabbat sur ce cas de figure) . Le titre ressemble un peu à une injonction voir une sorte de question affirmative (du genre : "mais comment tu parles de ton père ?!") enfin,c'est mon ressenti . En effet il s'agit bien là d'un hommage d'un fils pour son père récemment décédé avec les fissures du deuil et son cortège d'émotions vives et contrastées . et puis ...
    On assiste à une sorte d'exutoire où l'écrivain serait dans l'introspection franche sans volonté de séduction ; Il parle de lui,de son père et de leur intimité sans ambages ainsi que de la perte précoce de cette mère aimante qui serait "partie en voyage" . L'esprit truculent qui s'en démarque nous permet de nous attacher au narrateur .
    C'est drôle,curieusement drôle "nerveusement" drôle et même parfois léger avec de jolis reflets de rage pudique .. je dirais même que c'est un roman étonnant pour le moment !

    Je poursuit ma lecture et reviens vers vous !

    AU FINAL /
    J'ai terminé ma lecture très rapidement puisque le style est léger même si le sujet reste grave . Pour a part je suis restée étonnement surprise par la liberté de ton et l'aspect un peu "brut de pomme " de certaines situations .


    MA CHRONIQUE /

    Au début je me suis dit qu'on allait encore parler religion et j'avoue avoir eu comme un sentiment de lassitude et puis la magie du style de l'auteur m'a fait passer ce cap sans encombre et avec une facilité assez déconcertante . Bien sur,il est question de religion ,forcement,il s'agit là d'un deuil qui entraîne forcement son cérémonial et ses ébranlements de certitudes MAIS il s'agit surtout d'un hommage d'un fils à son père que l'on sent pétri d'admiration .
    Les anecdotes croustillantes notamment sur les employées des pompes funèbres m'ont fait sourire et rappellent bien évidement que "la vie continue malgré tout" et parfois sous des manières très inattendues .
    Le récit traverse les différentes étapes du deuil avec ses colères ,sa résignation ,sa révolte ,son désespoir et bien sur son moment de régression . L'auteur subit une solitude marqué par l'absence de sa mère décédée dès son plus jeune âge mais le style n'en prends pas ombrage et reste somme toute résolument tonique.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • On ne présente plus Joann Sfar, enfin, presque plus, car qui n’a pas lu, ou au moins vu la série de BD « Le chat du Rabin » dont il est dessinateur et scénariste ? Avec « Comment tu parles de ton père » je le découvre et je l’apprécie dans un registre totalement différent.
    Pourtant à priori le...
    Voir plus

    On ne présente plus Joann Sfar, enfin, presque plus, car qui n’a pas lu, ou au moins vu la série de BD « Le chat du Rabin » dont il est dessinateur et scénariste ? Avec « Comment tu parles de ton père » je le découvre et je l’apprécie dans un registre totalement différent.
    Pourtant à priori le sujet est plutôt triste, il s’agit de la mort de son père, « né l’année où tonton Adolf est devenu chancelier : 1933 »… comme mon père, parti trop tôt lui aussi…. et c’est cette phrase en 4e de couverture qui m’a au départ attirée vers ce livre. Mais je n’ai rien projeté de personnel ensuite dans la lecture de ce roman, je me suis laissé porter par les mots de l’auteur. Joann Sfar parle de son père et de son grand-père aux personnalités fortes l’un comme l’autre, mais aussi de souvenirs, d’enfance, de famille, de parents et d’amis, de sa vie et de ses amours. Il évoque largement la souffrance de n’avoir pas su que sa mère était morte, lorsqu’à trois ans et demi, son père a préféré lui dire qu’elle était partie en voyage…souffrance inutile de l’enfant qui attend et qui ne comprend pas l’abandon de sa mère…Ni compris alors que son père voulait le protéger, et sans doute se protéger également, de la douleur de cette perte inéluctable.
    Ce livre se lit avec bonheur, même s’il évoque la tristesse et la perte d’un être cher, qui plus est d’un parent. On sent au fil des pages l’amour d’un fils pour son père, teinté de respect, d’admiration, d’affection. Il égrène les souvenirs et tout ce qui ne sera jamais plus, et en parallèle, forcément la vie qui avance, inéluctable, jusqu’au prochain deuil, à la prochaine naissance, aux prochaines amours. Je l’ai ressenti comme une prière, qu’elle soit israélite, chrétienne ou païenne, mais aussi comme une ode à la vie et à tous ceux qui ne sont plus, à la fois émouvant et empreint d’humour, comme la vie en somme.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.