Comme elle l'imagine

Couverture du livre « Comme elle l'imagine » de Stephanie Dupays aux éditions Mercure De France
Résumé:

Laure avait des mots d'amour mais pas les preuves : Vincent n'évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient... Voir plus

Laure avait des mots d'amour mais pas les preuves : Vincent n'évoquait jamais de date pour une prochaine rencontre. Et ce décalage entre les paroles et les actes la perturbait. Les messages maintenaient un lien entre eux, mais ils rendaient aussi la distance plus palpable et transformaient Vincent en une divinité inaccessible.

Laure est tombée amoureuse de Vincent en discutant avec lui sur Facebook. Depuis des mois, ils échangent aussi des SMS à longueur de journée. Elle sait tout de lui, de ses goûts, de ses habitudes mais tout reste virtuel. Si Vincent tarde à lui répondre, l'imagination de Laure prend le pouvoir et remplit le vide, elle s'inquiète, s'agace, glisse de l'incertitude à l'obsession. Quand une rencontre réelle se profile, Laure est fébrile : est-ce le début d'une histoire d'amour ou bien une illusion qui se brise?
Subtile analyste du sentiment amoureux, Stéphanie Dupays interroge notre époque et les nouvelles manières d'aimer et signe aussi un roman d'amour intemporel sur l'éveil du désir, l'attente, le doute, le ravissement.

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  • Belle surprise que ce roman tout en subtilité, à l’écriture classique pour une histoire contemporaine dans laquelle beaucoup se reconnaitront.
    Je n’ai pas grand-chose à dire, sinon que j’ai passé un délicieux moment de lecture en compagnie de Laure, une jeune intellectuelle spécialiste de...
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    Belle surprise que ce roman tout en subtilité, à l’écriture classique pour une histoire contemporaine dans laquelle beaucoup se reconnaitront.
    Je n’ai pas grand-chose à dire, sinon que j’ai passé un délicieux moment de lecture en compagnie de Laure, une jeune intellectuelle spécialiste de Flaubert qui se laisse happer, comme une midinette, par le miroir aux alouettes virtuelles de son écran. C’est bien écrit, délicat, les mots choisis sont toujours justes. Un régal dont le seul défaut est qu’il est trop court.
    Je n’ai pas lu Brillante, son premier roman, mais je vais vite combler cette lacune.

    https://ffloladilettante.wordpress.com/2019/05/23/comme-elle-limagine-de-stephanie-dupays/

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  • «Laure ne pouvait détacher ses yeux de lui. Elle aurait voulu attraper son visage, respirer ses cheveux, coller sa bouche contre la sienne. C’était si rare de se sentir proche de quelqu’un. De partager les mêmes admirations et les mêmes colères. De voir les choses de la même façon. À ce point....
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    «Laure ne pouvait détacher ses yeux de lui. Elle aurait voulu attraper son visage, respirer ses cheveux, coller sa bouche contre la sienne. C’était si rare de se sentir proche de quelqu’un. De partager les mêmes admirations et les mêmes colères. De voir les choses de la même façon. À ce point. Et si vite. Peut-être qu’une fois dans sa vie elle pourrait avoir de la chance, que ça pourrait lui arriver à elle, que le hasard pourrait lui être favorable. La pastille verte indiquant que Vincent était connecté disparut.
    Laure resta là, hypnotisée par l’écran.»
    Laure et Vincent ne se sont jamais rencontrés, pourtant ils partagent beaucoup de leur intimité, aiment échanger sur leurs lectures, leurs films, leur vie… C’est par le truchement de leurs comptes Facebook qu’ils ont fait connaissance et qu’ils correspondent régulièrement. «Elle avait trouvé un cocon chaud et doux, où elle pouvait faire halte, et, si quelqu’un la comprenait vraiment, ses nuits d’insomnie étaient moins noires. En quelques semaines, l’admiration se mêla d’affection, le plaisir de recevoir un message vira à l’attente du suivant, la complicité se transforma en sentiment amoureux.» Laure attend avec impatience le prochain message de son ami virtuel.
    Enseignante et agrégée de lettres, elle sait décortiquer les phrases, sait le poids des mots, sait chercher les signes derrière les expressions et sait jouer avec la langue. Mais ce qui lui plaît aussi dans ses échanges, c’est aussi l’effet-miroir, l’image d’elle qui lui renvoie son correspondant «une autre version d’elle-même. Non plus la prof sérieuse penchée sur ses copies, un stylo à la main, devant un thé et une profiterole au café d’en bas, mais une femme flirtant avec un homme qu’elle n’avait jamais rencontré.» Une femme qui confie sa mélancolie et s’imagine pouvoir tirer un trait sur sa relation passée en s’investissant davantage dans cette «relation électronique». Elle s’intéresse aux auteurs qu’il affectionne autant qu’à tout ce qui touche Reims, la ville où il est domicilié. Elle dresse des listes des films et des livres dont il parle et elle interroge Facebook pour y trouver des informations supplémentaires, dénicher l’ex-copine de Vincent et n’hésite pas à la demander en amie pour pouvoir creuser affiner son profil. «Laure échafaudait des hypothèses, inventait des scènes de rupture, construisait des scénarios.»
    Hypnotisée par l’écran, elle va devenir de plus en plus addictive aux signes et aux messages, au point de ne plus pouvoir supporter de trop longs silences et de maudire celui qui la faisait tant languir. Jusqu’au jour où la rencontre tant espérée à lieu: «Il était là, devant elle. Celui dont elle avait tant rêvé, celui dont elle avait pressenti à partir d’un amas de signes numériques qu’il pourrait être le bon. Et à chaque phrase elle sentait que son intention se vérifiait.»
    Si ce roman est si réussi, c’est que la romancière parvient fort bien à montrer que l’amour au temps de Facebook conserve les mêmes codes qu’aux siècles passés, que la passion empêche le discernement, que l’on projette sur l’autre ses désirs, que l’on efface ses doutes pour une promesse de bonheur aléatoire.
    Même si très vite il aurait pu se rendre compte que l‘investissement de Vincent était bien plus restreint, qu’il se satisfaisait des quelques heures passées ensemble, qu’il ne parlait pas de s’installer avec elle ou de l’inviter chez lui, elle s’attachait à son rêve. Par la même occasion, elle s’interdisait la possibilité d’une «vraie rencontre».
    Comme dans Brillante, son précédent roman, Stéphanie Dupays analyse notre société avec beaucoup d’acuité. Sans porter de jugement, elle analyse les ressorts de l’élan amoureux au temps des réseaux sociaux et montre combien il faut se méfier du fossé entre virtuel et réel.
    https://urlz.fr/9H2h

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  • Laure est professeur de lettres, spécialiste de Flaubert. Elle est célibataire, indépendante et souvent entourée d'amis. Elle aime chercher l'endroit parfait pour lire au calme et chercher dans les romans classiques les mots de sa vie. Mais depuis quelques temps elle échange par SMS avec...
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    Laure est professeur de lettres, spécialiste de Flaubert. Elle est célibataire, indépendante et souvent entourée d'amis. Elle aime chercher l'endroit parfait pour lire au calme et chercher dans les romans classiques les mots de sa vie. Mais depuis quelques temps elle échange par SMS avec Vincent, rencontré sur Facebook. Quand cette relation virtuelle ne lui suffit plus, Laure va chercher les signes et provoquer la rencontre...

    De Stéphanie Dupays j'avais lu et apprécié Brillante. Elle garde ici son ton incisif et perçant et elle nous entraîne dans les affres des réseaux sociaux, de l'apparence et du virtuel.

    Alors qu'elle nous emportait dans le monde du travail et de ses dérives dans son premier roman, elle évoque dans celui-ci le sentiment amoureux 2.0. Son héroïne est une femme que rien ne prédisposait à devenir la proie de l'attente fébrile d'un texto qui ne vient pas, d'un mot ou d'un silence qu'on analyse en boucle, de l'imagination qui s'emballe...
    Laure se croit amoureuse mais elle n'est que la prisonnière d'une solitude qu'elle rejette...

    Comme elle l'imagine est un roman qui analyse avec beaucoup de pertinence ce que l'amour est devenu à l'heure du virtuel, derrière les écrans, dans l'ombre d'une liberté que certain érige en maître...

    Un roman fort bien écrit qui questionne... Merci aux 68 premières fois pour cette découverte !

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  • J’ai découvert le livre de Stéphanie Dupays peu après avoir entendu parler du roman de Camille Laurens, « Celle que vous croyez » et avoir appris qu’un film en avait été tiré. Il faut croire que le sujet de l’amour et ses désordres à l’heure des réseaux sociaux est devenu une question de société...
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    J’ai découvert le livre de Stéphanie Dupays peu après avoir entendu parler du roman de Camille Laurens, « Celle que vous croyez » et avoir appris qu’un film en avait été tiré. Il faut croire que le sujet de l’amour et ses désordres à l’heure des réseaux sociaux est devenu une question de société suffisamment importante pour que la scène culturelle s’en empare avec une telle ardeur.
    Le premier chapitre est magnifique, le lecteur croit assister à une scène classique de la vie d’un couple partageant chez lui une fin de journée banale dans un monde rassurant, alors que...
    J’ai aimé la façon dont l’auteure fait évoluer les protagonistes de « Comme elle l’imagine » dans un cercle urbain et intellectuel privilégié (Laure est chercheuse en littérature, Vincent est écrivain-documentariste). Comme quoi avoir bac+15 ne met pas à l’abri des erreurs de jugement et d’une existence remplie... d’un vide sidéral.
    Elle analyse finement les nouvelles façons de se rencontrer dans la vie virtuelle, de se rapprocher et de mesurer ses affinités au travers d’un écran qui protège et aseptise, d’échanger sur une même longueur d’onde provoquant ainsi ravissement et désir (comme dans la vraie vie !).
    Il semble qu’aimer à l’heure des réseaux sociaux induit de connaître désordres et désillusions, et d’emprunter les mêmes chemins que dans la vraie vie ; sauf que dans la nouvelle Carte du Tendre, une personne aimée virtuellement n’existe que dans l’esprit de celui qui la construit sur mesure pour répondre à ses attentes.
    Elle a des pages magistrales sur l’addiction au like et la déconnexion du réel, sur l’attente fébrile des messages de l’être aimé, sur l’énergie exclusivement passée à chercher les signes dans quelques caractères d’un message Facebook, sur l’enthousiasme amoureux qui reste au stade de promesse (abondance de messages échangés mais absence de rencontre physique), sur le besoin de se rassurer en espionnant le compte du partenaire et le voyeurisme qui en découle, sur le décalage actes/paroles, sur les liens entre relation virtuelle et mensonge, amour et fantasme...
    En bref, «Comme elle l’imagine» est une réussite, à la fois source d’interrogation et plaisir de lecture.

    Lu dans le cadre des 68 premières fois, ce livre voyagera auprès des nombreux.ses lecteurs/lectrices engagé.e.s dans l'aventure.

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