Cheval

Couverture du livre « Cheval » de Richard Morgieve aux éditions Denoel
  • Date de parution :
  • Editeur : Denoel
  • EAN : 9782207261101
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Années soixante, Brigitte Bardot, la DS 19, la vitesse sans limites. Eux, ils s'appellent Cheval, ils sont deux. Deux Cheval, comme une deux chevaux, mais c'est pas une bagnole, c'est le père et le fils. Deux qui portent le même nom, sans possibilité d'être dissociés. Ce qui provoque souvent de... Voir plus

Années soixante, Brigitte Bardot, la DS 19, la vitesse sans limites. Eux, ils s'appellent Cheval, ils sont deux. Deux Cheval, comme une deux chevaux, mais c'est pas une bagnole, c'est le père et le fils. Deux qui portent le même nom, sans possibilité d'être dissociés. Ce qui provoque souvent de gros problèmes... C'est de cela qu'il s'agit, de deux êtres dans le même nom, l'histoire du père et du fils, l'oedipe chez les forains car ils sont forains de père en fils depuis 1897. Ils se battent, s'aiment, se retrouvent. Toujours ensemble, tout en essayant de prendre leurs marques.
Leur manège s'appelle Les Soucoupes volantes, son axe est un canon, comme ça ils font tourner les enfants sur les restes d'une guerre. Mais tourner pour combien de temps, à quel prix et pourquoi ?
Les dés sont lancés et ils filent sur le bitume comme si Huckleberry Finn éclatait de rire dans La Strada.

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Le courrier des auteurs

Richard Morgiève répond à nos questions ! (12/02/2009)

C'était une librairie de prêt, je lisais de la SF et tous les livres où il me semblait qu'il y aurait du sexe, j'avais 8 ans, puis 9, 10. Emprunter un livre coûtait dix centimes, pendant que je choisissais j'écoutais la libraire chuchoter avec ses copines, elles avaient toutes des permanentes entre le violet et le blond. La libraire avait adopté un fils, elle avait en plus un chien de son mari. Le fils n'avait pas de sexe, patiemment on lui en a fait un, c'était une performance dans les années 60, moi ça me béait qu'on lui fasse un sexe au type. Alors je me masturbais avec du dentifrice pour voir s'il pouvait briller, non. Une fois que le fils a eu son sexe le chien est mort le fils s'est fâché avec ses parents le père est mort, la mère pareil. Plus de librairie, mais j'avais lu 500 livres au moins, eu plusieurs érections et je vivais tout en sachant intuitivement que la littérature était morbide(le pays de morts oubliées ou refoulées au coeur de toute histoire) et qu'elle m'attirait à cause de ça, que c'était là et que là que je pouvais vivre pour échapper à la mort. C'est dans la librairie du fils au sexe opéré que j'ai trouvé Mon amie Flicka et Le fils de Flicka de Mary O'Hara. La libraire n'avait pas L'herbe verte du Wyoming, j'espérais cette suite, je la demandais à Dieu mais pour me punir il a tué la libraire. C'est bien plus tard (je ne priais plus Dieu), que j'ai lu L'herbe verte du Wyoming puis plus tard encore De si jolis chevaux. Cormac Mc Carthy galopait sans le savoir entre mon présent et mon passé, il me remontait au dos de mon cheval d'enfance sur lequel je vivais ma nuit pour pouvoir tenir mon jour. Plus tard encore voyant mon fils grandir et moi là toujours en vie à ses côtés je me suis dit que j'allais écrire un livre qui s'appellerait Cheval (le nom du fils et du père, ils seraient forains, auraient un manège). Le fils Cheval aurait un sexe et c'est avec lui et ses mains qu'il dénouerait son destin, en fabriquant des machines, en conduisant des bagnoles et des camions. Le père lui mourrait en faisant tourner une dernière fois son manège qui défierait les lois modernes. Le fils partirait au volant d'un corbillard pour tenter de sortir de la nuit, sans permis de conduire, juste sa bite et ses mains, une trompette les cendres de son père et un christ, la bagnole blinderait et salut ! Richard Morgiève

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  • 1960, les Cheval, c'est leur nom, le père et le fils. Ils sont forains depuis 1897. Leur manège s'appelle Les soucoupes volantes. Mais la plus grande partie du livre se déroule chez eux, dans leur domaine, dans leur maison délabrée, juste derrière la décharge à ciel ouvert. Ils n'ont pas le sou....
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    1960, les Cheval, c'est leur nom, le père et le fils. Ils sont forains depuis 1897. Leur manège s'appelle Les soucoupes volantes. Mais la plus grande partie du livre se déroule chez eux, dans leur domaine, dans leur maison délabrée, juste derrière la décharge à ciel ouvert. Ils n'ont pas le sou. Personne ne veut les fréquenter. Le fils, entre 12 et 18 ans selon les besoins et les circonstances, est le narrateur.
    Roman à l'écriture oralisée -encore un, c'est un peu la mode- qui met en scène ces deux hommes pauvres, provocateurs et bagarreurs, considérés par les autres comme la lie du village. L'histoire, les personnages et l'écriture me plaisent bien. Mis à part une misogynie évidente : les rares personnages de femmes ne sont pas à leur avantage (la pute, la femme qui laisse son mari avec un enfant en bas âge, les femmes objets des fantasmes de jeune Cheval), quelques longueurs et des propos dévoilant justement ces fantasmes, les inquiétudes du jeune Cheval quant à sa virilité et autres considérations sexuelles, parfois un peu trop fréquentes, j'ai bien aimé ce roman. Tout au lond du livre, je n'ai pu m'empêcher d'avoir en tête les images du film Les démons de Jésus, de Bernie Bonvoisin.
    L'atmosphère décrite par Richard Morgiève, son écriture parfois légère, parfois lourde, toujours à la limite de la vulgarité -d'aucuns jugeront même qu'il a passé cette limite- et sa manière de mener ses héros, eux-mêmes tout à la fois légers, lourds et vulgaires, mais finalement malgré leurs défauts, assez attachants et touchants, valent qu'on s'arrête un moment pour un tour de manège
    Ceci étant, je comprends les réticences d'Hélène, c'est quand même un livre plutôt masculin.

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  • Affreux, sales et méchants : toute une famille, les Dalton : quatre, les Pieds nickelés : trois, les Cheval : deux. Un Cheval, deux Cheval. Un peu voleurs, un peu truqueurs - pour survivre, mais sympathiques, attachants, émouvants même. Le père, un vieillard, rescapé d’Auschwitz, sa femme était...
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    Affreux, sales et méchants : toute une famille, les Dalton : quatre, les Pieds nickelés : trois, les Cheval : deux. Un Cheval, deux Cheval. Un peu voleurs, un peu truqueurs - pour survivre, mais sympathiques, attachants, émouvants même. Le père, un vieillard, rescapé d’Auschwitz, sa femme était juive ; elle, disparue à la naissance du fils ; le fils, enfant libre, âge variable selon les demandes de l’administration, poète de son univers, forgeron surdoué, à l’écoute du désir qui tend son corps (on sait tout, le narrateur c’est lui). Le père et le fils, d’une longue lignée de forains sur la route depuis 1897, ruinés par les deux guerres, dépassés par le progrès naissant (l’action se passe en 1960). Le père et le fils, complices de tous les instants, liés par la loi du sang et la lutte pour la vie.
    Il leur reste le domaine des Quatre Saisons, vingt hectares à la périphérie de Saint-Ambert (hommage aux Copains de Jules Romains ?), attenant à une décharge, des bâtiments en ruine, une végétation folle, un capharnaüm de vieilles voitures, de carcasses métalliques, de pneus usagés. Au milieu du foutoir : une caravane, un camion Rochet-Schneider 51, un ancien corbillard Chevrollet, un tandem, un manège de soucoupes volantes, deux ou trois remorques pour le transporter. Le manège, leur maigre pourvoyeur de revenus, leur raison de vivre, leur fierté. L’hiver ils attendent, au printemps ils repartent sur les routes, première étape à Joyeuse puis Lourdes. Terminus Lourdes, le manège hors normes de sécurité et le père qui ne survit pas au dernier tour des soucoupes volantes ; la fin est un peu courte.
    On aimerait lire la suite : quel destin attend Cheval junior ? Seul dans la vie mais malin, débrouillard, habile, vertueux à sa manière. On aimerait retrouver l’écriture foutraque de ce roman original et vivifiant.

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  • Tout commentaire reste fade au regard de la crudité du monologue du fils Cheval sur les chemins de sa maturité, balisés par les tubes des années soixante, dans le culte des moteurs, l’odeur de leurs graisses, l'amour des juke boxes et du manège de son père, vestige d'une gloire foraine tracassée...
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    Tout commentaire reste fade au regard de la crudité du monologue du fils Cheval sur les chemins de sa maturité, balisés par les tubes des années soixante, dans le culte des moteurs, l’odeur de leurs graisses, l'amour des juke boxes et du manège de son père, vestige d'une gloire foraine tracassée par les autorités, persécutée par les voisins, dévorée par des concurrents. Cheval père rescapé des camps, diffuse en son fils la force de son sang. Au milieu des déboires et des coups de leur vie d'expédients, se relaient des figures de femmes menant le gamin d’obsessions en sacrifices jusqu’à son destin gitan au volant de la vieille "baleine" continuant ce lien avec le père qu’il a tant aimé. Si j'ai donné le fil directeur de cette lourde histoire, c'est parce qu'il faut aider un candidat lecteur à avoir le courage d’y rentrer pour en apprécier l'écriture extraordinairement adaptée et l'anarchisme roboratif d'un auteur parfaitement à l'aise "hors des clous".

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