Chesstomb

Couverture du livre « Chesstomb » de John Ethan Py aux éditions L'homme Sans Nom
Résumé:

1922. Howard Phillips Lovecraft écrit une de ses plus étranges nouvelles : Herbert West, réanimateur.
Années 2000, le meurtre atroce d'une famille plonge la ville de Chesstomb dans le deuil. Journaliste de renom, Shelby Williams vient y enquêter. Accumulant une somme de documents qui fera date... Voir plus

1922. Howard Phillips Lovecraft écrit une de ses plus étranges nouvelles : Herbert West, réanimateur.
Années 2000, le meurtre atroce d'une famille plonge la ville de Chesstomb dans le deuil. Journaliste de renom, Shelby Williams vient y enquêter. Accumulant une somme de documents qui fera date dans l'histoire du journalisme d'investigation, il remonte peu à peu l'histoire de la ville. Jusqu'à cette fameuse année 1922 qui a vu la querelle de plusieurs médecins tourner au tragique. Le plus étrange : tout indique que le personnage de Lovecraft aurait son origine dans ce drame.

Jonathan Pi accomplit la performance de mise en forme de ces documents presque oubliés, créant une oeuvre vertigineuse, où le réel et l'imaginaire s'entremêlent avec une force insoupçonnée.

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  • De nos jours, dans la petite ville de Chesstown (Massachussetts), se déroule un premier drame. Un bucheron, Terry Sheldon est retrouvé mort dans la forêt écrasé par un arbre. Peu de temps après, rebelote, c'est toute sa famille, c'est à dire sa femme Deborah et ses trois enfants Swann, Cathy et...
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    De nos jours, dans la petite ville de Chesstown (Massachussetts), se déroule un premier drame. Un bucheron, Terry Sheldon est retrouvé mort dans la forêt écrasé par un arbre. Peu de temps après, rebelote, c'est toute sa famille, c'est à dire sa femme Deborah et ses trois enfants Swann, Cathy et Paul qui sont retrouvés morts, atrocement mutilés par des coups de tronçonneuse, dans leur petite maison. La police ne sait quoi en conclure. La famille était honorablement connue et personne ne lui connaissait le moindre ennemi. Quelque temps plus tard, un journaliste célèbre, William Shelby arrive en ville pour enquêter à son tour. Il commence par s'intéresser à une drôle de maison, une demeure victorienne fermée depuis de longues années et affublée de l'étrange nom de « Myseri ». Le jardin est abandonné, tout est verrouillé comme un coffre-fort et pour ne rien arranger, elle jouxte un cimetière plutôt lugubre. Puis il fouille dans le passé jusque dans les années 20.
    « Chesstomb » démarre très fort, un peu comme un thriller style Stephen King, mais dérive très vite vers le fantastique, le gore et l'horreur. John Ethan Py, pseudonyme de Sébastien Péguin, nous propose un récit choral avec changement fréquent de narrateur et même de vecteur de narration. Ainsi passe-t-on d'articles de journaux à des comptes rendus ou procès verbaux en passant par des transcriptions de videos, des lettres, des extraits d'archives et divers documents. Cela pourrait déstabiliser le lecteur et lui faire perdre le fil conducteur, mais ce n'est pas le cas tellement le procédé est bien maitrisé. On s'y fait d'ailleurs assez vite et on est même content d'avoir l'impression de participer à l'enquête. Laquelle s'avère être un leurre mais seulement une fois que l'on a échafaudé des tas d'hypothèses qui ne collent jamais. Tout est révélé dans une fin surprenante en forme de pirouette un peu facile mais qui laisse la part belle au rêve, enfin au cauchemar. Au total, une histoire bien écrite, bien menée, avec du suspens, des paroxysmes dans le monstrueux et le malsain (les âmes sensibles feront bien de s'abstenir) qui surfe sur les tendances actuelles (satanisme, sadisme, relativisme et goût pour les scènes de grand guignol). On notera l'importance donnée à Lovecraft qui joue un petit rôle dans cette affaire et l'influence d'oeuvres cultes comme « La nuit des morts vivants », « Je suis une légende » ou « World War Z ». « Chesstomb » qui est une véritable réussite et même un coup de maître ne dépare pas dans cette liste. Compliment pour la magnifique couverture du talentueux Alexandre Dainche. Mais mauvais point à « L'homme sans nom » pour les trop nombreuses coquilles présentes dans ce texte.

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