Charlotte

Couverture du livre « Charlotte » de David Foenkinos aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070145683
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion... Voir plus

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu'elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d'une oeuvre picturale autobiographique d'une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : «C'est toute ma vie.» Portrait saisissant d'une femme exceptionnelle, évocation d'un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d'une quête. Celle d'un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

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Le courrier des auteurs

David Foenkinos répond à nos questions ! (01/10/2014)

1) Qui êtes-vous ? ! Un écrivain qui vient d'écrire un livre sur Charlotte Salomon. 2) Quel est le thème central de ce livre ? C'est l'histoire de cette peintre allemande morte à 26 ans, en 1943. J'y raconte son destin, mais aussi ma fascination pour elle, mes recherches pour recomposer sa vie, et je parle aussi de son oeuvre éblouissante. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Charlotte a appris à lire son prénom sur une tombe» C'est la première phrase du livre, car Charlotte porte le prénom de sa tante. La soeur de sa mère qui s'est suicidée à l'âge de 18 ans. La mort est au coeur de la vie de Charlotte. 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Justement, cela serait La jeune fille et la mort de Schubert, ou alors cette chanson si douce et mélancolique de Sophie Hunger : Walz fur Niemand. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? L'amour pour Charlotte, pour son oeuvre. Le désir de connaître ses dessins. Et aussi cette force qu'elle avait en elle, la propulsant dans la possibilité de surmonter une vie tragique par la création. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? A vrai dire, mon rituel préféré est de ne pas savoir où je suis. J'aime écrire dans les trains, partout ailleurs que chez moi. Je n'aime pas les habitudes. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Cela dépend de chaque livre. Impossible de répondre à cette question de manière générale. Pour "Charlotte" tout est venu en découvrant les tableaux de Charlotte Salomon. 8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ? Non ! Adolescent, je ne lisais presque pas. Tout est arrivé après une très grave maladie. A l'âge de 16 ans, j'ai été opéré du coeur et j'ai passé de nombreux mois à l'hôpital. En ressortant de cette expérience, je me suis mis à lire beaucoup et j'ai commencé à écrire. Mon premier grand choc c'est Dostoïevski. Surtout "Les démons". J'ai décidé aussitôt de partir en Russie, et j'ai tenté d'apprendre le russe avec des cassettes. La première leçon m'a permis de savoir dire : "quel type de pont est-ce ?" On a connu phrase plus utile. 9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! Tout dépend. Avec "Charlotte" mon désir le plus immense est de faire découvrir l'oeuvre de Charlotte Salomon et qui elle était. Les lecteurs veulent aller voir ses toiles après sur Internet. Si mon roman peut servir à cela, c'est parfait. 10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ? C'est presque une relation de couple avec les écrivains. Nous sommes unis. "Charlotte" est un texte différent de mes autres livres par sa forme et son sujet. Je sais que son succès doit beaucoup à l'accompagnement des libraires.

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Avis (73)

  • Excellent. J'ai adoré lire ce livre comme la plupart d'ouvrage de M. Foenkinos. Mais "Charlotte" est l'un de mes préférés. Je pense souvent à son histoire.

    Excellent. J'ai adoré lire ce livre comme la plupart d'ouvrage de M. Foenkinos. Mais "Charlotte" est l'un de mes préférés. Je pense souvent à son histoire.

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  • Si différent de la delicatesse, même dans l'écriture mais passionnant, superbe!

    Si différent de la delicatesse, même dans l'écriture mais passionnant, superbe!

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  • Comment ne pas être émue par le personnage de Charlotte, d’autant que j’ai lu celui sur lequel ses œuvres étant reportées
    Magnifique portrait de femme
    Beau témoignage dont je remercie M Foenkîos

    Comment ne pas être émue par le personnage de Charlotte, d’autant que j’ai lu celui sur lequel ses œuvres étant reportées
    Magnifique portrait de femme
    Beau témoignage dont je remercie M Foenkîos

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  • Une petite merveille d'écriture et la découverte d'une artiste peintre

    Une petite merveille d'écriture et la découverte d'une artiste peintre

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  • Ce livre retrace la vie d'une artiste pendant la période nazie... Charlotte SALOMON. Je ne la connaissais pas mais le récit sous forme de recherches de David FOENKINOS m'a donné envie de fureter sur Internet. Ce roman sur la période nazie n'est pas triste, montre la fierté des personnes qui se...
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    Ce livre retrace la vie d'une artiste pendant la période nazie... Charlotte SALOMON. Je ne la connaissais pas mais le récit sous forme de recherches de David FOENKINOS m'a donné envie de fureter sur Internet. Ce roman sur la période nazie n'est pas triste, montre la fierté des personnes qui se savent condamnées... À travers Charlotte, il semble que l'auteur nous fait suivre l'histoire de nombreuses personnes de cette période, avec naturel, de manière presque poétique.

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  • Lire un Foenkinos, c'est une valeur sûre. Encore une fois, l'auteur nous surprend, nous emporte dans son univers. ici moins d'humour, moins de fantaisie, un style pur, sans fioritures mais très touchant, très poignant.
    A lire !

    Lire un Foenkinos, c'est une valeur sûre. Encore une fois, l'auteur nous surprend, nous emporte dans son univers. ici moins d'humour, moins de fantaisie, un style pur, sans fioritures mais très touchant, très poignant.
    A lire !

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  • Un très joli livre. Très féminin mais pas que. On y plonge ou pas...pas de demie mesure.

    Un très joli livre. Très féminin mais pas que. On y plonge ou pas...pas de demie mesure.

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  • « Parler, c’est risquer d’évoquer Charlotte.
    Elle se cache derrière chaque mot.
    Seul le silence peut soutenir la marche des survivants. »

    Écrire Charlotte c’était « ne plus respirer à chaque ligne ». Ce livre que l’auteur a tenté d’écrire tant de fois s’est imposé à lui comme ça. Dans un...
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    « Parler, c’est risquer d’évoquer Charlotte.
    Elle se cache derrière chaque mot.
    Seul le silence peut soutenir la marche des survivants. »

    Écrire Charlotte c’était « ne plus respirer à chaque ligne ». Ce livre que l’auteur a tenté d’écrire tant de fois s’est imposé à lui comme ça. Dans un style éblouissant par sa construction. Des phrases courtes. Des points. Des respirations. Une prose si poétique qu’elle nous emporte avec elle.

    Je connaissais la fin inexorable de Charlotte Salomon.

    Elle nous est annoncée en 4ème de couverture, on ne peut pas se cacher. On sait que cette petite fille deviendra génie de la peinture, et disparaîtra.

    Le travail de recherche de Foenkinos est incroyable. Il nous emmène sur les traces de Charlotte. Les lieux, sa chambre n.1, la cachette des œuvres…

    Il veut comprendre ce qui a précipité sa/leur perte.
    Car elles étaient deux. Elle et le bébé qui grandissait en elle.

    Son histoire est incroyable.
    Une malédiction qui touche toutes les femmes de la famille. Un amour maternel qui peine à prendre place par peur (certitude ?) de perdre l’autre un jour. Alors pourquoi s’attacher ?

    Une histoire familiale qui se répète incessamment, « comme le refrain des morts. »
    La grand-mère perdra sa jeune sœur de 18 ans après la mort de leur mère. Elle aussi a sauté dans un fleuve. Des années avant le suicide de ses deux filles ; la première Charlotte dans l’eau glacée du haut d’un pont et Franzisca du haut d’une fenêtre.

    « Les racines d’un arbre généalogique rongé par le mal. »

    De nombreux suicides suivront cette famille.

    « Tiens, quel est le mot utilisé quand on perd sa sœur ?
    Il n’en existe pas. On ne dit rien.
    Le dictionnaire est parfois pudique.
    Comme lui-même effrayé par la douleur. »

    Un père chirurgien bourreau de travail et assoiffé de reconnaissance. Une mère absente, qui se suicidera elle aussi.

    « Face aux incohérences maternelles, Charlotte est docile.
    Elle apprivoise sa mélancolie.
    Est-ce ainsi qu’on devient artiste ?
    En s’accoutumant à la folie des autres ? »

    Le cimetière devient le refuge de Charlotte. Son prénom, elle a appris à le lire sur une tombe.

    La cause de cette mort, on le lui cachera.
    Comment se construire sur un mensonge ?
    Paula, une cantatrice, la nouvelle femme du père de Charlotte sent qu’un trouble l’habite et grandit. Tout le monde refusera de dire la vérité.

    Paula chante. Et le nazisme arrive emportant tous les plaisirs et la vie elle-même.

    Les juifs n’ont plus le droit de se représenter. Charlotte ne pourra pas poursuivre ses études. Les insultes pleuvent. Ils vivent reclus.
    Certains fuient et s’exilent. D’autres veulent croire ou ne pas croire à ce qui est en train d’arriver et signe leur arrêt de mort en restant.

    Charlotte, silencieuse, commencera des cours de peinture à domicile. C’est ce qu’elle veut. Peindre.

    Alfred, un professeur de chant reconnu entre dans leur vie pour aider Paula et sa voix.
    Un soir il entre dans la chambre de Charlotte, découvre ses tableaux et lit en elle un talent prometteur.

    Depuis ce jour elle n’attend que son retour, un regard de lui.
    Il lui demandera de dessiner pour un livre qu’il a écrit. Son histoire. La guerre. Les morts entassés.

    « Les mots n’ont pas toujours besoin d’une destination.
    On les laisse s’arrêter aux frontières des sensations.
    Errant sans tête dans l’espace du trouble.
    Et c’est bien là le privilège des artistes : vivre dans la confusion. »

    Elle et lui deviennent amants. Amours.

    « Alors qu’elle se sentait forte, c’est un ravage.
    Le corps de Charlotte se met à trembler.
    Il y a des ombres sur son visage.
    C’est le passé qui prend la fuite. »

    Mais la haine s’empare des amants et de la famille.
    Les frontières se referment, Charlotte et Alfred vivent leurs dernières nuits sans le savoir. Après la nuit de Cristal en 1938, Charlotte fuit dans le Sud de la France et rejoint ses grands-parents à Nice.
    Une erreur. Mais ils ne le sauront que bien plus tard…

    La malédiction revient. Sa grand-mère saute par la fenêtre. Chaque suicide a lieu à 13 ans d’intervalle.
    Charlotte calcule. 1953, ce serait la date logique de son suicide.
    Mais elle n’aura pas le temps.

    La France gronde contre les allemands.
    Charlotte est emmenée elle aussi. Au camp de Gurs.
    Le soir dans le dortoir un homme passe et se sert parmi les femmes…
    Charlotte sera libérée du camp avec son grand-père.
    Le retour à l’Hermitage, chez Ottilie, l’américaine qui les cache, est terrible.
    Charlotte se laisse mourir.
    Un médecin, pour la sauver et sentant son génie, la suppliera de peindre pour vivre.

    Charlotte sent l’urgence de terminer son œuvre. Elle s’enferme et peint, sans plus s’arrêter, tous les personnages de sa vie. Elle finira par un autoportrait. Saisissant de beauté.
    Elle devient une artiste absolue. Elle mêle l’écriture à son art. Écrivant sur quelle musique elle peint. Chantant. Racontant une scène ou expliquant comment la lire.

    Elle sait que le danger est là, tout près. Elle décide de donner toute son œuvre à Ottilie par le biais de son médecin. Celui qui l’a sauvé par la peinture. Elle lui confie la valise avec ses œuvres et lui dira « C’est toute ma vie. »

    Puis elle retourne à l’Hermitage où elle fait la rencontre d’Alexander. L’ancien ami d’Ottilie. Ils joueront ensemble « le théâtre de l’abandon. ». Vie ou théâtre ?
    Il ne leur reste que ça. Elle tombe enceinte. Ils seront déportés. Séparés…

    Charlotte laissera l’œuvre d’une vie. Ses souvenirs. Son amour pour Alfred.
    En posant cette question :
    Où est la vie ?
    Où est le théâtre ?

    On comprend toute l’obsession de l’écrivain pour l’artiste. Comprendre, savoir et démêler le vrai du fantasme.

    Mon avis :

    Un pur chef-d’oeuvre. Un récit incroyable et poignant. Je ne peux le comparer à rien. Ni par son style, ni par l’histoire.
    À la fin du récit, je n’avais qu’une envie c’était voir pour de vrai les tableaux de Charlotte Salomon. Les toucher du regard, la sentir revivre sous sa peinture, les mouvements de son pinceau, comprendre ce qu’elle a voulu dire et laisser alors même qu’elle savait, sentait que ses jours étaient comptés.

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