Ceux qui partent

Couverture du livre « Ceux qui partent » de Jeanne Benameur aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330124328
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

 Ils sont une poignée, «Ceux qui partent», au coeur de la foule qui débarque du bateau sur Ellis Island, porte d'entrée de l'Amérique et du XXe siècle. Jeanne Benameur orchestre cette ronde nocturne où chacun tente de trouver la forme de son propre exil et d'inventer dans son corps les... Voir plus

 Ils sont une poignée, «Ceux qui partent», au coeur de la foule qui débarque du bateau sur Ellis Island, porte d'entrée de l'Amérique et du XXe siècle. Jeanne Benameur orchestre cette ronde nocturne où chacun tente de trouver la forme de son propre exil et d'inventer dans son corps les fondations de son pays intime. Où l'arrachement se fait libération - envol. Où l'auteur de «Profanes »et des «Demeurées »signe son premier grand roman américain.

Donner votre avis

Avis(5)

  • Un jour et une nuit à Ellis Island en 1910 : le temps pour les migrants juste débarqués de passer les contrôles, d’être acceptés ou rejetés. Pendant ce moment de flottement suspendu entre le monde d’avant et le monde d’après, plusieurs destins se croisent : Esther, l’Arménienne stigmatisée par...
    Voir plus

    Un jour et une nuit à Ellis Island en 1910 : le temps pour les migrants juste débarqués de passer les contrôles, d’être acceptés ou rejetés. Pendant ce moment de flottement suspendu entre le monde d’avant et le monde d’après, plusieurs destins se croisent : Esther, l’Arménienne stigmatisée par le massacre des siens ; Gabor le gitan, qui fuit avec son clan la persécution en Europe ; Emilia et son père Donato, Italiens aisés qui ont choisi l’exil pour survivre à un deuil ; Andrew le photographe, Américain de la seconde génération à la recherche de ses racines ; Hazel la prostituée qui prépare obstinément son changement d’existence…

    Tous ont en commun de se situer sur la brèche d’un nouveau départ, de trouver le courage de rompre avec le passé pour prendre leur destin en main et pour préserver ou redonner un sens à leur bien le plus précieux : la vie.

    L’auteur a elle-même connu les affres de l’exil, son déchirement et son formidable espoir, autant d’émotions qu’elle restitue au fil d’une écriture sensible et poétique, toute en finesse et en profondeur, où chaque terme est soigneusement choisi, chaque questionnement intensément réfléchi. L’expression se fait passionnée, et se retrouve exaltée bien au-delà des mots, de manière très charnelle au travers de la passion amoureuse, ou de façon artistique par le biais de la photographie, de la peinture et de la musique.

    Vibrant hommage à ceux qui partent, ou qui ont la force d’affronter les risques du changement et de la liberté pour vivre pleinement leur vie, quitte à tout perdre pour mieux se retrouver, ce roman d’une beauté indéniable est aussi d’une actualité brûlante : il nous rappelle les valeurs fondamentales qui font notre humanité, et que les préoccupations matérielles et le souci de sécurité nous font souvent perdre de vue.

    Pourtant, ces qualités n’ont pas suffi à me séduire totalement : il ne se passe factuellement pas grand-chose dans ce récit avant tout introspectif, centré sur les combats intérieurs des protagonistes. Le poids de la réflexion a fini chez moi par nuire à la puissance de l’histoire, par ailleurs contrecarrée par un certain trop-plein d’exaltation autant intellectuelle que charnelle.

    Ceux qui partent m’ont finalement plus ou moins laissée à quai, presque aussi déchirée qu’eux : avec l’envie d’aimer ce livre admirable de grande facture, mais que j’ai trouvé par moments un peu ennuyeux.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • J'étais où ces 10 dernières années ?
    Je devais vivre sur une autre planète pour n'avoir jamais lu Jeanne Benameur avant aujourd'hui.
    Quelle magnifique découverte !

    « Ceux qui partent » sont ceux qui en ce jour de 1910 arrivent à Ellis Island.
    Il y a Emilia et son père Donato, artistes...
    Voir plus

    J'étais où ces 10 dernières années ?
    Je devais vivre sur une autre planète pour n'avoir jamais lu Jeanne Benameur avant aujourd'hui.
    Quelle magnifique découverte !

    « Ceux qui partent » sont ceux qui en ce jour de 1910 arrivent à Ellis Island.
    Il y a Emilia et son père Donato, artistes lettrés ayant fait le choix de quitter l'Italie.
    Il y a Esther, arménienne fuyant les persécutions turques.
    Il y a Gabor et son clan voyageur, sans doute des tsiganes venus de l'Europe Centrale.
    Il y a des bateaux entiers d'émigrants, chacun avec son histoire, la douleur d'avoir quitté les siens, d'avoir quitté sa terre et sa langue.
    Et puis il y a Andrew, le photographe descendant des passagers du MayFlower qui vient tous les jours sur l'ile capturer les images de ces hommes et de ces femmes, sans doute pour mieux comprendre son histoire familiale.

    Jeanne Benameur excelle à nous faire pénétrer dans les sentiments, les pensées et les tourments de ces déracinés.
    Son écriture d'une douceur infinie, son style raffiné et sa remarquable précision font de ce livre un des plus beau sur l'exil que j'ai pu lire.
    Il n'y a pas un mot de trop, pas un commentaire superflu, tout est condensé pour faire jaillir en nous l'émotion.
    Chaque phrase, chaque silence pèsent, suscitent images et réflexion.
    Les personnages sont vivants, ont les perçoit dans toute leur fragilité, leur humanité, dans leur tentative de rester digne.
    On sent l'espoir de chacun, les doutes d'avoir fait le bon choix, l'inquiétude face à l'inconnu et plus que tout, l'importance de la langue, celle qui rattache à la terre perdue et celle qui tient à distance la terre promise.
    Un livre qui est aussi terriblement charnel car même ici les corps frémissent et ont besoin d'exulter. le désir n'a pas de frontière.
    J'ai tout aimé dans ce roman !

    Difficile de ne pas voir en ce livre un hommage à l'histoire de tous les immigrés, tous les réfugiés, tous les exilés, un hommage à tous ceux qui ont fait le voyage... Transposons Ellis Island 1910 à Lampedusa 2019... n'oublions pas que chacun a droit à son Eldorado.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Ellis Island en 1910.
    Il y a une foule de migrants de toutes nationalités dont Emilia et son père Donato, Esther l’Arménienne et Gabor le gitan.
    Il y a aussi Andrew, un jeune américain issu d’une famille aisée. Il est passionné de photographie et fasciné par tous ces réfugiés qu’il vient...
    Voir plus

    Ellis Island en 1910.
    Il y a une foule de migrants de toutes nationalités dont Emilia et son père Donato, Esther l’Arménienne et Gabor le gitan.
    Il y a aussi Andrew, un jeune américain issu d’une famille aisée. Il est passionné de photographie et fasciné par tous ces réfugiés qu’il vient immortaliser.
    Un thème plusieurs fois traité que Jeanne Bénameur a su exploiter à sa manière comme elle sait si bien le faire.
    Elle concentre tout sur un jour et une nuit.
    Les amours naissent et se croisent.
    Il est aussi beaucoup question de couleurs, de musiques, de chants.
    Les personnages sont formidables, comme tous ceux que crée l’auteure.
    Le rythme de narration est tendre, lancinant.
    Une grande sensibilité pour décrire le vécu, les attentes, les traumatismes, les espoirs de tous ceux qui un jour, par nécessité ou par choix décident de partir.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • « On ne sait rien des vies de ceux qui débarquent un jour dans un pays. »

    Donato et Émilia, un père et sa fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d'accoster. Nous sommes en 1910 et ils viennent d'arriver à Ellis Island. Leur langue est devenue étrangère. Avec leurs compagnons de...
    Voir plus

    « On ne sait rien des vies de ceux qui débarquent un jour dans un pays. »

    Donato et Émilia, un père et sa fille, sur le pont du grand paquebot qui vient d'accoster. Nous sommes en 1910 et ils viennent d'arriver à Ellis Island. Leur langue est devenue étrangère. Avec leurs compagnons de voyage, ils partagent tous une espérance sans limite, sans limite comme ce nouveau pays. Nous allons les suivre lors de leur première journée et première nuit face à la statue de la Liberté. Certains ont été chassés par la misère, d'autres sont ici par envie et par choix. Chacun va tenter de trouver une place dans ce Nouveau Monde. Les langues, les fraternités et les corps vont se mêler et au lever du jour plus rien ne sera comme avant.

    Ce qui m'a vraiment intéressé dans ce récit ce sont les portraits de cinq femmes, fortes, fières et indépendantes. Émilia ne rêve pas de prince charmant, mais elle rêve de liberté, d'un endroit où dessiner et peindre nuit et jour. Lucile, jeune fille de bonne famille ne demandera jamais à l'homme qu'elle aime de sacrifier ses rêves pour une vie de famille. Esther a fui les massacres de la lointaine terre d'Arménie, sauvée par les corps entassés sur elle. Marucca, fille sauvage d'un chef de groupe de bohémiens attend son amoureux sans broncher, elle sait qu'il reviendra. Hazel est arrivée pour se louer dans une maison close, elle a su endormir son corps pour en faire un outil. Avec l'argent économisé, elle veut ouvrir une pension pour accueillir les femmes qui arrivent de loin, un endroit paisible où elles pourront trouver un havre de paix.
    Les personnages masculins sont aussi riches par leurs rêves, leurs passions, leurs souvenirs, leurs doutes, leurs faiblesses.

    J'ai eu un peu de mal à entrer dans ce roman, petit à petit j'ai apprivoisé le récit et les personnages et puis j'ai retrouvé la magie de l'écriture poétique, lumineuse et sensuelle de Jeanne Benameur. L'auteur nous fait parfaitement ressentir le déchirement de quitter son pays, sa culture et sa famille. Les contrôles qu'il faut affronter, les formalités interminables, l'humiliation parfois. Les dernières pages sont sublimes et résonnent particulièrement dans notre monde actuel, écoutez :

    « les émigrants ne cherchent pas à conquérir des territoires. Ils cherchent à conquérir le plus profond d'eux-mêmes parce qu'il n'y a pas d'autre façon de continuer à vivre lorsqu'on quitte tout.
    Ils dérangent le monde où ils posent le pied par cette quête même.
    Oui, ils dérangent le monde comme le font les poètes quand leur vie même devient poème.
    Ils dérangeront le monde parce qu'ils rappelleront à chacune et à chacun, par leur arrachement consenti et leur quête, que chaque vie est un poème après tout et qu'il faut connaître le manque pour que le poème sonne juste.
    Ce sera leur épreuve de toute une vie car lorsqu'on dérange le monde, il est difficile d'y trouver une place. »

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Ceux qui partent, c'est l'histoire d'une poignée d'émigrants ayant fait le choix en 1910 de venir vivre en Amérique, mus par un sentiment d'espoir et de liberté. Vivre une autre vie, reconstruire pour certains, s'épanouir et se révéler pour d'autres, vivre leurs rêves.

    A l'arrivée sur le...
    Voir plus

    Ceux qui partent, c'est l'histoire d'une poignée d'émigrants ayant fait le choix en 1910 de venir vivre en Amérique, mus par un sentiment d'espoir et de liberté. Vivre une autre vie, reconstruire pour certains, s'épanouir et se révéler pour d'autres, vivre leurs rêves.

    A l'arrivée sur le bateau, un jeune étudiant en droit; Andrew Jonsson les photographie. Avec son objectif, il capte l'instant présent, et donne une émotion à ces photos. Il est passionné par l'arrivée de ces émigrants et recherche sans doute un peu de ses origines, des émotions connues par son père et sa grand-mère arrivés bien des années plus tôt car il est islandais d'origine. Il aime entendre la langue de sa grand-mère, sa langue.

    Son père Sigmundur a épousé Elisabeth, il a réussi ici en quittant la pauvreté de son pays.

    Elisabeth est obsédée par l'idée de marier son fils, elle aimerait qu'Andrew prenne la suite de son père mais il cherche autre chose, ses racines... Il est lui hanté par l'image de Rosalind, la petite soeur de son père, décédée là-bas en Islande, elle n'a jamais connu ce pays.

    Il a photographié Emilia l'italienne et son père Donato Scarpa. Elle est peintre, elle enseignera aux enfants et est déterminée à être libre et vivre de sa passion. Son père, lui est acteur de théâtre, il ne quitte jamais son livre talisman, c'est "L'énéide" le livre dans lequel il trouve la force de mener cet exil.

    Autre personnage important; Gabor et son violon et Esther Agakian, l'arménienne qui a tout perdu.

    L'arrivée sur Ellis Island est difficile, ils sont plus de 5000 à attendre les formalités, traités de façon inhumaine. Ils passeront la nuit sur l'île, une nuit d'introspection, à la découverte de leur intime, à la découverte aussi des plaisirs de la chair pour certains.

    C'est un très beau récit tourné sur l'intime, partir c'est bien mais on laisse tant de choses derrière soi. Chacun vit son exil à sa façon, dans sa tête, dans son coeur et dans son corps. La découverte du plaisir charnel, c'est de l'abandon mais aussi cette soif de liberté, d'espoir, de renaissance, de découvertes.

    La langue aussi est essentielle, elle fait partie de nos fondations, comme son corps. La langue étrange dans la bouche de l'autre.. Et si la nuit était une langue universelle.

    Un récit profond, une langue magnifique, poétique. Les mots extrêmement bien choisis. Une plume juste, introspective, superbe.

    J'ai aimé le parallèle avec "L'Enéide", Énée étant exilé lui aussi, la force des mots qui captivent, qui rassurent, qui guident dans le chef de Donato.

    Un très beau roman, celui par lequel je découvre la plume de Jeanne Benameur, que j'avais envie de lire depuis très longtemps, deux de ses romans m'attendent dans ma PAL.

    Ma note : 8.5/10

    Les jolies phrases

    Comme les grands oiseaux qui vont chercher l'asile propice pour faire leur nid, ils sont partis mais les hommes n'ont pas la liberté des ailes. La nature ne les a pas pourvus pour se déplacer au-dessus des mers et des terres. Il leur faut faire confiance à d'autres hommes pour être transportés.

    Quand le vent attise un feu de forêt l'été, les gens luttent tous ensemble comme on élève des digues contre les crues des fleuves. Mais quand ce sont d'autres êtres humains qui apportent la mort et la destruction, on est atteint au plus profond de soi parce qu'on est humain aussi.

    L'ancienne vie avec ses douceurs, ses lenteurs et sa bonne sécurité connues est encore là, dans sa poitrine. La nouvelle confuse, ignorée, toute confiée au rêve encore, cherche à prendre place.

    Est-ce que toute sa vie désormais sera soumise aux deux envies contraires ? C'est cela alors "émigrer". On n'est plus jamais vraiment un à l'intérieur de soi.

    Et lui même, Donato est seul, sur le rivage où l'on abandonne tous ceux qu'on a aimés et qu'il faut quitter. Car émigrer, c'est laisser les ancêtres et ceux qu'on a aimés ans une terre où l'on ne retournera pas.

    Les hommes cherchent leur vie ailleurs quand leur territoire ne peut plus rien pour eux, c'est comme ça. Il faut savoir préparer les bateaux quand le vent souffle et que les présages sont bons. Tarder c'est renoncer.

    Le violon dit qu'émigrer c'est espérer encore.
    Avec vaillance.
    Avec la force de ceux qui n'ont plus rien que leur désir.
    Le violon dit que le désir est tout. Tout. Et qu'avec le désir on peut vivre. Il chasse le marasme de l'attente et de la peur de tout ce qui les guette, dans quelques heures, dans quelques jours. Il dit que chacun a dans le coeur le souvenir de jours heureux, de ceux qu'on veut revivre de toute son âme quelque part : Ailleurs. Et qu'importe que la terre soit aride et le regard des gens encore soupçonneux.
    On émigre : on espère.

    Parler sa langue c'est vivre avec soi-même, bien présent dans le monde. Et c'est bâtir comme une chaude maison autour de soi et de celui avec qui on parle.

    Que sommes-nous devenus pour que d'autres humains aient le pouvoir de nous ouvrir un pays ou de nous renvoyer là où il n'y a plus de "chez nous" ? C'est quoi une frontière ?

    Le temps parfois rassemble dans le même sablier tant de choses éparses. On pourrait fermer le poing pour retenir les grains de sable mais on sait bien que rien ne se retient entre nos doigts.

    Est-ce que la nuit est une langue ? La seule langue que les corps ont tous en commun. Celle que personne n'a besoin d'apprendre. C'est le jour seulement que les langues des pays reprennent leur place et nous séparent.

    Il a su acheter et vendre. Il a su parler aux gens, les écouter et comprendre à demi-mot ce qu'ils voulaient. Le commerce, c'est ça. C'est apprendre à connaître le désir de quelqu'un. Et après tout, il en avait fait son art.

    Doit-on tout avoir de celui qu'on aime? Doit-on accéder à son être tout entier ? est-ce que l'amour ne peut pas accepter la part manquante ?


    Les émigrants ne cherchent pas à conquérir le plus profond d'eux-mêmes parce qu'il n'y a pas d'autre façon de continuer à vivre lorsqu'on quitte tout.


    https://nathavh49.blogspot.com/2019/08/ceux-qui-partent-jeanne-benameur.html

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Suggestions de lecture

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions