Ces rêves qu'on piétine

Couverture du livre « Ces rêves qu'on piétine » de Sebastien Spitzer aux éditions L'observatoire

4.434782608

23 notes

Résumé:

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l'Allemagne nazie. L'ambitieuse s'est hissée jusqu'aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu'elle a... Voir plus

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l'Allemagne nazie. L'ambitieuse s'est hissée jusqu'aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu'elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s'enfonce dans l'abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d'hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s'accrochant à ce qu'il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l'enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d'une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d'un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d'un homme et le silence d'une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s'appelle Magda Goebbels.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Ce premier roman me tentait terriblement...Comment un auteur a pu mettre des mots sur deux personnages féminins particulièrement opposées.

    Opposées à tous niveaux : âge, mentalité, physique, vie, quotidien.

    Martha Goebbels est une femme dure et froide qui sera capable de nous démontrer le pire pour espérer réussir sa vie. Elle n'aura qu'une seule ambition dans sa courte vie : servir SA cause.

    Ava, quant à elle, espère simplement vivre et d'une manière radicalement différente de ce qu'elle a connu. Se construire pendant la guerre est une dure tâche à accomplir, tout le monde n'en a pas la force et la possibilité. Ava fera de son quotidien un destin unique, admirable et puissant.

    C'est aussi une écriture originale, fine et précise que l'auteur Sébastien Spitzer nous livre. J'ai trouvé son ouvrage magnifique à plusieurs reprises. Dans un premier temps, la couverture. Elle laisse présager le meilleur mais une part d'ombre subsiste, est-ce celle-ci que l'auteur veut absolument nous montrer ou arrivera t'il aussi à tirer le meilleur de cette période historique ?

    Les mots également sont remplis d'empathie à l'endroit de certaines personnes et restent à distance pour d'autres. Je trouve le ton très juste et sain. L'objectif n'est pas de nous faire plier dans un camp ou l'autre mais plutôt de nous montrer un pan de cette mauvaise période sous un angle nouveau. Pari réussi pour ma part !

    Je suis très curieuse et intéressée par la Seconde guerre mondiale, ce qui s'y est passé, ce qui en découle, les conséquences visibles, invisibles. Mais jamais je ne m'étais encore intéressée à Martha Goebbels. Et pourtant il y a matière à creuser le sujet ...

    Je suis ravie d'avoir découvert ce premier roman car il se lit vite, il est très bien construit et très bien documenté également. Je l'ai lu comme un roman avec la dimension historique qui en fait pour moi un excellent livre.

    Nous avons toujours besoin de comprendre certaines choses et ce que l'auteur nous décrit dans ce roman est monstrueux par moments et puis il y cache également des notions d'espoir, d'amour, de vie finalement.

    Je ne suis pas ressortie abasourdie par des révélations mais j'ai bien mieux compris ce qui s'est tramé aussi en arrière-plan et je trouve ça formidable d'avoir amené le lecteur dans les fins-fonds de la lâcheté humaine. Cet ouvrage participe pour moi au devoir de mémoire !

    N'oublions pas de quoi est capable l'être humain et ne laissons pas nos yeux se fermer !

  • 0.25

    Les romans historiques, d'habitude, ne sont pas trop mon style. Voire pas du tout. Ici, Sébastien Spitzer nous dépeint avec justesse et précision la réalité de la seconde guerre mondiale. Atroce. Effroyable. Monstrueuse. Repoussante. À en avoir des frissons, simplement en lisant ses mots crus.

    Fin de la guerre. Nous suivons Magda Goebbels, première dame du IIIe Reich, accompagnée de ses six enfants, et son mari, Joseph Goebbels, le Gauleiter de Berlin. Toujours fidèles, aux côtés du Führer, dans son bunker.
    Cette femme aux lourds secrets. Qui cache son père, juif. Qui cache son premier amour, juif. Tant de personnes qui l'éloigneraient de son but ; devenir une femme riche et célèbre.

    De l'autre côté, Ava, petite fille de 3 ans, qui a vu passer sous ses yeux des horreurs sans nom, et qui, malgré ça, essaie de survivre tant bien que mal. Le courage de cette enfant est à l'image de sa mère, Fela. Rongé par la gangrène, elle fera tout pour sauver sa fille.

    Le portrait de ses deux femmes si différentes est frappant. L'une vendrait son corps et son âme pour garder sa fille en vie, tandis que l'autre n'hésiterait pas à les tuer de ses propres mains pour sauver son image. Un profond abîme entre ses femmes, pourtant aussi fascinantes l'une que l'autre.

    Magda Goebbels est un personnage que j'aurais aimé découvrir plus en profondeur encore. Entrer dans son esprit, pour y découvrir ses pensées les plus sombres. Essayer de comprendre les choix de cette grande dame, si mauvais soit-ils.

    Entre deux chapitres, nous avons l'occasion de découvrir les lettres d'un père, Richard Friedländer, et qui n'ont qu'une seule destination : Magda Goebbels, sa fille adoptive. Il nous dépeint le cauchemar des camps, la faim, la peur, la fatigue... tout en gardant l'espoir, qu'un jour, son enfant lui réponde. Ses lettres sont très puissantes émotionnellement parlant.

    Après être passé de bras en bras, le rouleau contenant ces lettres parvient à Ava, dernière porteuse de ces restes de vie, et qui est la seule à pouvoir dévoiler son contenu au monde.

    Sébastien Spitzer créé un parfait mélange entre monstruosité et optimisme. On espère, on craint, on pleure, on est en sursis. Mais jamais on ne rit.
    Comme dit dans le post-face, si certains passages du roman sont purement inventés, d'autres sont fidèles à l'histoire.


    (Ma chronique sur le blog : http://solivresse.blogspot.fr/2017/10/ces-reves-quon-pietine-sebastien-spitzer.html)

  • 0.15

    Livre dur, attention

    On suit en parallèle la vie dans les camps en suivant Juddah, Fela et Ava, 3 personnes victimes du nazisme avec ses horreurs et atrocités et le parcours de Mme Goebbels et ses 6 enfants...
    On les suit au travers des années de guerre dans leurs vies parallèles mais si différentes: entre l'opulence,les mondanités d'un côté et les souffrances, privations d'un autre..;
    Mais à la fin, l'Histoire retourne les choses : la vie est laissée aux rescapés des camps et la mort est la seule issue vue par Mme Goebbels pour sauver la face.

    Ce livre est fort intéressant mais dur et difficile à lire par moments et pourtant je suis une habituée de ce genre de livres car c'est une période historique que j'adore et qui m'intéresse beaucoup (peut être est ce mon sang alsacien qui m'influence??).
    L'écriture est en correspondance totale avec les épreuves, jamais larmoyante mais incisive comme les évènements vécus par chacun..Une découverte ...

  • 0.25

    Alors que les armées russes et américaines avancent vers le front, le récit alterne entre les derniers jours de Magda Goebbels et la marche des prisonniers qui viennent d’être libérés des camps de Silésie. Comme deux trajectoires, l’une tendant inexorablement vers la mort, l’autre qui monte vers la vie.
    D’un côté, Magda Goebbels, figure féminine la plus emblématique du IIIe Reich. Dans Berlin elle se cache avec son mari Josef Goebbels et ses six enfants dans le bunker le plus célèbre de la seconde guerre mondiale, celui d’Hitler et d’Eva Braun. Nous assistons à ses derniers jours, et remontant le temps, on découvre sa rencontre avec Josef Goebbels, la façon dont elle renie son père et ses origines juives, devenant la femme arienne par excellence, digne pondeuse perpétuant la race selon les volontés du dictateur. Et de l’autre côté, à l’Est, il y a Ava, née à Auschwitz, et des milliers de prisonniers libérés des camps, qui fuient la mort sur les routes ouvertes à tous les dangers. Parmi eux, un homme porte sur lui les vestiges de quelques lettres écrites par un père désespéré à sa fille, mort dans les camps, abandonné par celle qui l’a renié dès les premiers mois de guerre, le propre père de Magda. Des hommes et des enfants vont à leur tour porter ce rouleau de lettres, ce message, qui matérialise l’espoir au-delà de la mort, la vie malgré l’extermination.
    C’est roman poignant. D’abord du fait de son écriture, directe, vive, tonique, incisive, qui contraste avec la peur, la lenteur de ces homme anéantis, blessés, mourants, sans espoir, qui contraste également avec l’immobilité évidente de Magda Goebbels, ayant encore le courage (ou la folie ? ) d’assassiner ses propres enfants. Ensuite bien sûr par l’Histoire qu’il nous raconte, celle d’un épisode de la seconde guerre mondiale que l’on a trop souvent oublié.

  • 0.25

    Un premier roman à la fois maîtrisé, passionnant et très riche.

    J’ai aimé le style, pourtant sans fioriture, des phrases sèches, courtes, comme pour dire l’urgence.

    J’ai aimé l’urgence de Feda, sa volonté de vivre malgré les expériences commises sur elle.

    J’ai aimé le silence d’Ava et son attention à la besace dans laquelle se trouve la mémoire des camps.

    J’ai aimé découvrir l’enfance de Magda, née Marie-Madeleine, ambitieuse prête à tout pour ne pas retourner dans la misère. J’ai aimé son regard sans concession sur les occupants du bunker.

    Même les personnages secondaires sont brossés intelligemment : Lee-Meyer et Gary en pleins, Adolf et Joseph en creux.

    Et puis le grand absent, celui toujours caché : le père de Magda.

    Un roman très documenté qui n’est jamais pontifiant, mais qui remet à hauteur d’hommes, et surtout de femmes, l’Histoire en marche.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du bunker dans lequel sont enfermés les derniers caciques du régime qui se meurt sous les bombes.

    http://alexmotamots.fr/ces-reves-quon-pietine-sebastien-spitzer/

  • 0.25

    C’est avec une grande impatience que j’ai commencé ce livre, attirée par la quatrième de couverture et l’histoire racontée. Deux histoires en fait qui se déroulent en parallèle, s’imbriquent et se répondent. Celle de Magda Goebbels et de ses derniers jours retranchée avec ses enfants et les derniers dignitaires du régime dans le bunker de la chancellerie. Et dans le même temps, celle des prisonniers des camps de concentration qui tentent de survivre aux marches de la mort et aux massacres de masse perpétrés par les bourreaux juste avant l’effondrement du IIIème Reich afin d’effacer la trace de leurs exactions. Ces victimes forment une chaîne, ils se relaient pour perpétuer la mémoire des crimes commis et conserver les traces d’un secret. Un secret qui remonte jusqu’à Magda Goebbels et son passé, ce passé qu’elle cache et veut effacer. Ce secret, basé sur des faits réels et historiques est le centre du roman, c’est le lien entre Magda et les victimes de la solution finale. C’est pour le découvrir que le lecteur est happé page après page vers le point de rencontre de ces deux histoires et vers l’effondrement du régime. Sans aucune hésitation, lisez cette pépite et embarquez pour ce voyage au cœur d’un secret de l’histoire.

  • 0.2

    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2017/09/ces-reves-quon-pietine-de-sebastien-spitzer.html

    Contrairement à beaucoup de romans ou de livres historiques qui nous emmènent au cœur de la guerre, des camps ou de l’Occupation, Sébastien Spitzer s’intéresse à l’effondrement du IIIe Reich, à ses dernières heures.
    Il met en place un double mouvement, celui de la survie et celui de la mort en faisant s’élever les voix. Celles des victimes et celles des coupables.

    Les Allemands ont perdu la guerre, ils le savent, c’est une question d’heures désormais. Les soldats ont pour mission de faire évacuer les camps, de tuer les détenus, le plus grand nombre. Tous. De traquer les échappés. Il y aura Aimé, Judah, Fela. Autour d’eux graviteront la petite Ava, une enfant survivante, par miracle. Tour à tour ils sortent de l’ombre à travers la plume de Sébastien Spitzer pour raconter l’horreur vécue.
    En parallèle il y a le bunker dans lequel se replient les grands chefs du Reich. Hitler, bien sûr, Eva Braun, mais aussi Goebbels, Joseph, Magda sa femme et leurs cinq enfants, le plus âgé étant parti à la guerre. Eux aussi ont pensé à leur solution finale. Alors me direz-vous comment ses deux récits peuvent s’entrecroiser ? C’est là toute l’ingéniosité de l’auteur. Par le biais de lettres déchirantes appartenant à un certain Richard Friedländer qui écrit à sa fille. Une fille qui a renié ses origines et qui l’a renié pour la gloire. Une fille qui se prénomme Maria Magdalena Behrend. Une femme qui deviendra Magda Goebbels et qui fera tuer l’homme qu’elle aimait dans sa jeunesse, le père qui l’a élevé, les enfants qu’elle a mis au monde. Ava détiendra ses lettres porteuses d’inhumanité lorsqu’elle arrivera aux pieds des américains.

    Dans ce roman les femmes sont prédominantes. Sébastien Spitzer aurait pu choisir Hitler, Joseph Goebbels, un rescapé masculin mais il a choisi Magda la Médée, comme il l’appelle, il a choisi Fela ancienne prostituée des camps, Ava sa fille cachée issue d’une relation avec un nazi, et puis Lee la photographe de guerre. Il a choisi leurs combats, leurs déterminations comme pour donner un autre élan à ce récit, une autre force. Pour « astiquer les consciences », comme il l’écrit.
    Extrêmement bien documenté, Ces rêves qu’on piétine, nous donne à ressentir la douleur, la compassion et la solidarité qui gravitent autour de ces hommes et de ces femmes victimes de la barbarie. Et en s’immisçant dans la vie de Magda Goebbels, l’auteur nous donne à voir comment cette femme est devenue la première dame du Reich avide de pouvoir et de monstruosité. A travers son enfance pauvre, ses blessures, ses regrets, il nous dresse le portrait d’une femme à la fois fascinante et horrifiante, rendant le récit d’autant plus fort.

    Un premier roman audacieux, où le fictif que l'on ne soupçonne pas se mêle à l'Histoire avec ingéniosité. Un premier roman où rien ne sonne faux. Où dès la première page, dès les premiers mots le lecteur démarre en apnée. Cette construction courte et fluide nous fait peser chaque détail, chaque important détail de la trame qui se dessine sous nos yeux. Et l’on est immédiatement happé par cette sombre période. Ces rêves qu’on piétine est un roman à la maîtrise incontestable. Pas étonnant qu’il est obtenu le prix Stanislas du premier roman et je pressens que ce ne sera pas le seul.
    Un des romans à découvrir absolument en cette rentrée.

  • 0.2

    La lente et sépulcrale colonne de ceux qui ne quitteront jamais l'enfer avance sous les coups alors que le IIIe Reich s'effondre dans la terreur qu'il a lui-même fait naître. Le cortège d'images qui surgissent dès les premières pages du roman de Sébastien Spitzer ne cesse de hanter la lecture toute entière. Un rouleau de cuir qui enferme la mémoire des camps se transmet d'un survivant éphémère à un autre comme le symbole dérisoire et héroïque d'une fragile victoire sur les bourreaux.
    Dans le bunker berlinois, les derniers dignitaires du régime se terrent autour de Hitler. Parmi eux, Magda Goebbels et ses enfants. Hautaine, arrogante, glaciale, forgée de haine et d'ambition, elle ressasse son ascension et sa conviction de laisser une trace dans l'Histoire, moins par l'influence qu'elle a pu avoir sur la politique des nazis que par le geste suprême qui - croit-elle - lui apportera la dimension mythique de Médée : le meurtre de ses propres enfants.

    J'ai commencé à lire ce roman avec une certaine appréhension. Magda Goebbels ? Pas vraiment envie de lire une biographie de cette femme. Et comment traiter un tel sujet par le biais de la fiction ? L'auteur résout cette question en mêlant faits réels et reconstruction romanesque. Mais, du coup, une autre question apparaît, malgré la postface explicative : où est le réel ? Où est la fiction ? Pour tout autre sujet cela ne m'aurait guère gênée, mais pour celui-ci je garde une réticence quant à ce mélange.

    Factuelle, l'écriture refuse le pathos et m'a mise dans une situation assez inconfortable finalement car cette froideur, cette absence d'émotion sont aussi celles qui caractérisent Magda Goebbels face au sort des victimes du nazisme. La mise en perspective entre la situation dans le bunker et celle d'Aimé, Judah, Richard, Ava... m'a semblé, par ailleurs, extrêmement perturbante.

    Pour moi c'est de toutes les questions qu'il soulève que le roman de Sébastien Spitzer tire une grande partie de sa force. Questions avec lesquelles le lecteur doit ensuite se débattre en acceptant de se laisser troubler, de laisser de côté ses préjugés et de s'aventurer dans les méandres ignobles d'une personnalité odieuse. La haine, la rancoeur, l'ambition, l'égocentrisme semblent être les uniques principes qui guident les choix de Magda. La qualifier de "monstre" comme on le fait usuellement ne résout rien mais apporte une sorte de soulagement qui dédouane de toute autre investigation. Le roman de Sébastien Spitzer nous enjoint à aller au-delà de cette détermination et à fouiller davantage : que cache cette "monstruosité" ? Quelle en est l'origine ? Faut-il la chercher dans la spécificité d'une époque, d'un moment dans l'Histoire, dans un contexte familial et social ? Quelles convictions, quels principes, quel cheminement de la pensée, quelle folie, peuvent-ils conduire au meurtre impassible de ses propres enfants et à l'envisager comme accomplissement d'un choix idéologique alors même que l'adhésion à cette idéologie est vacillante ? C'est peut-être le fanatisme qui est aussi interrogé par la manière dont l'auteur traite cette biographie fragmentaire et romancée d'une femme maudite.

    Je me rends compte en écrivant ces mots à quel point ce roman continue de me déranger autant par son thème que par la façon dont ce dernier est traité. Une telle déstabilisation est pourtant ce que j'attends, entre autres, de mes lectures. Malgré cela je ne peux affirmer que "Ces rêves qu'on piétine" est un coup de coeur pour moi. Mais je ne saurais démêler les causes de ma minuscule réserve.

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/08/26/35586308.html

    Nous alternons entre le récit des derniers jours de Magda Goebbels, celui de la marche de la mort et les lettres d’un certain Richard Friedländer. Ce sont ces lettres qui font le lien entre Magda et ces survivants : elles sont en effet sauvées par une succession de personnages ayant vécu dans les camps afin de les donner à l’intéressée. Cette volonté de les transmettre coûte que coûte, au-delà de sa propre vie, montre la rage de témoigner de l’ignominie, de redonner vie aux hommes et aux femmes pris dans cette horreur. Ainsi, les êtres s’envolent mais les écrits restent.

    Magda Goebbels est peinte comme une femme avide de reconnaissance, de pouvoir. Elle ne semble attachée à rien d’autres : elle n’aime pas son mari et préfère son fils Harald né d’un premier mariage. Cette « Médée moderne », comme la surnomme Sébastien Spitzer, connu du grand public pour son suicide et le meurtre de ses six enfants, permet surtout de mettre en lumière ceux qui ont subi la folie qu’elle soutenait, au point de renier son propre père. Magda n’est pas une héroïne au sens romanesque du terme mais le révélateur d’une humanité sacrifiée sur l’autel de la folie et de la haine : ce sont les survivants et les morts qui sont les véritables héros. Cette humanité est matérialisée dans le roman par les visages d’Aimé, de Judah, de Fela et de la jeune Ava. On apprend à les connaître à un moment où ils auraient déjà dû n’être plus là. Ils ont vécu l’horreur, continuent même de la vivre, mais symbolisent aussi une forme d’espoir et d’avenir.

    Sébastien Spitzer a un talent certain pour raconter ces vies avec humanité et justesse. Certains propos et certaines scènes sont saisissantes de réalisme comme celle de la grange. Mais, le grand tour de force de l’auteur est d’avoir su distiller habilement la fiction dans les faits réels. Il brode le vraisemblable parmi la réalité historique. L’Histoire est véritablement au service de la fiction tout en jouant le rôle de « garde-fou » (pour reprendre le terme de l’auteur quand il explique sa démarche à la fin du roman). Une véritable claque !

  • 0.25

    Livre vraiment a lire pour tous car cela est réelle et très triste en même temps , du début jusqu a la fin a découvrir , si je ne le gagne pas je le note et je l achèterais car pour moi c est une lecture qui me passionne ....

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