Ce qui est monstrueux est normal

Couverture du livre « Ce qui est monstrueux est normal » de Celine Lapertot aux éditions Viviane Hamy
  • Date de parution :
  • Editeur : Viviane Hamy
  • EAN : 9791097417376
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Ce qui est monstrueux est normal, c'est une phrase qu'elle écrira souvent, l'enfant devenue grande, sans savoir que cette litanie constituera le fil rouge d'un récit. Oui, ce qui est monstrueux est normal, pour un être jeune dont l'oeil s'habitue aux fissures dans les murs blancs et aux odeurs... Voir plus

Ce qui est monstrueux est normal, c'est une phrase qu'elle écrira souvent, l'enfant devenue grande, sans savoir que cette litanie constituera le fil rouge d'un récit. Oui, ce qui est monstrueux est normal, pour un être jeune dont l'oeil s'habitue aux fissures dans les murs blancs et aux odeurs d'urine dans les couloirs d'immeubles. Il vaut mieux en rire qu'en pleurer, dit l'adage populaire, à peine conscient de son héritage. Rire de l'homme qui nous élève, chercher tout au fond de soi le respect qu'on lui doit, mais rire - un rictus qu'on n'effacera jamais - pour oublier qu'on voudrait lui balancer un bon coup de pied dans la nuque.

Céline Lapertot se confronte à son passé. De ce combat nécessaire avec elle-même et de ses souvenirs est né ce texte qui n'est pas un livre comme les autres. Ce n'est pas une autofiction, c'est un récit autobiographique, un long cri plein de rage.

Comment vivre - ou survivre - dans un lotissement en ruine, où règne partout l'odeur de la pisse ? Comment être une petite fille épanouie alors que votre beau-père glisse un doigt sous votre culotte, le soir ? Quelle femme peut-on devenir quand on perçoit sa mère comme une personne faible, dont on a honte, et qui a choisi de fermer les yeux sur les actes de son mari ?

En racontant son enfance, l'auteur établit un lien entre celle qu'elle fut jadis - une enfant qui sourit en permanence pour cacher sa détresse et qui découvrira bien trop tôt que toutes les mères et tous les pères ne sont pas comme ceux des autres, pétris d'amour et de bienveillance - et la femme qu'elle est aujourd'hui - un professeur passionné par son métier, animée par une volonté farouche d'aider et de soutenir ses élèves au quotidien, tout en étant mère de deux enfants, et écrivain.

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Avis(10)

  • Un livre autobiographique coup de poing,court certes, mais puissant émotionnellement:comment dire l'indicible? en l'écrivant!Le coeur broyé ,vous lisez l'horreur:un presque-père ,pédophile,alcoolique,violent;une mère non-aimante,qui préfère ne rien voir;une vie de misère dans un quartier de...
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    Un livre autobiographique coup de poing,court certes, mais puissant émotionnellement:comment dire l'indicible? en l'écrivant!Le coeur broyé ,vous lisez l'horreur:un presque-père ,pédophile,alcoolique,violent;une mère non-aimante,qui préfère ne rien voir;une vie de misère dans un quartier de "cassos"!
    "Que le lecteur souffre de sa lecture autant que l'auteur souffre de son écriture."
    On apprécie de se faire interpeller par l'auteur qui explique comment les livres l'ont extirpée du Noir,comment elle a pu se reconstruire,puis ,transmettre à son tour par le professorat de français.
    "J'écris ou je crève."
    Des références culturelles, de l'émotion à fleur de peau,une lecture peu aisée mais prenante;des remarques sur l'éternelle solitude!
    "La meilleure des ivresses...c'est s'oublier dans l'écriture d'un roman...(la violence)Elle peut être belle,dans un roman,la plus poétique et la plus indignée soit-elle."
    Ce n'est pas un livre ,un témoignage,de plus sur l'inceste!Pudique...mais c'est aussi une réflexion sur le pouvoir de l'écriture ,et,ce qu'elle engendre chez le lecteur.

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  • « En littérature, tout se lit, tout se vit, tout se dessine. La laideur d'une famille qui traverse les lieux sales d'un pays qui ne veut pas le voir, c'est aussi ce que nous pouvons en faire, c'est aussi ce qu'elle sait en faire, depuis qu'elle a neuf ans, en les écrivant : la littérature. Alors...
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    « En littérature, tout se lit, tout se vit, tout se dessine. La laideur d'une famille qui traverse les lieux sales d'un pays qui ne veut pas le voir, c'est aussi ce que nous pouvons en faire, c'est aussi ce qu'elle sait en faire, depuis qu'elle a neuf ans, en les écrivant : la littérature. Alors on ferme les yeux et on redevient l'enfant. »

    L'illustration de la couverture est très juste : une fillette hurlant dans un porte-voix. Ce récit autobiographique a beau être court, il n'en reste pas moins un long cri, celui d'une adulte qui se souvient avoir été l'enfant, d'une adulte qui aurait pu sombrer après avoir été l'enfant mais qui s'est relevé.

    Les mots de Céline Lapertot savent se faire silex pour décrire la rue du Pont-Rouge, une de ses zones que personne ne nomme, que personne ne regarde « parce que ça en tient pas debout, ça ne tient pas la route, ces murs en carton et ces allées qui puent la pisse de char, ces immeubles branlants aux vitres cassées ». du silex pour décrire la misère sociale mais aussi affective que subit l'enfant auprès d'une mère terrassée par la précarité et d'un beau-père violent. Mais ce qui est très fort dans l'écriture sèche et très travaillée de Céline Lapertot, c'est qu'elle à l'art de sublimer les blessures sans chercher à atteindre une quelconque esthétique fascinée par le sordide et l'abject. Jamais le lecteur ne sent voyeur et s'il est mal à l'aise, c'est parce que ce que subit l'enfant qu'a été l'auteur est inacceptable et relève d'une enfance que personne ne peut imaginer s'il a grandi dans une enfance cocon. Elle parvient à transmettre le goût des murs sales, des assiettes vides, des larmes et du sang sans pathos ni atermoiement.

    Les mots de Céline Lapertot savent aussi se faire lumière lorsqu'ils rendent hommage au pouvoir salvateur de la littérature et de l'écriture. Parce qu' « il n'y a qu'à travers les mots qu'on peut s'octroyer le droit de balancer des coups de poings dans la gueule ». La violence du souvenir ne s'efface jamais sous les mots mais permet d'aller au-delà. Car l'enfant s'est révélé à l'école à coup de lectures frénétiques, puis sous le regard bienveillant d'éducateurs de la DDASS. Ecrire ou crever. L'enfant est devenu professeur.

    Un récit intime sans fard d'un parcours de résilience, d'une grande honnêteté, un récit marquant, porté par une écriture forte à la hauteur de l'ambition de son auteure.

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  • C’est un peu comme si Céline Lapertot vous invitait à une projection privée, en super 8. Elle projette les images de sa vie et au début, c’est mignon, nostalgique, un peu laborieux, une ritournelle, et puis les premières fausses notes arrivent quand son beau-père apparaît. Avec lui, surgissent...
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    C’est un peu comme si Céline Lapertot vous invitait à une projection privée, en super 8. Elle projette les images de sa vie et au début, c’est mignon, nostalgique, un peu laborieux, une ritournelle, et puis les premières fausses notes arrivent quand son beau-père apparaît. Avec lui, surgissent l’alcool, la précarité, le malaise, et bientôt l’impensable… Le récit change de registre, sans entracte pour se préparer au choc qui va suivre. Son malheur saisit à la gorge au détour d’une description anodine, sans crier gare. L’auteure utilise la fiction pour tenir le monstre à distance. La littérature sert aussi à ça : à se protéger des bassesses de la vie. Les pages 42 à 49 sont extraordinaires de lucidité et d’intensité. Pour évoquer l’abus dont elle est victime, Céline Lapertot suggère là où d’autres (ex : Angot) auraient choisi de surexposer les faits. Elle ne cherche pas à montrer pour démontrer. Mais elle n’élude jamais la douleur, l’ambiguïté de ses sentiments, cette quête d’amour qui ne peut s’accommoder du viol « … parce que l’enfant réclame de la tendresse et qu’à la place, on lui donne du sexe ». C’est d’ailleurs une question récurrente dans le livre : comment la littérature permet-elle d’exorciser l’horreur d’une existence passée (les mots contre les maux) ? Doit-on y associer les lecteurs (p50-51) ? Passée l’évocation de son martyr, commence un autre livre (tout aussi passionnant) dans lequel l’auteure affirme que la DDASS l’a sauvée, que sa famille d’adoption lui a redonné le goût de la vie, que l’amour est étranger à l’ADN (sa mère biologique et son silence coupable…) et qu’à ce titre, l’administration fait souvent des conneries. Céline Lapertot aurait pu mal finir mais son innocence brisée lui a donné, paradoxalement, « le trésor des rois (…) une capacité infinie de rebondissement ». Voilà l’exemple (si rare !) d’un récit autobiographique qui vaut la peine d’être lu : le récit bouleversant d’une renaissance.

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  • Un long poème à déclamer pour exulter la peine, pour recracher la colère, pour étouffer la souffrance et écraser la misère, pour l’ultime combat qu’est la vie !
    Douloureusement beau, ce récit autobiographique emplit de madeleines de Proust dévorantes raconte l’effroi et la construction...
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    Un long poème à déclamer pour exulter la peine, pour recracher la colère, pour étouffer la souffrance et écraser la misère, pour l’ultime combat qu’est la vie !
    Douloureusement beau, ce récit autobiographique emplit de madeleines de Proust dévorantes raconte l’effroi et la construction identitaire parfois vacillante. Lire pour comprendre, écrire pour survivre.
    Des mots prêts à bondir pour apaiser les plaies.

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