Ce que j'appelle oubli

Couverture du livre « Ce que j'appelle oubli » de Laurent Mauvignier aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707321534
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Il s'est dirigé vers les boissons. Il a ouvert une canette de bière et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas.
Ce dont je suis certain par contre, c'est qu'entre le moment où il est entré dans le supermarché et celui où les vigiles l'ont arrêté, ni lui ni... Voir plus

Il s'est dirigé vers les boissons. Il a ouvert une canette de bière et l'a bue. À quoi a-t-il pensé en étanchant sa soif, à qui, je ne le sais pas.
Ce dont je suis certain par contre, c'est qu'entre le moment où il est entré dans le supermarché et celui où les vigiles l'ont arrêté, ni lui ni personne n'aurait pu imaginer qu'il n'en sortirait pas.

Donner votre avis

Avis(23)

  • Mise en apnée obligatoire ! ! ! !
    Ce livre ne comporte qu’une seule phrase.
    Heureusement il est court (62 pages) et le format est petit.
    C’est inspiré d’un fait divers qui a eu lieu en 2009.
    Dans un super marché, un SDF prend et boit une canette de bière. Quatre vigiles l’embarquent et le...
    Voir plus

    Mise en apnée obligatoire ! ! ! !
    Ce livre ne comporte qu’une seule phrase.
    Heureusement il est court (62 pages) et le format est petit.
    C’est inspiré d’un fait divers qui a eu lieu en 2009.
    Dans un super marché, un SDF prend et boit une canette de bière. Quatre vigiles l’embarquent et le tabassent jusqu’à ce que mort s’en suive.
    C’est poignant. Le choix d’une phrase unique se prête au récit de cette abominable affaire qui s’est passée très très vite. Oui, tout va vite, très vite, trop vite.
    C’est l’incompréhension totale, l’absurdité à son summum.
    Par ce roman, en s’adressant à son frère, Laurent Mauvignier a redonné une dignité à la victime.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • http://contemplerlesvivants.blogspot.fr/2017/02/ce-que-jappelle-oubli-de-laurent.html

    UN HOMME DEBOUT

    "[...] mais n'y compte pas trop, parce que personne ne compte vraiment, ne compte pas, sur personne ni pour personne car à la fin tout dort dans l'oubli et ce n'est pas plus mal"

    Dans...
    Voir plus

    http://contemplerlesvivants.blogspot.fr/2017/02/ce-que-jappelle-oubli-de-laurent.html

    UN HOMME DEBOUT

    "[...] mais n'y compte pas trop, parce que personne ne compte vraiment, ne compte pas, sur personne ni pour personne car à la fin tout dort dans l'oubli et ce n'est pas plus mal"

    Dans ce court roman qu'on lit d'une traite, Laurent Mauvignier s'inspire d'un fait divers survenu à Lyon en 2009 : un jeune homme avait été tué par des vigiles dans un supermarché suite à un vol de boissons.
    De cette histoire, Mauvignier imagine un dialogue, ou plutôt un monologue, celui d'un proche du jeune homme qui reconstitue l'histoire et tout ce qu'elle implique. Mauvignier fait le choix d'écrire ce récit en une seule phrase qui s'étire de la première à la dernière page, comme une grande respiration, imposant au lecteur de ne pas interrompre sa lecture. Car il y a urgence à parler et dénoncer cette situation, ce qu'elle nous apprend de l'humain et de ses mauvais côtés, du basculement vers l'horreur.

    La force du roman est de ne pas du tout porter de jugement sur les actes commis, Mauvignier se contente de les décrire et d'explorer ainsi les tréfonds de l'âme humaine. Il se sert de cet acte terrible pour parler de l'humanité, et le roman a ainsi une portée sociologique. Car ce jeune homme qu'on tue, c'est toute une partie de la société que l'on aimerait rayer de la carte : ces hommes et ces femmes qui vivent en marge, qu'on ne veut pas regarder, parce qu'ils nous renvoient à des choses auxquelles on veut pas penser.

    L'utilisation de la deuxième personne du singulier implique fortement le lecteur, le prenant à partie des événements, et le forçant à s'intéresser à ce personnage que plus personne ne voyait. Le roman s'avère ainsi bouleversant quand il raconte la mort et tout ce que ne connaîtra plus le personnage, et surtout l'injustice dont il a été victime.
    A travers ce jeune homme auquel il rend hommage, Mauvignier s'adresse à tous les autres laissés pour compte.
    Ce qu'on appelle oubli suscite ainsi tour à tour la colère, la révolte, le chagrin, mais aussi la nécessité de ne pas oublier que de tels actes ont été commis.

    Laurent Mauvignier m'avait déjà bouleversée avec Continuer, et il se révèle une fois de plus avec Ce que j'appelle oubli comme un écrivain subtil qui sait distiller les sentiments pour mieux servir son propos et parler des relations entre les humains.

    Un beau coup de cœur pour ce court roman, qui charrie de nombreuses émotions et suscite beaucoup de réflexions avec peu de pages.
    Un auteur que je vais continuer à suivre de près !

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • Après avoir lu Continuer de Mauvignier, j'ai été intrigué par ce roman différent de ce que l'on peut voir habituellement. Un petit livre d'une soixantaine de page, écrit en une seule phrase traitant d'un sujet qui porte à scandale : le décès d'un jeune pour une raison futile.
    Je n'ai eu d'autre...
    Voir plus

    Après avoir lu Continuer de Mauvignier, j'ai été intrigué par ce roman différent de ce que l'on peut voir habituellement. Un petit livre d'une soixantaine de page, écrit en une seule phrase traitant d'un sujet qui porte à scandale : le décès d'un jeune pour une raison futile.
    Je n'ai eu d'autre choix que de me plonger dans cette expérience.
    Le format si particulier nous amène à lire ce roman d'une seule traite, avec une précipitation voulue comme pour nous signaler l'urgence des évènements et l'urgence à réagir. Par cette injustice cruelle, nous sommes emmenés dans un océan de sentiments, d'émotions, contradictoires parfois mais si intenses ! De la joie, à la tristesse, de la révolte à l'apaisement, nous sommes loin d'être épargné. Portés par une écriture si fluide où chaque mot est pesé, il n'en ressort qu'une accentuation de ce qui est raconté. La frénésie du rythme, l'évolution des ressentiments nous heurte, choque et ne nous laisse pas indifférent.

    C'est devenu l'un des livres que je conseille le plus.
    A lire absolument !

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus
  • En 2009, au centre commercial de la Part-Dieu, Michaël Blaise est arrêté par quatre vigiles pour avoir volé une cannette de bière. Il sera ensuite rudoyé puis frappé par les quatre vigiles… La mort en direct sur les caméras de vidéosurveillance est explicite, malgré les différentes allégations...
    Voir plus

    En 2009, au centre commercial de la Part-Dieu, Michaël Blaise est arrêté par quatre vigiles pour avoir volé une cannette de bière. Il sera ensuite rudoyé puis frappé par les quatre vigiles… La mort en direct sur les caméras de vidéosurveillance est explicite, malgré les différentes allégations des avocats des deux parties lors du procès. Ni violent, ni drogué ni alcoolisé, il va pourtant mourir d’une façon inqualifiable, étouffé par les gestes et le poids des vigiles.
    Mais le plus inqualifiable n’est-il pas ce que la justice elle-même en dira : « Mort pour une canette de bière », comme si la mort «pour autre chose » aurait été quant à elle compréhensible ou acceptable ? Mais alors, quel serait « le juste prix » qui ferait que la mort et le « pétage de plomb des vigiles» serait acceptable ?
    C’est cet appel, ce cri, que pousse Laurent Mauvignier avec beaucoup de rage et de justesse, dans ce court roman d’une seule phase de près de soixante pages, pour ne pas oublier.

    comment Commentaire (0) flag Signalez un abus

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Suggestions de lecture

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre

Soyez le premier à en lancer une !

Forum

Afficher plus de discussions