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Broadway

Couverture du livre « Broadway » de Fabrice Caro aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072907210
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

« Du paddle à Biarritz. Si je devais établir une liste de mes vacances idéales, le paddle à Biarritz avec un couple d'amis n'apparaîtrait pas sur la feuille, ni au dos, ni dans le cahier tout entier. Le soir où il avait lancé cette idée, tout le monde était emballé, c'était l'idée du siècle, du... Voir plus

« Du paddle à Biarritz. Si je devais établir une liste de mes vacances idéales, le paddle à Biarritz avec un couple d'amis n'apparaîtrait pas sur la feuille, ni au dos, ni dans le cahier tout entier. Le soir où il avait lancé cette idée, tout le monde était emballé, c'était l'idée du siècle, du paddle à Biarritz, youhou, champagne. Moi-même j'arborais un sourire franc pour ne pas détonner dans l'effervescence ambiante, un sourire de photo de mariage, sans même savoir ce que signifiait le mot paddle, quoique pressentant qu'il avait de bonnes raisons de ne pas faire partie de mon vocabulaire. En rentrant, j'avais tapé paddle sur Google images, et mes appréhensions s'étaient vus confirmées : on me proposait d'aller ramer debout sur une planche en caleçon de bain avec des gens, et je me suis aussitôt vu, le dos courbé sur un paddle qui n'avançait pas, voire reculait, transpirant et rougeaud, le visage grimaçant de douleur et d'effort, tentant de rattraper à vingt mètres devant moi Denis et ses pectoraux fermes et tendus sous le vent océanique. » Une femme et deux enfants, un emploi, une maison dans un lotissement où s'organisent des barbecues sympas comme tout et la perspective du paddle à Biarritz avec un couple d'amis l'été prochain... Axel pourrait être heureux, mais fait le constat, à 46 ans, que rien ne ressemble jamais à ce qu'on avait espéré. Il s'était rêvé scintillant et emporté dans une comédie musicale à la Broadway, il se retrouve dans un spectacle de fin d'année foireux. Et s'il était temps pour Axel de tout quitter, de partir dès ce soir à Buenos Aires, au lieu de rentrer du travail et malgré l'apéro chez les voisins ? Après Le Discours, Fabrice Caro confirme son talent unique pour mêler scènes désopilantes et mélancolie existentielle.

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Articles (1)

Avis (9)

  • Particulièrement sensible à l’humour absurde de Fabrice Caro, d’abord en bande dessinée, puis en roman avec le très réussi « Le Discours » paru en 2018, j’attendais impatiemment la rentrée pour découvrir « Broadway ». Un titre fort prometteur, qui malheureusement, loin des feux de la rampe...
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    Particulièrement sensible à l’humour absurde de Fabrice Caro, d’abord en bande dessinée, puis en roman avec le très réussi « Le Discours » paru en 2018, j’attendais impatiemment la rentrée pour découvrir « Broadway ». Un titre fort prometteur, qui malheureusement, loin des feux de la rampe n’aura réussi à me convaincre pleinement.

    Alors certes on y passe un bon moment, certains passages font sourire, d’autres sont plus émouvants et Fabcaro réussit comme toujours à nous renvoyer à notre propre existence, à un quotidien pas très glorieux mais toujours empreint d’humour. Mais là où le récit en flux de pensées fonctionnait parfaitement dans « Le Discours », il apparait ici comme décousu, sans réel fil conducteur. Les situations s’enchainent, sans réel lien logique, ni intrigue. Une forme théâtrale qui peut marcher si elle est complètement assumée comme dans « Formica » (2019) mais qui dans « Broadway » n’y fait référence que par le titre. Un roman qui aurait peut-être mérité d’être traité en bande dessinée ?

    J’attendais beaucoup de ce troisième roman d’où la déception que j’ai pu ressentir à ma lecture, mais je ne doute pas que ce roman a su trouver un public à la vue des critiques si enthousiastes.

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  • Quel humour, tout en sournoiserie, Axel la quarantaine, marié deux enfants, nous relate sa vie, il nous parle avec dérision de son quotidien fait de quiproquo et de non dit. Il traverse sa vie comme une fatalité sans l'avoir choisie, il subit son travail, ses voisins, sa femme, ses vacances...
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    Quel humour, tout en sournoiserie, Axel la quarantaine, marié deux enfants, nous relate sa vie, il nous parle avec dérision de son quotidien fait de quiproquo et de non dit. Il traverse sa vie comme une fatalité sans l'avoir choisie, il subit son travail, ses voisins, sa femme, ses vacances imposées.
    Il réalise qu'il n'a plus envie de faire ses obligations familiales, il ne veut plus les vivre mais sa routine est si bien installée, qu'il n'en a pas la force alors il en parle avec dérision comme une comédie musicale, son entourage son environnement en sont les comédiens et lui le spectateur.

    Un moment de découverte agréable, une lecture dépaysante et humoristique
    J'ai aimé le style de l'auteur, son écriture fluide et sa façon légère de mener l'histoire afin qu'on s'attache à cette famille atypique, et à ce spectateur d'une comédie musicale

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  • Depuis longtemps inconditionnelle de l’humour de Fabrice Caro, autant pour son oeuvre dessinée que pour ses écrits, je retrouve avec un immense plaisir sa plume désabusée et si drôle ! J’avais adoré Le discours, et si Adrien laisse la place à Axel, on a quand même l’impression de le retrouver,...
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    Depuis longtemps inconditionnelle de l’humour de Fabrice Caro, autant pour son oeuvre dessinée que pour ses écrits, je retrouve avec un immense plaisir sa plume désabusée et si drôle ! J’avais adoré Le discours, et si Adrien laisse la place à Axel, on a quand même l’impression de le retrouver, quelques années plus tard, plus âgé, mais tout aussi immature.

    Et quand on est pas tout à fait fini soi-même, c’est un calvaire de jouer ces rôles que le reste de l’humanité semble endosser sans difficulté majeures : être père d’ados énigmatiques, recevoir quatre années trop tôt une invitation pour un dépistage de cancer colo-rectal, dans une enveloppe d’un bleu sinistre, rencontrer et fantasmer sur le prof de français du fils qui a commis une lourde bévue, prévoir une activité paddle pour les vacances …rien d’insurmontable, sauf pour Axel qui se noie dans une verre d’eau, fait d’une taupinière une montagne, et surtout prend toujours la pire décision, volontairement ou non.

    C’est aussi comique que tragique, et même s’il nous fait rire, on est mal pour lui, cet anti-héros des temps modernes, plein de tics et de tocs et incapable de faire face aux vicissitudes ordinaires de la vie quotidienne, dépourvu de toute spontanéité relationnelle avec des conséquences en boule de neige.


    Par conséquent, je ne dérogerai pas à la règle : j’adore ce nouvel opus et attendrai avec impatience le suivant.

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  • Il y a parfois (ça doit arriver deux trois fois dans une vie) des livres qui collent exactement à ce que vous êtes au moment même où vous les lisez : une sorte d'incroyable alignement des planètes, l'impression que les mots sont les vôtres et que vos émotions n'auraient pas pu être mieux...
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    Il y a parfois (ça doit arriver deux trois fois dans une vie) des livres qui collent exactement à ce que vous êtes au moment même où vous les lisez : une sorte d'incroyable alignement des planètes, l'impression que les mots sont les vôtres et que vos émotions n'auraient pas pu être mieux exprimées. C'est simple, avec Fabrice Caro, j'ai le sentiment d'avoir trouvé mon âme sœur, mon alter ego existentiel (ça se dit ça?), mon double du moment, mon petit frère sur terre (eh oui, rien que ça!). Peut-être faut-il pour cela en être à peu près au même stade de l'existence, celui où l'on se réveille un matin comme un peu secoué de s'être mis entre parenthèses aussi longtemps, d'avoir accepté bien gentiment de dire oui à tout ou à pas mal de choses et avec, parfois, la terrible envie de prendre ses cliques et ses claques et de se métamorphoser soudain en « évaporé » (vous savez, au Japon, ceux qui disparaissent et qu'on ne revoit jamais …)
    Bref, comme vous l'aurez deviné, j'ai vraiment beaucoup aimé ce texte. Pour ceux qui connaissent l'oeuvre de Fabrice Caro, on retrouve ici ses thèmes de prédilection : la dimension absurde de l'existence, la vie assimilée à une espèce de vaste comédie (Broadway) où chacun joue un rôle convenu, hypocrite et vain, des conventions sociales étouffantes, des vies de couples qui tournent en eau de boudin et enfin, cerise sur le gâteau, la vieillesse qui approche avec son lot d'horreurs (je vous épargne la liste...) et le panneau « THE END » encore un peu flou mais qu'on commence déjà à percevoir dans un lointain pas si lointain...
    Pas de quoi rigoler ! Ah, vous ne riez pas en lisant Fabrice Caro ? Pas d'inquiétude, c'est normal ! On a plutôt envie de pleurer toutes les larmes de son corps. Et pourtant, moi, je ris beaucoup parce que cet auteur sait plus que n'importe qui placer ses personnages dans des situations désopilantes et complètement inattendues, parce qu'il est un as du comique de répétition, qu'il a un regard décapant, caustique et très juste sur le monde et les travers de nos sociétés, qu'il a un sens de l'observation à toute épreuve … Oui, Fabrice Caro est toujours percutant, pertinent, lucide et sans illusions. Si l'on rit, on rit pour éviter de pleurer sur notre sort, parce qu'il faut bien avancer et chaque jour, mettre un pied devant l'autre sans trop se poser de questions et tenter d'éviter de se prendre la crise existentielle en pleine tête...
    Dans notre roman, le narrateur, Axel, marié et père de famille, se trouve soudain très mal à l'aise parce qu'il vient de recevoir une convocation de l'Assurance maladie l'invitant à se rendre à un examen colorectal, courrier envoyé à toute personne ayant atteint l'âge de 50 ans alors que lui n'en a que... 46.
    Alors, c'est le drame...
    Cet « incident » servira de fil rouge au roman à travers un personnage qui, dans le fond, ne comprend plus rien, ni à ses mômes ni à sa femme ni à la société tout entière et qui irait bien faire un tour loin du foyer conjugal, ne serait-ce que pour quelques jours, histoire de souffler un peu … (allez, ne faites pas semblant, vous savez très bien ce que je veux dire...)
    Alors d'abord, il y a cette histoire d'examen colorectal à régler, puis une convocation au collège cette fois-ci parce que Tristan, le fils chéri, s'est fait choper avec une œuvre de son cru, en l'occurrence un dessin pornographique mettant en scène deux de ses profs dans une position dénuée de toute ambiguïté, à cela viennent se greffer des amis qui proposent des vacances à Biarritz pour faire du paddle (sympa comme tout, hein, le paddle ? Ah, ah !), des voisins intrusifs qui inventent d'incontournables barbecues de bienvenue, un collègue de bureau « heureux d'être au monde » (c'est tellement pénible les gens heureux!), une fille en rupture amoureuse qui veut que l'on mette un cierge à l'église pour que ledit amoureux revienne le plus vite possible, une prof d'anglais plutôt jolie (celle de Tristan - oui, celle qui figure sur le dessin et qu'il a fallu rencontrer pour s'excuser au nom de son fils...) qu'on finit par avoir un peu de mal à oublier…
    Et soudain, au beau milieu de tout ce bazar et sous la forme d'une batterie en morceaux rangée dans un coin du garage, surgit un passé qu'on croyait avoir totalement oublié et l'envie de reprendre en main les baguettes et de taper fort, très fort même. On n'y croit pas vraiment mais on s'accroche à cette petite folie qui nous rend heureux deux trois minutes… et puis, « tout se referme, les projets, les infinis possibles, les vagues aspirantes et des paddles font leur apparition çà et là à la surface de l'océan comme des corps noyés. »
    Alors, dans un tout dernier soubresaut, on s'imagine foutre le camp, ciao la tribu, je pars, je roule, je ne m'arrête pas, vous pouvez toujours m'appeler pour me demander d'acheter des pizzas pour l'apéro, je suis déjà loin, j'ai franchi les frontières, le soleil tape de plus en plus et j'entrevois la mer, là-bas, si proche, si proche, je plonge...
    Bon, au fait, vous les voulez à quoi vos pizzas ?
    Un texte mélancolique et tendre, désenchanté et profondément humain, tragique et drôle à la fois...
    Vraiment, c'est beau à pleurer…
    Un de mes coups de coeur de la rentrée littéraire...

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  • Chronique Nathalie Bullat
    Quel plaisir de retrouver l'humour malicieux de Fabrice CARO ! Célèbre auteur de BD ( Zaï Zaï Zaï ) j'avais déjà beaucoup aimé son précédent roman " le discours" .
    Pourquoi ce titre Broadway ? Et bien parce que nous jouons tous dans une comédie, un " Broadway", un...
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    Chronique Nathalie Bullat
    Quel plaisir de retrouver l'humour malicieux de Fabrice CARO ! Célèbre auteur de BD ( Zaï Zaï Zaï ) j'avais déjà beaucoup aimé son précédent roman " le discours" .
    Pourquoi ce titre Broadway ? Et bien parce que nous jouons tous dans une comédie, un " Broadway", un peu raté, un peu bancal", alors que l'on se voyait brillant !!
    Le Narrateur, un désenchanté au grand coeur qui accepte tous les malentendus par souci de bien faire et aussi par faiblesse s'appelle ici Axel. La quarantaine bien sonnée, son quotidien l'ennuie, ses voisins, le bureau, les copains en vacances. Pour s'extraire de cette monotonie il se réfugie dans ses rêves, s'imagine une autre vie pleine d'aventures. Il aimerait " démissionner " de la réalité.
    Et parce qu'un matin il reçoit une enveloppe bleue venant de la CPAM et lui proposant un examen de dépistage Axel est très perturbé. C 'est un coup du sort ? une erreur ?
    Aurait-il vieilli sans s'en rendre compte ? et ses enfants ne sont plus des bébés ! On les lui aurait changés ? Son petit chéri qui jouait aux playmobiles il y a peu s'est fait pincer au collège avec un dessin porno ! Sa fille vit son premier chagrin d'amour ! D'ailleurs elle est bien jolie la prof de son fils !! qu'est ce qui lui prend d'aller mettre des cierges à l'église ??
    La génération née dans les années 70/80 se retrouvera dans ce roman, éclatera de rire à chaque page. Mais un rire teinté de nostalgie où les souvenirs de jeunesse du narrateur surgissent à travers des chansons, des films, son groupe de musique "névrotic", ses amours d'adolescent, ses faiblesses.
    vous ne pourrez avoir que de la sympathie pour Axel. Vous aurez envie de boire un verre avec lui pour qu'il vous fasse encore rire !
    N'hésitez pas, lisez-le et offrez ce livre à vos grands enfants !! Vous en sortirez détendu !!

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  • Pour égayer cette rentrée, rien ne vaut un petit tour à Broadway, car le nouveau roman de Fabrice Caro scintille comme le fronton des théâtres newyorkais. Pétillant et drôle!

    Un nouveau livre de Fabrice Caro, c'est la promesse de passer un bon moment. Et cette fois encore la promesse est...
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    Pour égayer cette rentrée, rien ne vaut un petit tour à Broadway, car le nouveau roman de Fabrice Caro scintille comme le fronton des théâtres newyorkais. Pétillant et drôle!

    Un nouveau livre de Fabrice Caro, c'est la promesse de passer un bon moment. Et cette fois encore la promesse est tenue. C’est bien simple chers amis lecteurs, vous allez vous régaler!
    Pour vous situer les personnages, rien ne vaut un télescopage dont l'auteur a le secret. Il fait ici se rencontrer une lettre d'amour bleue arrivant de Juan-les-Pins chez Axel, alors adolescent en proie à ses premiers émois amoureux et une autre lettre bleue arrivant quelque 30 ans plus tard chez le même destinataire (qui a désormais 46 ans) et l’invitant à un dépistage du cancer colorectal. Une lettre bleue qui servira de fil rouge à ce roman désopilant. Car toutes ces histoires de la vie ordinaire d’une famille sont teintées d’humour, mettant le doigt sur leur côté absurde ou caricatural. Prenez la convocation chez le proviseur du collège de Tristan (14 ans) durant laquelle il est sommé de donner son avis sur le dessin de son fils montrant l’un de ses profs prendre en levrette une autre prof. Que penser de cette œuvre d'art provocatrice? Ou alors imaginez devoir vous répondre à l’invitation d’un voisin enquiquinant, essayant de vous convaincre de l’accompagner pour vos prochaines vacances à Biarritz, où vous pourrez découvrir les joies du paddle. Sans oublier de répondre aux souhaits d’Anna, une épouse bien sous tous rapports.
    Des soucis qui s’accumulent et un horizon qui s’assombrit. Alors cette fichue lettre bleue n’est vraiment pas la bienvenue. Voilà donc Axel se perdant en conjectures: «Pourquoi nous évertuons-nous à n’effectuer que des actes pourvus de sens? Pourquoi une existence qui n’en a aucun devrait-elle être constituée d’une suite ordonnée de faits rationnels, et pourquoi ne nous mettrions-nous pas subitement à courir dans la rue sur Modern Love comme chez Leos Carax ou Noah Baumbach? Pourquoi tout doit-il être cohérent quand la vie elle-même ne l’est pas pour deux sous et qu’on peut très bien se réveiller un matin avec un courrier destiné à un type de cinquante ans alors qu‘on n’en a que quarante-six? Pourquoi l’utile, pourquoi l’approprié?»
    Après quelques digressions sur le whisky, les graines de courge, la dose de Nutella sur les tartines des orphelins ou la puissance évocatrice de la scène d'ouverture du film Under the Silver Lake, je pourrais encore vous parler d'un rêve récurrent à la terrasse d'un café de Buenos Aires, mais ce serait sans doute une façon de vous gâcher le régal promis. Disons simplement que ce bilan d’une vie se lit avec le sourire aux lèvres, même si le constat est peu reluisant. Au lieu des lumières de Broadway, on se retrouve sous les néons d’une halle accueillant un spectacle de fin d’année pas vraiment réussi.
    Le dessinateur Fabcaro qui nous avait régalé avec Zaï Zaï Zaï Zaï, Moins qu'hier (plus que demain) ou encore Open Bar et son double romancier Fabrice Caro, auteur de l’inénarrable Le discours sait ajouter la touche de mélancolie à son texte pour lui donner davantage de profondeur. Cette politesse du désespoir qui entraîne les grandes remises en cause.
    https://urlz.fr/dNC7

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  • Nouveau roman très attendu de Fabrice Caro, " Broadway " est publié en cette rentrée littéraire chez Gallimard dans la collection Sygne. Après les succès de " Zaï Zaï Zaï Zaï " et " Le discours " Fabrice Caro place la barre très haute avec ce qui me semble son meilleur roman. Il confirme son...
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    Nouveau roman très attendu de Fabrice Caro, " Broadway " est publié en cette rentrée littéraire chez Gallimard dans la collection Sygne. Après les succès de " Zaï Zaï Zaï Zaï " et " Le discours " Fabrice Caro place la barre très haute avec ce qui me semble son meilleur roman. Il confirme son style à  l'humour décalé, osant écrire tout haut ce que nous pensons trop souvent tout bas. Une comédie à la Broadway foireuse sur fond de crise de la cinquantaine  :  Cocktail hilarant !
    Tout commence par la réception d'un courrier somme toute plutôt banal de la CPAM.
    p. 8 : " Je tiens dans ma main une enveloppe plastifiée bleue au bas de laquelle est inscrit : Programme national de dépistage du cancer colorectal. "
    La scène aurait pu s'arrêter là, courrier des administrations françaises, parmi tant d'autres. Mais le problème, c'est qu'Axel n'a que quarante-six ans ! Pourquoi recevoir un courrier pour un dépistage alors qu'il n'a pas encore cinquante ans ? A peine hypocondriaque, Axel va s'en faire une montagne, négligeant ses problèmes de famille et de voisinage, et utilisant avec une maladresse cocasse le mensonge par omission envers son épouse.
    p. 15 : " Alors que nous avons toujours tout partagé, que nous avons traversé la vie dans ses moindres recoins obscurs, ses moments les moins glorieux, pourquoi lui cacher une enveloppe de dépistage du cancer colorectal ? "
    Axel s'embourbe page après page dans ses monologues, ses réflexions, ses extrapolations.
    p. 96 : " On devrait toujours s'inventer des angoisses insensées pour les déconstruire dans la foulée et se sentir léger. "
    Mais Axel n'a pas le loisir de s'inventer des angoisses, elles lui tombent dessus en cascade. Entre la convocation par le proviseur du collège suite à des dessins scabreux de son fils, le chagrin d'amour de sa fille de 18 ans, son voisin qui lui court après pour une invitation apéro / barbecue et l'organisation de vacances à Biarritz avec les amis de sa femme alors qu'il déteste ça ! C'est trop pour une seul homme...
    p. 80 : " Nous sommes la succession de personnes étrangères les unes aux autres qui, probablement, n'auraient pas grand chose à se dire si elles se croisaient. "
    Superbe témoignage de la crise existentielle par excellence ! Entre désillusions et compromis, bienvenue dans la vraie vie ! Le lecteur se retrouve forcément dans certaines scènes de la  vie, aussi pathétiques que drôles finalement. Alors, prenons un peu de légèreté et ne nous prenons pas trop au sérieux !

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  • Broadway, ce spectacle pas trop réussi de l'école de danse de Jade, sa fille, sert de titre à Axel, père de famille, le narrateur. Il semble tout avoir pour être heureux : une épouse, Anna, deux enfants, Jade et Tristan, et un emploi apparemment stable… Ah oui, il ne faut pas oublier la maison...
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    Broadway, ce spectacle pas trop réussi de l'école de danse de Jade, sa fille, sert de titre à Axel, père de famille, le narrateur. Il semble tout avoir pour être heureux : une épouse, Anna, deux enfants, Jade et Tristan, et un emploi apparemment stable… Ah oui, il ne faut pas oublier la maison dans un lotissement avec un voisin un peu maniaque et envahissant !

    Fabrice Caro que j'ai d'abord connu grâce aux bandes dessinées qu'il signe Fabcaro, m'avait très agréablement surpris avec le discours. Il remet donc ça et confirme son talent pour raconter des séquences de vie apparemment ordinaires, les tracas d'un bon père de famille mais aussi ses rêves d'échappée du côté de Buenos Aires.
    Tout part de ce fameux courrier de l'Assurance maladie pour le dépistage du cancer colorectal. Ce type de prévention, hasard de ma lecture, je viens d'en bénéficier ce jour-même, grâce à mon âge avancé… Normalement, ce n'est qu'à partir de cinquante ans que ce dépistage débute. Or, Axel n'a que quarante-six ans et le voilà à se morfondre, à se poser quantité de questions quand le proviseur du lycée de son fils le convoque pour lui soumettre un dessin pornographique réalisé par Tristan et montrant deux de ses profs en train de copuler en levrette !
    Que faire ? Désemparé, le pauvre père tente bien de rencontrer la prof d'anglais concernée par le croquis. Il en pince même pour elle mais celle-ci ne lui parle que de rendez-vous chez un psychologue, pour une blague de potache.
    Fabrice Caro, tout au long du roman, excelle à démontrer tout ce qui se passe dans notre tête lors de situations embarrassantes. Qui n'a pas échafaudé des réponses toutes prêtes, très bien formulées mais se retrouve à n'exprimer que des banalités ?
    Je n'oublie pas Jade, sa fille aînée, qui va passer le bac et donc bientôt quitter le cocon familial. Son petit ami l'a larguée. Elle est désespérée et demande de l'aide à son père. Là, l'auteur s'égare dans une histoire de cierge à l'église à la demande de Jade. C'est amusant une fois mais Fabrice Caro y revient un peu trop à cette Notre-Dame d'Espérance… désespérante.
    Soucis avec le voisin, projet de paddle l'été avec un couple d'amis, cette fameuse lettre de la CPAM, Axel se débat dans un entrelacs de soucis qu'il tente de conclure en apothéose.

    C'est conté avec humour, décrit avec justesse, un bon moment de lecture permis grâce à Babelio (Masse Critique) et à Gallimard (Sygne) que je remercie.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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