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Balzac et la petite tailleuse chinoise

Couverture du livre « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Sijie Dai aux éditions Folio
  • Date de parution :
  • Editeur : Folio
  • EAN : 9782070416806
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

« Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux... Voir plus

« Nous nous approchâmes de la valise. Elle était ficelée par une grosse corde de paille tressée, nouée en croix. Nous la débarrassâmes de ses liens, et l'ouvrîmes silencieusement. À l'intérieur, des piles de livres s'illuminèrent sous notre torche électrique ; les grands écrivains occidentaux nous accueillirent à bras ouverts : à leur tête, se tenait notre vieil ami Balzac, avec cinq ou six romans, suivi de Victor Hugo, Stendhal, Dumas, Flaubert, Baudelaire, Romain Rolland, Rousseau, Tolstoï, Gogol, Dostoïevski, et quelques Anglais : Dickens, Kipling, Emily Brontë... Quel éblouissement !
Il referma la valise et, posant une main dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara :
- Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde. »

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Avis (20)

  • Lors de la Révolution Culturelle de Mao Zedong, deux lycéens que leurs parents bourgeois rendent « ennemis du peuple » sont envoyés en rééducation dans un village pauvre et isolé des montagnes du Sichuan. Ils survivent au dénuement et aux éprouvantes conditions de travail des rizières et des...
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    Lors de la Révolution Culturelle de Mao Zedong, deux lycéens que leurs parents bourgeois rendent « ennemis du peuple » sont envoyés en rééducation dans un village pauvre et isolé des montagnes du Sichuan. Ils survivent au dénuement et aux éprouvantes conditions de travail des rizières et des mines de charbon en se racontant des histoires, jusqu’au jour où, de manière inespérée, ils tombent sur un roman de Balzac miraculeusement soustrait aux autodafés. Cette lecture interdite va changer leur vie, et surtout celle de la fille du tailleur dont ils sont tous deux amoureux.

    En partie autobiographique, ce livre est saisissant à maints égards, à commencer par la découverte d’un village arriéré tout droit sorti d’un autre siècle, où un simple réveil-matin fait figure d’objet si extraordinaire que sa sonnerie matinale en devient presque sacrée, où il est si compliqué de se procurer les choses les plus usuelles que le tailleur ambulant est attendu comme le Messie, et où, de manière générale, hygiène, conditions de vie et niveau d’instruction font dresser les cheveux sur la tête.

    Mais l’épicentre de la révolte des deux garçons est la sensation d’étouffement provoquée par l’interdiction et la destruction des livres. Pour plaire à la fille du tailleur, et malgré les interdits, ils n’auront de cesse de lui faire découvrir la magie des histoires, puis celle des livres, ouvrant ainsi la porte à un champ de possibles totalement inexistants jusqu’alors pour la jeune femme.

    Hommage aux classiques de la littérature occidentale, ce roman met parfaitement en lumière le formidable pouvoir des livres, irremplaçables vecteurs de connaissances, d’émancipation et de liberté. Coup de coeur.

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  • Des livres plein la valise, pour transformer une petite tailleuse, au fin fond des montagnes de Chine. Danger, intrigue, suspense, passion, censure, poésie, douceur, un livre à redécouvrir.

    Des livres plein la valise, pour transformer une petite tailleuse, au fin fond des montagnes de Chine. Danger, intrigue, suspense, passion, censure, poésie, douceur, un livre à redécouvrir.

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  • Dans les années 70, le narrateur 17 ans et son ami Luo, ont le tort d’être fils « d’intellectuels » et ils sont envoyés en rééducation, dans un petit village dans les montagnes.
    « En cette année 1971, le fils d’un pneumologue et son copain, le fils d’un grand ennemi du peuple qui avait eu la...
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    Dans les années 70, le narrateur 17 ans et son ami Luo, ont le tort d’être fils « d’intellectuels » et ils sont envoyés en rééducation, dans un petit village dans les montagnes.
    « En cette année 1971, le fils d’un pneumologue et son copain, le fils d’un grand ennemi du peuple qui avait eu la chance de toucher les dents de Mao, étaient seulement deux « jeunes intellectuels » parmi la centaine de garçons et de filles envoyés dans cette montagne, nommée « le Phénix du Ciel ».
    Luo est un bon conteur et a toutes les audaces, le narrateur lui joue du violon et cela donne une première scène de livre cocasse malgré le règne de la répression.
    Cela donne le ton du livre entre farce et sérieux.
    En effet les protagonistes sont des jeunes gens avec toute la fougue, la ruse , la dérision qui caractérisent ce bel âge.
    Même dans la Chine de Mao en marche pour la nouvelle Révolution culturelle, les adolescents grandissent et Luo a besoin de trouver un tailleur pour rallonger son pantalon.
    Le tailleur a une fille, jolie mais pas « éduquée », Luo en tombe amoureux et rêve de faire son éducation, pour lui donner finesse et esprit…
    « Il referma la valise et, posant une man dessus, comme un chrétien prêtant serment, il me déclara : – Avec ces livres, je vais transformer la Petite Tailleuse. Elle ne sera plus jamais une simple montagnarde. »
    Pour cela il n’aura de cesse de subtiliser les livres que cache un dissident surnommé le binoclard.
    Une vraie traque commence, la découverte de Balzac une véritable révélation, pour le narrateur c’est Romain Rolland et son héros Jean-Christophe qui est la découverte de l’individualité.
    C’est un hymne à la littérature, avec une dénonciation de la dictature, je ne dirai pas en douceur, mais subtile car en filigrane du duo narrateur/Luo ce sont les paysans et les mineurs victimes des rudes conditions de vie, et certains intellectuels à la botte du pouvoir que le lecteur voit évoluer.
    La condition de la femme y est particulièrement mise en exergue.
    Un roman particulièrement fort par la subtilité de la narration, un humour toujours présent comme autant de bulles d’oxygène nécessaires. Une grande poésie magnifie le sens profond et la beauté d’un livre nécessaire.
    A la dernière page on comprend mieux certains combats et le lecteur se dit bien chanceux d’avoir à sa disposition des livres et leurs multiples fonctions et un pincement au cœur que dans nos pays « riches et libres » le livre soit si mal mené.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 8 mai 2019.

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  • Charmant roman d'apprentissage dans lequel on suit Luo et son camarade, deux jeunes chinois envoyés en camp de "rééducation" au moment de la révolution dite culturelle. Fils de dentiste et de médecin, considérés comme de dangereux intellos, le Grand timonier prônant la "réforme de la pensée par...
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    Charmant roman d'apprentissage dans lequel on suit Luo et son camarade, deux jeunes chinois envoyés en camp de "rééducation" au moment de la révolution dite culturelle. Fils de dentiste et de médecin, considérés comme de dangereux intellos, le Grand timonier prônant la "réforme de la pensée par le travail", les voilà éloignés de leur famille, isolés en terre hostile, à effectuer des tâches "rééducatrices"....

    La découverte d'un livre de Balzac, puis d'autres classiques de la littérature sera pour eux la clé d'une liberté retrouvée, celle de la libre pensée et la découverte d'émotions leur permettant d'échapper à un aliénant quotidien.
    Ils feront partager cette enrichissante échappatoire à la petite tailleuse, laquelle saura s'en servir efficacement....
    Parenthèse poétique, initiation à l'amour et à la culture dans un contexte de répression et de désillusion.

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  • Quel roman doux et poétique ! Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est une évasion pour le lecteur qui, entraîné dès les premières pages par une scène de curiosité autour d’un objet : un violon, se voit ensuite emporté par une vague musicale: la plume de Dai Sijie.

    Tout au long de son...
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    Quel roman doux et poétique ! Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est une évasion pour le lecteur qui, entraîné dès les premières pages par une scène de curiosité autour d’un objet : un violon, se voit ensuite emporté par une vague musicale: la plume de Dai Sijie.

    Tout au long de son voyage, le lecteur suit deux jeunes garçons : « Luo » et le narrateur dont on ne connaîtra pas le nom. Cette part de mystère amène alors facilement le processus d’identification et d’adoption du point de vue de ce « moi » omniprésent, grâce auquel le lecteur vit cette lecture.

    Ensuite, vient une rencontre. Celle d’une jeune fille : la petite tailleuse. Celle d’un objet : la valise. Celle d’une soif : la Culture.



    Il est difficile pour moi de vous en dire plus. Mais il est aussi important de ne pas vous dévoiler les autres éléments qui constituent cette histoire (notamment le contexte historique et politique).

    A dire vrai, ce qui a fait de ce roman un coup de cœur est l’effet de surprise, omniprésent tout au long de ma lecture. Intensifié par le fait que la quatrième de couverture ne dévoile, en fin de compte, presque rien de cette histoire (mise à part la mention d’une valise et de la petite tailleuse). Ce qui est une chose merveilleuse ! Grâce à laquelle, je suis allée de découverte en découverte, et je me suis laisser guidée par la plume enivrante de l’auteur.

    C’est un roman fort, animé d’une puissance délicate qu’est celle des mots, de la littérature et des sentiments que je vous conseille donc de découvrir.

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  • Encore un 1er roman, mais toujours pas dans la série des 68 ! Celui-ci date de 2000 et m'a été conseillé par ma fille, un très bon choix (elle me connaît bien !).

    Nous sommes à la fin de l'année 1968, la révolution culturelle est engagée en Chine. Les enfants des intellectuels sont envoyés à...
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    Encore un 1er roman, mais toujours pas dans la série des 68 ! Celui-ci date de 2000 et m'a été conseillé par ma fille, un très bon choix (elle me connaît bien !).

    Nous sommes à la fin de l'année 1968, la révolution culturelle est engagée en Chine. Les enfants des intellectuels sont envoyés à la campagne pour une "rééducation". Le narrateur a 17 ans, ses parents sont médecins. Il est accompagné de Luo, 18 ans, fils d'un dentiste qualifié "ennemi du peuple". Tous les 2, ils vont arriver dans la montagne du Phénix du Ciel. Ils vont être logés dans une maison sur pilotis et cohabiter avec les truies. Ils vont travailler avec les paysans et assurer le transport des engrais vers les sommets, là où les prés sont cultivés. Cette activité quotidienne va bientôt être bouleversée par une visite faite au tailleur et la rencontre avec sa fille, cette beauté ingénue. Sur le chemin du retour, ils vont porter assistance à une jeune "binoclard", un autre adolescent en rééducation qui doit mener un buffle dont le coup de queue vient de faire voler les lunettes dans la boue. Ils ne savent pas encore qu'il sera la source de magnifiques découvertes littéraires.

    Dai SIJIE décrit avec beaucoup de pudeur les conditions de vie de ces jeunes plongés dans un tout nouvel univers. Il nous fait voyager à leurs côtés. Ce ne sont pas des délinquants, leur seul défaut est d'être né dans un environnement familial de bourgeois. Le choc des cultures est joliement décrit. J'ai beaucoup aimé cette scène de la découverte du violon du narrateur à leur arrivée par l'ensemble du village, moment traité avec beaucoup d'humour.

    Bien sûr, la vie est difficile, les jeunes garçons vivent dans la pauvreté. Mais, heureusement, ils ont des livres ! C'est en toute clandestinité bien sûr, c'est ce qui fait le charme de toute cette histoire !

    C'est un très beau roman sur le pouvoir de la littérature, cette capacité à entraîner les lecteurs vers d'autres horizons porteurs d'espoir d'une autre vie possible. Le passage sur les nouvelles est excellent :

    "[...] les recueils de nouvelles, qui vous racontent une histoire bien ficelée, avec des idées brillantes, quelquefois amusantes ou à vous couper le souffle, des histoires qui vous accompagnent toute votre vie." P. 136

    Je trouve que c'est particulièrement bien résumé !

    Et puis, dans ce village, il y a de très beaux moments de bonheur, celui du séjour du tailleur et du peuple en liesse est assez exceptionnel :

    "Les cris des enfants qui couraient derrière lui, les rires des femmes qui sortaient leurs tissus, prêts depuis des mois, l'explosion de quelques pétards, les grognements des cochons, tout cela créait une ambiance de fête." P. 151

    A côté des personnages des garçons, il y a aussi une fille, la petite tailleuse chinoise. Alors que l'année 2016 célèbre le 60ème anniversaire du Planning Familial en France, son itinéraire permet de se remémorer les conditions de vie de femmes, certes du siècle dernier, mais c'était encore hier... Elle a bien mérité, elle aussi, de faire partie des "Simone" !

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  • Parce qu'ils portent la double faute d'avoir étudié au collège et d'avoir des parents ''ennemis du peuple'', le narrateur et son ami Luo sont envoyés en rééducation dans un village de montagne. Entre les rizières et la mine, les conditions de vie sont difficiles mais les deux adolescents ont su...
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    Parce qu'ils portent la double faute d'avoir étudié au collège et d'avoir des parents ''ennemis du peuple'', le narrateur et son ami Luo sont envoyés en rééducation dans un village de montagne. Entre les rizières et la mine, les conditions de vie sont difficiles mais les deux adolescents ont su Xxx la méfiance des villageois grâce à leur talent de musicien, pour le narrateur, et de conteur pour Luo. Et puis, la campagne recèle aussi quelques trésors cachés. Par exemple, la fille du tailleur, la jolie Petite Tailleuse ou encore la valise pleine de livres que Le Binoclard, un autre rééduqué, cache quelque part dans sa masure.

    Balzac, Tolstoï, Dumas et bien d'autres tentations, toute cette littérature subversive, interdite, qui titille l'imagination, et les sens, de deux adolescents perdus à la campagne, sans trop d'espoir de rentrer chez eux. Et pourtant, qu'ils sont libres ! Les livres pour apprendre, comprendre, ressentir, pour s'évader loin de la montagne, de la Chine, du communisme, de la révolution culturelle, pour découvrir l'individualisme, et pourquoi pas l'égoïsme, le plaisir, l'amour, la sensualité, la liberté. Et si le contexte est rude, le travail épuisant, parfois dangereux, la menace d'une dénonciation toujours possible, Luo et son ami sont suffisamment optimistes, délurés, culottés, amoureux de la vie, pour donner au roman un souffle vital irrésistible.
    Dai SIJIE prouve, s'il en était besoin, que la littérature est le plus grand vecteur de connaissances, d'évasion et de liberté. Cette ode aux classiques occidentaux est une petite merveille, une lecture joyeuse et optimiste où l'amour des livres brille à chaque page de la lueur de l'espoir. Un bijou !

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  • Se lit bien mais pas suffisamment accrocheur pour en faire un grand roman.
    Le sujet est grave : censure, répression mais pas poignant.
    A mon sens d'une platitude litteraire

    Se lit bien mais pas suffisamment accrocheur pour en faire un grand roman.
    Le sujet est grave : censure, répression mais pas poignant.
    A mon sens d'une platitude litteraire

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