Bakhita

Couverture du livre « Bakhita » de Véronique Olmi aux éditions Albin Michel
  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226393227
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion.
Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise,... Voir plus

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion.
Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.

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  • " Elle avance dans la vie reliée aux autres par l'intuition, elle sait ce qui émane d'eux, par la voix, le pas, le regard, un geste."
    Elle ne sait pas comment elle s’appelle, elle a laissé son prénom au bord de la rivière. Elle voit les deux hommes, elle ne se méfie pas. Une fillette c’est ce...
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    " Elle avance dans la vie reliée aux autres par l'intuition, elle sait ce qui émane d'eux, par la voix, le pas, le regard, un geste."
    Elle ne sait pas comment elle s’appelle, elle a laissé son prénom au bord de la rivière. Elle voit les deux hommes, elle ne se méfie pas. Une fillette c’est ce qui se vend le plus cher, ils voient qu’elle est belle, une beauté de harem. Ils lui disent qu’elle se nomme Bakhita, son nouveau nom, elle entre dans le monde de la violence et de la soumission. Bakhita comprend que la fuite est du temps perdu, le monde des esclaves est le sien maintenant. L’argent circule, un nouveau maître à chaque fois, l’esclave une espèce animale qu’il faut dompter.

    Dans la première partie de ce roman il y a des scènes terribles, l’écriture toute en retenue de Véronique Olmi ne nous épargne cependant aucune horreur. Le monde de l’esclavage où l’on ne sait plus où sont les vivants et les morts, où la vie n’a aucune valeur et seule la mort peut soulager. Nous suivons Bakhita pendant plusieurs mois de marche à travers le soudan, les coups qui arrachent la chair, un quart des esclaves meurt en route. L’auteur nous entraîne à sa suite à Khartoum, le Nil, la mer rouge, le canal de Suez, la méditerranée, et enfin l’Italie, un pays où les femmes sans enfants ne sont pas répudiées, où les femmes peuvent sortir seules et sans voile.

    Elle ne sait pas qu’elle est enfin arrivée chez elle, que son corps objet de profit et de tant de violences va lui être rendu. L’histoire vraie d’une âme simple et sensible, elle a vu le diable, maintenant elle veut voir Dieu. Elle veut devenir la fille d’un père qui ne l’abandonnera jamais. Cette seconde partie Véronique Olmi la rend plus douce malgré l’évocation de Mussolini et du fascisme où les races inférieures, les nègres et les juifs menacent la pureté du pays.

    Un récit inhumain rempli d’humanité. Un livre lumineux comme Bakhita l’esclave devenue sainte. Véronique Olmi nous livre une très belle évocation d’une personne humble et discrète. Et une fois ce roman refermé, le lecteur ne sait plus si l’émotion ressentie tout au long de sa lecture vient du talent de Véronique Olmi ou tout simplement de tout ce que la vie de Bakhita nous inspire, sûrement un peu des deux.

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  • C’est l’un des romans incontournable de la rentrée littéraire 2017 ! Et c’est grandement justifié ! Un livre qu’il faut absolument lire…
    C’est un magnifique roman, tellement bien écrit, qu'il ne faut pas passer à côté de cette terrible histoire...Elle nous bouleverse et à la fois, elle est ...
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    C’est l’un des romans incontournable de la rentrée littéraire 2017 ! Et c’est grandement justifié ! Un livre qu’il faut absolument lire…
    C’est un magnifique roman, tellement bien écrit, qu'il ne faut pas passer à côté de cette terrible histoire...Elle nous bouleverse et à la fois, elle est incroyable.
    Comment ne pas être touchée par l’histoire de cette petite fille de 7 ans, enlevée et vendue comme esclave. Les coups, les humiliations, les privations qu’elle subit ainsi que ces camarades nous bouleverse. Toutes ces horreurs révélées, nous font souffrir…car nous savons pertinemment que cela a existé ! C’est difficile à lire, il y a tant de cruauté, mais malgré tout, nous sommes happées par Bakhita que nous suivons page par page… presque une biographie !
    Un très beau roman, une pépite qu’il faut lire, et faire partager à son entourage.

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  • Si l'on m'avait dit que lire une histoire de sainte me mettrait dans un tel état, je n'y aurais pas cru. Eh bien, c'est chose faite avec Bakhita qui a littéralement épuisé ma réserve de mouchoirs en papier. Attention, il n'y a aucune ironie dans mes propos et je ne veux pas dire que c'est un...
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    Si l'on m'avait dit que lire une histoire de sainte me mettrait dans un tel état, je n'y aurais pas cru. Eh bien, c'est chose faite avec Bakhita qui a littéralement épuisé ma réserve de mouchoirs en papier. Attention, il n'y a aucune ironie dans mes propos et je ne veux pas dire que c'est un livre à l'eau de rose, mélo à souhait, non, pas du tout, Bakhita est tout simplement un texte magnifique, d'une pure beauté, à l'image de la femme dont il peint la destinée. C'est un roman qui m'a complètement transportée, profondément bouleversée grâce à la langue de Véronique Olmi qui a su exprimer à la fois avec beaucoup de puissance et beaucoup de pudeur toutes les souffrances de Bakhita et la terrible et semble-t-il infinie violence des hommes.
    Il est d'ailleurs difficile d'imaginer toute la violence que peut subir une jeune esclave enlevée enfant à sa famille habitant un petit village du Darfour, vendue par les uns, achetée par les autres, violée, battue, mal nourrie, assoiffée, obligée de marcher enchaînée sur des kilomètres en plein désert, de dormir au sol piétinée par des bêtes, contrainte d'assister à des scènes insoutenables de torture ou de meurtre et de se séparer toujours des êtres auxquels elle parvient à s'attacher.
    Une vie en forme de chemin de croix...
    La mort à côté est presque un soulagement, mais de la mort, Bakhita (« la chanceuse » surnommée ainsi par ses ravisseurs musulmans - quelle ironie !) n'en veut pas et toujours, elle s'accroche à la moindre petite étincelle qui la retient à la vie, aussi ténue soit elle.
    Ces moments fugaces où elle regarde le ciel, la lune, les étoiles, contemple la beauté du monde, repense à sa famille, celle qui lui a donné un nom maintenant oublié, sont magnifiques et très émouvants. Purs moments de grâce, petites fenêtres qui lui permettent d'échapper par l'esprit, très ponctuellement, à l'enfer de sa vie, à l'inhumanité qui fait son quotidien. Quelle fascinante force mentale...
    C'est en visitant l'église Saint-Jean-Baptiste à Langeais, ville près de laquelle Véronique Olmi possède une maison, que cette dernière découvre, à travers quelques photos, Bakhita. Elle est littéralement happée par ces portraits au point qu'elle abandonne le livre qu'elle était en train d'écrire et se lance dans des recherches qui vont la conduire à la rédaction de ce très beau roman.
    Bakhita née et enlevée au Darfour en 1876 finira par échapper à ses nombreux tortionnaires en étant achetée par le consul italien de Khartoum, Calisto Legnani, qui va l'emmener en Italie où, après moult péripéties (car être noire en Italie, à cette époque, c'est être le diable), elle deviendra religieuse. Elle sera canonisée le 1er octobre 2000 par Jean-Paul II.
    Ce roman fait ainsi le portrait d'une femme inoubliable, pleine d'humanité, dévouée corps et âme aux autres, se donnant sans compter jusqu'à la fin de son existence. C'est aussi une femme immensément amoureuse de la vie, ce qui lui a donné cette force extraordinaire, cette capacité de supporter la douleur, la souffrance.
    Bakhita est aussi un livre qui nous rappelle que l'esclavage existe encore, que ce qu'a vécu cette femme, certains (es) - et ils/elles sont nombreux(ses) : quarante-six millions de personnes dans le monde ! - le vivent aujourd'hui, ne l'oublions surtout pas.
    Enfin, Bakhita est aussi l'histoire d'une époque terrible - finalement, toutes les époques ne le sont-elles pas ?- où se mêlent esclavage, colonialisme, racisme, nazisme, fascisme et la pauvre Bakhita, à peine sortie de l'horreur la plus complète, replonge dans la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences désastreuses. Elle a à peine le temps de respirer un peu que le pire, de nouveau, est là. Quel destin terrible...
    Pour moi, tout ça vaut bien un prix Goncourt, non ?

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

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  • Esclave, domestique devenue religieuse, puis sainte… je ne connaissais pas du tout l’histoire de Bakhita, et je suis ressortie de cette découverte absolument bouleversée. Véronique Olmi nous donne avec grand talent l’impression d’être au plus près de la jeune femme et de la suivre depuis son...
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    Esclave, domestique devenue religieuse, puis sainte… je ne connaissais pas du tout l’histoire de Bakhita, et je suis ressortie de cette découverte absolument bouleversée. Véronique Olmi nous donne avec grand talent l’impression d’être au plus près de la jeune femme et de la suivre depuis son enfance dévastée. Elle fut enlevée à 7 ans de son village d’Olgossa (Darfour) pour être vendue comme esclave (abda : le pire du malheur), comme l’avait déjà été sa soeur puisqu’il existait alors un véritable trafic humain, un système obéissant à une obscure hiérarchie avec compassion interdite ; cette première partie du livre donne lieu à des scènes d’une cruauté insupportable, quand bien même l’auteure ne fait qu’en suggérer quelques unes, comme pour ne pas rajouter à un malheur incommensurable.

    On lui a arraché son corps, sa famille, sa langue maternelle et jusqu’à son nom, et pourtant Bakhita, la Moretta devenue Giuseppina, fait preuve d’une force et d’un courage inouïs, une envie de vivre inextinguible en dépit de la peur et de la fascination qu’elle inspirera toute sa vie, du Soudan à l’Italie, portée par le souvenir de l’amour d’une mère et de ses soeurs. Elle pleure en silence, ne prend que peu de décisions mais chacune d’elle changera sa vie (partir, rester), fera toujours preuve d’une bonté sans fin et même d’humour, d’un souci de l’autre constant en dépit de tout ce qu’elle a traversé ; seuls les enfants, avec qui elle aura toujours un rapport particulier et touchant, sauront la comprendre.
    Même lorsqu’un consul l’emmènera en Italie, même lorsqu’elle sera affranchie suite à un procès pour pouvoir devenir religieuse, j’ai trouvé que la cruauté n’en finissait pas même une fois libre : on lui forcera quelque peu la main pour raconter son histoire, puis devant le succès du livre qui en est tiré on l’exhibera telle un phénomène pour récolter des fonds. Jamais finalement, jusqu’à sa mort, Bakhita ne goûtera la liberté qui lui était dûe.

    Le 16e Prix du Roman Fnac vient d’être attribué à Véronique Olmi, et comme c’est mérité, l’occasion de découvrir cette histoire marquante qui reste longtemps en tête après avoir refermé le livre. A lire absolument !

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