Avenue des mystères

Couverture du livre « Avenue des mystères » de John Irving aux éditions Points

4.2

5 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Points
  • EAN : 9782757866221
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

Juan Diego a eu deux vies. Une au Mexique, enfant et adolescent, à la lisière d'une décharge publique. Une aux États-Unis où il est devenu un écrivain célèbre. Une vie qu'il mène tant bien que mal entre bêtabloquants pour le coeur et Viagra pour la libido. Lors d'un voyage aux Philippines, son... Lire la suite

Juan Diego a eu deux vies. Une au Mexique, enfant et adolescent, à la lisière d'une décharge publique. Une aux États-Unis où il est devenu un écrivain célèbre. Une vie qu'il mène tant bien que mal entre bêtabloquants pour le coeur et Viagra pour la libido. Lors d'un voyage aux Philippines, son enfance revient le hanter. Rêves, souvenirs et réalité ne font plus qu'un dans sa tête trop pleine...

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Josée Kamoun et Olivier Grenot.

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  • 0.2

    http://contemplerlesvivants.blogspot.fr/2017/02/avenue-des-mysteres-de-john-irving-le.html

    LE BRUIT ET LA FUREUR DE LA VIE

    "La vie est un modèle trop bordélique pour un roman, disait-il. Les personnages fictifs sont plus cohérents, plus consistants, plus prévisibles. Les bons romans ne sont jamais des fourre-tout, alors que le désordre fait bel et bien partie de la vie, enfin, de ce qu'on désigne sous ce vocable."


    Avenue des mystères suit l'histoire de Juan Diego, un écrivain à l'apogée de sa carrière. A l'occasion d'un voyage aux Philippines pour le moins mouvementé, son passé refait surface, sous forme de rêves et de souvenirs...

    Juan Diego est né dans les années 70 à Oaxaca, au Mexique. Tout d'abord "enfant de la décharge", il a appris à lire seul, sauvant les livres des décombres et brasiers. Il se lie d'amitié avec Frère Pépé, un frère de la communauté jésuite qui recueille les orphelins. Celui-ci propose à Juan Diego de rejoindre l'orphelinat des Enfants perdus, mais ce dernier refuse, arguant qu'il n'est pas orphelin. En effet, il a une mère, Esperanza, qui fait des ménages la journée chez les jésuites et se prostitue le soir, et Rivera, qui n'est "probablement pas" son père, mais s'occupe de Juan Diego et sa sœur à la décharge.
    La sœur de Juan Diego, Lupe, dont le mystérieux langage n'est compris que par son frère, possède un don : celui de lire dans les pensées des autres.
    Le premier événement marquant que Juan Diego revit en rêve se produit durant ses années à la décharge : un accident tragique qui le laissera boiteux pour le reste de sa vie.
    Ainsi, dès les premières pages, John Irving nous fait basculer dans un monde parfaitement construit, qui mêle l'ordinaire et la magie, le rationnel et les croyances. Les enfants (et surtout Lupe) vouent un culte à Notre Dame de Guadalupe, Vierge Marie mexicaine à la peau foncée, détrônée par les statues de la Vierge Marie "blanche", culte qui les mènera jusqu'à Mexico et son avenue des mystères, à la recherche de la basilique de Notre Dame de Guadalupe.

    La suite du parcours de Juan Diego et Lupe se révèle trépidante et les conduira dans l'orphelinat des Enfants perdus, puis dans un cirque, "La Maravilla", rencontrant au passage des personnages hauts en couleur : Edward Bonshaw (qui préfère Eduardo), nouveau venu dans la communauté jésuite, traumatisé à jamais par la mort de sa chienne quand il avait 8 ans, El gringo bueno, un jeune hippie accro à la drogue venu se réfugier à Oaxaca pour échapper au service militaire, et Flor, un travesti au passé houleux.

    Au fil du voyage, tout s'emmêle dans la tête de Juan Diego adulte, qui finit par ne plus pouvoir distinguer la réalité des rêves, mélangeant dans le même temps ses médicaments, béta bloquants (contre l'hypertension artérielle) et Viagra, au risque de se créer des problèmes cardio-vasculaires.
    Mais comme toujours chez John Irving, il ne faut pas chercher à tout comprendre ! Son écriture est parsemée de symboles et de messages, et sujette aux multiples interprétations, à l'image de Miriam et Dorothy, deux mystérieuses femmes rencontrées dans un aéroport et qui poursuivent Juan Diego au fil du périple vers les Philippines : existent-elles réellement ? Les preuves de leur existence semblent tantôt se confirmer (Miriam dîne avec Juan Diego et ses amis, Dorothy croise une connaissance de Juan Diego), tantôt disparaître (une photo qu'ils ont prise tous les trois n’apparaît pas dans l'appareil photo de Juan Diego). Avec leur appétit sexuel insatiable et leur sexualité débridée, elles représentent une sorte de fantasme, et symbolisent toutes les femmes que Juan Diego n'a pas connues dans sa vie. A moins qu'elles ne soient des sortes de succubes, démons qui semblent envoûter Juan Diego au fil du temps et le déposséder de ses émotions ?


    "Aujourd'hui, sans doute aurait-il été d'accord avec le Dr Vargas : l'ordre du monde se situait bien quelque part entre le hasard et la nécessité. Il y avait encore bien des mystères non résolus ; les scientifiques n'avaient pas réponse à tout."


    Ce voyage aux Philippines, réalisé pour tenir une promesse faite à un ami mort, devient l'occasion pour Juan Diego de dresser un bilan de sa vie. Les souvenirs qui emportent l'écrivain semblent l'interroger sur la notion de choix : aurait-il pu changer les choses ? Aurait-il pu sauver sa sœur, ou épouser le Dr Rosemary, son amour perdu, à laquelle il n'a jamais osé se déclarer ?
    Le personnage de Lupe, malgré son jeune âge, apparaît finalement comme une messagère, qui parvient à comprendre l'avenir, et finira par ses sacrifier pour son frère.

    Avenue des mystères est ainsi un roman qui fourmille d'idées, alternant différents temps et différentes conceptions de la réalité, dans une ronde de personnages incessantes et sans cesse plus incroyables.
    Le talent de John Irving réside avant tout dans l'art de dresser une galerie de personnages atypiques et bien individualisés. Les associations qu'il crée ne cessent de surprendre, donnant une véritable énergie au roman, au fil duquel, malgré sa longueur, on ne s'ennuie jamais. La plume de John Irving est virevoltante, allègre, et dense, il ne craint pas l'effet du surenchère.
    Mais malgré son côté fantaisiste, Avenue des mystères pose de nombreuses questions, notamment sur la notion de spiritualité et de croyance, mais aussi sur l'identité et la filiation, l'impact de l'enfance et des origines sur la personne que nous devenons. Avenue des mystères nous interroge de cette façon sur le sens de la vie et ses mystères, les hasards et coïncidences qui la régentent.


    "Les accidents, pour la plupart, ne vous prennent pas par surprise"


    Vous l'aurez compris, j'ai une fois de plus entièrement basculé dans le monde créé par John Irving !
    J'ai adoré suivre les pérégrinations de Juan Diego qui semble de plus en plus perdu au fil du voyage, et surtout je me suis beaucoup attachée à tous les personnages qui l'entourent.
    Pour moi, lire John Irving, c'est accepter d'embarquer dans un nouveau monde dont on ne possède pas les clés, et j'aime ce genre de lecture qui force mon esprit cartésien à cesser de tout rationaliser, et laisse au contraire la place au lâcher prise !

  • 0.2

    C'est avec John Irving que j'ai découvert la littérature américaine, Le Monde selon Garp est un livre incroyable qui a chamboulé bon nombre de lecteurs. Je suis donc la première à me réjouir de voir un nouveau livre débarqué, voici son tout dernier Avenue des mystères !

    Si ce livre n'est pas son meilleur, il est composé de tous les ingrédients du succès Irving : une histoire atypique, un personnage haut en couleurs, une existence riche et foisonnante de rebondissements et un petit côté étrange, magique. C'est l'histoire d'un enfant de la décharge, d'un brillant écrivain, d'un homme malade...

    Ce roman est composé de flashbacks, de semi-hallucinations, de souvenirs, de présent et de passé. Je pense que le lecteur peut être un peu perdu par moment face à cette avalanche d'informations, de personnages, de retour en arrière. Je m'y suis assez vite habituée mais je dois avouer avoir largement préféré découvrir l'histoire de Juan Diego plutôt que son propre présent. Sa vie a été bien remplie, elle a été surprenante, innovante et unique.

    Je me suis attachée à cet être qui apprend à lire très tôt dans une décharge et ce autant l'anglais que l'espagnol ! C'est un surdoué qui va très vite attirer l'attention des jésuites, qui va subir un handicap lourd, qui va perdre sa mère et débarquer dans une famille assez spéciale... Sa sœur est pour moi le protagoniste le plus intéressant car elle est extralucide, elle comprend parfaitement autrui.

    En définitive, c'est une vie extraordinaire que nous raconte John Irving, une vie presque surréelle, une vie qu'on n'oubliera pas...

  • 0.25

    Le dernier roman de John Irving a tout d'une oeuvre testamentaire mais souhaitons qu'il n'en ait que l'aspect et que son auteur continue à écrire encore longtemps.
    Tout Irving est là. Sont convoqués les gens du cirque, les orphelins, les travestis, les prêtres, les médecins, les pauvres...Et non pas pour nous raconter une histoire mais plutôt nous entraîner dans un rêve. Le style onirique prévaut très franchement sur le romanesque dans cet opus. On pourrait facilement penser être dans un roman de Garcia Marquez , tant le surnaturel cotoit habilement la naration du personnage principal, Juan Diego, écrivain Mexicain vieillissant envahi par ses souvenirs d'enfance et d'adolescence d'orphelin vivant sur une décharge, protecteur et "traducteur" de sa soeur Lupe, espèce de médium hallucinée et pragmatique. Dans un voyage houleux sans cesse entrecoupé de ce retour vers le passé, deux femmes vont le suivre au cours d' un périple crucial. Les sorcières shakespeariennes ne sont pas loin. Rien n'est vraiment tangible. La brume l'emporte sur les ciels clairs. L'écriture splendide et tranchante d'Irving tient la barre de ce navire qui tangue mais arrivera à son port. On en sort changé, tant la promiscuité des personnages nous aura ému, bousculé, touché dans les recoins les plus enfouis de nous même.
    Du grand Irving.

  • 0.2

    Décalé (jusque dans les titres des chapitres ?...) toujours cet art de se balancer du pince-sans-rire au pincement de coeur . Comme ses autres romans à lire pour l'émotion et relire pour se délecter des détails minutieux .

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