Aux animaux la guerre

Couverture du livre « Aux animaux la guerre » de Nicolas Mathieu aux éditions Actes Sud
  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330058647
  • Série : (-)
  • Support : Poche
Résumé:

Une usine qui ferme dans les Vosges, tout le monde s'en fout. Une centaine de types qui se retrouvent sur le carreau, chômage, RSA, le petit dernier qui n'ira pas en colo cet été, un ou deux reportages sur France 3 Lorraine Champagne-Ardenne, et «basta». Sauf que les usines sont pleines de types... Voir plus

Une usine qui ferme dans les Vosges, tout le monde s'en fout. Une centaine de types qui se retrouvent sur le carreau, chômage, RSA, le petit dernier qui n'ira pas en colo cet été, un ou deux reportages sur France 3 Lorraine Champagne-Ardenne, et «basta». Sauf que les usines sont pleines de types n'ayant plus rien à perdre. Comme ces deux qui ont la mauvaise idée de kidnapper une fille sur les trottoirs de Strasbourg pour la revendre à deux caïds qui font la pluie et le beau temps entre Épinal et Nancy. Une fille, un Colt .45, la neige, à partir de là, tout s'enchaîne.

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Avis (7)

  • Voici un premier roman, celui de Nicolas Mathieu, dont le nom vous sera sans doute connu par son prix Goncourt 2018 pour "Leurs enfants après eux". Comme pour son deuxième ouvrage, l’auteur a voulu créer un roman social, qui donne toute la place aux gens qui triment toute leur vie, exploités...
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    Voici un premier roman, celui de Nicolas Mathieu, dont le nom vous sera sans doute connu par son prix Goncourt 2018 pour "Leurs enfants après eux". Comme pour son deuxième ouvrage, l’auteur a voulu créer un roman social, qui donne toute la place aux gens qui triment toute leur vie, exploités sans pouvoir lever le nez des tracas quotidiens. Ou alors qui tentent de s’en sortir comme Bruce à coup de plans soit-disant géniaux qui tournent court, ou comme Martel, devenu par la force des choses un délégué syndical qui a encore quelque poids, pour combien de temps ? Ou encore comme Rita, la touchante inspectrice du travail. Au cœur du roman, un plan de licenciement, un enlèvement, la Lorraine et la neige…
    Beaucoup de personnages, sans doute, (je ne les ai pas cités tous) mais on s’y retrouve facilement, et une fin un peu déconcertante, c’est ce que je retiens, pourtant j’ai aimé découvrir à la fois une facette différente de l’auteur, un peu plus noire, et un style, qui se cherche et se trouve, déjà remarquable dans ce premier livre.

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  • Aux animaux la guerre. J'ai acheté ce premier roman à sa sortie, il y a 4 ans, très intriguée par ce beau titre et l'image d'une usine en dessous dans l'édition chez Actes Noirs. le coup de coeur pour Leurs enfants après eux, du même auteur, a suscité l'envie de le relire.

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    Aux animaux la guerre. J'ai acheté ce premier roman à sa sortie, il y a 4 ans, très intriguée par ce beau titre et l'image d'une usine en dessous dans l'édition chez Actes Noirs. le coup de coeur pour Leurs enfants après eux, du même auteur, a suscité l'envie de le relire.

    Aux animaux la guerre donc. Un titre emprunté à un vers des Animaux malades de la peste ( La Fontaine ).
    La peste, c'est la désindustrialisation qui frappe les Vosges, le chômage, le RSA, le déclassement qui attend les ouvriers victimes de la fermeture de leur usine qui délocalise où ça marne pour moins cher, la fin d'un monde dont personne ne sort vainqueur.
    Les animaux, ce sont tous les personnages de ce roman choral, tous en perdition. Des ouvriers laissés sur le carreau, Martel, syndicaliste charismatique, Bruce, une brute sous cocaïne et stéroide, un vieux militant de l'OAS, un ado maladroit juste amoureux fou. Jamais caricaturaux, jamais manichéens même quand la violence économique explose en violence tout court, quand la violence sociale pousse Martel à des magouilles miteuses qui lui pète à la figure. Une prostituée slave enlevée qui disparaît.

    Nicolas Mathieu a un talent fou pour camper ces personnages de perdants magnifiques, richement complexes, profondément humains même lorsqu'ils sont lâches et ridicules. Celui de Rita est le plus réussi, l'inspectrice du travail, rugueuse femme libre et cabossée à la fois, désenchantée par expérience mais y croyant encore.

    J'ai lu et relu ce roman noir d'une traite, savourant particulièrement la truculence et la précision des dialogues, souvent drôles. Ok ce n'est pas aussi maitrisé que Leurs Enfants après eux. Sans doute trop de personnages qui gravitent autour de l'intrigue, certains se volatilisant laissant au lecteur une sensation d'inachevé. Mais on sent toute la puissance à venir de l'auteur pour la fresque sociale, politique même. La fin est superbe, pétrie d'empathie. Un excellent polar, très original.

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  • https://hubris-libris.blogspot.com/2018/06/aux-animaux-la-guerre-nicolas-mathieu.html

    Polyphonie. Les chapitres sont découpés en points de vues, se racontent à travers la vision d’un personnage. Ils sont multiples, différents mais l’égarement ne vient jamais. On se retrouve toujours, on admet...
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    https://hubris-libris.blogspot.com/2018/06/aux-animaux-la-guerre-nicolas-mathieu.html

    Polyphonie. Les chapitres sont découpés en points de vues, se racontent à travers la vision d’un personnage. Ils sont multiples, différents mais l’égarement ne vient jamais. On se retrouve toujours, on admet facilement les liens entre chacun.

    Situation géographique étonnante. Les Vosges. Nancy. Strasbourg. Des villes que je parcours, des lieux que je fréquente. Ma réticence à lire le livre se situe peut-être dans cette volonté de toujours m’éloigner de ce que je connais, de ne jamais y retrouver la réalité. Ici, la vérité se glisse entre les pages, ne prend jamais la tournure improbable de nombre de récits qui cherchent le grandiloquent, l’effroyable. On reste dans le vrai, on s’immerge à la vie des estropiés de la société. Pas de pathos, pas de hargne. Juste le désoeuvrement des Hommes. La fin. La lassitude.

    Une usine qui ferme, des salariés envoyés au dépôt de leur vie. Syndicat et DRH sont sur le désaccord. Il faut trouver d’autres solutions pour arrondir les fins de mois, de quoi nourrir les marmots, ne pas sombrer, avoir le museau hors de l’eau devenue boueuse. Pourquoi ne pas accepter l’offre des Benbarek ? Une idée qui semble simple - capturer une fille, la garder, attendre les ordres et recevoir le pactole. L’enlèvement n’est qu’une excuse au polar, un fil conducteur qui permet aux personnages de se croiser. Des deux roublards responsables de l’enlèvement, à celle qui tombe malheureusement sur la victime, à ces frères - soeurs ou voisins des éclopés de l’usine, chacun prend part au récit, s’immisce et narre sa réalité noueuse. Tous malmenés, tous barbouillés d’actes noirs. Aucun n’est indemne. Et c’est leur parcours, leurs bosses, leurs stries qu’exposent les différents chapitres sublimés d'une plume tranchante.

    Aux Animaux la guerre, c’est l'éventail d’une société ouvrière à la dérive, de villages qui s’écroulent après la fermeture d’une usine. C’est la fin, la déroute. Ça suinte l'horreur, l'ignoble sous le commun des vies de chacun.

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  • https://animallecteur.wordpress.com/2016/08/30/aux-animaux-la-guerre-nicolas-mathieu/

    Ce roman fait le tour de force d’être un polar sans en être un. Il y a des vols, une prostituée, un colt.45, de la violence mais pas d’enquête policière. C’est un véritable far west vosgien où se mêlent...
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    https://animallecteur.wordpress.com/2016/08/30/aux-animaux-la-guerre-nicolas-mathieu/

    Ce roman fait le tour de force d’être un polar sans en être un. Il y a des vols, une prostituée, un colt.45, de la violence mais pas d’enquête policière. C’est un véritable far west vosgien où se mêlent l’alcool, la drogue, les stéroïdes et les histoires louches sur fonds de neige épaisse et souvent plongé au cœur de la nuit épaisse.

    Tout au long de cet hiver sombre, on assiste à la lente agonie d’un monde, celui de la classe ouvrière où chacun désenchante aux vues de la situation. Le destin de chacun de ces personnage s’entrecroise avec pour point commun une certaine noirceur et beaucoup de violence. L’auteur de tombe jamais dans la caricature, on a l’impression que chaque personnage est bien réel, qu’il existe pas loin de chez nous ce qui fait de Aux animaux la guerre un incroyable roman sociologique narrant une chute sans fin.

    En plus de cela, l’écriture est très visuelle, on s’imagine très vite les lieux et les personnages et surtout la tension est constante, j’ai passé les 100 dernières pages la mâchoire serrée… Et puis ce que j’ai aussi beaucoup apprécié c’est que ce roman n’est pas du tout moralisateur (classe ouvrière, alcoolisme, drogue, prostitution, racisme, …), le roman s’arrête et c’est tout, à nous d’imaginer la suite ou simplement de se contenter d’avoir fait un bout de chemin avec de sacrés personnages.

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  • Dans les Vosges une usine est fermée par des patrons voyous, sous l'oeil inquiet du Secrétaire du Comité d'Entreprise, mauvais garçon lui aussi sous certains aspects mais qui a toute la sympathie de l'auteur et de l'inspectrice du travail. L'alcool, le froid et la précarité qui gagne du terrain...
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    Dans les Vosges une usine est fermée par des patrons voyous, sous l'oeil inquiet du Secrétaire du Comité d'Entreprise, mauvais garçon lui aussi sous certains aspects mais qui a toute la sympathie de l'auteur et de l'inspectrice du travail. L'alcool, le froid et la précarité qui gagne du terrain comme une métastase dans un corps fatigué, c'est le polar noir le mieux outillé du moment, de par sa connaissance pointue du sujet et des êtres humains qui le subissent. C'est bien écrit, pas rébarbatif pour un sous et dans l'air du temps sans en devenir un cliché. Actes Sud est décidément une maison d'édition bien avisée.

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  • Ce roman noir et âpre est excellent, captivant et décrit sans fards la triste réalité qui ronge notre société, la fermetures des usines, le chômage, la pauvreté, et les innombrables drames du quotidien que cela engendre.
    À l'aide d'une construction polyphonique impeccable où chaque chapitre est...
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    Ce roman noir et âpre est excellent, captivant et décrit sans fards la triste réalité qui ronge notre société, la fermetures des usines, le chômage, la pauvreté, et les innombrables drames du quotidien que cela engendre.
    À l'aide d'une construction polyphonique impeccable où chaque chapitre est consacré à un personnage, porté par une superbe écriture, parfaitement maîtrisée et évocatrice, précise et subtile, ainsi que des personnages forts et puissamment campés, d'autant plus crédibles qu'il s'agit de gens simples confrontés au chômage, à la misère, au désespoir, à la tentation de boire pour oublier ou de s'embarquer dans des coups risqués et des trafics illicites de plus en plus gros pour se sortir de la m****, Nicolas Mathieu signe avec Aux animaux la guerre un beau et très grand roman noir qui fera date, parce qu'il aura réussi à écrire et décrire, sans jugement aucun, la déliquescence actuelle de notre société.
    Incontestablement l'une de ces quelques très grandes révélations françaises du roman noir cette année à ne surtout pas manquer - à l'image de "La faux soyeuse", le chef d'oeuvre noir et fulgurant d'Eric Maravélias.

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  • Nicolas Mathieu est un digne héritier des Manchette, Fajardie, Jonquet, Daeninckx, Pouy ou encore Marc Villard. Dans la meilleure veine du polar social, il nous décrit le quotidien sinistré d’une vallée vosgienne à l’heure de la désindustrialisation.
    Pour son premier roman, il a choisi une...
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    Nicolas Mathieu est un digne héritier des Manchette, Fajardie, Jonquet, Daeninckx, Pouy ou encore Marc Villard. Dans la meilleure veine du polar social, il nous décrit le quotidien sinistré d’une vallée vosgienne à l’heure de la désindustrialisation.
    Pour son premier roman, il a choisi une construction audacieuse, en donnant tour à tour la parole à différents protagonistes.
    La scène d’ouverture, qui se déroule à des centaines de kilomètres de là, donne le ton. Nous sommes en Algérie, pendant la sale guerre. C’est-à-dire à une époque où presque chacun pouvait tuer son voisin, quand la fin justifiait les moyens. Pierre Duruy est venu tenter d’exorciser les fantômes de cette époque sous le rude climat lorrain. Mais le traumatisme reste malheureusement bien vivant. Face à «l’horreur économique» qu’ils subissent, la plupart de ses voisins et collègues doivent aussi vivre avec leurs névroses.
    Car tout le monde sait que l’usine – la seule industrie du coin – est en sursis. Martel, le syndicaliste et secrétaire du comité d’entreprise, est peut être le mieux placé pour comprendre ce qui se trame. C’est aussi la raison pour laquelle il essaie d’améliorer l’ordinaire avec des combines peu reluisantes. Un moyen comme un autre d’asseoir son autorité, par exemple sur Bruce, que l’on pourrait qualifier de sombre brute. Et dont la recette contre le désespoir est un cocktail composé d’alcool, d’anabolisants et de différentes drogues.
    Rita fait en quelque sorte le lien entre le monde ouvrier et les dirigeants. Cette inspectrice du travail qui essaie de tirer un trait sur une vie de couple ratée est le témoin de l’exploitation des plus pauvres par tous ceux qui ont un peu ou beaucoup de pouvoir. Réaliste, elle sait toutefois qu’il ne sert à rien de pousser le bouchon trop loin, de peur de voir les emplois – si fragiles soient-ils – disparaître pour de bon.
    Autour d’eux, la génération suivante, leurs enfants, n’est guère mieux lotie.
    C’est dans ce contexte que l’idée de se rapprocher de la pègre pour faire bouillir la marmite entraîne les malheureux prolétaires dans une expédition à Strasbourg. Leur but ? Enlever une prostituée. L’opération va tourner au fiasco. Rita va recueillir la pute qui s’est échappée presque nue dans la neige…
    Grâce à la construction choisie, qui donne la parole successivement aux principaux personnages, on vit littéralement au cœur de l’action et on comprend, si on ne les partage pas forcément, les raisons qui poussent les uns et les autres agir dans un univers aussi glauque qu’impitoyable. Une belle réussite pour un premier roman.

    https://collectiondelivres.wordpress.com/2015/03/30/aux-animaux-la-guerre/

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