Au Bonheur des Dames

Couverture du livre « Au Bonheur des Dames » de Émile Zola aux éditions

3.959459459

74 notes

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  • 0.2

    Bien souvent, au lycée, lorsque les professeurs nous invitaient à lire du Zola, la plupart de mes camarades plissaient les sourcils et grimaçaient tout en pestant contre la « sale manie » de Zola de rédiger des phrases et des descriptions à rallonge, et également contre sa propension à ne proposer que des fins terriblement déprimantes. Je me suis toujours sentie gênée au cours de ces conversations car, personnellement, j’adore Zola et sa plume. J’apprécie de pouvoir en apprendre plus sur l’Histoire tout en lisant une histoire. J’apprécie de pouvoir me représenter sans difficulté le cadre et l’ambiance dans lesquels s’inscrit l’intrigue. Certes, ce n’est pas toujours très réjouissant, mais c’est réaliste et cela ne me choque pas.

    C’est donc dans le cadre d’un petit challenge personnel (lire l’intégralité du cycle « Les Rougon-Macquart ») que je me suis lancée dans la lecture d’Au Bonheur des Dames. Nous faisons la rencontre de Denise, une jeune femme modeste et spontanée, qui débarque en plein cœur de Paris avec ses deux petits frères dont elle a la charge. Afin de subvenir aux besoins de sa petite famille, Denise cherche à trouver un emploi dans la petite boutique de tissus de son oncle. Mais ce dernier ne peut se permettre de l’embaucher : les affaires sont dures pour les petits commerçants tels que lui depuis l’ouverture du Bonheur des Dames, un magasin gigantesque qui affiche des prix imbattables. Son directeur, Octave Mouret, est un jeune homme ambitieux qui croit en une conception nouvelle du commerce et qui voit dans son magasin un excellent moyen de tenir la femme à sa merci, de la faire se sentir reine pour l’inciter à dépenser toujours plus. 

    Malgré la désapprobation de son oncle, qui refuse d’admettre l’inéluctable déclin de son commerce, Denise va se faire embaucher comme vendeuse au Bonheur des Dames. Raillée par ses collègues, dénigrée par les clientes, Denise va voir sa sensibilité mise à rude épreuve, d’autant plus qu’elle ne comprend pas ce qu’elle a pu faire de mal pour s’attirer ainsi la haine des autres femmes. Renvoyée par un supérieur auquel elle s’est refusée, Denise va finalement être réengagée après avoir attiré l’attention de Mouret, qui l’attire autant qu’il la terrifie. Mouret, de son côté, va être touchée par cette orpheline, pleine de candeur et d’honnêteté, qui de plus est la seule à ne pas céder immédiatement à ses avances. Progressivement, son regard va changer et une fièvre passionnée va prendre le pas sur la froideur qu’il s’appliquait jusqu’alors à manifester dans ses relations.

    Vous l’aurez compris, ce roman est avant tout une histoire d’amour entre deux êtres que tout oppose, deux individus qui refusent d’admettre cette attirance réciproque. Denise n’arrive pas à concevoir comment un homme tel que Mouret, riche et talentueux, pourrait s’intéresser à une petite vendeuse telle qu’elle. Mouret, lui, ne comprend pourquoi Denise occupe tant de place dans ses pensées et son cœur, lui qui jusqu’alors ne voyait les femmes que comme des clientes enfiévrée, des acheteuses frénétiques qui font tourner son commerce mais qu’il dirige à sa guise. De plus, il ne parvient pas à saisir les raisons qui conduisent Denise à repousser sans cesse ses avances, à refuser ses propositions les plus alléchantes. Il y a dans cette relation un véritable jeu du chat et de la souris, un « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis » que je ne m’attendais absolument pas à retrouver dans un livre classique ! Comme je suis une grande romantique, j’avoue que ce côté-là du roman m’a énormément plu !

    Mais ce n’est pas le seul point positif de ce livre ! Fidèle à son objectif, qui est de peindre un tableau général du Paris du second Empire, Zola nous offre dans ce récit un véritable « instantané » de la société de l’époque. Ainsi, nous assistons à la naissance des grands magasins, au début du capitalisme moderne et à la montée en puissance de la consommation de masse. Mouret ne se contente pas de vendre un type de marchandises : il aspire à devenir l’unique ressource de ses clientes, l’ultime commerçant qui leur permettra de n’avoir plus qu’un seul magasin à visiter pour faire ses emplettes. Mouret cherche également à susciter l’envie d’acheter, à créer des besoins. Pour cela, il va multiplier les rayonnages, les promotions « exceptionnelles », il va appâter l’acheteuse potentielle en lui faisant traverser l’intégralité du magasin pour parvenir au rayon qu’elle souhaitait d’abord visiter … lui offrant ainsi une multitude de tentations auxquelles elle finira bien par succomber. Des techniques encore bien utilisées de nos jours …

    Un autre bouleversement majeur se trouve dans la gestion du personnel : oubliées les vendeurs « ad vitam aeternam » qui faisait presque partis de la famille chez les petits commerçants, le capital humain du Bonheur des Dames fluctue lui aussi en fonction de l’affluence. La rentabilité est le maitre-mot et les employés trop maladroits, trop lents ou trop peu productifs sont aussitôt remerciés. La direction a également mis en place des primes pour les meilleurs vendeurs, tout une armée d’inspecteurs pour veiller au grain … Le magasin est une machine cruelle qui n’a aucune considération pour ses rouages, qui sont considérés comme interchangeables et facilement remplaçables. La chasse au profit devient plus importante que l’humanité et la solidarité … Zola le déplorait déjà à l’époque.

    Au fur et à mesure que le Bonheur des Dames se développe, les petits commerçants alentours se meurent, rongés par le manque de clients et hantés par la faillite imminente. La plupart refusent de s’adapter aux nouvelles normes en vigueur dans le commerce et assistent avec impuissance au déclin de leur activité. Zola illustre cette déchéance par la famille Baudu : au fur et à mesure que les ventes se raréfient, que la boutique se voit mangée par la concurrence, les membres de cette maison dépérissent à vue d’œil. Dépassés par la modernité, les Baudu tirent leur révérence, lutant jusqu’à leur dernier souffle contre l’inexorable victoire des grands magasins sur le petit commerce traditionnel. Toute la noirceur du roman se retrouve concentrée dans cette personnification de la mort des petites boutiques.

    Je pourrais encore continuer longtemps : il y a tant de choses à dire sur ce livre ! Je conclue donc en réitérant mon exclamation première : que j’aime Zola ! Ses longues descriptions m’enchantent, son style de narration me fascine et son côté « historien poète » me captive. Ses personnages sont très intéressants, j’ai particulièrement bien aimé Mouret qui est un être complexe, lunatique et assez étrangement très attachant. Si vous souhaitez lire du Zola mais que vous ne savez pas avec quel livre débuter, je vous invite fortement à choisir Au Bonheur des Dames, qui est sûrement le récit le plus léger que j’ai pu lire de lui jusqu’à présent.

  • 0.2

    Une histoire d’amour au milieu des chiffons. Je sais, c’est un peu raide comme résumé, mais vous connaissez mon esprit de synthèse.

    J’ai découvert tous les tissus possibles et imaginables, nous qui ne nous vêtons plus que de jeans et de coton (un peu de soie encore, parfois, en cas de mal de gorge).

    Mais oui, Emile Zola a un talent incomparable pour nous décrire l’emprise des Grands Magasins et la destruction du petit commerce ; les coups marketing avant l’heure et la taylorisation du travail des vendeuses/eurs.

    Les descriptions sont parfois un peu longues, mais rien de tel pour faire vivre Le Bonheur des Dames, qui devient un personnage à part entière.

    Denise, le personnage principal, m’a un peu agacée, au début. Fraîchement débarquée de Valognes (c’est où ça ? C’est beau, mais c’est loin…), elle est un peu cruche au milieu du rayon et en amour.

    J’ai préféré le personnage de Mme Aurélie, la première du rayon, et son fils qui n’en fait qu’à sa tête.

    Sans oublier les bourgeoises qui volent de la dentelle pour le plaisir du frisson.

    Mais M. Zola démontre avec brio que ce Bonheur des Dames n’est qu’une nouvelle forme d’emprisonnement des femmes :

    « Alors, plus haut que les faits déjà donnés, au sommet, apparut l’exploitation de la femme » (p.70)

    « Il ne pensait qu’à elle, cherchait sans relâche à imaginer des séductions plus grandes, et, derrière elle, quand il lui avait vidé la poche et détraqué les nerfs, il était plein du secret mépris de l’homme auquel une maîtresse vient de faire la bêtise de se donner. » (p.70)

    « Il professait que la femme est sans force contre la réclame, qu’elle finit fatalement par aller au bruit. » (p.214)

    Bref, je ne regarderai plus les tissus avec le même oeil maintenant.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des rouleaux de tissus empilés dans la cave et par terre, formant des montages.

    http://alexmotamots.fr/au-bonheur-des-dames-emile-zola/

  • 0.25

    Mon oncle m'a offert au bonheur des dames qui m'a beaucoup plu. C 'est un superbe voyage dans le temps et dans ce magasin . C'est la naissance et le triomphe des grandes enseignes et malheureusement la disparition des petits commerçants de quartier . j'ai continué par les autres livres de la saga les Rougon - Macquart
    Il m'arrive d'en relire.
    il faut dire que Zola est un très grand écrivain , grand maître du naturalisme.

  • 0.25

    Un grand classique absolument passionnant, lu au cours de mon adolescence. Ce livre nous plonge au coeur de la naissance des grands magasins tout en continuant à suivre les histoires de vie de la famille Rougon-Macquart.

  • 0

    La naissance du magasin le Printemps
    Livre incontournable

  • 0.25

    Je n'ai jamais eu envie de lire Germinal, mais lorsque j'ai commencé "Au Bonheur des Dames", je n'ai pas pu le lâcher. Ce livre est passionnant. J'ai découvert la vie à cette époque, la valeur du courage (et parfois de l'entêtement). C'est un livre qui devrait être lu en secondaire OBLIGATOIREMENT! Bonne lecture

  • 0.25

    j'ai adoré ce livre qui décrit les premiers magasins pour femmes en france

  • 0.25

    Je suis en train de le relire.
    Je m'y retrouve dans la frénésie des achats et des envies de possession, même si nous n'avons pas besoin de tout cela .

  • 0.25

    Certainement aussi valable de nos jours qu'à sa parution.

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