Article 353 du code pénal

Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

4.488372093

43 notes

Résumé:

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les... Lire la suite

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

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  • 0.25

    Un très bon roman a la fin surprenante qui nous interroge sur nos propres limites et sur ce que nous aurions fait dans cette situation avec une quasi évidence : sans doute la même chose !
    Une histoire simple d'escroquerie assez ordinaire mais avec ceci de particulier ,l'escroc reste au beau milieu de la scène et pavane presque sans l'ombre d'une culpabilité ; Au fil du récit l'auteur nous permet d'explorer les tenants et les aboutissants d'un fait divers qui nous touche de prés puisqu'il nous renvoie a cette idée simple de transfert largement possible avec le protagoniste principal .
    La fin est tout simplement "délicieuse" !!

  • 0.25

    L'histoire se déroule dans un village du Finistère nord dans les années 1990. À cause d'une arnaque immobilière, Martial Kermeur (ancien ouvrier de l'arsenal de Brest) a tout perdu : son épouse, la garde de son fils Erwan, un vieil ami, sa prime de licenciement... Durant une partie de pêche en mer il décide donc de jeter à l'eau Antoine Lazenec, un promoteur immobilier. Ce dernier se noie. Martial est alors arrêté par la police.
    Kermeur, bouleversé, livre au juge qui l'auditionne une analyse fine des circonstances et des éventements qui l'ont poussé à ce passage à l'acte. Kermeur considère l'homme de loi comme une sorte de "confident", de psychologue ce qui lui permet de se mettre en confiance et de faire ainsi toute la lumière sur cette histoire.

    Dans ce récit, le lecteur s'identifie très vite au juge, personnage relativement effacé qui écoute avec une grande attention la déposition du prévenu. Ses propos et ses rares réactions nous sont fournis par Kermeur. Le lecteur endosse alors le rôle de juge et tente de se faire son intime conviction comme le recommande l’article 353 du code pénal.

    LIEN Internet article 353 (site de Legifrance.gouv.fr) :
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.doidArticle=LEGIARTI000024461707&cidTexte=LEGITEXT000006071154

    Ce livre est une réussite.

    Un face à face captivant où l'intime conviction joue un rôle capital.

  • 0.2

    . Un passionnant huis clos entre un jeune juge et l’assassin d’un promoteur immobilier véreux.
    Ou plutôt, le long monologue d’un homme pris au piège par un autre, face à un juge bienveillant.
    C’est fort bien mené. Martial, abusé comme bien d’autres par un homme sans scrupule, lance ses phrases comme un naufragé. Certes, il a bien poussé à l’eau celui qui est la cause de tous ses maux, mais quel chemin pour en arriver là ! Et il sait bien expliquer le lent processus qui l’a mené à cette extrémité.
    C’est une excellente analyse psychologique d’un homme poussé à bout et d’un autre sans aucun scrupule.
    Et fort heureusement, le juge qui a bien compris l’affaire, use de l’article 353 du code pénal.
    Une lecture sans temps mort, avec une tension qui monte au fil des pages.

  • 0.25

    Les premières pages donnent sans délai le problème à résoudre : au cours d’une sortie de pêche au homard, à 9 km au large du port de Brest si cher à l’auteur, Martial Kermeur pousse Antoine Lazenec, le propriétaire du bateau, à l’eau et l’abandonne. Tranquillement, il ramène le bateau et va affronter la suite des événements tout en racontant ce qui s’est passé au cours des années précédentes.

    La suite du livre se passe dans le bureau d’un juge âgé de 30 ans, comme Erwan, le fils de Martial qui est incarcéré mais il faudra attendre pour savoir pourquoi. Tanguy Viel fait parler Martial Kermeur qui reconnaît d’emblée : « Je me sentais à ma place »… ajoutant un peu plus loin qu’il s’agit d’ « une vulgaire affaire d’escroquerie. »
    Ainsi, avec une franchise toujours désarmante, il nous apprend qu’il était régisseur du château, chargé de l’entretien d’un parc de 2 ha, ce travail et le logement lui ayant été confiés par son ami, Le Goff, maire de la ville dont Kermeur a été conseiller municipal, cela avant l’arrivée d’un certain Lazenec, au volant de sa Porsche…
    Au fil de ses confidences, ce dernier fait preuve d’une sincérité désarmante, révélant toutes les turpitudes cachées dans une ville sous le charme d’un promoteur sans aucun scrupule. Le récit du dévoilement du projet avec la fameuse maquette présentant la rade de Brest comme une station balnéaire en devenir, est un des temps forts de ce livre qui en compte beaucoup.
    « Lui, Antoine Lazenec, il a fait comme un pionnier qui débarque sur une nouvelle terre. Nous, en Indiens effarés et naïfs, on a hésité sûrement entre une flèche empoisonnée ou l’accueillir à bras ouverts, mais il semblerait bien qu’on ait choisi la deuxième solution. » Tout le drame noué dans ce livre tient dans ces deux phrases mais encore fallait-il conduire le lecteur au bout du récit de façon originale, surprenante et formidablement émouvante. C’est ce qu’a réussi Tanguy Viel dans Article 353 du code pénal.
    Au fil de ce qu’il confie au juge, Martial Kermeur qui porte le même nom de famille que le héros de Paris-Brest, roman de Tanguy Viel paru en 2009, révèle un peu plus tout ce qui a pu amener un homme simple à brader ses 400 000 Francs d’indemnités de licenciement de l’arsenal, et même un peu plus, dans un projet immobilier hypothétique au lieu de s’acheter le bateau de pêche de 9 m, ce fameux Merry Fisher dont il rêve depuis toujours.
    Il détaille ces six années de patience, ces six années durant lesquelles il a eu honte de dire que lui, « un socialiste de 1981 », avait investi son fric dans un projet immobilier. Il raconte aussi cette scène de la grande roue, allégorie palpitante du cauchemar de sa vie. Hélas, dans ce dernier cas, il n’y a pas de marche arrière.

  • 0.2

    Un roman très court. Un personnage accusé, dans le bureau d'un juge. Il raconte son histoire à sa façon. Livre prenant.On attend du début à la fin ce qu'est l'article 353. On le découvre à la fin avec surprise. Je ne vais pas vous dire de quoi il parle. Vous le saurez en lisant ce bel ouvrage

  • 0.15

    Un court roman-récit qui en peu de pages nous conduit dans le bureau d’un juge. Martial Kermeur, le narrateur, va nous raconter et parler au juge à sa façon. Dès le début on sait pourquoi il est dans ce bureau mais au fils de son récit, on va découvrir sa vie. Le juge va l’écouter et essayer de comprendre et de juger. Tout acte peut se justifier mais la justice doit intervenir avant les passages à l’acte. Un sentiment difficile face à ce récit car on peut prendre le geste du narrateur. Un livre qui nous parle aussi de l’air du temps et des difficultés sociales, économiques que nous subissons. Ce livre est un hommage à l’écoute et il ne doit pas être facile de juger et de décider du destin d’un homme, face à des actes ou à des aveux. Ce livre interroge, interpelle et ne laisse pas indifférent. Un texte dont les images et les réflexions restent en mémoire dès que l’on tournait la dernière page.

  • 0.2

    Qui croit encore que la justice règle tous les problèmes de façon impartiale ? Pas moi, en tout cas. Jusqu’à ce que je lise ce roman qui, au départ, ne me tentait pas plus que ça, rapport au code pénal.

    Et puis il a croisé ma route, alors je me suis lancée dans sa lecture. Une lecture exigeante, car le personnage parle : les phrases sont longues, la chronologie aléatoire. Au lecteur de faire des ponts, rapprocher les événements et découvrir un personnage principal à qui la vie n’a pas fait de cadeau.

    Pourtant, jamais il ne désespère. On suit ses réflexions, c’est un homme qui ne parle pas beaucoup mais observe et déduit. Et agit, finalement.

    J’ai tout de même un doute sur la fin du roman par rapport à ce fameux article : oui, il invoque le doute raisonnable, mais pour les juges et jurés de court d’assise, pas avec le juge d’instruction, je me trompe ?

    Un auteur que j’apprécie toujours autant.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du fils du personnage principal défaisant tous les amarres des bateaux de plaisance de la rade.

    http://alexmotamots.fr/article-353-du-code-penal-tanguy-viel/

  • 0.25

    Un livre qui touche à la question fondamentale de la justice naturelle qui ne tombera peut-être jamais ou l'injustice qui ne sera jamais réparée.
    Un livre au langage foisonnant avec une note politique dans le fond et l'humour en bonus, que je ne voudrais pas analyser plus, car rien ne vaudrait sa découverte par vous-même.
    Un village du Finistère nord, les années 90.
    Suite à une arnaque immobilière, Martial Kermeur jette à l'eau Antoine Lazenec durant une partie de pêche. Lazenec se noie, Kermeur est arrêté.
    Face au juge il déroule tout le film de sa vie qui l'a mené là. Son licenciement de l'arsenal, le départ de sa femme et l'apparition de Lazenec, "amené par la providence".......et comment il s'est fait " avoir en beauté ".
    Des expressions et métaphores improvisées sur le moment, langage d'un homme simple, tout sauf un intellectuel, (....au fond, plus vous faites une chose absurde et plus vous avez de marge de manoeuvre, parce que l'autre en face, l'autre, tant qu'il n'a pas mis ça dans sa machine à calculer à lui, tant qu'il n'a pas fabriqué une petite machine à lui pour domestiquer l'absurdité, il est paralysé"), face à un juge qui, lui emploie la langue officielle, celle du code pénal.
    Ce face à face,où Kermeur voit le juge en psychologue, va l'aider à " tout déterrer jusqu'à la poussière des os" et à faire de la lumière sur le cours des choses
    L'histoire Martial Kermeur, ancien ouvrier de l'arsenal de Brest a tué Antoine Lazenec, à bout, suite à une monstrueuse escroquerie immobilière, il a tout perdu.
    Il a été victime de manipulation, englué dans l'adversité, vécu l'impuissance face à la culpabilité de son silence, la douleur faite aux siens : il a fini par prendre conscience du jeu de dupe dans lequel il est tombé et qu'il se refusait de s'avouer.
    Etrangement, son fils Erwan, observe, absorbe comme une véritable éponge, tous les déboires de son père…
    Alors Kermeur après avoir réglé son compte à Lazenec,
    Il doit rendre des comptes à la justice. Il est déféré devant un juge d'instruction. Il a rendez-vous avec sa vie.
    Dans un face à face inédit rendu par la narration, une atmosphère feutrée d'un bureau de palais de justice du Finistère, l'accusé se rassemble dans une confession profondément émouvante, nous livre un plaidoyer qui fait mouche, donnant l'impression qu'il a revêtu une robe d'avocat, pèse le pour et le contre avec sa conscience, fait état des dommages collatéraux, explique comment il en est arrivé là….
    Et le juge silencieux, écoute, engrange, se raidit. Pour séparer l'ivraie du bon grain, il prend la parole à des moments stratégiques, le pousse dans ses retranchements pour aller aux tréfonds de Kermeur, semblables à ceux de l'océan.
    La tension est palpable à travers l'écriture, un moment de vérité, solennel entre deux hommes….
    J'ai été brassée par le talent d'orateur de Tanguy Viel, tel un homme qui plaide…

  • 0.25

    J'ai été emportée par le monologue de cet homme prêt à répondre de ses actes face à ce juge. Un discours émouvant qui relate les faits mais essaie de comprendre l'enchainement, un discours sincère et naïf d'un homme qui fait face à l'injustice d'un homme sans scrupule.
    Beau, simple ,émouvant : la détresse de cet homme qui explique avec ses mots une vie transformée par un profiteur individualiste.

  • 0.25

    Martial Kermeur est entendu par un juge. C'est à lui qu'il raconte son histoire, celle qui l'a mené jusqu'à passer par dessus bord, en pleine mer, Antoine Lazenec, promoteur véreux et escroc avéré. Après son geste, Martial rentre tranquillement chez lui, il est arrêté par la police et emmené devant ce juge. C'est alors qu'il raconte l'escroquerie de Lazenec et les conséquences d'icelle sur toute la presqu'île et sur chacun des habitants.

    Édité chez Minuit, comme les autres ouvrages de Tanguy Viel, ce livre pourrait être classé dans les romans policiers ou noirs. Quasi huis-clos entre le juge et l'assassin mis à part les retours sur l'affaire Kermeur/Lazenec. Tanguy Viel use des codes du polars en ménageant ses effets et du suspense quant au devenir de Kermeur et aux diverses actions des uns et des autres jusqu'à l'acte ultime. Et puis, surtout, le romancier en profite pour parler de la Bretagne qui lui est si chère, de cette presqu'île que Lazenec veut défigurer par un programme immobilier ravageur mais de bon rapport financier et prometteur de tourisme et donc d'argent pour les habitants. Et pourtant, malgré le temps pas toujours beau : "Je crois que c'est à ce moment-là qu'il a commencé à pleuvoir un peu, une bruine sans vent qui ne fait pas de bruit quand elle touche le sol et même enveloppe l'air d'une sorte de douceur étrange à force de pénétrer la matière et comme la faisant taire." (p.11/12), mais si joliment décrit qu'on a presque envie de se promener sous cette pluie, elle est belle sa région. Les Bretons sont taiseux, introvertis, durs au mal et sensibles, Martial Kermeur est un bon résumé de tout cela, il saura se confier au juge comme sans doute jamais il ne l'a fait auparavant à qui que ce soit. Les personnages de Tanguy Viel sont présents, profonds, c'est une des forces de ses romans, car même lorsqu'il raconte une histoire mainte fois arrivée, il est passionnant par ses descriptions des âmes et des rapports humains. Il ne décrit pas des personnes lisses et sans intérêt, non Kermeur, comme ses compatriotes est rugueux, complexe, un type lambda mais qui s'est beaucoup questionné et continue de le faire tout en se livrant.

    L'autre grande force de Tanguy Viel, qui me saisit et me ravit à chaque fois, c'est son écriture : de longues phrases très ponctuées, qui, parfois, peuvent véhiculer plusieurs idées, sans que le lecteur ne se perde. C'est un petit exercice de départ que de se mettre en bouche sa manière d'écrire et donc de le lire, mais une fois parti, tout roule et impossible de passer tel ou tel mot, d'abord pour le sens bien sûr, mais aussi et surtout pour le plaisir de lecture. Un second extrait pour justifier mon propos, Kermeur y parle de Lazenec et de sa technique pour soutirer de l'argent aux plus récalcitrants, tout y est dit en finesse et élégance :

    "Et puis quoi, vous croyez que j'aurais cédé si facilement ? Bien sûr que non. Après ça, au contraire, il a laissé le temps s'écouler ce qu'il fallait, les jours s'entasser par-dessus les phrases pour les faire s'oublier et pire encore, faire s'oublier qu'elles pourraient avoir un lien entre elles -quand j'y pense, c'est seulement aujourd'hui, devant vous, quand je rassemble mes souvenirs, c'est seulement aujourd'hui que je soulève le voile qu'il a su déposer et distendre assez pour éparpiller les morceaux dessous." (p.67/68)

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