Après la fête

Couverture du livre « Après la fête » de Lola Nicolle aux éditions Les Escales
Résumé:

Arpentant les rues du quartier de Château-Rouge, Lola Nicolle nous plonge dans le Paris d'aujourd'hui.
Après la fête raconte les ruptures qui font basculer dans l'âge adulte. Il y a d'abord celle - universelle - entre deux êtres, quand Raphaëlle et Antoine se séparent. Puis celle qui survient... Voir plus

Arpentant les rues du quartier de Château-Rouge, Lola Nicolle nous plonge dans le Paris d'aujourd'hui.
Après la fête raconte les ruptures qui font basculer dans l'âge adulte. Il y a d'abord celle - universelle - entre deux êtres, quand Raphaëlle et Antoine se séparent. Puis celle qui survient avec l'entrée dans le monde du travail, lorsque la réalité vient peu à peu éteindre les illusions et les aspirations de la jeunesse. Comment l'écart peut-il être aussi grand entre le métier que Raphaëlle a rêvé et le quotidien qu'on lui propose ? Comment se fait-il que l'origine sociale vienne alors se faire entendre avec force et puissance ? Comment faire pour que la vie, toujours, reste une fête ?
Lola Nicolle cartographie la ville, prend le pouls d'une époque, d'un âge aussi et livre un texte fort, générationnel, aux accents parfois féministes. La force de l'amitié n'est jamais loin, celle des livres non plus.

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Avis(12)

  • Il y a ceux qui font de leurs souvenirs des albums de photos qu’ils feuillèteront peut-être un jour en évoquant maladroitement des instants ou des rencontres qui auront pourtant déposé une trace indélébile dans leur mémoire et dans leur vie, et il y a ceux qui, mettant entre eux et leurs...
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    Il y a ceux qui font de leurs souvenirs des albums de photos qu’ils feuillèteront peut-être un jour en évoquant maladroitement des instants ou des rencontres qui auront pourtant déposé une trace indélébile dans leur mémoire et dans leur vie, et il y a ceux qui, mettant entre eux et leurs souvenirs un narrateur et un peu de hauteur, se lancent dans l’effarante entreprise d’en faire un roman. Il y a ceux qui, à cet exercice, suscitent un vaste questionnement sur l’intérêt d’avoir ainsi proposé une vue imprenable sur le contour de leur nombril, et puis, quelques fois, il y a celui ou celle qui, touché(e) par la grâce, va trouver les mots, va savoir les écrire et les agencer de telle sorte que sa vie deviendra un roman ou que son roman aura furieusement l’air d’être sa vie. Lola Nicolle est de ceux-là. C’est à peine si cette jeune éditrice se dissimule derrière Raphaëlle pour évoquer les années charnières où tant de choses se jouent, celles des études, premières libertés, premiers engagements, premiers appart’s, premiers vrais couples, premières contraintes, premiers boulots, premiers vrais choix.
    Que l’on ne s’y trompe pas : derrière sa silhouette adolescente et ses lunettes de première de la classe, Lola Nicolle planque discrètement, non pas une âme torturée, mais la conscience aigüe d’avoir laissé derrière elle des années fondatrices et déterminantes de sa jeune existence. Avec le détachement d’un vieux sage, elle en fait un récit aux lignes sobres et rigoureusement structurées mais dont se dégage une mélancolie pleine de poésie. Les sentiments qu’elle évoque, loin de noyer son propos, restent contenus avec beaucoup de pudeur et offrent au lecteur, luxe suprême et délectable, l’espace nécessaire pour y mêler les siens dans une communion de souvenirs.

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  • Un couple voguant entre études et premier travail
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    Lu dans le cadre des #68premièresfois
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    Ce premier roman s'articule sur la difficulté d'un couple parisien de survivre dans les méandres de la vie quotidienne. Etudes, apprentissage d'une vie commune puis les débuts dans le monde du...
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    Un couple voguant entre études et premier travail
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    Lu dans le cadre des #68premièresfois
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    Ce premier roman s'articule sur la difficulté d'un couple parisien de survivre dans les méandres de la vie quotidienne. Etudes, apprentissage d'une vie commune puis les débuts dans le monde du travail. Et ce d'autant plus complexe quand les milieux sociaux sont différents.
    *
    L'auteure a cette justesse des mots, cette façon élégante de décrire la lente dégradation du jeune couple.
    Oui après la fête, que se passe-t-il? On allume les lumières, on remballe les rêves et on entre de plein fouet dans la vie réelle.
    *
    Des références musicales sèment le récit (du rap essentiellement) ainsi que de la poésie (que j'ai trouvé parfois décalée, comme hors du temps). Saupoudré de phrases romantiques, je n'ai pas bien compris la chronologie de cette histoire. Entre les va-et-vients et les coqs à l'âne, ma lecture s'est trouvée chaotique. de plus, la génération Y n'étant pas la mienne, j'ai eu beaucoup de distance émotionnelle avec nos deux amants.
    *
    Néanmoins, je pense que ce roman mélancolique pourrait s'adapter en film car tout de même, Paris ferait un bel écrin de cette insouciance propre à l'adulescence.

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  • https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/apres-la-fete-de-lola-nicolle.html

    Paris, de nos jours. La narratrice Raphaëlle s'adresse à son ancien compagnon Antoine. Raphaëlle et Antoine se sont aimés, se sont séparés, retrouvés puis à nouveau séparés. L'entrée dans la vie active après...
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    https://leslivresdejoelle.blogspot.com/2019/08/apres-la-fete-de-lola-nicolle.html

    Paris, de nos jours. La narratrice Raphaëlle s'adresse à son ancien compagnon Antoine. Raphaëlle et Antoine se sont aimés, se sont séparés, retrouvés puis à nouveau séparés. L'entrée dans la vie active après leurs années d'études et de fêtes avec leur groupe d'amis a eu raison de leur histoire.

    Issus de mondes complètement opposés, l'écart entre eux s'est peu à peu creusé. Raphaëlle vient d'un milieu parisien bourgeois et cultivé, Antoine d'un milieu populaire de banlieue. La jeune femme pleine de confiance en elle, assurée du soutien financier de ses parents, n'a aucune difficulté à accéder au monde du travail. Impatiente, pleine d'énergie, d'envies et de projets elle va connaître les désillusions de l'entrée dans la vie active. Pendant ce temps là, Antoine va jouer sa survie à chaque entretien d'embauche et vivre le chômage.

    Dès les premières lignes on ne peut qu'être frappé par la beauté de l'écriture de Lola Nicolle éminemment poétique. La narratrice s'adresse à son ancien compagnon en égrenant leurs souvenirs dans un désordre parfois déstabilisant. Elle explore ce moment de passage dans le monde des adultes, des responsabilités, ce pont entre deux rives et les difficultés des jeunes à rentrer dans la "Vie de l'après". Comment faire pour que la vie, toujours, reste une fête? Un roman délicat qui parle de la force de l'amitié mais aussi de ruptures amicales, amoureuses et sociales en dégageant une douce mélancolie. Un roman que j'ai plus apprécié pour sa magnifique écriture que pour cette histoire générationnelle qui m'a tenue un peu à distance.

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  • "Fini la fête, reste la vie.
    La vie est bête. Tant pis." - Francis Blanche, "Mon oursin et moi"

    "Nous semblions nous trouver chacun à un carrefour un peu flottant de nos vies ; il donnait sur des routes embrumées. Alors, nous avions décidé, par un accord tacite, de nous autoriser un temps...
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    "Fini la fête, reste la vie.
    La vie est bête. Tant pis." - Francis Blanche, "Mon oursin et moi"

    "Nous semblions nous trouver chacun à un carrefour un peu flottant de nos vies ; il donnait sur des routes embrumées. Alors, nous avions décidé, par un accord tacite, de nous autoriser un temps pour nous y perdre ensemble."

    "Après la fête", le premier roman de Lola Nicolle est celui du désenchantement et de la rupture immanente, lisible dans le titre même.
    Il y eut un avant ; il y aura un après.
    Lola Nicolle convoque de manière récurrente l’image d’un pont pour concrétiser cette traversée entre ce qui était et ce qui sera, entre l’adolescence et l’âge adulte,

    "Nous poursuivions nos études comme on construirait un pont qui jamais n’atteindrait l’autre rive, dans un geste à la fois magnifique et désespéré."

    entre les études universitaires et le monde du travail,

    "Nous n’allions pas tarder à emprunter le pont pour traverser, nous retrouver dans un monde d’adultes, plein de responsabilités et - nous l’espérions - de grands projets. Nous en attendions tant."

    Une traversée qui effraie et repousse autant qu’elle séduit et attire.
    Qu’y a-t-il au-delà de la ligne d’ombre ?
    Quelles sont ces choses qu’on trimbale partout avec nous, vestiges d'un passé qui pourtant nous ancrent dans le présent et nous lestent pour le futur ?

    "La vie ressemble à une feuille de papier. Parfois pour avoir moins mal, on voudrait en effacer les plis. Les souvenirs comme des origamis. Puis, on voudrait retrouver une surface vierge, prête à prendre une nouvelle forme. On a beau tenter de l’aplanir, il reste toujours les marques des pliures anciennes. Heureusement."

    Le sol est instable, les routes, enténébrées. Et les attentats de novembre 2015 en s’invitant sur la toile de fond ne font que rendre la brume plus opaque, la précarité plus versatile.

    "Après la fête" est un roman d’à peine 155 pages dont la brièveté happe l’essence d’un moment, celui où toute une génération bascule ; cette génération Y bercée de discours au mieux décourageants, au pire alarmistes qui ont passablement plombé son élan.

    "Car si l’avenir lointain ne semblait rien vouloir promettre, le refuge du passé nous accueillait les bras ouverts, nous rappelant à lui comme pour nous consoler d’une angoisse qui pesait discrètement sur notre conscience. Et si tout s’effondrait ?"

    Une génération désabusée d’avoir vu ses rêves abolis après l’euphorie des grandes espérances. Une génération qui, entre accablement et colère, finit par lâcher : "Tout ça pour ça ?"

    "Après la fête" aurait pu être un roman amer, il n’en est rien. C’est un récit d’apprentissage et de nostalgie ; se retourner sur les temps passés, avec tout ce que cela présage de franche rigolade, mais aussi de poisseuse déprime.

    "Après la fête" parle à chacun de nous, quel que soit notre âge.

    Issue d’un milieu bourgeois, Raphaëlle est étudiante en lettres. Elle vit avec Antoine, étudiant comme elle et qui revendique, lui, une culture de cité, cette cité qui montre du doigt.
    Que peuvent bien avoir en commun ces deux-là ? Leurs études, bien sûr, quelques amis devenus cette famille élue, des projets d’avenir, la quête d’un absolu qui va achopper sur la réalité. Raphaëlle et Antoine vont découvrir que "La vie n'est ni un spectacle ni une fête ; c'est une situation difficile." - George Santayana.

    Lui, enfant de la cité, élève sérieux, amoureux des livres, a dû pousser seul, un peu comme ces herbes qu’on dit mauvaises ; elle ne connaît rien des problèmes d’argent et les livres prescrits trônent depuis toujours sur les rayonnages de la bibliothèque familiale. Paradoxalement, c’est Antoine que l’on pensait le mieux armé qui va se révéler le moins apte à faire le grand saut. Il faut dire que lui n'a aucun filet de sécurité, alors...

    Le bonheur des premiers jours de la vie en couple va s’effilocher, irrémédiablement. L’indifférence, la déception vont y faire leur lit en même temps que l’incompréhension, imperceptiblement. Leur histoire d’amour s’étiole le jour où Raphaëlle, diplôme en poche, trouve un emploi dans le domaine qu’elle s’est choisi, alors qu’Antoine, en procrastinant la soutenance de son mémoire, prend "le parti de l’enfance" et reste seul sur la rive.

    "En arrivant sur la rive, tu m'avais murmuré : cette femme qui serait ma vie, je croyais que c'était toi. Mais j'étais seulement la femme de la mienne. Et nous en étions restés là, chacun pour soi."

    Les Rita Mitsouko chantaient "Les histoires d’amour finissent mal en général" et celle-ci ne fait pas exception. Leur flamme vacille jusqu’à s’éteindre sans qu'un vent aigre ne vienne la souffler.

    Lola Nicolle relate ce différend irréconciliable entre ce que l’on ébauche à deux et ce que l’on finit par devoir accomplir en solitaire, parle de ce moment (é)mouvant de l’entre-deux, dans une langue musicale qui parfois fait sa coquette et que certains trouveront un peu trop apprêtée. Les métaphores filées leur sembleront artificielles, alors qu’elles servent le propos, tel ce pont, passerelle vers tous les possibles pour les uns, obstacle indépassable pour les autres.

    J’entends déjà ceux qui disent que "Après la fête" remâche un thème qui a nourri de nombreux romans avant lui. Oui, et ce n’est pas là qu’il faut chercher son originalité qui est de révéler une écriture mâtinée d’élan nostalgique et de poésie contenue, à moins que ce ne soit d’élan contenu et de poésie nostalgique – je n’ai pas voulu trancher.

    Certaines images sont venues se superposer au texte, celles des premiers films de Cédric Klapisch ("Péril jeune" ou encore la trilogie "L’Auberge espagnole", "Les poupées russes", "Casse-tête chinois") et leurs bandes-son elles aussi composées en grande partie de morceaux culte de leur époque.

    "Les fêtes n'existent que pour colorer les angoisses" (Leonor Fini), et personne ne devrait en être dupe.

    1er roman, lu pour la session automne 2019 des #68premieresdois

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  • Le parcours d’une génération exploré avec poésie et lucidité qui m’a embarquée dans un Paris enchanté où beaucoup de jeunes étudiants s’installent loin du cocon familial.

    Le récit est rythmé par l’histoire d’amour entre Antoine et Raphaëlle, première rencontre, approche, passion puis...
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    Le parcours d’une génération exploré avec poésie et lucidité qui m’a embarquée dans un Paris enchanté où beaucoup de jeunes étudiants s’installent loin du cocon familial.

    Le récit est rythmé par l’histoire d’amour entre Antoine et Raphaëlle, première rencontre, approche, passion puis désillusions sur fond d’inégalité des chances, chemins qui se séparent inexorablement.

    Lola Nicolle embarque vers une vie étudiante, faite de rencontres, d’amitiés, ponctuée de fêtes et d’insouciance, où pointe l’impatience (teintée d’angoisse) d’entrer enfin dans la vie active.

    Viennent ensuite les galères pour le premier travail ; constat doux-amer de ceux qui trouvent de suite alors que la survie de certains ne dépend pas que de l’emploi. L’analyse est pertinente, entrée dans la vie active où, en dépit de diplômes identiques, le milieu social d’origine influe sur la carrière à venir (comme il ne ménage pas non plus l’histoire d’amour).

    Puis arrivent les déceptions une fois le premier job décroché et la confrontation au monde du travail, les désillusions face aux amitiés qui se délitent.

    A la fois sociologique et poétique, mélancolique sans être désabusé, j’ai beaucoup aimé ce texte qui m’a replongée avec douceur bien des années en arrière ; souvenirs des années facs, emprunts de nostalgie.

    Une agréable balade de sensations, de couleurs, ponctuée de musique et de douceur.

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  • Après ma lecture de ce roman, j’ai vraiment trouvé que le titre, « Après la fête », allait à merveille à ce livre. La fête, ce moment où l’insouciance est à son maximum, où on pense qu’à s’amuser, où les soucis sont à la porte de la fête, où la légèreté est de mise. Cette fête que les étudiants...
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    Après ma lecture de ce roman, j’ai vraiment trouvé que le titre, « Après la fête », allait à merveille à ce livre. La fête, ce moment où l’insouciance est à son maximum, où on pense qu’à s’amuser, où les soucis sont à la porte de la fête, où la légèreté est de mise. Cette fête que les étudiants connaissent bien. Et après la fête, ce moment où la désillusion apparaît, où il faut affronter le monde des adultes, où le quotidien devient plus difficile, où il faut trouver un emploi. L’auteure, Lola Nicolle, évoque ceci avec ses mots, sa poésie, sa lenteur (d’ailleurs, à des moments, c’était un peu trop lent pour moi…). L’auteur raconte la vie étudiante puis l’entrée dans la vie active. Elle parle des différences notamment de classes sociales. Elle évoque l’amitié, l’amour, les doutes, les certitudes, les questionnements. « Après la fête », c’est l’histoire de Raphaëlle, génération Y comme on les appelle. Raphaëlle, une étudiante aisée tombée amoureuse d’Antoine qui habite dans la banlieue. C’est leur histoire. C’est leur amour. C’est leurs forces et faiblesses. C’est leur découverte d’un autre monde, celui du travail et de la vie à deux. C’est leurs différences qu’ils pensaient pouvoir faire fi. « Après la fête » est un roman actuel, un roman où beaucoup peuvent s’y retrouver, un roman où l’amour s’y est invité avec désir, un roman où la musique y a toute sa place. Un bémol tout de même: j’ai été perdue à certains moments niveau chronologie dans l’histoire d’amour de Raphaëlle et Antoine, à ne pas savoir de quelle période de leur histoire il s’agissait, dommage.

    « Après la fête » est un premier roman, un roman porté par une auteure qui connaît son job!

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  • Il y des romans (et il s’agit ici d’un premier roman) dont l’écriture vous transporte et ce fut le cas pour Après la fête de Lola Nicole.

    Peut-être parce que je suis parisienne de naissance, peut-être parce que j’ai parcouru et retrouvé les rues, quartiers et ambiances de la capitale,...
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    Il y des romans (et il s’agit ici d’un premier roman) dont l’écriture vous transporte et ce fut le cas pour Après la fête de Lola Nicole.

    Peut-être parce que je suis parisienne de naissance, peut-être parce que j’ai parcouru et retrouvé les rues, quartiers et ambiances de la capitale, peut-être parce que, même s’il est très marqué par la génération actuelle des trentenaires, ceux dont les études parfois longues ne débouchent pas forcément sur un emploi, par la course à l’indépendance mais sans les moyens pour y faire face, par le désir de réussite, par les clivages sociétaux je m’y suis reconnue, oui peut-être pour toutes ces raisons j’ai aimé ce roman.

    Mais le premier argument c’est la découverte d’une écriture, fine, belle, douce et poétique avec laquelle Lola Nicolle nous raconte la fin d’une histoire mais aussi la fin des illusions. C’est un état des lieux ; après l’amour, les études, les fêtes, les espoirs vient le temps du regard en arrière, le temps du bilan. Raphaëlle, issue de la petite bourgeoisie parisienne, s’adresse à celui qu’elle vient de quitter, Antoine, pour la deuxième fois. Elle se plonge dans ses souvenirs, lui confie sa vision de leur histoire commune et nous invite à entrer dans la confidence.

    Du temps de leur amour ils ne voyaient pas les barrières qui risquaient de les séparer, de les différencier : lui vient de l’autre côté du périphérique et n’a qu’un seul but : franchir tous les obstacles qui le mèneront à la reconnaissance de son travail et devenir Parisien, comme un graal à atteindre, lui qui ne peut compter que sur lui. Elle, elle est dans une suite logique de réussites, un parcours idéal sans obstacles et même s’ils surgissent elle a sa famille, sa roue de secours. Pour elle la vie est une fête pour lui la vie est un combat…

    Une banale histoire d’amour qui finit mal comme beaucoup d’histoire d’amour allez-vous me dire ? Oui et non car il s’agit ici d’évoquer d’abord Paris, ville de tous les espoirs, Paris et ses codes, ses quartiers, la vie que l’on y mène quand on est jeune, que l’on croit en l’avenir, que tout vous est permis parce que vous n’avez pas encore été confronté à la réalité.

    "Mais j’avais la pensée verte. le temps n’a de cesse de polir les idéaux, de les dissoudre placidement dans son cours, de couper discrètement l’herbe sous le pied de la jeunesse. Et la réalité de reprendre sa marche. (p110)"

    C’est ce qui va arriver à Antoine, une fois le diplôme en poche, pour lui rien n’est simple alors que pour Raphaëlle toutes les portes s’ouvrent sans difficulté, parce que pour elle la vie coule comme un long fleuve tranquille jusqu’au jour où elle ne reconnaît plus l’Antoine qu’elle aime, parce que non seulement il sombre mais surtout il a face à lui l’image d’une réussite qu’il peine à atteindre.

    C’est dans l’adversité que l’on se révèle et c’est ce que montre excellemment bien Lola Nicolle dans ce court roman, après l’euphorie vient le temps du quotidien, des frustrations voire des jalousies, où ce que l’on a tant aimé devient insupportable.

    Tout en pudeur et retenue, l’auteure dissèque le couple, les gestes du quotidien, les mille et une petites choses qui font que l’on s’aime et qu’un jour on se quitte. Ni tout à fait un autre mais plus tout à fait le même. La distance s’installe : rien à se reprocher, c’est simplement les écueils du passage à l’âge des responsabilités qui vous transforment.

    "Toujours, on se dit qu’ils auraient pu durer, ces instants-là, appartenir à la majorité. Qu’ils n’éclatent plus au hasard, qu’ils soient domestiqués, prêts à être convoqués lorsque je m’ombrais et que tu trébuchais. (p130)"

    Une prose poétique qui surfe sur les textes d’une bande originale des groupes NTM, IAM mais aussi Juliette Gréco ou Baudelaire. Un petit bémol : l’utilisation de métaphores assez nombreuses, parfois inutiles et qui alourdissent un peu la narration.

    J’ai flâné dans les rues de Paris, respirer ses odeurs, écouter ses bruits, retrouver tout ce qui fait son charme mais aussi sa rudesse car c’est une ville belle, cosmopolite mais qui peut également vous broyer.

    Oui les lendemains de fête sont parfois difficiles, viennent parfois ensuite la gueule de bois, le désenchantement, le retour aux réalités. Que faisons-nous de nos rêves, de nos espoirs, de nos bonheurs quand la vie vous impose sa loi et que l’amour fait ses valises ?

    Car si l’avenir lointain ne semblait rien vouloir promettre, le refuge du passé nous accueillait les bras ouverts, nous rappelant à lui comme pour nous consoler d’une angoisse qui pesait discrètement sur notre conscience. Et si tout s’effondrait ? (p46)

    Merci à Lola Nicolle pour avoir avec autant de finesse et de délicatesse parlé d’un amour qui n’est plus, sans violence, sans haine, simplement une flamme qui s’éteint.

    Auteure à suivre……

    "Jamais tu n’arrêtais de lire. Tu achetais les livres par cinq, dix, de poche et d’occasion, chez les revendeurs qui bordaient le boulevard. Lorsque nous croisions une librairie, c’était plus fort que toi ; tu entrais, embrassais du regard l’ensemble des rayonnages. Tu aurais aimé avoir tout lu. Tu imaginais tout ce que tu avais à rattraper, les textes merveilleux manqués. Ceux dont tu ignorais l’auteur, le titre, l’existence. (p57)"

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  • Voici le premier roman de la rentrée littéraire que j'ai décidé d'acheter. Le sujet m'intéressait vraiment. J'avais envie de découvrir comment il pouvait être mis en scène par une toute jeune auteure comme Lola Nicolle qui nous livre ici son tout premier roman. Et j'avais aussi envie de le...
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    Voici le premier roman de la rentrée littéraire que j'ai décidé d'acheter. Le sujet m'intéressait vraiment. J'avais envie de découvrir comment il pouvait être mis en scène par une toute jeune auteure comme Lola Nicolle qui nous livre ici son tout premier roman. Et j'avais aussi envie de le partager avec ma fille qui approche de ce moment de rupture entre le monde des études et celui du travail.

    Raphaëlle et Antoine se sont rencontrés à l'université. Ils se sont aimés dans cette belle bulle d'insouciance, d'enthousiasme, de légèreté et de fête. Mais lorsque arrive la fin de cette parenthèse et que le monde du travail se profile, c'est la rupture inévitable.

    Malheureusement, pour moi, c'est la déception qui l'emporte. L'écriture est très belle, très poétique, très agréable à lire. Elle traduit magnifiquement la désillusion de cette jeunesse. J'ai apprécié cette balade dans Paris au son de la musique rap chère à mes enfants. Mais j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le roman et à m'imprégner des personnages. Je trouve que le tout manque un peu de rythme.

    Peut-être n'étais-je pas à un moment propice à cette lecture. Aussi vais-je le mettre de côté pour le reprendre plus tard à un autre moment pour j'espère l'apprécier différemment.
    Lola Nicolle est une jeune auteure talentueuse à suivre.

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