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Amour propre

Couverture du livre « Amour propre » de Sylvie Le Bihan aux éditions Lattes
  • Date de parution :
  • Editeur : Lattes
  • EAN : 9782709664134
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Giulia n'a hérité de sa mère que son prénom, italien comme elle, et son amour pour Malaparte. Elle a grandi seule avec son père et avec les livres du grand écrivain. Elle est devenue mère, elle est devenue professeure d'université, spécialiste de Malaparte. Ses enfants ont grandi, ils ont encore... Voir plus

Giulia n'a hérité de sa mère que son prénom, italien comme elle, et son amour pour Malaparte. Elle a grandi seule avec son père et avec les livres du grand écrivain. Elle est devenue mère, elle est devenue professeure d'université, spécialiste de Malaparte. Ses enfants ont grandi, ils ont encore besoin d'elle,  mais c'est elle qui a besoin de vivre sans eux maintenant  : elle ne fuit pas comme sa mère a fui dès sa naissance, elle fuit pour comprendre ce qu'elle a hérité de cette absente, ce qu'elle a légué, elle, mère si présente, à  ses enfants.
Elle répond à l'invitation d'un ami universitaire et part seule à la Villa Malaparte à Capri pour écrire un livre. L'oeuvre du grand écrivain, ce qu'elle lit, découvre de l'auteur dans cette maison mythique, sa solitude, le silence de la maison où sont passés tant d'hommes et de femmes qu'elle admire, tout cela sert sa quête  : quelle mère a-t-elle été, quelle éducation a-t-elle reçu et a-t-elle donné  ? Et une question plus grave et plus essentielle  peut-être  : a-t-elle aimé ses enfants  ? Les aiment-elles tout en regrettant la vie qu'elle aurait pu avoir sans eux  ? Etait-elle faite pour être mère ou est-elle faite comme sa mère pour la liberté, l'absence de responsabilités  ?

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Articles (3)

Avis (15)

  • Voilà un livre sur lequel je ne me serais pas forcément retournée en librairie et pourtant, il m’a facilement transportée à Capri et fait voyager en Italie. On pourrait le considérer comme court vu son nombre de pages et pourtant, je l’ai trouvé complet, sans qu’il n’ait fallu que l’auteure n’en...
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    Voilà un livre sur lequel je ne me serais pas forcément retournée en librairie et pourtant, il m’a facilement transportée à Capri et fait voyager en Italie. On pourrait le considérer comme court vu son nombre de pages et pourtant, je l’ai trouvé complet, sans qu’il n’ait fallu que l’auteure n’en rajoute inutilement.

    Giulia est professeur de littérature italienne à la Sorbonne et voue une admiration sans borne pour l’auteur italien, Malaparte, seul héritage, en plus de son prénom italien comme elle. Divorcée, elle a trois enfants et pourtant, ne trouve pas sa place dans sa famille. A l’occasion d’un séjour à Capri, sur les pas de l’écrivain Malaparte, elle fait un voyage intérieur par lequel elle va s’interroger sur certaines grandes étapes de sa vie de femme.

    Je tiens à saluer le fait que l’auteure a le courage de prendre cette voie à propos de à la maternité. Ce n’est pas là un chemin facile de choisir de modeler son héroïne, que certains nommeraient facilement « mère indigne », et qui, malgré une certaine actualité, reste finalement assez tabou. J’avoue que par certains égards, j’ai trouvé parfois Giulia agaçante dans sa façon d’aborder sa maternité. Elle regrette d’avoir mis au monde ses trois enfants et se demande si, finalement, elle n’a pas « rater » sa vie de femme. Alors que certains pans de sa vie m’ont fait me raccrocher à la mienne, une certaine dose de son égoïsme a pu m’irriter. Je pense que c’est le genre d’héroïne à laquelle on s’attache beaucoup ou pas du tout.

    Sylvie Le Bihan m’a fait aussi découvrir cet écrivain italien qu’était Curzio Malaparte et que je ne connaissais pas du tout, en alliant à la fois des éléments de son histoire personnelle et des extraits de ses oeuvres.

    Un point précis que j’ai particulièrement aimé est ce final, tout en douceur en fin de compte et pour lequel, je ne m’attendais vraiment pas.

    Lu dans le cadre du Grand Prix des Lecteurs 2019 de l’Actu Littéraire.

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  • Un très beau roman sur les difficultés d'être mère, dans les senteurs de l'Italie et de la Bretagne. Très attachant.

    Un très beau roman sur les difficultés d'être mère, dans les senteurs de l'Italie et de la Bretagne. Très attachant.

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  • Ne connaissant guère la littérature italienne et,en particulier,Malaparte ,je me suis laissé porter par l'écriture fluide de l'auteur et sa connexion avec la nature que ce soit à Capri ou en Bretagne ,son influence sur nos sensations,notre état d'esprit.Ai lu il y a peu "Sorcière,la puissance...
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    Ne connaissant guère la littérature italienne et,en particulier,Malaparte ,je me suis laissé porter par l'écriture fluide de l'auteur et sa connexion avec la nature que ce soit à Capri ou en Bretagne ,son influence sur nos sensations,notre état d'esprit.Ai lu il y a peu "Sorcière,la puissance invaincue des femmes"de Mona Chollet,ce livre par les multiples questions que Guilia se pose y fait écho.Qu'est-ce qu'une mère ?
    "J'ai donné ma solitude,ma vie,pour me fondre dans cette idée que la maternité était le plus grand bonheur pour le plus grand nombre de femmes."
    Or,la mère de Guilia l'a abandonnée à 8 mois ,son père l'a élevée seul comme elle élève ses 3 enfants, mais en faisant de sa fille une "amazone"alors qu'elle cède à ses dépens aux caprices de ses garçons.Elle aime ses enfants, mais se pose la question des regrets:"on quitte un homme,un travail,mais un enfant,ça ne se rend pas."
    Ces questions qui obnubilent Giulia et beaucoup de femmes la torturent:"en partant(ma mère)a fait de moi une mendiante,une pouilleuse"...affamée d'amour!de liberté!
    Toutes ces questions nous invitent à nous positionner:face à nous-mêmes,face au poids contraignant de la société.Il serait intéressant d'avoir l'avis de lecteurs masculins!
    Et,je n'oublie pas Malaparte,le Mépris de Godard que ce livre donne envie de découvrir...
    Lu dans le cadre du Grand Prix des Lecteurs 2020 de l'Actu-Littéraire.

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  • " La notion de regret n'existe pas pour une mère, c'est un signe de défaite, une ignominie, un dysfonctionnement qu'il faut cacher ou régler au plus vite, car il est si facile d'être traitée de folle par les autres, femmes comprises, dès que le ressenti est différent, voire contradictoire à leur...
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    " La notion de regret n'existe pas pour une mère, c'est un signe de défaite, une ignominie, un dysfonctionnement qu'il faut cacher ou régler au plus vite, car il est si facile d'être traitée de folle par les autres, femmes comprises, dès que le ressenti est différent, voire contradictoire à leur foi en cette histoire de l'enfantement merveilleux qu'on se refile de mère en fille.
    Mais, j'ai eu des enfants et je le regrette."

    C'est un ainsi que s'exprime Giulia, la narratrice dans ce roman qui est une réflexion brillante sur la maternité, le désir ou non-désir d'être mère, sur la relation père-fille lorsque la mère est absente, tout ceci sous le prisme de l'écrivain mal-aimé Curzio Malaparte.

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  • Giulia, la narratrice, arrive à un moment de sa vie qu’elle attend avec impatience. Divorcée, elle a élevé seule ses trois enfants et lorsqu’elle pense enfin pouvoir penser à elle, les deux plus jeunes, Thomas et Antoine décident de prendre une année « sabbatique » après le bac pour réfléchir à...
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    Giulia, la narratrice, arrive à un moment de sa vie qu’elle attend avec impatience. Divorcée, elle a élevé seule ses trois enfants et lorsqu’elle pense enfin pouvoir penser à elle, les deux plus jeunes, Thomas et Antoine décident de prendre une année « sabbatique » après le bac pour réfléchir à leur orientation de vie.

    C’est la goutte qui fait déborder le vase déjà trop plein. Elle décide de partir pour Capri, seule, dans la ville qui abrite la maison de Curzio Malaparte, et se lance dans des recherches à la fois sur cet auteur qui la lie à sa mère mais aussi sur elle-même, son rôle de mère et sur sa vie.

    Dès que j’ai su quel était le thème du roman de Sylvie Le Bihan, le rôle de mère, l’amour maternel, j’ai été intéressée car ce sont des sujets qui me posent question, très peu traités et j’ai donc rencontré l’auteure lors du Printemps du livre à Montaigu début Avril.

    (…)et ma liberté était mon plus cher trésor. Je l’ai déposée, en offrande, au pied du berceau de mes enfants, j’ai donné ma solitude, ma vie, pour me fondre dans cette idée que la maternité était le plus grand bonheur pour le plus grand nombre de femmes. (p111) (…) Mais, j’ai eu des enfants et je le regrette. (p114).

    Définition d’Amour propre : Sentiment vif qu’un être a de sa dignité et de sa valeur personnelle.

    Tout est là, dans ce titre. Toute mère s’est posée un jour ou l’autre, pour des raisons diverses, la question : qui aurai-je été si je n’avais pas eu d’enfants, que suis-je devenue depuis leur naissance, qu’ai-je fait de mes rêves, est-ce cela être mère ? Le plus souvent ce questionnement se fait entre elle et sa conscience car il n’est pas bon de douter, de s’interroger, même s’il n’est pas question de remettre en cause l’amour que l’on porte à ses enfants.

    Même si ça ne se fait pas, une maman ne dit pas qu’elle voudrait un peu de temps pour elle, ne serait-ce que pour se reposer. Si une mère a le malheur de s’épancher, elle passe pour un monstre d’égoïsme, surtout quand elle est la sorcière responsable de l’éclatement d’une famille. (p65)

    Une partie du roman de Sylvie Le Bihan tient dans cette définition : quel regard porte-t-on sur le rôle de mère, celui-ci est-il choisi, imposé, a-t-on eu le choix, une femme peut-elle être ou non épanouie dans cette fonction.C’est une introspection du sentiment maternel, voulu, accepté ou normalisé et c’est un sujet bien difficile à évoquer, disséquer car il peut être mal interprété et comme me l’a dit Sylvie Le Bihan : C’est un sujet « casse-gueule »….

    Entre le regard porté par la société sur la mère et celui, plus intime, porté par la mère elle-même, il peut y avoir des variantes, plus ou moins grandes mais le problème c’est que ces variantes sont le plus souvent tues car les avouer amènerait un jugement de « mère indigne » alors qu’il n’est pas du tout question de cela.

    Giulia, que sa mère a abandonnée alors qu’elle n’avait que 8 mois, laissant à son père le soin de l’élever, n’a pas de référence, d’image maternelle. Elle s’est elle-même retrouvée mère, un peu par hasard et non par accident, simplement parce que c’était dans l’ordre des choses : mariage, enfants etc…. Mais naît-on mère, le devient-on, est-il normal d’envisager sa vie sans enfants, une vie qui peut sembler égoïste pour d’autres alors qu’il ne s’agit que d’être soi-même ?

    Sylvie Le Bihan a le courage, à travers ce roman, d’évoquer ces questions, sujet qui peut heurter, diviser, tellement dans l’esprit de tous, une femme est une mère potentielle. C’est un sujet qui m’intéresse car on tente parfois d’imaginer ce qu’aurait été sa vie si nous avions fait le choix de ne pas avoir d’enfants. S’effacer totalement dans le rôle de mère, ne plus que penser à ses enfants, surtout quand on les élève seule, espérer un jour pouvoir faire et être celle que l’on est vraiment, imaginée, rêvée entre couches, biberons, études.

    La maternité apparaît souvent comme une normalité, un devoir, une suite logique de la vie d’une femme.

    Je n’aime pas qu’on m’impose un sentiment, qu’il aille de soi, croire aveuglément qu’il vas se passer quelque chose de bien après, attendre avec angoisse la récompense, et s’il ne devait rien se passer ?Et si notre jugement instinctif était fondé ? L’obligation d’aimer les membres de sa famille m’est insupportable, cet amour érigé comme une évidence, cette croyance aveugle choque mon côté agnostique. (…) Aimer est un sentiment profondément égoïste, car ce n’est que lorsqu’on se retrouve dans l’autre, en terrain connu, en osmose avec nos valeurs, que l’on peut aimer et cela nécessite une forte dose d’intégrité, même avec ses enfants. (p57)

    Dans son récit l’auteure mêle à ce questionnement une enquête sur les pas de Cruzio Malaparte, auteur que je connais uniquement de nom, en se rendant à Capri où l’écrivain possédait sa maison rendue célèbre par le tournage du Mépris de Jean-Luc Godard.

    Giulia se sent en osmose avec cet écrivain, dans les lieux fréquentés par lui, dans sa maison . Elle rencontre Maria, la gardienne du « temple » Malaparte, une femme qui l’intrigue, l’attire, mystérieuse, à la fois distante et attentionnée.

    Curzio était un personnage énigmatique, un homme insaisissable et un solitaire résigné. Il disait lui-même que ce qui lui attirait les foudres de ses contemporains était qu’il s’efforçait continuellement d’être, et non pas de paraître un Italien comme les autres et qu’il n’y arrivait pas.

    Cette phrase me fit penser à mon combat dans mon rôle de mère, une solitude et un silence imposés… (p154)

    Même si j’ai été un peu gênée par les parties sur Malaparte parfois un peu trop présentes, le voyage dans cette île baignée de soleil, les rencontres que Giulia y fera, son regard sur sa vie et ses questionnements m’ont plu. Cet intermède solitaire, cette retraite volontaire loin des siens va lui permette de faire le point sur sa vie et sur le sens qu’elle va désormais lui donner.

    Je pense que l’auteure a une passion pour cet écrivain car on ressent sa fougue dès qu’elle l’évoque mais peut-être faut-il mieux connaître Cruzio Malaparte, pour l’apprécier. Pour ma part je me suis un peu perdue par moment entre les deux quêtes de l’héroïne.

    On se retrouve dans l’écriture de Sylvie Le Bihan, elle décrit parfaitement les sentiments pensés (mais non dits car « sujet tabou »), les petits événements entre mère et enfants mais aussi la relation qui unit Giulia à son père, un père nourricier, taiseux, pétrifié dans l’amour qu’il portait à sa femme mais présent et observateur.

    La fin, idéaliste, est à mon goût un peu « tirée » par les cheveux et n’était, pour moi, finalement pas nécessaire. Toute la partie sur le questionnement maternel est très fouillé et réaliste, parfois emprunt d’humour et a trouvé écho en moi.

    J’ai pensé à Hurler sans bruit de Valérie Van Oost lu précédemment ainsi qu’à Sorcières de Mona Chollet. Finalement même au 21ème siècle les femmes ne peuvent toujours pas évoquer certains sentiments sans être jugées alors qu’il s’agit uniquement non pas de remettre en cause la mère mais la femme qui disparaît souvent derrière cette fonction.

    Regretter ce n’est pas rejeter, c’est simplement penser au « si », c’est envisager tous ces possibles qui s’envolent avec les premiers cris du nourrisson, et ce ne sont ni Alex, ni Thomas ou Antoine que je regrette, mais toutes ces années que j’ai dédiés à un dessein qui m’était étranger, à cet oubli de soi. (p115)

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  • Un roman à la plume acerbe et acérée. Aussi tourmenté que son sujet il nous déchire et nous émeut. Une réflexion poussée sur la filiation et la parentalité. Ce poids sociétal, lourd tribu qui pousse à des choix de vies parfois écrasant.
    L’incompréhensible douleur de l’abandon maternelle pour...
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    Un roman à la plume acerbe et acérée. Aussi tourmenté que son sujet il nous déchire et nous émeut. Une réflexion poussée sur la filiation et la parentalité. Ce poids sociétal, lourd tribu qui pousse à des choix de vies parfois écrasant.
    L’incompréhensible douleur de l’abandon maternelle pour la petite fille et le regard compréhensif de la mère qui malgré tout l’amour, est en constante contradiction avec ces envies, ces besoins et ces obligations.
    Court mais dense, il se savoure et se digère. Il évoque cette opposition permanente entre les désirs de femme et les devoirs de mère, ce conflit qu’a si bien décrit Elisabeth Badinter. Il évoque aussi la possibilité de ne pas choisir de le devenir et ce que cela implique. Avec souvent, un camp qui parle l’autre qui se tait. Cette question essentielle qui aujourd’hui peut se poser même si elle reste marginale. Parce qu’être mère est encore vu comme un accomplissement alors que la femme devenue aurait pu être tout autre, aurait peut-être voulu être tout autre.
    Un véritable plaidoyer à la liberté et à l’amour.

    Proposition autour de cette lecture :
    Une Emission : Sur Arte Radio, « Un podcast à soi, épisode du 3 avril 2019 : L’horloge biologique, on t’a pas sonnée, un enfant si je veux, quand je veux ? »
    Une lecture : « Le conflit : la femme et la mère » d’Elisabeth Badinter
    Une chanson : Petit pays de Césaria Evoria.

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  • Amour propre, une lecture mettant en lumière une femme qui marche avec des ombres, l’ombre de sa mère qui a quitté le foyer familial peu après sa naissance et l’ombre d’un écrivain italien, seule jonction énigmatique avec sa génitrice : Curzio Malaparte, de son vrai nom Kurt Erich Suckert. La...
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    Amour propre, une lecture mettant en lumière une femme qui marche avec des ombres, l’ombre de sa mère qui a quitté le foyer familial peu après sa naissance et l’ombre d’un écrivain italien, seule jonction énigmatique avec sa génitrice : Curzio Malaparte, de son vrai nom Kurt Erich Suckert. La villa à Capri de l’auteur de « La peau » rendue célèbre par le film « Le Mépris » de Jean-Luc Godard » va être le lieu d’une fuite mais aussi peut-être l’espoir d’une renaissance.

    Giulia est maman, trois enfants sont nés d’une union assez éphémère avec son compagnon. Elle ne voulait pas d’enfants mais le destin en a décidé autrement, notamment face à la crainte de ne pas être considérée comme une femme, une vraie femme qui donne la vie. Sa fille et ses deux fils ont grandi et vont pouvoir bientôt s’émanciper et Giulia attend ce moment avec impatience afin de pouvoir vivre enfin pleinement, sans se sacrifier davantage. Elle aime ses enfants mais parfois elle doute, regrette mais n’ose l’avouer étant donné le politiquement correct de rigueur.
    Elle décide néanmoins, grâce à un contact tombé du ciel, de partir pour Capri afin d’écrire son livre sur Malaparte et peut-être de tenter de comprendre pourquoi sa mère semblait si attachée à cet écrivain, tout ce qui lui reste d’elle est un de ses livres…

    Sur place elle devra affronter l’austérité des deux gardiens du temple mais rencontrera Maria, celle qui a connu Curzio, qui a mis à sa disposition la villa et qui peut l’aider dans ses recherches, et, un chat qui ne doit pas être négligé dans l’histoire. Dans le bestiaire, bien se rappeler du fidèle compagnon de Malaparte Febo, nom que Giulia donnera à son propre chien.

    Aux sons d’accents « malapartiens » et des effluves méditerranéennes, Sylvie Le Bihan signe un roman époustouflant, tant par la beauté de l’écriture, les descriptions dignes d’un orfèvre livresque, les diverses réflexions sur la féminité et la maternité. Sans aucune langue de bois (dixit un écureuil arboricole) elle suit la trace de Curzio Malaparte qui n’hésitait pas à déclamer toute la franchise du cœur. Aucune leçon, juste un point de vue méritoire sur la sempiternelle normalité des êtres qui se doit d’être suivie pour ne pas être propulsé dans les enfers de l’indignation. Pourtant, qui peut se permettre de juger ? Qui peut se permettre de condamner une parole, une attitude ? Comment peut-on émettre une opinion quand l’intimité n’appartient qu’à la personne elle-même ?
    Sans omettre ensuite la difficulté d’être des parents, mère ou père, dans le XXI° siècle des réseaux sociaux où tout tourbillonne plus vite que les minutes, où le moindre petit écart devient une tragédie, où la parole de l’écran masque voire anéantit celle de ceux qui nous entourent.


    Un roman de 2019 que j’oserai pourtant qualifier d’antique dans toute la noblesse du terme, parce que le parcours de Giulia est une odyssée de l’âme. Ulysse revêt des habits féminins pour affronter les secousses de la vie, les méandres d’une société parfois démoniaque ; Capri devient Ithaque et un retour (que l’on devine progressivement au fil des pages) achève une tapisserie délicatement brodée sur les errances des corps, des envies, des tentations, des abandons et de l’amour.
    Avec en prime, le miroir d’une personnalité de l’une des plus importantes figures littéraires italiennes, trop souvent caricaturée parce que le paradoxe reste souvent incompris.

    Livre lu dans le cadre du Prix Orange du Livre

    https://squirelito.blogspot.com/2019/04/une-noisette-un-livre-amour-propre.html

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  • La sincérité de cette femme me touche vraiment, mère de trois enfants, elle se pose la question de savoir si elle les aime vraiment, ne les ayant qu’à moitié désiré. Grande réflexion sur l’amour maternel que toute femme d’après la société a naturellement. On se retrouve plus ou moins dans...
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    La sincérité de cette femme me touche vraiment, mère de trois enfants, elle se pose la question de savoir si elle les aime vraiment, ne les ayant qu’à moitié désiré. Grande réflexion sur l’amour maternel que toute femme d’après la société a naturellement. On se retrouve plus ou moins dans certaines lignes .Nous découvrons aussi sa vie professionnelle, professeur d’italien à l’université elle nous permet de voyager jusqu’à Capri à la découverte de Curzio Malaparte.
    Un livre très accessible agréable à lire et à lire sans à priori ni jugement.

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