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Africville

Couverture du livre « Africville » de Jeffrey Colvin aux éditions Harpercollins
Résumé:

Années 1930. Kath Ella refuse de suivre son destin tout tracé de fille decouleur et quitte Africville, un quartier fondé par d'anciens esclaves enNouvelle-Écosse, au Canada. Après une histoire d'amour marquée par ledeuil, elle donnera naissance à un fils, Omar, qui sera rebaptisé Étienne.Années... Voir plus

Années 1930. Kath Ella refuse de suivre son destin tout tracé de fille decouleur et quitte Africville, un quartier fondé par d'anciens esclaves enNouvelle-Écosse, au Canada. Après une histoire d'amour marquée par ledeuil, elle donnera naissance à un fils, Omar, qui sera rebaptisé Étienne.Années 1960. Étienne, dont la pâleur lui permet de passer pour un Blanc,vit en Alabama. Il est déchiré entre ses racines noires et la peur de perdre lavie qu'il est en train de construire.Années 1980. À la mort de son père, Warner se lance dans une quête deses origines, qui le mènera dans ce qui reste d'Africville mais aussi dans uneprison d'État au fin fond du Mississippi.Trois destins, trois personnages aux prises avec la réalité sociale de leurépoque et les aléas de la vie. Pas de pathos ni de velléité moralisatrice. Les héros de ce roman sont des êtres vrais, de chair et de sang. En toile de fond,Africville, à la fois aimant et repoussoir, dont l'empreinte se transmet degénération en génération.

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Avis (10)

  • Explorateurs de la rentrée 2020

    Africville est le premier roman de Jeffrey Colvin. Avec bonheur, simplicité même dans la complexité, cet auteur originaire de l’Alabama nous entraîne dans une vaste quête d’identités.
    Il y a d’abord celle de Kath, jeune fille qui, en 1930, refuse le destin...
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    Explorateurs de la rentrée 2020

    Africville est le premier roman de Jeffrey Colvin. Avec bonheur, simplicité même dans la complexité, cet auteur originaire de l’Alabama nous entraîne dans une vaste quête d’identités.
    Il y a d’abord celle de Kath, jeune fille qui, en 1930, refuse le destin tout tracé des gamines d’Africville et qui a l’ambition, sans renier ses origines, de quitter ce quartier construit par d’anciens esclaves pour rentrer à l’université et devenir enseignante. Le récit épouse l’époque et la Nouvelle-Ecosse au Canada. La vie de Kath et de son fils Omar s’apparente à un combat quotidien pour l’affirmation de soi sur fond de négritude.
    Dans les années soixante, la question de l’identité entre en collision avec un Omar qui a été adopté et rebaptisé Etienne. Bien que d’origine noire, sa peau claire et son mariage avec une famille qui n’aime que le blanc le projette dans un questionnement qu’il voudrait pouvoir étouffer. Peut-on renier ses origines par confort et facilité ? Peut-on nier une part entière de son histoire, sa famille pour taire le côté noir de sa vie ? Et à son fils Warner, que doit-il dire et quand ?
    Enfin, en 1980, Warner se lance à la recherche de ses origines, de la famille de son père, sa grand-mère et même son arrière-grand-mère qui végète en prison en ne connaissant rien de cette progéniture au teint blafard. C’est la quête d’identité la plus émouvante à mes yeux, surtout par son côté intergénérationnel et une volonté de justice raciale nettement défendue.
    Davantage une réflexion sur l’évolution des quêtes d’identité qu’une saga familiale qui n’aurait pu être que pure fiction romanesque, Africville est un livre de notre temps. Il questionne, ouvre des pistes et ne juge pas. Et, c’est vrai, les thèmes de la quête d’identité, du retour aux origines et de la ségrégation dite raciale sont de plus en plus présents dans la littérature actuelle, notamment avec cette ‘blancheur de peau’ qui peut tromper, mais ils n’en restent pas pour autant des thèmes mineurs. Notre humanité a besoin de se souvenir des génocides, elle a besoin de ne pas minimiser les torts faits aux noirs par des suprématistes. Mais elle doit aussi entendre ces tensions intérieures que vivent les membres d’une communauté, les jugements, les anathèmes jetés l’un sur l’autre, les croyances qui déforment et préjugent au sein des familles et les silences qui ravagent, tuent à petit feu ou explosent à la figure lorsqu’ils sont rompus. Toute cette approche, Jeffrey Colvin la maîtrise et la distille goutte à goutte, page après page, ce qui rend son écriture addictive à souhait. Une très belle découverte.
    Merci aux éditions Harper Collins et à Lecteurs.com qui m’ont permis de découvrir ce titre dans le cadre des explorateurs 2020.

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  • De 1930 à 1980, de kath Ella à Warner, trois générations tentent de vivre leur vie.
    Refoulant ou recherchant leurs origines, ils renient ou revendiquent leur part de négritude.
    Africville ? C’était un quartier de Nouvelle-Ecosse au Canada où vivaient d’anciens esclaves, à la base...
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    De 1930 à 1980, de kath Ella à Warner, trois générations tentent de vivre leur vie.
    Refoulant ou recherchant leurs origines, ils renient ou revendiquent leur part de négritude.
    Africville ? C’était un quartier de Nouvelle-Ecosse au Canada où vivaient d’anciens esclaves, à la base jamaïcains.
    J’aime beaucoup ces livres où je découvre une histoire vraie où se mêle une fiction captivante.
    Il y a trois récits.
    Celui de Kath Ella qui m’a vraiment plu. Son parcours est courageux, sa personnalité attachante.
    Celui d’Etienne, son fils, que j’ai trouvé un peu moins chaleureux.
    Celui de Warner, son petit-fils, qui est attendrissant et touchant dans sa quête familiale.
    Et une multitude d’autres personnages dont Zera, l’incroyable arrière grand-mère.
    Même si j’ai trouvé que c’était long à lire, ce roman est un magnifique témoignage d’une minorité peu considérée.
    Il soulève avec tact le problème des origines et des racines.
    L’auteur a fait un formidable travail de recherche et a su inventer une très belle saga.
    Le type même de livre qui reste en mémoire.

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  • Tout d’abord, un grand merci aux éditions Harper Collins et Babelio, pour m’avoir permis de découvrir ce roman américain, à l’aune d’un Colson Whitehead.

    S’agissant d’une fresque qui se déroule sur plusieurs générations d’une communauté noire ; il serait inopportun d’en spoiler les...
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    Tout d’abord, un grand merci aux éditions Harper Collins et Babelio, pour m’avoir permis de découvrir ce roman américain, à l’aune d’un Colson Whitehead.

    S’agissant d’une fresque qui se déroule sur plusieurs générations d’une communauté noire ; il serait inopportun d’en spoiler les différentes péripéties. Cependant quelques éléments s’avèrent nécessaires : Africville fut créée par d’anciens esclavages, puis quelques décennies plus tard en 1918, le début de cette saga, avec trois périodes primordiales –-1930, 1960 et 1980 -, avec pour lieu géographique : la Nouvelle-Écosse et enfin l’Alabama.

    Être noir, pendant ces périodes relèvent d’un grand stoïcisme, d’une abnégation totale devant les rebuffades, le manque de considération, de l’injustice faite à cette communauté. Un sempiternel combat pour la survie, un manque crucial du respect des codes sociaux, bref, subir ! Est-ce la destinée qui leur est octroyée ? Fermer les yeux et ne pas espérer une main tendue, une acceptation de l’altérité…

    Également abordé la volonté pour les dernières générations de se fondre dans la masse, réussir ses études afin de s’intégrer. Même si certains, bénéficiant d’une peau plus claire « font le corbeau », une façon de se faire passer pour un blanc, quitte à omettre et ignorer leur origine !

    Un style ample et limpide, qui ne permet pas, cependant, d’assimiler toutes les vicissitudes et les aléas de l’évocation de cette parentèle…Une situation qui perdure toujours dans notre société, où le fossé entre communautés ne fait que se distendre. Un constat affligeant qui semble ne pas, voire, ne jamais trouver de solutions !

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  • Apprendre que l’on est d’origine noire alors que l’on est étudiant blanc dans une université d’Alabama n’est pas une chose facile à accepter.
    Warner, à cette nouvelle, va se lancer dans une recherche de son identité qui lui permettra d’assumer sa filiation noire.
    En remontant jusqu’en 1790,...
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    Apprendre que l’on est d’origine noire alors que l’on est étudiant blanc dans une université d’Alabama n’est pas une chose facile à accepter.
    Warner, à cette nouvelle, va se lancer dans une recherche de son identité qui lui permettra d’assumer sa filiation noire.
    En remontant jusqu’en 1790, l’auteur Jeffrey COLVIN raconte, à travers l’histoire de la famille de Warner, l’arrivée à Halifax au Canada, d’une population noire venue d’Afrique, de Jamaïque et même de Virginie qui construisit un village de cabanons fait de planches et toiles.
    La fièvre des nourrissons, la misère et le racisme vont accabler cette population de déshérités de couleur dont personne ne veut.
    Et même si, dans les années 1930, une partie des habitants de ce quartier d'Halifax part en Sierra Leone pour tenter de se construire un avenir, le ghetto subsiste et finit par être baptisé Africville avant sa destruction en 1964.
    L'histoire de cette ville et de ses habitants est passionnante et la quête de l'identité noire est un sujet brûlant qui nous concerne tous.
    Il faut adhérer au style particulier de l'auteur qui met en scène de nombreux personnages, passant d'un sujet à l'autre et d'une année à l'autre dans un même paragraphe. Mais lorsque l'on s'imprègne du récit, il est aisé d'en suivre le fil.
    J'ai beaucoup appris à la lecture d'Africville et ce roman est un témoignage essentiel sur le rejet comme sur l'intégration des afros-américains qui sont, encore aujourd’hui, dans une lutte permanente pour la reconnaissance de leurs droits.
    Edifiant.

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  • J'ai découvert un auteur d'une grande finesse et sensibilité, à l'écriture directe, simple, mais puissante dans ses sous-entendus, critiques d'une société, d'une époque où il ne faisait pas bon avoir la peau noire.
    Ce roman, écrit tel une saga familiale, nous emmène sur le chemin tortueux de...
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    J'ai découvert un auteur d'une grande finesse et sensibilité, à l'écriture directe, simple, mais puissante dans ses sous-entendus, critiques d'une société, d'une époque où il ne faisait pas bon avoir la peau noire.
    Ce roman, écrit tel une saga familiale, nous emmène sur le chemin tortueux de l'acceptation de ses racines, de son passé, de sa famille dans le contexte nord américain de la ségrégation, du racisme dans l'Amérique des années 30 à 80.
    J'ai dévoré ce livre, qui reste d'une touchante et terrible actualité.
    Un texte qui remue les tripes, qui bouscule, émeut et donne à réfléchir sur un thème qui hélas n'est pas seulement une réminiscence du passé.

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  • Avis de la page 100

    Triptyque sur trois générations, j’y ai découvert une saga familiale à la fois sensible mais aussi très forte. Souvent, la communauté noire est abordée dans leur histoire au coeur des Etats-Unis. Pour une fois, ce sont les destins des membres d’une famille installée au...
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    Avis de la page 100

    Triptyque sur trois générations, j’y ai découvert une saga familiale à la fois sensible mais aussi très forte. Souvent, la communauté noire est abordée dans leur histoire au coeur des Etats-Unis. Pour une fois, ce sont les destins des membres d’une famille installée au Canada, à Halifax.

    Pour cette première partie, le récit est centré sur Kath Ella, une jeune fille qu'on rencontre en 1936. Forte de caractère, elle souhaite poursuivre ses études afin de devenir un jour professeure. Je me suis rapidement attachée à cette jeune femme qui doit souvent se « battre » à l’heure où les femmes sont généralement confinées au domicile comme femme au foyer.

    J’ai beaucoup apprécié le style d’écriture de l’auteur qui ne manque pas d’effectuer des sauts dans le temps afin de présenter les ancêtres de Kath Ella mais aussi d’autres membres de la communauté. Ce livre se lit facilement, malgré un contenu poignant. Jeffrey Colvin offre un très beau livre selon moi.


    Avis final

    « Africville » est une saga familiale qui se déroule sur près de 60 ans, où Jeffrey Colvin, l’auteur plonge ses lecteurs dans cette succession de trois générations, partageant les joies mais aussi les nombreuses peines connues par cette famille. A chacune des époques, il est difficile ne pas éprouver des sentiments envers ces personnage, si réels de par leurs failles.

    Rien que le titre de ce livre est intriguant et je me suis longtemps demandé à quoi il faisait référence. Je ne vous en livrerai pas ses secrets mais c’est tout un pan de l’Histoire canadienne et plus particulièrement de la ville d’Halifax en Nouvelle Ecosse qui m’a été contée. J’ai beaucoup apprécié d'apprendre ainsi plein de choses sur une ville que je ne connaissais finalement que de nom.

    Ce livre m’a donné envie de m’y intéresser, d’effectuer des recherches. En effet, je souhaitais savoir quelle était la part de réalité de cette fiction et vu le résultat final, les 20 ans de recherches effectuées par l’auteur représentent un travail titanesque mais ô combien louable. Les thèmes de notre place dans le monde, dans notre ethnie mais aussi de la justice sociale et pénale envers les minorités sont délicatement et adroitement traités.

    Personnage central de ce roman : la communauté noire. Jeffrey Colvin pose la question du métissage et des nombreuses difficultés rencontrées par des populations immigrées, aussi bien au Canada qu’aux Etats-Unis. Sujet très sensible et tellement actuel, il le développe de manière sensible mais sans jamais tomber dans le pathos. Ainsi, le courage de ces familles d’anciens esclaves, venant de Haïti, La Trinité ou de Jamaïque pour trouver du travail et offrir une vie décente à leurs proches n’est pas oublié.

    Si je devais finalement trouver un petit bémol à cette lecture qui sera l’un de mes coups de coeur de la rentrée littéraire 2020, serait la multiplication des personnages, dont certains secondaires mais qui - plus tard - reviennent au détour d’un paragraphe. Un arbre généalogique aurait peut-être été un plus, mais rien n’empêche le lecteur de s’en confectionner, lui-même un, sous forme de pense-bête.



    Lu dans le cadre des Explorateurs de la Rentrée littéraire 2020 du site lecteurs.com

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  • Ce roman débute en 1918, dans une ville de cabanon qui sort de terre en 1790 grâce à la volonté de noirs américain, jamaïcains et haïtiens. Cela se passe en Nouvelle Écosse, au Canada et une épidémie décime les nouveau-nés. Kath Ella réchappe à la terrible maladie tout comme Kiendra qui...
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    Ce roman débute en 1918, dans une ville de cabanon qui sort de terre en 1790 grâce à la volonté de noirs américain, jamaïcains et haïtiens. Cela se passe en Nouvelle Écosse, au Canada et une épidémie décime les nouveau-nés. Kath Ella réchappe à la terrible maladie tout comme Kiendra qui deviendra son amie.
    Devenue jeune fille, Kath Ella entre à l’université et devient la première fille noire diplômée de sa ville. Peu à peu, la jeune femme va s’émanciper et quitter Africville ainsi que le destin tout tracé des femmes de sa communauté. Elle traversera quelques péripéties en compagnie de son amie Kiendra et devra affronter critiques et préjugés.
    Dans ce foisonnant roman divisé en cinq parties, on suit le destin de Kath Ella qui va donner le jour à Omar, rebaptisé Etienne lorsqu’il sera adopté.
    Dans les années 60, c’est le destin d’Étienne que l’on suivra et, bien qu’il se soit éloigné de sa famille et vive en Alabama, on ne perd jamais de vue la vie de la communauté noire d’Africville. La question se pose : Peut-on, lorsqu’on a la peau claire et qu’on a épousé une blanche, renier ses racines noires ?
    Puis, à l’orée de années 80, ce sera le fils d’Étienne, Warner. Lorsqu’il apprend qu’il est noir, il va partir en quête de ses origines et il fera tout pour rentrer en contact avec Zera, son arrière-grand-mère incarcérée depuis sa jeunesse qui ne connait aucun de ses descendants.

    Cette saga familiale qui se déroule sur plusieurs générations est avant tout une réflexion sur le poids des origines et l’identité noire. Comment se situer avec des origines noires et une peau blanche ? Les différents protagonistes de ce roman feront des choix différents dans leur quête de réussite sociale et de bonheur familial.
    Il y a pléthore de personnages dans ce roman et on s’y perd parfois. J’ai trouvé attachants Kath Ella et son petit-fils Warner. Avec la première, on découvre Africville dont on va s’éloigner pour y revenir des décennies plus tard sur les pas de Warner . Car, au-delà de la saga familiale, c’est bien de l’histoire singulière d’Africville, et de ses habitants dont il est question. L’auteur, qui s’est minutieusement documenté, fait revivre toute une communauté noire avec ses croyances, ses rituels et ses rassemblements comme le « cercle féminin »

    Jeffrey Colvin a su donner vie à toute une communauté pauvre et ce, sans misérabilisme. Bien que souffrant parfois de quelques longueurs, ce roman, écrit dans un style simple et direct, se lit avec plaisir.
    Merci aux éditions Harper Collins et à Babelio pour cette découverte.

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  • Chronique explorateurs 2020

    Ce roman annoncé comme une saga débute au Canada dans les années 30 du siècle dernier et épouse très rapidement la tradition du roman afro américain. Une jeune fille noire défie à sa manière la fatalité qui semble marquer sa communauté. Intégrer le cursus...
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    Chronique explorateurs 2020

    Ce roman annoncé comme une saga débute au Canada dans les années 30 du siècle dernier et épouse très rapidement la tradition du roman afro américain. Une jeune fille noire défie à sa manière la fatalité qui semble marquer sa communauté. Intégrer le cursus universitaire et être la première jeune femme noire diplômée de Woods Bluff à Halifax se profile comme un défi motivé par une farouche volonté. Mais son amitié avec une autre jeune fille de la communauté qui l’entraîne régulièrement dans des situations douteuses ne facilite pas les choses. La violence et le deuil vont précipiter la fin d’un âge innocent de manière assez radicale. L’heure de l’envol est arrivée pour Kath Ella. La saga promise se poursuit alors en parallèle aux Etats-unis dans les années 50 puis les années 80 au cours desquelles nous suivons le fils et le petit-fils de l’héroïne, aux prises avec leur identité et l’évolution de l’Amérique.
    Il y a à la fois du Fannie Flagg et du Alice Walker (à qui l’on pense évidemment) dans ce roman, avec une certaine modernité du ton et des situations qui nous rappellent aussi dans sa première partie que nous sommes au Canada et pas aux USA. La pression raciale sous forme de ségrégation bien que présente n’est pas de la même intensité, tandis que la liberté des corps et des esprits des protagonistes est assez originale pour ce type de roman. Peut-être ressent-on un peu trop par la suite la volonté de Jeffrey Colvin d’utiliser la matière qu’il a collecté vingt années durant pour construire ce roman. La démarche de rendre son récit efficace est parfois un peu trop visible. On ressent régulièrement le sentiment d’avoir entre les mains un roman laborieux. De la même façon que l’on voit de manière flagrante l’argent utilisé dans une production cinématographique, certains romans transpirent le travail. Ce qui n’est pas forcément une qualité.
    Cela ne doit toutefois pas occulter un vrai savoir-faire. Colvin fixe le cadre de chaque époque, s’y tient et maitrise (trop ?) le récit. Le conformisme qui mine l’évolution de certaines générations est plutôt bien décrit au travers du « passing » qui efface photos et souvenirs. Le noir devient blanc comme si tout allait rentrer dans l’ordre. Sauf que sur ce conformisme pèse le lourd bagage de l’histoire. Jusqu’où peut-on ignorer ses racines par soucis d’intégration ? Sur cet aspect éminemment d’actualité, le roman est vraiment intéressant.
    En 2017 Colson Whitehead plaçait la barre haute avec son roman sur l’esclavage qui était d’une puissance assez rare. La réédition des écrits de James Baldwin depuis une paire d’années éclairent également de façon magistrale la condition des noirs sur le continent américain. Colvin n’est sans doute pas à ce niveau, mais sociologiquement son roman est en place. Et sur les grands sujets « Quod abundat non vitiat » (« Abondance de biens ne nuit pas »- traduction pour celles et ceux qui n’ont pas été torturés au collège par un professeur de latin-).

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