À la vitesse de la lumière

Couverture du livre « À la vitesse de la lumière » de Javier Cercas aux éditions Actes Sud

4.8

5 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782742762767
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Un vétéran du Vietnam brisé par le poids de la faute attire dans son champ magnétique un auteur dangereusement ébranlé par le succès des Soldats de Salamine.
Un apprenti écrivain, qui pourrait s'appeler Cercas, quitte Barcelone pour exercer au département de littérature espagnole de la faculté... Lire la suite

Un vétéran du Vietnam brisé par le poids de la faute attire dans son champ magnétique un auteur dangereusement ébranlé par le succès des Soldats de Salamine.
Un apprenti écrivain, qui pourrait s'appeler Cercas, quitte Barcelone pour exercer au département de littérature espagnole de la faculté d'Urbana, petite ville de l'Illinois. Il y rencontre l'insaisissable Rodney Falk. Intrigué par la disparition subite de celui qui est devenu son ami, il se tourne vers le père de ce dernier qui lui dévoile la tragique histoire familiale. Au coeur du cyclone, la guerre du Vietnam et le destin brisé de la jeunesse dorée américaine. Rodney, étudiant pacifiste soudainement happé par le vertigineux pouvoir de donner la mort, est rentré de l'enfer. Son frère, le fils préféré du père, patriote convaincu, est mort au front.
De retour en Espagne, pour "Cercas" la vie reprend son cours : des débuts littéraires insignifiants, un mariage, un fils, une existence paisible à Gérone. Puis, gorgé de suffisance par le succès d'un roman, Les Soldats de Salamine, il sent sa raison vaciller. Pointant frénétiquement la puissance, l'argent, l'attraction du mal, sa boussole perd le nord et le conduit vers l'abîme : une soirée mondaine à laquelle il traîne femme et fils, un enfant fatigué qui veut rentrer, une enjôleuse qui promet des délices, une femme et un enfant qui prennent seuls la route en pleine nuit, un virage trop serré, une voiture qui dérape. Les portes de l'enfer s'ouvrent, béantes, sur la culpabilité, le mépris de soi, le désir de mort.
Le poids de la faute met en résonance l'avilissement de "Cercas" avec le souvenir de la tragédie de Rodney. Il se rend à Urbana pour apprendre son suicide et se lie avec sa femme et son fils, troublant miroir de la famille perdue. Pour faire taire sa conscience, Rodney a parlé. Il a révélé les crimes du corps d'élite de la "Tiger Force". Il a dit la jouissance de donner la mort, la grâce divine ressentie dans la fraction de seconde où la balle semble en suspens. L'effroyable vertige de la vitesse de la lumière a scellé leur destin.
Toujours les ressorts narratifs des Soldats de Salamine (l'autodérision, les oeuvres antérieures, la réflexion sur le rôle de la fiction, les jeux de miroir), mais ici aucun Miralles pour racheter l'humanité. On parcourt les chemins obscurs de la vie et le crescendo émotionnel est saisissant.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Roman magnétique qui m’a tenue en haleine jusqu’à la fin.
    Javier Cercas traite des tragédies dont nous ne sommes pas toujours complétement responsables et qui peuvent nous envahir avec un énorme sentiment de culpabilité, des fois si indélébile, que cela peut conduire à la mort ou à la création mais toujours à la révélation de soi-même. Chassé-croisé entre un vétéran de la guerre du Vietnam et celle d’un écrivain espagnol, 2 amis, 2 vies tourmentées.
    Texte maîtrisé, construction magistrale, écriture talentueuse pour ce page-turner palpitant.
    Javier Cercas mérite sa réputation d’auteur remarquable ! Quel écrivain !!!

  • 0.2

    Un remarquable roman !

    «A présent, je vis un fausse vie, une vie apocryphe, clandestine et invisible, bien plus réelle que si elle était vraie, mais j’étais encore moi-même quand j’ai fait la connaissance de Rodney Falk.

    Il rêve de gloire à Barcelone. Il est jeune et plein d’espérances. Il veut devenir écrivain et savoure les sombres choses.

    Ce «il» pourrait être Javier Cercas, l’auteur lui-même.
    Ou peut-être pas.
    Javier Cercas nous prévient : «Ce que tout romancier veut – et ce depuis toujours : depuis le Quichotte, depuis le Lazarillo de Tormes, depuis Robinson Crusoé – c’est que sa fiction paraisse réelle : qu’elle soit, pour le lecteur, la réalité, en tout cas au moins le temps de sa lecture.»

    Il est nommé assistant dans une université américaine à Urbana dans l’Illinois. Là il rencontre Rodney Falk un vétéran du Vietnam.
    Ce Rodney, fervent lecteur d’Hemingway, amoureux de la littérature, est un personnage énigmatique, solitaire, marginal. Dans la marge. Il semble fatigué de vivre, ruiné par un passé douloureux gardé secret.

    Il finit par écrire un roman, revient en Espagne et connaît le succés.
    Rodney, pourtant, le met en garde : « Personne ne meurt pour avoir échoué, mais il est impossible de survivre dignement au succès. [...] De sorte que, si tu t’entêtes à devenir écrivain, tâche de différer le succès autant que tu peux. »
    Alors il va vivre un cauchemar. Il devient un homme malade, un homme méchant comme écrivait si bien Dostoïevski.
    Il sera le même fantôme que Rodney.
    Tous les deux vont s’enfermer au «sous-sol» de la vie.
    Et de près ou de loin unir leurs destins. A distance.

    Ecrire peut-il sauver la vie ? Ou la perdre ?

    «Alors que j’étais presque arrivé là où je voulais arriver, précisément parce que je n’avais jamais su où j’allais, j’ai été saisi de vertige car j’ignorais ce qu’il y avait de l’autre côté, quel miroir m’attendait au-delà de ces pages…»

    Lui et Rodney sont des survivants.
    Pour s’en sortir, il veut raconter l’histoire de Rodney.
    « Ecrire est la seule chose qui pouvait me permettre de regarder la réalité sans me détruire ou sans que celle-ci s’abatte sur moi comme une maison en flammes, la seule chose qui pouvait doter la réalité d’un sens ou d’une illusion de sens ».
    L’histoire terrible de Rodney. La mort de son frère Bob sur une mine au Vietnam.
    Le massacre de My Khe. Les crimes du commando Tiger Force.
    Les soldats de la Tiger Force ont assassiné, mutilé, torturé, sans aucun contrôle de l’armée.
    Rodney pouvait-il être un soldat de la Tiger Force ?

    C’est un très beau roman, très émouvant, sur l’écriture, la littérature, sur l’amitié, sur la vie qui ne tient qu’à un fil, sur les doutes et les peurs, sur les traumatismes de la guerre.
    Sur l’amour, toujours l’amour.
    Difficile de lâcher ce livre.
    On se voit le lire vite, vite pour vivre les pages…des larmes et des larmes au final.

    C’est un gros gros coup de coeur !
    Remarquable, émouvant, prenant !

    «Il y a deux tragédies dans la vie. L’une, de ne pas atteindre ce qu’on désire. L’autre, de l’avoir atteint.» Oscar Wilde.

  • 0.25

    J'ai beaucoup aimé. Malgré une histoire assez noire, on sent comme un apaisement.

  • 0.25

    Vraiment très bien. Longtemps que je n'avais pas pris tant de plaisir. J'ai vu le film "soldats de Salamine" autre roman de Cercas et excellent film. Ce n'est pas tellement l'histoire, mais la pensée en construction qui prend la tête. Méditationnel !

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