À la mesure de l'univers

Couverture du livre « À la mesure de l'univers » de Jon Kalman Stefansson aux éditions Gallimard
  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782072741982
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
Résumé:

À la mesure de l'univers est la suite du roman D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds, même si ce deuxième tome peut se lire indépendamment du premier. Après plusieurs années d'exil au Danemark, Ari rentre en Islande au chevet de son père mourant. Il est devenu éditeur et a récemment quitté... Voir plus

À la mesure de l'univers est la suite du roman D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds, même si ce deuxième tome peut se lire indépendamment du premier. Après plusieurs années d'exil au Danemark, Ari rentre en Islande au chevet de son père mourant. Il est devenu éditeur et a récemment quitté sa femme. À Keflavík, l'endroit le plus noir de l'île, la neige recouvre tout mais, partout, les souvenirs affleurent. Ari retrouve des connaissances qu'il n'a pas vues depuis des années. Ces rencontres révèlent des secrets de familles bouleversants qui le conduisent à s'interroger sur son passé : les deuils, les lâchetés, les trahisons.

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  • Le roman se présente comme le 2d volet d'un diptyque commencé en 2015 avec D'AILLEURS LES POISSONS N'ONT PAS DE PIEDS. On en retrouve d'ailleurs certains épisodes, perçus sous un angle différents.
    Le point de départ est le même. Ari poète , éditeur « chevalier servant de la culture » revient...
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    Le roman se présente comme le 2d volet d'un diptyque commencé en 2015 avec D'AILLEURS LES POISSONS N'ONT PAS DE PIEDS. On en retrouve d'ailleurs certains épisodes, perçus sous un angle différents.
    Le point de départ est le même. Ari poète , éditeur « chevalier servant de la culture » revient au pays à la demande de son père qui se sent proche de la mort. Le retour sur les lieux de sa jeunesse entraîne celui des souvenirs familiaux .
    Le pôle géographique est le même: Keflavik, un port islandais, qui a tout perdu depuis que s'y est installée une base américaine .
    Le principe narratif est la même: un éclatement géographique entre différents ports d'Islande, un éclatement chronologique sur 3 générations de personnages . Passé et présent y alternent , parfois aussi se superposent et se confondent .

    Il m'est arrivé de râler intérieurement, désorientée et étourdie par ces incessants allers et retours, sans pouvoir me raccrocher facilement aux patronymes et toponymes islandais peu faciles à mémoriser. Difficile parfois de reconstituer ce qui apparaît comme un puzzle, mais les personnages qui peuplent cette chronique familiale sont tellement attachants et dégagent une telle puissance d'émotion que je n'ai eu de cesse, après avoir dû les quitter sur plusieurs dizaines de pages, de les retrouver ensuite . Difficile d'abandonner en route « les petites jambes de 5 ans » d'Ari, Jakob, Margret et les autres,eux dont le souvenir court encore en moi une fois le roman terminé .

    Si l'évocation du passé occupe une place majeure dans le roman, par la relation des deuils, des crises, des tourments, des turbulences de la vie des pêcheurs, celle du présent témoigne d'un regard désabusé . Keflavik, américanisé, a perdu son âme. Il n'est plus que chômage, stress et obésité. Si l'amour est au début jaillissement de délices, il se confond au fil des ans avec l'habitude et apporte plus de sécurité que de bonheur . Une couleur grise, une tonalité mélancolique colorent le récit de ce voyage mémoriel .

    Certes, le roman a pour principe narratif l'éparpillement dans le temps et l'espace, mais son unité est donnée notamment par un point commun entre de nombreux personnages : leur goût pour la lecture, l'écriture ou la poésie, eux qui ont toujours réussi à isoler dans le journée de dur labeur quelques moments pour s'adonner à ce plaisir . C'est alors que l'auteur trouve l'occasion d'analyser le pouvoir de la littérature, en des phrases qui résonnent comme des aphorismes. Ceux qui connaissent les quatre précédents romans de Stefansson y retrouveront ce qui caractérise son talent : sa prose poétique, ce qui fait sa petite musique et qui me plaît tant .

    Les allusions à la musique ponctuent le récit : celle du violoncelle de Pabo Casals, celle aussi des musiques des années 60 et 70 qui ont bercé l'adolescence d'Ari et de ses copains, des chansons d'Elvis Presley, celle de Dire Straits, dont certaines phrases reviennent en mémoire du narrateur, ponts entre passé et présent, porteuses d'une forme de nostalgie et dont les paroles resurgissent pour s'adapter à une situation du présent .

    Un grand plaisir de lecture ,un de ces romans « qui semblent agrandir la vie, qui contiennent des phrases qui se changent en galaxies »

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