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Du côté de chez Swann

Couverture du livre « Du côté de chez Swann » de Marcel Proust aux éditions
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  • Thème : Fiction / Roman
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Résumé:

Du côté de chez Swann est un roman de Marcel Proust, c'est le premier volume de À la recherche du temps perdu. Il est composé de trois parties, dont les titres sont : Combray, Un amour de Swann et Nom de pays : le nom.

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Avis (2)

  • « Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vie d’alors : le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain...
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    « Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vie d’alors : le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas ! comme les années. » La phrase finale « Du côté de chez Swann » éclaire brillamment toutes les pages qui l’ont précédée, passant par « Combray », « Un amour de Swann » et « Noms de pays : le nom ». Longtemps, je me suis refusé à pénétrer dans « A la recherche du temps perdu », intimidé que j’étais par les dithyrambes sur l’œuvre proustienne. Je me souvenais aussi des impressions que mon professeur de français nous avait retranscrites, évoquant La recherche avec une émotion et une passion si intense, que je me demandais si j’allais l’apprécier autant, si j’allais être à la hauteur pour affronter ce monument.

    Eh bien, que dire, si ce n’est que je ne regrette pas le voyage dans les méandres des souvenirs du narrateur, dans cette expérience de pensée qui nous fait sentir le temps qui passe, qui nous rend sensible une conception si nouvelle du temps, de la sensation qu’on en a, de l’erreur de notre intuition à son sujet. Entre Méséglise et Guermantes, de Combray à Paris, de ces lieux rêvés et idéalisés, on ne ressort pas indemne. Et, au-delà de cette très juste perception du temps et du monde sensible, Proust dépeint comme personne bourgeoisie et noblesse, cette bonne société, ses codes, ses références artistiques et culturelles, ce beau monde dont il nous fait saisir la psychologie avec une acuité et une précision parfaites, si bien détaillée par ses longues phrases dont souvent on ne sait plus où elles ont commencé, chacune d’entre elle devenant à elle seule un voyage et une expérience dans cette galerie de personnages si subtilement rendue. A tout cela encore, s’ajoute l’humour, la malice et la naïveté du narrateur s’entremêlant pour nous décrire savoureusement des personnages, comme l’inénarrable Mme Verdurin, protectrice des arts terriblement superficielle. Et l'amour bien sûr !

    La recherche est une réflexion philosophique, une étude psychologique, et il est évident que maintenant que je m’y suis lancé, je vais poursuivre ma lecture, continuer inlassablement de parcourir les méandres de ses complexes phrases si belles pourtant, une fois que mes premières impressions se seront dissipées et que le besoin de me plonger à nouveau dans la magie de la prose proustienne m’assaillira. Mon voyage n’est pas terminé et je m’en réjouis.

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  • « Longtemps, je me suis couché de bonne heure »… curieux, moi-aussi, de partir A la Recherche du Temps Perdu, avec la prudente détermination de l’explorateur franchissant la lisière d’une jungle impénétrable, avide de s’en aller retrouver le temps perdu. Mais n’est pas Livingstone qui veut, si...
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    « Longtemps, je me suis couché de bonne heure »… curieux, moi-aussi, de partir A la Recherche du Temps Perdu, avec la prudente détermination de l’explorateur franchissant la lisière d’une jungle impénétrable, avide de s’en aller retrouver le temps perdu. Mais n’est pas Livingstone qui veut, si bien qu’aucun Stanley ne put jamais porter connaissance à qui que ce soit que je sois arrivé quelque part. On me trouva, à trois reprises, profondément endormi avant d’avoir franchi la première dizaine ou vingtaine de pages de ce si fameux « Du côté de chez Swann ». L’explorateur n’avait rien exploré, le lecteur avait bien lu et relu deux ou trois fois, sans vraiment réussir à les comprendre, quelques phrases comme : « Un homme qui dort, tient en cercle autour de lui le fil des heures, l’ordre des années et des mondes. Il les consulte d’instinct en s’éveillant et y lit en une seconde le point de la terre qu’il occupe, le temps qui s’est écoulé jusqu’à son réveil. » Il avait reposé l’ouvrage sur une étagère, le confiant à la poussière et se jurant qu’on ne le reprendrait plus à ainsi perdre son temps. Il proclamait sans vergogne lorsque le sujet venait à son oreille : « J’ai essayé, les bras m’en sont tombés, c’est cérébral, ampoulé et assommant. »
    Et c’est ce même cuistre qui vient aujourd’hui vous vanter les charmes de la promenade « Du côté de chez Swann » et vous inciter à pénétrer sans crainte dans la jungle proustienne. Pourquoi donc, sous quel prétexte, avec quels arguments ? C’est toujours très cérébral. Les phrases longues et assommantes ont-elles disparues ? Elles sont toujours là, j’en ai retrouvé une de deux-cent-soixante-sept mots consacrée à la promenade en calèche de Mme Swann au Bois. Il faut la lire pour découvrir, ce qui est incroyable, qu’elle est parfaitement légère, pour peu qu’on soit attentif à la ponctuation, et qu’elle constitue en elle-même une véritable et magnifique scène de cinéma. Rien d’assommant, que du plaisir d’assister à un spectacle de choix si minutieusement et élégamment dépeint. On découvre aussi, en particulier dès le premier chapitre (Combray), quelques lignes admirables sur la grand’mère de l’auteur, son amour pour sa mère, sa tante, sur des gens simples comme la cuisinière de sa tante ou des gens du grand monde comme ce monsieur Swann dont le nom m’avait autrefois tant intrigué. Ces personnages nombreux (il y en a beaucoup d’autres) vus par le regard d’un enfant sont souvent attachants, parfois ridicules mais toujours consistants. Ils permettent à l’auteur d’évoquer finement un des thèmes principaux de son œuvre : le souvenir, dernier refuge de ceux qui furent et ne sont plus, de ce qui fut et qui n’est plus. Il y a aussi ce que peut produire de plus fort l’Impressionnisme en littérature (le peuplier qui adresse à l’orage des supplications et des salutations désespérées, le tonnerre qui roucoule dans les lilas, la promenade au-milieu des aubépines ou une description magnifique de poésie à propos d’asperges se terminant de façon très humoristique). Et puis arrive vite (vers la cinquantième page), prodigieux, plus célèbre que l’œuvre, plus fameux que l’auteur, le passage consacré à la madeleine, génial exposé liant le goût, l’odeur et le souvenir. Quatre pages délicieuses, fabuleuses, que bien peu ont lues mais que tout le monde croit connaître, quatre pages qui justifieraient à elles seules toutes les tentatives impulsives de partir A La recherche du Temps Perdu.
    Dans la seconde partie (Un Amour de Swann), consacrée aux tourments de l’amour et aux affres de la passion faits de soupçons, d’inquiétudes, de mensonges, d’espoirs déçus, voici donc un dandy fréquentant les meilleurs cercles et les plus jolies femmes, « Swann, lui, ne cherchait pas à trouver jolies les femmes avec qui il passait son temps, mais à passer son temps avec les femmes qu’il avait d’abord trouvées jolies. » …qui se laisse séduire par une cocotte qu’il ne trouvait pas à son goût mais qui, après lui avoir « fait son thé », sut l’ensorceler et le tourmenter jusqu’à ce qu’un beau matin, enfin guéri, « il s’écrie en lui-même : Dire que j’ai gâché des années de ma vie, que j’ai voulu mourir, que j’ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n’était pas mon genre ! » On n’est pas très éloigné de Zola (Nana) mais, ici, point de naturalisme, tout est en suggestion et légèreté, en non dit et en supposition, ce qui paradoxalement ajoute à l’affection comme à l’affliction pour Swann, qui, au fil des ses déboires, gagnent le lecteur. Quant Zola se place du côté (décidemment « le côté ») de la cocotte, Proust se range du côté de l’amoureux transi, du séducteur séduit, du cocu magnifique. Ce n’est plus tout à fait le même point de vue.
    La troisième et dernière partie, la plus courte, est consacrée aux rêveries de l’enfant qu’était Proust à partir de noms de ville déclenchant en lui l’imagination de voyages enchanteurs, alors même que sa santé fragile l’empêche de quitter Paris. Alors, même si une dizaine de villes bretonnes ou normandes deviennent sous sa plume et par la grâce de son talent ce que leurs syndicats d’initiatives n’auraient jamais osé rêver, c’est Paris qui profite le plus de ses magnifiques descriptions, d’autant plus belles qu’elles sont magnifiées par un premier amour, celui qu’il ressent un jour, quelque part sur la promenade des Champs-Elysées, pour « une fillette à cheveux roux qui jouait au volant devant la vasque ». Elle s’appelle Gilberte Swann et à cet instant, c’est bien « du côté de chez Swann » que son cœur bascule.
    Retournant bien plus tard au Bois ou aux Champs-Elysées, cherchant la trace de son enfance et de ses émois, il ne peut que constater (l’un des thèmes centraux de son œuvre) que revenir dans les endroits de sa jeunesse ne parvient pas à la ressusciter : « Les lieux que nous avons connus n’appartiennent pas qu’au monde de l’espace où nous les situons pour plus de facilité. Ils n’étaient qu’une mince tranche au milieu d’impressions contiguës qui formaient notre vie d’alors : le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas, comme les années. »
    Et je me dis qu’il y a sans doute dans cette phrase finale l’explication de mes précédents échecs à trouver quelque intérêt à ce chef d’œuvre. Je n’avais sûrement pas assez vécu. Je me contentais de vivre sans me soucier des années qui passaient, accumulant sans m’en rendre compte des souvenirs que je prenais alors pour quantité négligeable puisqu’il me semblait vivre des moments éternels. Proust est sans doute pour cela à lire à la maturité, il réclame de l’attention et de l’expérience pour pouvoir vraiment apprécier ses thèmes et son style. Accompagné d’un fond musical composé par ses contemporains (Debussy, Rachmaninov, Satie), j’ai fait un somptueux voyage dans les souvenirs et les émotions impressionnistes du « petit Marcel » et aussi un peu, c’est là qu’est la magie, dans les miens. Maintenant que je n’ai plus vraiment de temps à perdre, aussi étonné que ravi, maîtrisant enfin la longueur des phrases et sachant goûter les imparfaits du subjonctif qui fleurissent comme les nymphéas au bord de la Vivonne, je m’apprête à poursuivre La Recherche, en m’interrogeant sur ce qui peut bien pousser A l’ombre des jeunes Filles en Fleurs …

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