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DE BELLES VOIX, DES VOIX CELEBRES, EN AUDIO !

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  • Bonjour à tous et toutes,
    Je viens de lire le contenu de cette discussion. Je trouve dommage qu'e ce sujet n'aie pas obtenu plus d'interlocuteurs. Merci J M de l'avoir initié!
    J'ai envie de dire comme un certain grand bonhomme: Vaste programme!"
    Car en effet, l' évolution rapide des tablettes, smartphones et autres gadgets permettrait de changer la vie de bien des personnes seules! Il semble que les aauditeurs visés par le système soient des enfants principalement Pourtant avec les moyens modernes de communications, une éclosion de bénévoles autres que des voix d artistes connus pourrait voir le jour... Alors, je ne veux pas être le prechiprecheur sans engagement, Je me porte volontaire pour développer la chose avec qui voudra bien s'y coller! Je me sens bien dans la peau d'un conteur pour des lectures genre Alphons Daudet ou les écrivains meridionaux , Pagnol... Etc...
    A vous lire...
    Bien amicalement
  • bonjour à tous,

    je viens de découvrir cette discussion et je me suis plusieurs fois posée la question de savoir si cela était mis en place dans des maisons de retraite par exemple. Je pense que ce serait une bonne idée d'animation pour nos anciens et un bon moment de bénévolat. Dommage que pour l'instant, mon emploi du temps ne me permette pas de donner un moment de détente à des personnes qui parfois en auraient bien besoin. Quant aux livres audios, je n'ai pas encore essayé, mais pourquoi pas bientôt ?
    Amicalement
    Barbara
  • Bonjour à Barbara et Eugène

    Merci de votre passage et bienvenue.
    J'essaie toujours de proposer des sujets sur des thématiques qui nous concernent tous et en particulier pour ceux qui sont seuls dans la vie, dans la maladie, dans le désespoir...
    La lecture doit pouvoir nous rassembler autour de ces personnes. Merci de penser à elle et de trouver de beaux livres sonores à proposer.

    Amitiés
    JM
  • Bonjour à tous,
    Pour suivre ce sujet, qui présente plusieurs options interessantes, tant sur le plan social que littéraire, ne pourrions nous pas lancer un appel aux responsables de maisons de retraites, aux animateurs de groupes théâtraux, aux diverses associations d aides aux handicaps, etc pour faire avancer le schmilblick?
    Merci J M d avoir relancé le sujet...
    Et, svp, vous pouvez me tutoyer, j en ferais autant! Ne tenez pas compte de mon âge, ma tete reste jeune!
    Bien amicalement
    Eugene
  • Bonjour Eugène

    Merci de ce tutoiement. Je ne suis pas tout jeune non plus. Je mets toujours une distance pour ne pas choquer. Bien qu'il soit plus facile de lier conversation, par l'absence du corps physique d'entrer en relation. Un peu comme le sujet de cette discussion. La voix ("The Voice") est un moyen d'accéder à l'autre (comme une connexion de l'âme à l'âme) et les apparences ne viennent pas interférer.

    Je crois que pour faire progresser un tel sujet qui recèle plusieurs ouvertures possibles, il faut évaluer le champ d'action.

    Beaucoup d'acteurs ou de doubleurs utilisent leurs voix pour enregistrer des livres et c'est très souvent séduisant. La voix est un charme, une sensualité, un révélateur, une puissance déployée ou contenue. La voix, c'est nous, c'est eux. C'est une part de la faiblesse et de la noblesse de l'individu.

    Il y a peut-être d'autres pistes à creuser comme celles de faire entrer "lecteurs.com" dans les hôpitaux, les maisons de retraites dès lors que l'envie des acteurs sociaux et sanitaires ira dans le sens d'une ouverture à ce média.
    Il faudrait ainsi qu'Orange ouvre un accès à des livres numériques audios qui puissent être écoutés librement (domaine public).

    On rejoint ainsi un autre domaine qui est celui du conte. Et là, vaste domaine, les histoires sont portées par celui qui sert de véhicule, de paratonnerre, de catalyseur d''émotions qu'est le conteur.

    Voilà ce qui dit wikipédia sur ce sujet :
    "Le conteur, qu'il soit traditionnel ou moderne, déploie son talent dans des lieux de rencontres, de convivialité. Les conteurs, diseurs et raconteurs sont présents et sont souvent au centre de nouveaux espaces de vie. À leur manière, ils peuvent participer à la construction ou la reconstruction du tissu social.
    Cette fonction sociale s'accompagne chez les conteurs modernes d'une volonté artistique forte, afin de porter des histoires toujours en évolution et en performance à ceux à qui elles sont destinées."

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Conteur#.C3.89tat_des_lieux_en_France

    Nous voilà au carrefour de tellement de possible.
  • Je vous propose cet extrait du livre du "Chien Heaume" de Justine NIOGRET à propos des conteurs.

    "...Les conteurs sont une race étrange, je ne l'apprends à personne. Leur langue ne sait jamais se taire, et les feuilles pourraient leur pousser en bouche qu'ils parleraient encore.

    On les aime car ils tiennent les veillées par leurs histoires, certes, mais on les craint aussi, puisqu'ils savent faire pire que ceux qui coupent la chair avec leurs lames.

    Eux peuvent couper les âmes avec un seul mot.

    Les conteurs sont à la frontière de notre monde et de l'autre, celui où dorment merveilles et monstres, et de là vient tout leur pouvoir.

    Il faut savoir se méfier de deux choses... : des conteurs et des songes.

    Ces deux espèces savent parler de ce que l'on veut entendre, mais leur langue est fourche, toujours, d'une façon ou d'une autre..."

    A méditer donc.
    J'ouvrirai prochainement une chronique sur les conteurs.

    Mes amitiés à tous et à bientôt de te lire Eugène.
    JM
  • Bonjour à tous,
    Jolie envolée sur les conteurs! Et je suis tout à fait d accord! Quand à decouvrir l oeuvre de Justine Niogret, je crois que JM a seme l envie et je vais investir!
    Je vais donc suivre le fil du sujet et vous envoyer ici, mon conte sur Lucien le berger! A bientôt
    Bien amicalement
    Eugene
  • Les conteurs…..
    Drôles de personnalités ! Parfois trop bavards, parfois trop renfermés, on ne les découvre que quand ils sont en phase « de récits… » Le soir, à la veillée, ou parfois quand l’envie de partager les chatouille !
    En réalité, je pourrais mieux les décrire comme des « partageux de pensées imagées ».
    JM a eu la bonne idée de me déclencher sur ce sujet, alors, je vous transmets ici, un de mes récits, mi- conte, mi-souvenir et j’attends les vôtres en échos !

    Une étoile s’est allumée...

    Dans le ciel de ma Provence, une étoile s’est allumée. On dit, chez nous, qu’un berger est mort…

    Ce berger s’appelait Lucien ; Je l’ai connu, il y a bientôt 35 ans, et, si nous n’avons jamais été très proches, depuis ce temps, j’ai suivi sa vie de loin en loin, au fil des saisons de transhumances, au hasard de mes randonnées dans les prairies où il gardait ses moutons, et parfois, dans les galères qui ne lui manquaient pas.

    Nous nous sommes rencontrés alors qu’il gardait son troupeau cet été là sur les contreforts du « Grand Coyer » dans les Alpes du sud.
    Une cabane très simple « Bergerie Vieille » au toit de bois, dans la verdure, les pensées sauvages, renoncules et myosotis… Ni eau ni électricité. Ses seules compagnies, à part ses brebis, étaient sa chienne et son âne.
    Il retrouvait la « civilisation » une fois par semaine, en descendant faire ses provisions au village.

    Nous étions une jolie bande, assez disparate : Des randonneurs entraînés qui avaient convaincu quelques novices de tenter cette marche. Parmi nous, deux jeunes femmes qui découvraient ce genre d’épreuve. A mi-montée déjà,la bergerie de Lucien leur était apparue comme inaccessible. Nous les avions donc laissées là, en sa bonne compagnie, attendre notre retour ; Lucien, très flatté d’être promu « garde du corps » des deux citadines, leur avait si bien transmis l’amour de son métier, que nous les avions retrouvées très amoureuses de la montagne, du troupeau, de la vie au grand air et… du berger !

    Il avait alors 39 ans, assez grand, des cheveux blancs comme neige, le visage bronzé et buriné par les intempéries attiraient le regard, Un port de tète plein de noblesse s’accordait bien avec le regard direct et empreint de bonté.
    Je ne l’ai jamais vu mal rasé, vêtu très simplement de velours et laine, avec une cape en feutre ; il avait fière allure, notre ami !
    Son parler était très simple, entrecoupé d’expressions en patois local, parfois un ou deux jurons et, rarement, des blasphèmes dont il s’excusait immédiatement en levant les yeux au ciel en ôtant son chapeau !

    Il n’avait pas besoin de connaître les nouveaux arrivants pour se faire une idée, en général très juste, de leur valeur, son instinct le guidait mieux que ne l’auraient fait des études en psychologie ! Mais, respectueux de l’identité de chacun, il ne communiquait un jugement qu’à des amis sûrs.

    Sa connaissance de la montagne était immense: les vertus des plantes médicinales, les fleurs communes et les rares, celles qui font faire des jours de recherches aux passionnés, il dévoilait rarement les emplacements ou le moment où elles venaient à éclore, il estimait que son devoir de gardien était de préserver la nature et ses merveilles.
    Il savait prévoir la météo. La couleur d’un soleil couchant, une lune plus ou moins voilée, un chapeau nuageux sur tel ou tel sommet, parfois une douleur dans le dos ou la jambe étaient
    des indices qui le trompaient rarement.

    Ce jour là, après avoir partagé nos provisions, lui qui se contentait parfois d’un oignon et d’un morceau de pain, prit grand plaisir à goûter nos charcutailles diverses. Il fut tout content de nous offrir en fin de repas, son café chauffé sur son vieux poêle à bois….
    Ce ne fut qu’après les plaisirs de la conversation, qu’il se livra plus à fond… je l’ai entendu, les larmes dans les yeux et la voix étranglée, nous raconter comment, la veille, un groupe de randonneurs, qu’il avait accueilli comme d’habitude, avec son sens de l’hospitalité, l’avaient entraîné à boire, pour mieux ensuite, le ridiculiser ! Il avait été abusé, jusqu’au moment de réaliser leur duplicité, trop tard pour sauver la face. Ce souvenir le taraudait. Il nous a fallu bien des paroles de consolation pour ramener un peu de gaieté dans son regard.

    Illustration parfaite de la fidélité, il a été, sa vie durant, au service d’un seul employeur. Il était de la famille, on avait pour lui des attentions de parents : Ses patrons pourvoyaient à sa nourriture, habillement, soins médicaux, et le logeaient, même l’hiver, quand les troupeaux redescendaient dans le pays varois. Il ne demandait pas grand chose, un cabanon prés de ses moutons lui suffisait.
    Lucien ne parlait jamais de son salaire, mais je ne crois pas que notre berger ait été riche. , L’amitié et la considération de ses patrons lui suffisaient.

    A l’époque, nous prenions nos vacances en automne, des amis nous laissaient la disposition de leur petite pension de famille inoccupée. Quand Lucien était redescendu de son alpage avec ses brebis, il venait parfois, le soir, boire le verre de l’amitié avec nous….
    Sa patronne veillait à sa sobriété, le sachant vulnérable sur la boisson. Quand il venait, le soir, faire un brin de causette, il se cachait presque : Nous lui offrions volontiers une occasion de trinquer, il n’en a jamais abusé, trop attaché à préserver son image.

    Nous avons passé là des veillées merveilleuses, il nous racontait sa dure vie de berger, solitude et courage, émaillée d’anecdotes…. Et nous posait des questions sur notre vie de citadins, découvrant avec naïveté mais aussi une certaine ironie les contradictions de la ville !
    Il ne se plaignait jamais de son sort, les seules révoltes étaient dues au mauvais temps ou aux incidents qui pouvaient nuire à son troupeau : Les chiens errants ou indisciplinés des promeneurs inconscients…
    Il craignait les caprices de la nature : Les orages particulièrement, nous avons appris que ses cheveux étaient devenus blancs le jour où la foudre lui extermina une vingtaine de brebis sur les pentes du Puy du Rent. La neige, fréquente après octobre, lui faisait peur aussi, les brebis qui la sentaient arriver, s’affolaient et se séparaient entraînant de pénibles recherches dans le brouillard.

    Un soir, il arriva très en colère, une brimade injustifiée peut-être ? Il nous expliqua « que puisque c’était comme çà, l’année prochaine, il se mettrait à son compte…. ! »
    Il nous expliqua que certains bergers étaient propriétaires d’un petit troupeau, et complétaient leurs revenus en prenant des « pensionnaires » (des brebis appartenant à des gens n’ayant aucune expérience de l’élevage ovin).
    Le lendemain, nous lui avons proposé quelques économies pour l’aider à réaliser son projet.
    A notre grande surprise, il se mit dans une colère encore plus grande que la veille ! : mais qu’est ce qu’ils ont tous, à vouloir investir dans les moutons ? … »
    Je le calmais, et nous n’avons plus jamais abordé le sujet des placements d’argent, ni celui de l’indépendance du berger ! !

    Une année, en automne, nous sommes allées lui rendre visite dans sa montagne. Il était très agité, son patron l’avait fait s’attarder plus tard que d’habitude dans l’alpage, et les brebis commençaient à mettre bas, grave problème, car il n’avait pas d’abris où mettre les agneaux. Il fallait les descendre d’urgence au village : 4 heures de marche ! Nous sommes arrivés pour l’aider à installer les agnelets dans les paniers qui servent pour le transport à dos d’âne… Il fallait isoler les agneaux les uns des autres, pour permettre aux mères de reconnaître leurs petits à l’odeur ! A raison de quatre nouveau-nés par voyage, Lucien en était déjà à son troisième aller-retour, et les injures, blasphèmes et autres fleurs voltigeaient dans la montagne ! Nous nous faisions tous petits pour ne pas l’énerver davantage ! Et le soir, sa gentillesse habituelle ne revint qu’après un bon repas
    Il n’accepta pourtant pas le bon lit que nous lui offrions pour aller veiller au plus prés sur les agneaux

    Voilà, la simple histoire de notre ami Lucien le berger, qui nous a quitté, pour assurer, une fois de trop son devoir, terrassé par une crise cardiaque en cherchant quelques brebis égarées dans la brume…..


    J’ai le sentiment d’avoir perdu quelqu’un de très cher, et j’ai souhaité vous faire partager cette histoire. Qui sait ? Il est peut être rendu dans un coin où les bergers sont heureux, les brebis sont dociles, et où il fait toujours beau ?

    La Colle St Michel juillet 2003
  • Bonjour à tous,
    Je remets le sujet sur ses rails , d'où je dois bien reconnaitre l'avoir aidé à sortir ! Je reviens donc sur le sujet des belles voix pour enregistrer des livres pour les audios books....
    Depuis un mois bientôt, j’ai un peu fouillé de ci de là, et il existe une association qui fait déjà ce que je proposais, c'est à dire, développer le créneau pour aider les troisième âge, les malvoyants, bref, tous ceux qui pourraient être des lecteurs_auditeurs.... Ce site est "littérature" Très intéressant, il mérite que nous l'aidions!
    Voila , bien amicalement à tous
    Eugène
  • Bonjour Eugène et merci pour ces textes et ces recherches. Je pense que c'est très éclairant sur l'aide que nous pouvons apporter grâce à la lecture et sa composante orale.
    Amitiés
    JM

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