Zhang Yueran

Zhang Yueran
Née dans la province du Shandong dans les années 1980, Zhang Yueran vit à Pékin. Elle est l'une des voix les plus prometteuses et singulières de la littérature chinoise aujourd'hui.

Avis (4)

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    Couverture du livre « Le clou » de Zhang Yueran aux éditions Zulma

    Tassa All sur Le clou de Zhang Yueran

    Avis à la page 100 - Les explorateurs de la rentrée littéraire 2019

    Disons que vous avez le temps. Disons que vous avez envie de voyager, de découvrir un autre passé que le vôtre. Disons que vous avez envie d'une histoire. Ou plutôt de plusieurs. De destins croisés ou mis en parallèle....
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    Avis à la page 100 - Les explorateurs de la rentrée littéraire 2019

    Disons que vous avez le temps. Disons que vous avez envie de voyager, de découvrir un autre passé que le vôtre. Disons que vous avez envie d'une histoire. Ou plutôt de plusieurs. De destins croisés ou mis en parallèle. Disons que la lenteur vous va bien. Alors ce roman dès ses 100 premières pages vous conviendra.
    Une plongée mélancolique dans les vies de deux Chinois, Li Jiaqi et Chen Gong, deux êtres écorchés vifs et vibrants.
    Il y a quelque chose de sensuel qui se dégage de ce roman.
    Vite vite, je continue ma lecture.
    Découvrir la Chine avec une telle écriture me comble parfaitement.

    Avis complet Les Explorateurs de La rentrée 2019 - Lecteurs.com

    Le Clou de Zhang Yueran
    Zulma 2019

    Si vous cherchez une immersion totale dans la Chine contemporaine, une plongée rigoureuse et sensible dans les affres de deux Chinois, pris entre les feux de la tradition et ceux de la modernité... alors vous êtes bien tombés !

    L'une, Li Jiaqui, évolue entre une cousine étouffante et sévère, un père austère et absent, des grands-parents préoccupés par leur statut social. L'autre, Chen Gong, doit tenir tête à une grand-mère autoritaire, tenir compagnie à sa tante dévouée, tandis que son grand-père se meurt dans un hôpital à cause d'un clou.

    Je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi beau en littérature chinoise. Pas à pas, mot après mot, nous suivons les hivers et les étés des deux personnages qui racontent leur passé et qui oscillent entre tendresse et maladresse. Avec un grand soin et une grande délicatesse, la romancière parvient à mettre en équilibre les forces du passé et du présent, s'efforçant de mettre les conflits familiaux de la petite histoire dans la Grande Histoire, celle de la Chine et de sa révolution culturelle, si récente, et ravageuse. Tout tourne ingénieusement autour d'un suspense fragile : le clou, ou la violence de la révolution.

    Les sentiments qui pourraient paraître indicibles ou indescriptibles sont décrits avec une splendeur de tous les jours. La plume est à la fois réaliste et sensible. Elle ressemble parfois à l'attente et à la douceur des romans de Yoko Ogawa (comme dans Parfum de Glace). Mais il y a aussi une certaine vigueur dans l'effrayante confrontation entre les générations qui ne se comprennent pas ou plus.

    Face à face, alors que la neige tombe, c'est comme si nous étions là avec Li Jiaqi et Chen Gong. Nous espérons, ressentons la colère, la tristesse, l'injustice et l'étonnement avec eux. Nous grandissons avec eux, de l'enfance à l'âge adulte. Nous vivons leur vie si éloignée l'un de l'autre et puis finalement, pas tant que cela, car ce lien, le clou qui les réunit, les force à parler, à se dévoiler.

    Le plus beau roman fleuve de la rentrée, en tout cas le mieux écrit, que j'aie lu jusqu'ici.

    Le Clou de Zhang Yueran (note : 29/30)

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    Couverture du livre « Le clou » de Zhang Yueran aux éditions Zulma

    Bill sur Le clou de Zhang Yueran

    Avis d'Explorateur de la rentrée littéraire 2019

    Li Jiaqi et Cheng Gong, trentenaires au parcours chaotique, se retrouvent après des années passées sans se voir.Ils se sont croisés à l'école primaire, ont lié amitié sur leur solitude d’enfants aux pères absents, l'un marchand à Pékin, l'autre...
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    Avis d'Explorateur de la rentrée littéraire 2019

    Li Jiaqi et Cheng Gong, trentenaires au parcours chaotique, se retrouvent après des années passées sans se voir.Ils se sont croisés à l'école primaire, ont lié amitié sur leur solitude d’enfants aux pères absents, l'un marchand à Pékin, l'autre plus ou moins malfrat. Ils se retrouvent et se racontent ce qui a fait d'eux ceux qu'ils sont devenus aujourd'hui.

    Le grand père de Cheng Yong était confiné à son lit d’hôpital, absent à lui-même, depuis qu’un clou avait été planté dans son crâne lors d’une séance d’autocritique de la Révolution Culturelle. Sa chambre d’hôpital était un refuge pour les deux enfants qui y construisaient des histoires à la sortie de l’école, le grand-père devenant un témoin ou un protagoniste selon les jours.

    Une fois adultes, Li Jiaqi, la jeune femme, cherche à découvrir la vie pékinoise de son père disparu prématurément. Cheng Gong est obsédé par l’accident de son grand-père. Qui a pu être assez vicieux pour enfoncer un clou dans le crâne d’un autre homme ? Au fil de leurs récits croisés, on découvre des personnages communs à leurs histoires parallèles, des questionnements se lèvent.

    Zhang Yueran livre ici un roman qui parcourt les cinquante dernières années de la vie quotidienne chinoise : les difficultés d’approvisionnement, la pauvreté, la promiscuité familiale où trois générations vivent toujours sous le même toit… On y découvre aussi les relations économiques privilégiées – bien que malsaines avec l’URSS, où les deux parties privilégient le perdant-perdant !

    Un roman que j’ai mis beaucoup de temps à lire en raison de son rythme extrêmement lent, des noms complexes, ressemblants et difficiles à mémoriser, mais aussi un roman que j’ai posé à regret car je m’étais attachée à ces deux êtres cabossés qui semblaient avoir enfin trouvé la paix, après avoir trouvé celle de leurs aînés.

    J’ai l’habitude de lire des romans chinois, ainsi que des récits de Xinran qui traitent de la vie quotidienne des femmes chinoises. Avec Le Clou, j’ai découvert une autre dimension de la littérature chinoise d’aujourd’hui, une écriture plus littéraire, plus lente, plus réfléchie.

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    Couverture du livre « Le clou » de Zhang Yueran aux éditions Zulma

    Marie Kirzy sur Le clou de Zhang Yueran

    Club des Explorateurs de la rentrée 2019 --- avis complet

    Dès les premiers chapitres, on fait la connaissance des deux personnages centraux que l’on ne va plus quitter, Li Jiaqi et Chang Gong, inséparables durant l'enfance et l'adolescence. Trentenaires cabossés par la vie, ils se retrouvent...
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    Club des Explorateurs de la rentrée 2019 --- avis complet

    Dès les premiers chapitres, on fait la connaissance des deux personnages centraux que l’on ne va plus quitter, Li Jiaqi et Chang Gong, inséparables durant l'enfance et l'adolescence. Trentenaires cabossés par la vie, ils se retrouvent après des années sans nouvelles. Chacun s'adresse à l'autre à la première personne dans des chapitres alternés, sous la forme de confessions, comme s’il était plus aisé de dire les choses à l’autre à travers des mots qu’il ne lira jamais, plutôt que dans une discussion face à face empreinte de pudeur qui inhibe.

    J’ai été littéralement happée par la plume précise et ultrasensible de cette jeune auteure chinoise, reconnue dans son pays, mais traduite en France pour la première fois. Cette grande connaisseuse de la littérature française a dit dans une interview que Flaubert était son modèle absolu. Et c'est vrai qu’elle accorde une place prépondérante à la psychologie profonde des personnages, à leurs failles, leurs tourments, dans une atmosphère nostalgique propice aux flots des souvenirs qui les assaillent progressivement. C'est presque construit comme un thriller de l'intime pour découvrir le drame, l'événement qui a séparé les deux personnages et les a amenés à être ce qu'ils sont aujourd'hui.

    C’est là que le roman déploie son ambition, prend toute son ampleur en mêlant cheminement introspectif de l’individu aux soubresauts de l’Histoire. En fait, à travers le portrait de ces deux trentenaires en plein mal-être, à travers les destinées de leurs deux familles, Zhang Yueran met à nu les nombreuses couches de la Chine moderne. Elle possède un réel talent de conteuse, son récit, très méticuleux, est incroyablement bien construit, éclatant de vigueur avec , au centre, la mémoire, les souvenirs, les réminiscences qui virevoltent sur trois générations : celles des grands-parents de Li Jiaqui et Cheng Gong ( pionniers communistes combattant le Kuomintang puis médecins dans la nouvelle Chine de Mao ) , celles de leurs parents ( nés juste avant la terrible Révolution culturelle qui sévit de 1966 à 1976 ) et la leur, eux qui sont nés dans les années 1990 du boom économique capitaliste.

    Le thriller de l’intime initial se mue en thriller tout court avec au cœur, un mystère sur ce qu’est advenu au grand-père de l’un des deux en 1967, une tragédie qui lie les deux familles, un secret qui ronge et modèle les générations suivantes jusqu’à celle de Jiaqi et Gong.

    « Assis dans ce recoin glacial, je sentais la haine brûler en moi comme un feu toujours plus vif. Je l’entretenais, elle chauffait à blanc tout mon être. Mes veines vibraient comme des cordes tendues. Un sang ancien, profondément endormi, se réveillait. Il bouillonnait, remontait par vagues jusqu’au sommet de mon crâne. J’entendais le ressac en moi, je sentais une force colossale se précipiter dans ma poitrine. Des langues de feu d’un bleu sombre bondissaient. Dans ce demi-rêve, apparurent un groupe de personnes assises en cercle autour d’un feu, des silhouettes pâles, inconsistantes, quasi diaphanes. Je ne les avais jamais vues, mais bizarrement je les reconnaissais. C’étaient les ancêtres de la lignée de mon grand-père qui me fixaient de leurs yeux ardents. En partant, ils me laissèrent leur regard. Ce regard restait là, tel un phare. Avant de s’en aller, ils s’approchèrent un à un, comme pour prendre congé, mais ils restèrent silencieux et posèrent simplement les mains sur mes épaules, comme s’ils voulaient me transmettre une force. La douleur se diffusa dans mon corps, je compris soudain avec tristesse que j’avais grandi, que je n’étais plus un enfant. »

    Le clou du titre a bien évidemment un rapport avec ce passé douloureux, mais peut également être vu comme une métaphore : le passé est comme un clou planté dans le présent, difficile à enlever, mais trop douloureux à ignorer. L’impact traumatique de la Révolution culturelle, le chaos de quasi guerre civile sous l’impulsion des brutaux gardes rouges, sont parfaitement mis en lumière, sans tabou mais avec finesse.

    Malgré une intensité qui retombe sur la fin, ce roman est passionnant, d’une richesse folle, étonnamment ambitieux dans son questionnement sur le temps et sur la mémoire d’une nation. Ce roman est exigeant, certes, mais récompense le lecteur qui ne peut qu’être admiratif face à la cohérence du récit, entre la profondeur du fond et la beauté d’une écriture qui enveloppe et subjugue .

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    Club des Explorateurs de la rentrée 2019 --- avis après 100 pages

    Une vraie découverte étant donné que je suis peu connaisseuse en matière de littérature chinoise.
    On y fait la connaissance des deux personnages centraux, Li Jiaqi et Chang Gong, inséparables durant l'enfance et l'adolescence, ils se retrouvent trentenaires après des années sans nouvelles. Chacun s'adresse à l'autre à la première personne dans des chapitres alternés.

    Après cent pages, je suis littéralement happée par la plume précise et ultrasensible de cette jeune auteure. J'ai lu dans une interview qu'elle s'est choisie Flaubert comme modèle et c'est vrai qu'en lisant ces premiers chapitres, elle accorde une place prépondérante à la psychologie profonde des personnages, à leurs failles, leurs tourments, dans une atmosphère nostalgique propice aux flots des souvenirs qui les assaillent progressivement. C'est presque construit comme un thriller de l'intime pour découvrir le drame, l'événement qui a séparé les deux personnages et les a amenés à être ce qu'ils sont aujourd'hui.
    Pour autant, Zhang Yueran ne néglige pas les mouvements de l'histoire chinoise et on remonte son cours à travers les personnages des parents et grands-parents, Révolution culturelle comprise.

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    Couverture du livre « Le clou » de Zhang Yueran aux éditions Zulma

    Christlbouquine sur Le clou de Zhang Yueran

    Explorateurs de la rentrée littéraire 2019

    Quelle belle idée de traduire pour la première fois en France un roman de l’auteure chinoise Zhang Yueran.
    Ce récit plein de poésie et de nostalgie est extrêmement touchant et les deux personnages qui portent cette histoire sont magnifiquement...
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    Explorateurs de la rentrée littéraire 2019

    Quelle belle idée de traduire pour la première fois en France un roman de l’auteure chinoise Zhang Yueran.
    Ce récit plein de poésie et de nostalgie est extrêmement touchant et les deux personnages qui portent cette histoire sont magnifiquement incarnés.

    Le livre fait alterner les interventions de Li Jiaqi et de Cheng Gong. La première revient de Pékin pour assister aux derniers jours de son grand-père. Le second n’a jamais quitté leur village où il vit avec sa tante. Le récit les présente au moment où les deux amis d’enfance se retrouvent. Commence alors une longue conversation en va et vient entre les deux personnages, un échange durant lequel ils reviennent sur leur enfance mais aussi sur toutes ces années qu’ils ont vécu loin l’un de l’autre.

    La relation entre Li Jiaqi et Cheng Gong est évidemment au centre du livre. Une relation qui s’est construite, on le comprend très vite, sur la solitude que ressentaient les deux enfants à l’époque. Mais aussi sur un effroyable secret qui relie les deux familles et qui prend sa source lors de la Révolution culturelle lancée en 1966. Un secret dans lequel le clou du titre joue un rôle essentiel.

    Leurs vies d’enfants, même s’ils ne sont pas issus des mêmes milieux sociaux, sont très similaires. Élevés par leurs grands-parents, privés de l’amour de leurs parents, rêveurs et solitaires, ces deux âmes ne pouvaient que se rejoindre. Ils m’ont particulièrement touchée par leur soif d’amour qui se retrouve même dans leur vie chaotique d’adulte.
    Leurs façons de jouer ensemble lorsqu’ils étaient enfants, aussi étranges qu’elles puissent être, m’ont aussi amusée. Quels enfants passent leurs après-midis à l’hôpital auprès du grand-père de l’un d’eux qui est dans le coma et l’utilisent comme accessoire de jeu ?
    Tout n’est évidemment pas de cet ordre dans le roman. Et cette anecdote raconte surtout l’immense solitude de ces deux enfants, leurs états d’âme et leur immense fragilité face au monde des adultes peuplé de non-dits.

    Tout au long du roman leurs souvenirs se répondent au fil des chapitres, ils reviennent aussi sur leur vie d’adulte pour combler les trous de ce qu’ils ne savent pas l’un de l’autre. Cet échange est sans doute pour eux l’occasion de fermer la porte d’un passé douloureux pour pouvoir enfin avancer et se pardonner.

    Ce roman puissant est aussi l’occasion pour moi de mieux connaître la vie de la Chine à la fin du XXème siècle et l’évolution de ce pays.

    Zhang Yueran signe là un roman profond et ultrasensible, plein de mélancolie. Il s’agit pour moi d’une véritable rencontre et d’un coup de cœur. J’attends maintenant avec impatience les précédents romans de cette auteure, avec peut-être une traduction de Dominique Magny-Roux dont le travail me semble rendre parfaitement justice au texte de Zhang Yueran.
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    Avis 100 premières pages - explorateurs de la rentrée littéraire 2019

    J’ai eu bien du mal à m’extraire de ma lecture pour sacrifier au rituel de l’avis des 100 premières pages tant ce roman m’a happée dès les premières lignes.
    Petite confidence : j’aime beaucoup la littéraire chinoise et ce roman comble toutes mes attentes.

    Le livre s’ouvre sur l’intervention de Li Jiaqi, de retour de Pékin pour assister aux derniers instants de son grand-père. Le roman alterne ensuite entre les prises de paroles de cette jeune femme et de Cheng Gong, son compagnon de jeu d’enfance qui lui n’a pas bougé de leur village depuis toutes ces années.
    La poésie et la nostalgie contenues dans ce texte sont extrêmement émouvantes et me touchent quasiment à chaque page. L’alternance de ces deux voix qui se répondent et se racontent les années passées loin l’un de l’autre donnent un vrai rythme au récit.

    Je pressens que cet échange entre ces deux écorchés de la vie qui ont souffert d’un manque d’amour dans leur enfance va nous conduire au cœur d’un secret qui les relie, mais pour l’instant je n’ai pas deviné lequel. J’ai donc plus que hâte de me replonger dans les 575 pages de ce roman plein de sensibilité.

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