Yves Ravey

Yves Ravey
Yves Ravey est né à Besançon en 1953. Il a publié depuis 1992 seize ouvrages aux Editions de Minuit. Ses quatre derniers romans sont Enlèvement avec rançon (2010), Un notaire peu ordinaire (2013), La Fille de mon meilleur ami (2014) et Sans état d'âme (2015).

Avis (31)

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    Couverture du livre « Enlèvement avec rançon » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Dominique JOUANNE sur Enlèvement avec rançon de Yves Ravey

    Tragi-comédie bien noire comme Yves Ravey en a le secret de fabrication. Toujours ce besoin d’argent chez des gens ordinaires campés dans une France profonde et ces plans si simples qu’ils en semblent si naïfs mais ne le sont pas.
    L’écriture dépouillée est à l’image de l’idée qui germe dans...
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    Tragi-comédie bien noire comme Yves Ravey en a le secret de fabrication. Toujours ce besoin d’argent chez des gens ordinaires campés dans une France profonde et ces plans si simples qu’ils en semblent si naïfs mais ne le sont pas.
    L’écriture dépouillée est à l’image de l’idée qui germe dans des esprits sordides d’individus crédules, cupides et mesquins. Ici, un enlèvement avec rançon. Mais il y aura toujours un petit détail qui va faire vaciller les plans, faire dérailler ce qui est prévu et conduire à la spirale d’une chute inattendue bien qu’évidente et surtout révéler d’épaisses sous-couches.

    Après 20 ans passés en Afghanistan, Jerry retrouve son frère Max, comptable dans une entreprise d’emboutissage sise dans les montagnes près de la frontière suisse. Ces deux-là ne se sont jamais bien accordé mais ils vont s’entendre et s’unir dans un objectif très simple : enlever Samantha, la fille du patron de Max et récupérer une rançon d’un demi-million.

    « (…) j’ai compris que rien n’avait changé depuis son départ, il y a vingt ans. (…) il a demandé si j’étais toujours prêt à enlever la fille de mon patron qui ne répondait pas à mes avances, et j’ai fait oui de la tête. »

    L’arrière-plan social a la rugosité d’un patron sans empathie, boursoufflé de suffisance, qui ne paye pas ses ouvriers immigrés sans papiers et pour éviter toute rébellion il va les dénoncer et ils seront reconduits dans leurs pays respectifs puisque leurs familles les attendent là-bas. On va retrouver les ouvriers fidèles et qui n’hésiteront pas à jouer les gros bras et les cadres obéissants et soumis.

    Les descriptions vestimentaires, de décorations intérieures, de quartiers d’usine, de paysages, de véhicules, apportent une touche cinématographique à l’accent américain et accentuent le réalisme des différentes atmosphères magnifiquement illustrées.

    L’histoire va se tendre, chaque paragraphe étant un palier avec quelques informations nouvelles toutefois inquiétantes et nourri avec l’insinuation d’arrière-pensées qui vont alimenter l’intrigue.

    Personne n’est transparent. On va vite se retrouver en eaux troubles. Qui trompe qui ? Qui domine qui ? Et qui est qui ? Et qui fait quoi ?

    Mensonges et trahisons vont peu à peu dévoiler des esprits misérables et méprisables bien que Monsieur Ravey laisse toujours le lecteur à son propre opinion.
    Vingt ans d’Afghanistan et ses conséquences, un père qui aime sa fille, un employé qui a peur de perdre son job, un amoureux qui crève étriqué dans l’étroitesse de sa petite vie provinciale et qui rêve d’ailleurs, une jeune femme prête à tout pour fuir une soumission bourgeoise…. Tous sont fragiles…

    Yves Ravey sans jamais en juger, va gratter profondément dans l’âme humaine, à une vitesse tout schuss… et inquiétante.

    Yves Ravey nous offre un texte dont la sobriété apparente cache une adresse d’écrivain remarquable.
    Un travail d’orfèvre !

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    Couverture du livre « Le Drap » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Jean François SIMMARANO sur Le Drap de Yves Ravey

    La mort comme elle vient, insidieusement sur le lieu de travail, sur le lieu de vie parfois déjà triste à mourir. Roman court et social, "Le Drap" est remarquable de par son style dépouillé, son sens de l'économie des mots et de la puissance des phrases. La personnalité sobre et minimaliste des...
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    La mort comme elle vient, insidieusement sur le lieu de travail, sur le lieu de vie parfois déjà triste à mourir. Roman court et social, "Le Drap" est remarquable de par son style dépouillé, son sens de l'économie des mots et de la puissance des phrases. La personnalité sobre et minimaliste des personnages est en totale osmose avec ce style parfois cru, toujours juste. Comment ne pas voir l'influence d'Yves Rey sur des auteurs comme Pontus, Reverdy, Malte ou Viel.

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    Couverture du livre « Pas dupe » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Philippe DUVAL sur Pas dupe de Yves Ravey

    Un collier trop précieux
    A l'aube, la belle et riche californienne Tippi Meyer rate un virage et tombe au fond d'un ravin où elle perd la vie. Son mari Salvatore, le narrateur du roman, prévenu par la police arrive sur les lieux du drame, où se trouvent déjà l'amant de sa femme, l'assureur...
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    Un collier trop précieux
    A l'aube, la belle et riche californienne Tippi Meyer rate un virage et tombe au fond d'un ravin où elle perd la vie. Son mari Salvatore, le narrateur du roman, prévenu par la police arrive sur les lieux du drame, où se trouvent déjà l'amant de sa femme, l'assureur Kowalski, et l'inspecteur Costa chargé de l'enquête. Accident banal ou meurtre ? D'une écriture blanche, en phrases courtes, sans fioritures mais non sans subtilités, Yves Ravey tisse sa toile dans ce bref roman policier implacable au rythme lent. Il éclaire la psychologie des protagonistes par petites touches, mettant à jour leurs turpitudes, leurs lâchetés et leurs sentiments amoureux. L'histoire est aussi un hommage à la série télé "Columbo" dont elle s'inspire pour le comportement du héros faussement naïf, toujours prêt à clore l'enquête, mais en réalité terriblement accrocheur et retors. Quelques scènes ou noms de personnages évoquent des classiques du cinéma policier. Bref l'auteur s'amuse, pour notre plus grand plaisir, à suivre la ligne de crête entre la parodie et le roman noir sérieux, ce qui n'est pas une mince affaire.

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    Couverture du livre « Trois jours chez ma tante » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Dominique JOUANNE sur Trois jours chez ma tante de Yves Ravey

    « Trois jours chez ma tante », une des œuvres majeures d’Yves Ravey, traite l’histoire d’un héritage sordide…

    Chaque court paragraphe est comme une marche d’escalier qui monte en puissance et en colimaçon pour entortiller le lecteur du début à la fin. La signature singulière, inimitable et si...
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    « Trois jours chez ma tante », une des œuvres majeures d’Yves Ravey, traite l’histoire d’un héritage sordide…

    Chaque court paragraphe est comme une marche d’escalier qui monte en puissance et en colimaçon pour entortiller le lecteur du début à la fin. La signature singulière, inimitable et si personnelle d’Yves Ravey nous fait à nouveau plonger dans un polar/thriller qui n’en est pas mais qui en est, car le suspense est bien là compressé et tendu comme le ressort d’une boîte à diable. Bref, on n’en sort pas ! L’écriture sobre et sèche, aux mots chacun choisi et sans hasard, est des plus efficace.

    Une nouvelle information à chaque palier nous plonge dans une inquiétude grandissante. Yves Ravey nous présente toujours des gens ordinaires dans des histoires classiques. L’histoire est donc plausible mais sous sa plume, devient magnifiquement caricaturale. Les personnages somme toute assez banals, apparaissent au fil du texte et, avec des mots ci et là qui nous glissent des yeux, prennent la teinte de l’inquiétude, voire s’habillent de soupçon.
    Jamais les personnages d’Yves Ravey ne sont blancs comme neige. Toujours resurgissent de taiseux passés sulfureux, des vérités non dites, qui nous font soudain froncer le sourcil. Comme chez tout le monde, ils portent des fardeaux et leur lot de cupidité et de cruauté enfouis. Mis à nu, ils s’enlisent inexorablement dans le sordide.
    Et puis, il y a cet inévitable besoin de vengeance à assouvir au coin d’une page et qui finit par prendre toutes les pages comme une épée de Damoclès soudain sortie des lignes… Et ce fichu caillou dans la chaussure…

    Les romans d’Yves Ravey, ça ne se raconte pas. Ça se lit !

    La lecture est rapide car l’écriture est sèche et le rythme tape à la vitesse des sabots d’un cheval au galop. Et sur le dos de ce pur-sang de la littérature contemporaine, on s’inquiète de la chute …

    Bon… J’adore les livres d’Yves Ravey sans chercher à convaincre qui que ce soit.
    Entre les mains de cet exceptionnel forgeron de l’écriture, les âmes sont mises à nu, les destins sont inattendus, le sans issue perturbe des sentiments contrariés, l’extraordinaire s’entrelace à l’ordinaire, les façades trop lisses s’émaillent de fêlures oppressantes, l’argent est nerf du sordide, la vengeance moteur de l’ignominie, bref, Ravey c’est le metteur en scène d’un monde où tout le monde peut s’y retrouver… Les décors en toile de fond sont très réalistes du monde contemporain.

    Ce roman est écrit avec une plume à l’encre violette et acide qui, jusqu’à l’ébréchure, appuie là où ça fait mal, plantée au bout d’un stylo talentueux, voire luxueux, qui s’est vidé pour l’éternité…

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