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Yves Ravey

Yves Ravey
Yves Ravey est né à Besançon en 1953. Il a publié depuis 1992 seize ouvrages aux Editions de Minuit. Ses quatre derniers romans sont Enlèvement avec rançon (2010), Un notaire peu ordinaire (2013), La Fille de mon meilleur ami (2014) et Sans état d'âme (2015).

Avis sur cet auteur (33)

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    Couverture du livre « Pas dupe » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Chantal Lafon sur Pas dupe de Yves Ravey

    Tippi Meyer est morte dans un accident de voiture, en plus de la police le premier sur les lieux est l’assureur et amant de madame.
    Une fois de plus Yves Ravey joue avec ses lecteurs et va les mener par le bout du nez.
    La scène se met en place sous nos yeux, les images surgissent, les...
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    Tippi Meyer est morte dans un accident de voiture, en plus de la police le premier sur les lieux est l’assureur et amant de madame.
    Une fois de plus Yves Ravey joue avec ses lecteurs et va les mener par le bout du nez.
    La scène se met en place sous nos yeux, les images surgissent, les interrogations aussi :
    « Vous êtes un des premiers, monsieur Meyer, à venir sur les lieux, vous êtes son mari, et vous ignorez ce qu’elle allait faire dans la ville voisine, sur une route aussi dangereuse, si tôt le matin, curieux, non ? »
    Salvador Meyer cohabite avec son beau-père, qui n’a pas une très haute opinion de son gendre. Mais c’était une exigence de la belle Tippi.
    La première chose qu’il fait, est d’effacer les traces qui montrent que sa femme et lui vivaient séparés sous ce toit idyllique.
    Il clame haut et fort qu’il aimait sa femme et que sa mort ne lui rapporte rien puisque qu’il n’est qu’une pièce rapportée.
    « Je parle de Tippi, uniquement d’elle, et vous êtes là, à me narrer l’histoire d’un couple idéal, du cadre moyen, qui vit heureux dans sa belle villa avec piscine, sans souci aucun, ni d’argent, ni de couple. Voilà ce que je veux dire ! J’ai l’impression qu’il y a deux personnalités en vous monsieur Meyer : celle qui apparaît quand vous me racontez votre quotidien, combien vous aimez votre femme. Et, de l’autre côté, pardonnez-moi, j’aperçois une blonde platine, c’est le mot qu’il m’est arrivé d’entendre quand j’ai interrogé les habitués de l’établissement, un night-club que vous fréquentez tous les samedis, le Saïgon, où votre femme adore danser et jouer au billard. »
    L’inspecteur Costa enquête avec opiniâtreté façon Lieutenant Colombo ou bien inspecteur Morse.
    La voisine Gladys est bavarde, trop, beaucoup trop…
    Cela donne 140 pages de pur plaisir, d’une écriture fluide l’histoire se déroule comme le chat facétieux tire sur le fil de la pelote de laine.
    Ce roman est un bon cru. D’ailleurs il se déguste comme un bon vin, il est capiteux, charpenté, épanoui, équilibré, généreux, intense, nerveux et à déguster sans modération.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 22 janvier 2020.

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    Couverture du livre « Pas dupe » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Catherine Rechenmann Arrieutort sur Pas dupe de Yves Ravey

    un récit qui se lit tout seul , non sans faire penser à une enquête de Colombo donc évidemment bien menée , un agréable moment de lecture

    un récit qui se lit tout seul , non sans faire penser à une enquête de Colombo donc évidemment bien menée , un agréable moment de lecture

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    Couverture du livre « Enlèvement avec rançon » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Dominique JOUANNE sur Enlèvement avec rançon de Yves Ravey

    Tragi-comédie bien noire comme Yves Ravey en a le secret de fabrication. Toujours ce besoin d’argent chez des gens ordinaires campés dans une France profonde et ces plans si simples qu’ils en semblent si naïfs mais ne le sont pas.
    L’écriture dépouillée est à l’image de l’idée qui germe dans...
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    Tragi-comédie bien noire comme Yves Ravey en a le secret de fabrication. Toujours ce besoin d’argent chez des gens ordinaires campés dans une France profonde et ces plans si simples qu’ils en semblent si naïfs mais ne le sont pas.
    L’écriture dépouillée est à l’image de l’idée qui germe dans des esprits sordides d’individus crédules, cupides et mesquins. Ici, un enlèvement avec rançon. Mais il y aura toujours un petit détail qui va faire vaciller les plans, faire dérailler ce qui est prévu et conduire à la spirale d’une chute inattendue bien qu’évidente et surtout révéler d’épaisses sous-couches.

    Après 20 ans passés en Afghanistan, Jerry retrouve son frère Max, comptable dans une entreprise d’emboutissage sise dans les montagnes près de la frontière suisse. Ces deux-là ne se sont jamais bien accordé mais ils vont s’entendre et s’unir dans un objectif très simple : enlever Samantha, la fille du patron de Max et récupérer une rançon d’un demi-million.

    « (…) j’ai compris que rien n’avait changé depuis son départ, il y a vingt ans. (…) il a demandé si j’étais toujours prêt à enlever la fille de mon patron qui ne répondait pas à mes avances, et j’ai fait oui de la tête. »

    L’arrière-plan social a la rugosité d’un patron sans empathie, boursoufflé de suffisance, qui ne paye pas ses ouvriers immigrés sans papiers et pour éviter toute rébellion il va les dénoncer et ils seront reconduits dans leurs pays respectifs puisque leurs familles les attendent là-bas. On va retrouver les ouvriers fidèles et qui n’hésiteront pas à jouer les gros bras et les cadres obéissants et soumis.

    Les descriptions vestimentaires, de décorations intérieures, de quartiers d’usine, de paysages, de véhicules, apportent une touche cinématographique à l’accent américain et accentuent le réalisme des différentes atmosphères magnifiquement illustrées.

    L’histoire va se tendre, chaque paragraphe étant un palier avec quelques informations nouvelles toutefois inquiétantes et nourri avec l’insinuation d’arrière-pensées qui vont alimenter l’intrigue.

    Personne n’est transparent. On va vite se retrouver en eaux troubles. Qui trompe qui ? Qui domine qui ? Et qui est qui ? Et qui fait quoi ?

    Mensonges et trahisons vont peu à peu dévoiler des esprits misérables et méprisables bien que Monsieur Ravey laisse toujours le lecteur à son propre opinion.
    Vingt ans d’Afghanistan et ses conséquences, un père qui aime sa fille, un employé qui a peur de perdre son job, un amoureux qui crève étriqué dans l’étroitesse de sa petite vie provinciale et qui rêve d’ailleurs, une jeune femme prête à tout pour fuir une soumission bourgeoise…. Tous sont fragiles…

    Yves Ravey sans jamais en juger, va gratter profondément dans l’âme humaine, à une vitesse tout schuss… et inquiétante.

    Yves Ravey nous offre un texte dont la sobriété apparente cache une adresse d’écrivain remarquable.
    Un travail d’orfèvre !

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    Couverture du livre « Le drap » de Yves Ravey aux éditions Minuit

    Jean François SIMMARANO sur Le drap de Yves Ravey

    La mort comme elle vient, insidieusement sur le lieu de travail, sur le lieu de vie parfois déjà triste à mourir. Roman court et social, "Le Drap" est remarquable de par son style dépouillé, son sens de l'économie des mots et de la puissance des phrases. La personnalité sobre et minimaliste des...
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    La mort comme elle vient, insidieusement sur le lieu de travail, sur le lieu de vie parfois déjà triste à mourir. Roman court et social, "Le Drap" est remarquable de par son style dépouillé, son sens de l'économie des mots et de la puissance des phrases. La personnalité sobre et minimaliste des personnages est en totale osmose avec ce style parfois cru, toujours juste. Comment ne pas voir l'influence d'Yves Rey sur des auteurs comme Pontus, Reverdy, Malte ou Viel.