Yukio Mishima

Yukio Mishima

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Avis (8)

  • Couverture du livre « La mort en ete » de Yukio Mishima aux éditions Gallimard

    Palamede sur La mort en ete de Yukio Mishima

    La Mort en été rassemble dix nouvelles qui portent les obsessions de Mishima pour un Japon traditionnel et sa fascination pour la mort.

    La nouvelle qui donne le titre à l'ouvrage est celle qui m'a le plus fascinée. Mishima y raconte la mort d'un homme par seppuku et ses préliminaires. Un...
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    La Mort en été rassemble dix nouvelles qui portent les obsessions de Mishima pour un Japon traditionnel et sa fascination pour la mort.

    La nouvelle qui donne le titre à l'ouvrage est celle qui m'a le plus fascinée. Mishima y raconte la mort d'un homme par seppuku et ses préliminaires. Un passage qui possède une tension et intensité inouïes encore extrêmement vivantes dans mon esprit, des années après sa lecture.

    Une mort que Mishima a choisie pour lui-même, en la mettant en scène après un coup de force raté, une fin dont Marguerite Yourcenar, dans Mishima ou la Vision du vide paru en 1980, dit qu'elle est « l'une de ses œuvres et même la plus préparée de ses œuvres ».

  • Couverture du livre « Le pavillon d'or » de Yukio Mishima aux éditions Gallimard

    Astrid SHRIQUI GARAIN sur Le pavillon d'or de Yukio Mishima

    Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
    Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Éternel et muet ainsi que la matière.
    Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
    J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
    Je hais...
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    Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
    Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Éternel et muet ainsi que la matière.
    Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
    J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
    Les poètes, devant mes grandes attitudes,
    Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
    Consumeront leurs jours en d'austères études ;
    Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
    De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !
    Charles Baudelaire – la beauté.
    Qui mieux que Baudelaire pour faire raisonner la souffrance que symbolise le pavillon d'or aux yeux de Mizoguchi, le jeune prêtre bouddhiste ?
    Parloir ostentatoire du miroir. L'image le dévore et le repousse. Comment en serait-il autrement pour ce mal en être, ce bègue, cet infirme du langage qui n'est pourtant pas informe de tout langage. Cette beauté, cette architecture merveilleuse, est un rappel à l'ordre constant à son propre désordre.
    Lui qui s'obstine à se voir en égale distance n'entend qu'une réponse d'injures et de reproches.
    Sa laideur n'existe que dans l'éblouissement retentissant de la Beauté. Comme la nuit face au jour. Comme la cendre face au feu. Voilà peut-être la plus frappante illustration de l'intelligence du mal. Détruire, anéantir, pour espérer renaître. Et sous la plume flamboyante de Mishima cela devient terrifiant. Sublimement simple et véritablement terrifiant. Voilà la folie destructrice d'un fanatisme narcissique. Tant que la beauté se dressera, la laideur rampera. Tant que la beauté éclatera, la laideur bafouillera. La laideur reste impuissante, quoiqu'elle tente elle restera insuffisante. Et c'est avec une incroyable délicatesse que Mishima tresse et détresse cette ode poétique qui s'enroule et se resserre autour de l'âme du jeune prête. Volupté, perversité, lèchent les portes du pavillon d'or jusqu'à son embrasement. Entre les mains de Mishima douleur, plaisir et destruction s'entremêlent et brûlent comme du souffre.
    Une écriture étincelante comme la lame d'un sabre.

  • Couverture du livre « Une soif d'amour » de Yukio Mishima aux éditions Gallimard

    Isabelle PURALLY-BOISSEL sur Une soif d'amour de Yukio Mishima

    Plus qu’une ou des histoires d’amour ce roman est plutôt le roman de la jalousie.
    Etsuko est une femme de la ville, peu chagrinée à la mort de son mari elle s’installe chez Yakichi son beau-père dont elle devient rapidement la maîtresse.
    Yakichi, le patriarche, ancien industriel à la retraite,...
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    Plus qu’une ou des histoires d’amour ce roman est plutôt le roman de la jalousie.
    Etsuko est une femme de la ville, peu chagrinée à la mort de son mari elle s’installe chez Yakichi son beau-père dont elle devient rapidement la maîtresse.
    Yakichi, le patriarche, ancien industriel à la retraite, attaché à ses racines paysannes règne sur sa maisonnée auprès de ses fils, belles-filles et domestiques.
    Peu à peu Etsuko va tomber éperdument amoureuse de Saburo, le beau jardinier et sera prête à tour pour arriver à ses fins.
    Dans une langue somptueuse Mishima brosse une peinture sans concession de la société rurale d’après-guerre.
    Toute la beauté de ce roman réside dans la description minutieuse des personnages, Mishima réussi là une galerie de portraits saisissants de réalisme.

  • Couverture du livre « Le pavillon d'or » de Yukio Mishima aux éditions Gallimard

    Sandrine Fernandez sur Le pavillon d'or de Yukio Mishima

    En 1950,à Kyoto, un jeune novice met le feu au Pavilllon d'or, le temple le plus célèbre de la ville. C'est de ce drame, qui a bouleversé le Japon, qu'est parti Yukio MISHIMA pour raconter l'histoire romancée de Mizogushi, le jeune moine incendiaire. Mais au-delà du fait divers, l'écrivain...
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    En 1950,à Kyoto, un jeune novice met le feu au Pavilllon d'or, le temple le plus célèbre de la ville. C'est de ce drame, qui a bouleversé le Japon, qu'est parti Yukio MISHIMA pour raconter l'histoire romancée de Mizogushi, le jeune moine incendiaire. Mais au-delà du fait divers, l'écrivain relate le parcours psychologique d'un garçon torturé, complexé par sa laideur et son bégaiement, obsédé par la Beauté dont le Pavillon d'or est, à ses yeux, la forme la plus pure. De son enfance pauvre dans un Japon dévasté et humilié par la deuxième guerre mondiale, aux côtés d'une mère adultère et d'un père bonze qui lui a transmis son amour immodéré pour le temple sacré, à son arrivée au Pavillon pour y être novice, recueilli par le prieur à la mort de son père, on découvre un jeune homme qui peu à peu sombre dans la folie, jusqu'à commettre l'irréparable.

    Les mots sont trop faibles pour parler de toute la beauté et la poésie de ce texte magistral. Yukio MISHIMA, sans juger, sans prendre parti, décrit le parcours initiatique d'un jeune homme qui fut son contemporain. Laid et bègue, Mizogushi aurait pu composer avec ses handicaps, s'épanouir dans l'ombre de l'objet de son amour et pourquoi pas un jour devenir le prieur de ce lieu sacré. Son amitié avec le lumineux Tsurukawa, novice comme lui, l'encourage dans ce sens. Mais c'est le sombre Kashiwagi, élève dans le même lycée que lui, qui va dévoiler sa noirceur et sa perversité. Poussé par ce mauvais génie, Mizogushi s'éloigne du prieur et s'enlise dans la dépravation. Symbole du Beau, donc de ce qu'il n'est pas et se sera jamais, le Pavillon d'or devient l'objet d'un amour/haine jusqu'à ce que ses réflexions le conduisent à l'idée selon laquelle c'est ce Beau absolu qu l'empêche de vivre. A-t-il déjà été plus laid, physiquement et dans son coeur, ailleurs que près de ce temple prodigieux? Non, et c'est pourquoi il lui faudra le détruire pour enfin pouvoir s'intégrer à la vie, dans un monde débarrassé de ce rappel constant de la beauté.
    Un roman au ton juste qui appelle maintes réflexions sur le le beau, le bien, le mal et la folie. A lire évidemment, pour la fine analyse psychologique de l'incendiaire et les très sensuelles descriptions de ce lieu hors du commun posé dans un superbe écrin naturel.

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