Yann

Yann
Né en 1954, Yann est à la fois scénariste et dessinateur. Il débute en 1974 dans « Spirou », puis dès 1978 crée « Les Innomables » avec Conrad. Talentueux et prolifique, il signe (parmi tant d'autres) : « Bob Marone » avec Conrad, « La Patrouille des Libellules » et « Lolo et Sucette » avec Hardy... Voir plus
Né en 1954, Yann est à la fois scénariste et dessinateur. Il débute en 1974 dans « Spirou », puis dès 1978 crée « Les Innomables » avec Conrad. Talentueux et prolifique, il signe (parmi tant d'autres) : « Bob Marone » avec Conrad, « La Patrouille des Libellules » et « Lolo et Sucette » avec Hardy, « Sambre » avec Yslaire, sous le pseudonyme de Balac, « Les Exploits de Yoyo » avec Le Gall, « Nicotine Goudron » avec Bodart, « Pin-Up » avec Berthet, En 1996, il reprend le scénario de « Lucky Luke » en duo avec Léturgie... Yann est un auteur qui aborde tous les genres avec une exigence rare.

Articles en lien avec Yann (1)

  • Où en sont les grandes sagas de bande dessinée ?
    Où en sont les grandes sagas de bande dessinée ?

    Dilemme récurrent chez les éditeurs et les auteurs de bande dessinée : la conclusion d’une grande série s’impose-t-elle ? La question peut se poser en ce mois de novembre, alors que Lewis Trondheim met un point final à sa « jeune » saga, « Ralph Azham ». L’auteur de la série « Donjon » clôt avec ce 7e tome sa parodie d’heroic fantasy animalière et polissonne : la mue du héros y est achevée dans un combat final à l’intérêt limité, si ce n’est de proposer un aboutissement au lecteur. 

Avis sur cet auteur (11)

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    Couverture du livre « Dent d'ours T.3 ; Werner » de Yann et Alain Henriet aux éditions Dupuis

    Miguel Aupresdeslivres sur Dent d'ours T.3 ; Werner de Yann - Alain Henriet

    les auteurs ne concluent pas l'histoire avec ce tome 3. Ils ont décidé de poursuivre l'aventure avec un nouveau cycle. Il y aura des réponses, mais pas toutes. Cela m'a un peu déçu.

    Ce troisième tome s'attache au personnage de Werner. Hannah, accompagnée de Werner / Max, s'entraîne pour une...
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    les auteurs ne concluent pas l'histoire avec ce tome 3. Ils ont décidé de poursuivre l'aventure avec un nouveau cycle. Il y aura des réponses, mais pas toutes. Cela m'a un peu déçu.

    Ce troisième tome s'attache au personnage de Werner. Hannah, accompagnée de Werner / Max, s'entraîne pour une dernière mission secrète. L'album suit la même structure que les précédents. Il mélange toujours personnages et événements réels et fictifs. On y voit la fin du IIIe Reich et l'état de la ville de Berlin en ce mois d'avril 1945. Il y a quelques flashbacks qui font la lumière sur ce qui est arrivé à Max et Werner dans leur jeunesse. Il y a aussi quelques informations sur le triangle amoureux que formaient les trois enfants.

    Le personnage d'Hannah m'est toujours antipathique. Elle reste ancrée sur ses positions. Werner est taciturne, en retrait. On ne sait pas trop ce qu'il pense.
    Le récit est aussi rythmé qu'auparavant. L'aviation y tient encore une place importante, mais pas centrale. Pourtant, j'ai ressenti de la lassitude à la lecture de ce volume. À part un rebondissement important au cours de l'album, je n'ai pas eu l'impression d'avancer.

    Le dessin reste classique. Le travail effectué sur les avions est très précis. L'ambiance sombre, tendue est bien rendue par les couleurs employées.

    http://www.aupresdeslivres.fr/Dent-d-ours-T3-Werner-de-Yann-et-Alan-Henriet

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    Couverture du livre « Dent d'ours T.2 ; Hanna » de Yann et Alain Henriet aux éditions Dupuis

    Claude Stas sur Dent d'ours T.2 ; Hanna de Yann - Alain Henriet

    Un deuxième tome qui tient les promesses du premier. Nous retrouvons la Silésie sous un épais manteau de neige, et ses habitants coincés entre collaboration et résistance. Nous retrouvons nos trois protagonistes avec un projecteur braqué tout spécialement sur Hanna, jeune femme superbe mue par...
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    Un deuxième tome qui tient les promesses du premier. Nous retrouvons la Silésie sous un épais manteau de neige, et ses habitants coincés entre collaboration et résistance. Nous retrouvons nos trois protagonistes avec un projecteur braqué tout spécialement sur Hanna, jeune femme superbe mue par un fanatisme désabusé. Il est vrai que les troupes hitlériennes essuient revers sur revers sur le front russe. Aussi est-il temps de tester la nouvelle arme secrète du Führer ! En effet, les ingénieurs nazis ont mis au point une nouvelle version du V1 avec cockpit et pilote, pour mieux cibler les objectifs. Hannah est chargée de la formation des pilotes. Mais sait-elle que Max est face à elle ?
    D'autre part, plusieurs flash-back nous expliquent l'origine des dents d'ours porte-bonheur, dans des scènes hallucinantes pendant lesquelles Hanna, enfant, révèle la femme qu'elle deviendra.
    Le scénario se fait plus adulte, prouvant qu'aucune guerre n'est propre. Et la réussite graphique est toujours au rendez-vous. Vivement le troisième tome !

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    Couverture du livre « ESKIMO » de Yann aux éditions Lombard

    Claude Stas sur ESKIMO de Yann

    Quel jubilation de retrouver nos deux prêtres catholiques, Odilon Verjus et Laurent de Boismenu, envoyés en mission d’évangélisation chez les Inuit (les Eskimo du titre). Sur le « Pourquoi Pas ? », sous le commandement de Jean-Baptiste Charcot, arrive sur la banquise le cardinal Golias, 1 m 20...
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    Quel jubilation de retrouver nos deux prêtres catholiques, Odilon Verjus et Laurent de Boismenu, envoyés en mission d’évangélisation chez les Inuit (les Eskimo du titre). Sur le « Pourquoi Pas ? », sous le commandement de Jean-Baptiste Charcot, arrive sur la banquise le cardinal Golias, 1 m 20 au garrot, avec un lot d’oriflammes, de bibles et d’images pieuses à distribuer aux païens des terres ( !) glacées. Mais il vient également rendre un vibrant (et très démonstratif) hommage aux martyrs des temps modernes : les pères Combaluzier et Roux. Le cardinal se révèle très vite intégriste, raciste, revanchard et complètement obtus jusqu’à friser le ridicule. Il charge donc les deux missionnaires de retrouver le meurtrier des deux prêtres et de faire justice, tout en convertissant ces « peuplades » restées trop longtemps loin du giron de l’Eglise catholique romaine. Hors de question de les laisser céder aux avances des parpaillots. Lors de leurs pérégrinations en compagnie de Grand’mère, un homme noir élevé par les Eskimo, ils rencontreront Leni Riefenstahl, l’actrice favorite d’Hitler en plein tournage et décrocheront une invitation à Berlin de la bouche même de la belle. Enfin, ils se frotteront au vilain chaman, responsable de toute cette boucherie.
    Toujours cet humour complètement décalé, avec moins de jeux linguistiques que dans le premier volume. Mais il joue toujours sur les références religieuses avec encore plus d’irrévérence dans cette histoire-ci, ce qui est tout à fait normal avec un personnage aussi haut en couleurs que le cardinal Golias, sorte de roquet teigneux, quintessence du fanatisme religieux. De plus, si dans « Papous », l’histoire surfait sur les clichés du cinéma hollywoodiens, « Eskimo » fait référence à ceux des récits d’explorateurs et des romans d’aventures, comme ceux de Roger Frison-Roche ou, dans une moindre mesure, de Jack London. Ainsi quand Laurent de Boismenu a les mains collées à son arme par le froid, Odilon Verjus use, pour les décoller, d’un procédé que tout bon conducteur masculin connaît pour pouvoir utiliser la serrure de sa voiture. Tout est de cet acabit ! Ce n’est ni politiquement correct, ni radicalement anticlérical car, une fois de plus, le lecteur nourrit une réelle sympathie pour ces deux hommes à nouveau plongés dans un milieu hostile (enfin, hostile pour deux prêtres en soutane).
    Et cette fois encore, le scénario est bâti sur des lectures bien documentées : la chasse, les bateaux, les attelages de chiens, la gastronomie (enfin, si je peux appeler cela de la gastronomie), les rites de passage et les religions, les rapports sociaux, tout est exact mais est seulement amené à la limite du ridicule, ce qui occasionne bien des fous rires. Calembours, gags à répétitions, humour scatologique (par petites touches, je vous rassure) mettent ce troisième tome de la série un cran au-dessus du précédent, en étant un peu plus trash !

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    Couverture du livre « Le Spirou de... ; la femme léopard t.1 » de Yann et Schwartz aux éditions Dupuis

    Claude Stas sur Le Spirou de... ; la femme léopard t.1 de Yann - Schwartz

    Bruxelles en 1946. On paie toujours ses frites « Chez Bertje » avec des tickets de rationnement. le Congo est toujours belge, et les touristes américains découvrent l'Europe, sous un soleil torride. Spirou, toujours groom au Moustic Hôtel, noie ses déceptions amoureuses dans l'alcool. Pendant...
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    Bruxelles en 1946. On paie toujours ses frites « Chez Bertje » avec des tickets de rationnement. le Congo est toujours belge, et les touristes américains découvrent l'Europe, sous un soleil torride. Spirou, toujours groom au Moustic Hôtel, noie ses déceptions amoureuses dans l'alcool. Pendant que Fantasio écoute « les Zazous » et tente de comprendre l'existentialisme, sur les toits de la capitale, une femme-léopard et de massifs robots se poursuivent. Ailleurs, d'anciens nazis, spécialistes de l'uranium, sont au cœur d'un coup d'état en Afrique. La clef de tout cela est-elle dans un double fétiche à clous (un Koso) ?
    Ainsi jetés sur le papier, les éléments de cette nouvelle aventure de Spirou semblent bien disparates et pourtant, cela fonctionne très bien. A la vitesse supérieure même. Une des grandes qualités de cette série (d'autres, plus nostalgiques que moi, diront un défaut) est qu'elle a connu, au fil des années, différents auteurs et dessinateurs aves des bonheurs plus ou moins heureux. Ainsi il existe une série parallèle à la série initiée par Franquin, elle s'appelle « le Spirou de … » ; elle devait, au départ, n'être composée que de one-shots mais les différents tomes précédents ayant connu un succès bien plus qu'honorable, l'éditeur a décidé de renouveler sa confiance dans le duo Yann-Scwartz. Voici donc la suite de « le Groom vert-de-gris ».
    Yann (1954) est souvent qualifié de scénariste drôle, cynique, féroce, romantique à l'occasion, érudit, féru d'Histoire, curieux de tout. Ce qui explique très probablement la diversité de son inspiration (de « Bob Marone » aux « Innommables », de « XIII Mystery » » à « Dent d'ours », de « la Tigresse blanche » aux « Hauts de Hurlevent » d'après Emily Brontë). Quant à Olivier Schwartz (1963), souvent comparé au très regretté Yves Chaland, il est un des dessinateurs les plus inventifs (les mises en page), des plus vivaces mais également des plus raffinés. Parfait, pour ce premier tome, où nous retrouvons aussi bien Bruxelles que Paris ou Anvers. Parfait pour croquer quelques figures culturelles de l'époque : Jean-Paul Sartre et son Castor (Simone de Beauvoir), Boris Vian et sa trompette, Juliette Gréco et son nez … Parfait pour nous proposer une sculpturale femme-léopard, croisement improbable entre Skin de Skunk Anansie et Grace Jones. Bref, graphiquement séduisant.
    Un autre aspect, tout aussi séduisant, mais plus personnel, est que les dialogues sont truffés de mots propres au patois bruxellois. Il y a bien sûr tous ces jurons mais également « brol » (bric-à-brac), « zinneke » (chien bâtard) ou « frituur » (friterie). Et le parcours est émaillé de références visuelles : il y a même la citation d'un personnage de Tintin. Un hommage très certainement ! Pour un personnage très lisse par un personnage qui l'est de moins en moins, ce qui le rend de plus en plus passionnant.