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Xavier Durringer

Xavier Durringer
Xavier Durringer est dramaturge et cinéaste. Son dernier film, La Conquête, a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes. Ses pièces, publiées aux éditions Théâtrales et montées sur les scènes les plus prestigieuses (La Comédie-Française, le Théâtre de la Ville, le Théâtre de la C...
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Xavier Durringer est dramaturge et cinéaste. Son dernier film, La Conquête, a été présenté en sélection officielle au festival de Cannes. Ses pièces, publiées aux éditions Théâtrales et montées sur les scènes les plus prestigieuses (La Comédie-Française, le Théâtre de la Ville, le Théâtre de la Colline, le festival in d’Avignon), sont traduites en 23 langues et jouées dans plus de 35 pays. Sfumato est son premier roman.

Articles en lien avec Xavier Durringer (1)

Avis sur cet auteur (18)

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    Couverture du livre « Sfumato » de Xavier Durringer aux éditions Le Passage

    Mireille B sur Sfumato de Xavier Durringer

    Explo lectrice - Halte page 100

    L’opportunité d’un petit héritage laisse entrevoir à Raphaël un possible changement dans sa vie d’errance. Il s’installe au 1 passage de la Main d’Or, dans un appartement- couloir qui aurait pu lui garantir un peu de stabilité hors de la rue. Un toit, une vie...
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    Explo lectrice - Halte page 100

    L’opportunité d’un petit héritage laisse entrevoir à Raphaël un possible changement dans sa vie d’errance. Il s’installe au 1 passage de la Main d’Or, dans un appartement- couloir qui aurait pu lui garantir un peu de stabilité hors de la rue. Un toit, une vie débridée où quelques substances compensent l’instabilité, le mal-être, puis Madeleine, ex mannequin, complètement cramée ! Son père est écrivain, Raphaël écrit lui aussi…
    Son métier de cinéaste, Xavier DURRINGER, le transpose dans ce roman par un dialogue permanent.
    Le vocabulaire est celui de la rue, du désoeuvrement, cru, proche de la vulgarité.
    C’est un style que je n’apprécie guère, mais qui a le mérite de bien situer le contexte.

    L’histoire ne fait que commencer…


    CHRONIQUE
    Une vie de galère, sans emploi pérenne, sans domicile fixe, accroc de la drogue, Raphaël a raté l’ascenseur de la vie sociale. Les filles, le sexe, sont ses bouées de sauvetage qui dérivent une à une… Un souffle d’espoir parfois, comme ce petit héritage qui lui permet d’acquérir un appartement-couloir au 1 passage de la Main d’Or. Une telle adresse pourrait être le signe d’une éclaircie !? Cette galère n’obère pas le goût de Raphaël pour le théâtre, la musique, l’écriture qui lui permettent de faire émerger quelques talents et de vivre a minima.
    Au café où il s’arrête quotidiennement, il rencontre Viktor, vieux juif russe, ancien conseiller de la Maison Blanche. Il est subjugué par tant de culture, tant de questionnements, tant d’assertions et de révélations incroyables. Viktor devient son maître à penser. Il veut lui démontrer que tout ce que nous voyons est superficiel, la vérité il faut la décoder, rien n’est dû au hasard. « Il n’y a pas de hasard sans cause », comme ce que le sfumato a permis à Léonard de Vinci de dissimuler en peignant La Joconde… Raphaël s’investit, il découvre lui-même d’autres secrets. Mais comment cette interrogation permanente, la remise en cause de tout, la boulimie du décodage, ce phénomène d’émergence des doutes vont-ils agir sur sa vie ? Va-t-il devoir choisir entre sa vie de marginal zonard ou celle de marginal intellectuel ?
    Xavier DURRINGER transpose ses talents de cinéaste et de metteur en scène au bénéfice de ce roman. Par le jeu d’un dialogue quasi permanent, les personnages sont acteurs et animent l’histoire. Derrière les dialogues pas besoin de mobiliser mon imagination, les personnages, je les vois : les marginaux, voisins de Raphaël, Simon son copain de galère, déjanté, avec son frère complètement cramé par les herbes, Madeleine l’ex mannequin… et Viktor le mystérieux.
    D’un vocabulaire gouailleur, cru, vulgaire, celui de la Main d’Or, Raphaël arrive à coller à celui de Viktor, celui de la connaissance, des arts.
    Je me suis laissée happer par cette histoire, j’ai souri, j’ai même rit à la lecture de certains dialogues, j’ai eu aussi la larme à l’œil, mais bien loin de tomber dans le pathos. Ce roman est une belle découverte et j’espère qu’on en reparlera !

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    Couverture du livre « Sfumato » de Xavier Durringer aux éditions Le Passage

    Cassandre Drd sur Sfumato de Xavier Durringer

    J’ai adoré Sfumato ! Quelle belle surprise !
    J’avais peur de lire ce roman pour deux raisons. La première est que la couverture ne me plaisait vraiment pas et ça, ça joue beaucoup sur mon envie de lire un livre. La seconde est que le roman fait 350 pages et rien n’est plus désagréable que de...
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    J’ai adoré Sfumato ! Quelle belle surprise !
    J’avais peur de lire ce roman pour deux raisons. La première est que la couverture ne me plaisait vraiment pas et ça, ça joue beaucoup sur mon envie de lire un livre. La seconde est que le roman fait 350 pages et rien n’est plus désagréable que de se forcer à lire quelque chose de long et laborieux (surtout avec une couverture que l’on n’aime pas). Bref, j’ai commencé ce roman sur un mauvais pied.
    Erreur ! Je ne sais pas comment l’auteur a fait mais j’ai été aspirée dans l’univers de Raphaël dès le deuxième chapitre !

    Sfumato, c’est l’histoire de Raphaël un jeune homme sain d’esprit qui est entouré de gens qui ne le sont pas. On le rencontre lorsqu’il emménage au I passage de La Main d’Or, un nom qui lui semble être de bon augure pour une nouvelle vie, malheureusement pour lui. Sa vie suit son cours avec son meilleur ami Simon et ses multiples rencontres improbables, jusqu’au jour où il se rend au café du coin et rencontre Viktor, un vieil homme fascinant. Ce dernier va en effet changer sa vision du Monde à tout jamais.

    Ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est la narration. On se retrouve dans les pensées de Raphaël, le protagoniste de Sfumato. Et quelles pensées ! J’ai totalement adhérée à l’état d’esprit initial du jeune homme, nonchalant, direct, un bon connaisseur et fumeur de cannabis qui se laisse vivre sans se prendre la tête en sommes.
    Le langage utilisé tout au long du récit, que ce soit dans la narration ou les dialogues était exactement comme je l’aime et comme j’aimerais en lire plus souvent ! Ici, pas de chichi, c’est direct, parfois très cru, mais subsiste toujours une certaine poésie qui m’a vraiment séduite. Le langage évolue et varie selon les situations à la perfection. Je pense que ça joue dans l’implication du lecteur dans le récit. Je me sentais vraiment en compagnie de véritables personnes, pas dans un roman où l’on sent que le vocabulaire est volontairement et constamment recherché au point que c’en devient insipide et pompeux. Bref, la langue française est ici utilisée d’une manière totalement moderne et agréable, j’en suis très satisfaite !

    Dans les deux premiers tiers du roman, on attend avec impatience de se faire embarquer dans la vie peu banale de Raphaël. On se laisse transporter par le narrateur du présent au passé avec aisance. Certains chapitres se présentent comme des digressions des chapitres précédents et ainsi de suite, évoquant des souvenirs que l’on happe avidement, pour combler notre connaissance des personnages.

    Les personnages en question, outre Raphaël, sont tous complètement dingues ! Simon, le meilleur ami de Raphaël est hilarant. J’ai ri plein de fois grâce à lui et ses plans que l’on peut largement qualifier de « foireux ». Il est la parfaite représentation du type cru et romantique, un curieux mélange très enthousiasmant. Ses histoires de femmes, de canapé blanc, ses embrouilles multiples et sa relation avec Pascal, son frère junkie, tout m’a plu chez lui. Si la persévérance peut être présentée comme une qualité, la sienne reflète simplement la bêtise à l’état pur lorsqu’il est question d’une personne de sexe féminin. On oscille entre le rire et la pitié lorsqu’il tente de renouer par tous les moyens avec sa femme Sandy, qu’il connait depuis deux semaines. Il est aussi drôle que touchant.

    Les voisins de Raphaël valent également leur pesant d’or au niveau de la loufoquerie. Gilbert et « Tétines en chocolat » comme il les appelle sont deux résidents qui habitent l’autre côté de la cloison de l’appartement de Raphaël et qui vivent en hôpital psychiatrique de jour. Vous vous imaginez donc rapidement qu’ils provoqueront des situations plus folles les unes que les autres, drôles et carrément angoissantes par moment.

    Les vingt deux premiers chapitres présentent grosso modo la première partie du résumé. C’est-à-dire les tribulations de Raphaël avec ses compagnons de route tous aussi dingues les uns que les autres. Dès le vingt-troisième chapitre, on sent qu’on va plonger dans un tout autre univers.

    A partir de là, on entre dans la deuxième partie du résumé. On fait plus ample connaissance avec « Monsieur le Président », Viktor, un vieux juif russe et l’on sent qu’il va changer la vie de Raphaël à tout jamais.
    C’est un personnage particulièrement énigmatique qui intrigue immédiatement. De sa prestance à ses démonstrations intellectuelles, il nous attire comme un aimant et l’on souhaite véritablement en découvrir plus sur cette personnalité mystérieuse. Il provoque une immense incertitude dès le début, un certain malaise même. Je n’arrêtais pas de me dire « Mais c’est pas possible, il fait partie d’une secte ou il sort d’un HP lui aussi ? ». On le prend pour un fou au commencement pour ensuite se sentir attiré dans ses filets et presque gober tout ce qu’il raconte. C’est un personnage fascinant dont les discours nous subjuguent autant qu’ils nous embrouillent. J’avoue avoir parfois hésité entre l’envie de lire avec intérêt ce qu’il démontrait ou le secouer pour lui dire d’arrêter de nous ensevelir d’explications étymologiques sans queue ni tête. Ce vieil homme est étrange et on a en premier lieu le sentiment profond qu’il cherche absolument à endoctriner Raphaël dans une cause obscure. Il paraît suspect, il a réponse à tout, il trouve des explications folles à des choses qui ne paraissent pas valoir la peine d’être approfondies, comme l’alphabet par exemple. Viktor spécule tellement et de manière si éloquente que nous, lecteurs, en viendrions presque à croire à ses idées.

    On avance donc avec nos personnages et on se dit « Quand même… Pourquoi Sfumato comme titre ? Je ne vois pas le sens de ce titre… ». Et viens le chapitre trente cinq où ce mot est écrit pour la première fois. L’ambiance à partir de ce moment change totalement. On a l’impression d’entrer dans une atmosphère conspirationniste, c’est très étrange.

    « Etrange » est d’ailleurs le mot qui résume le livre. Etrange dans le sens positif du terme à mon sens, fascinant. Le sujet est original, la manière dont est écrit le roman est originale, tous les personnages sont originaux (je n’ai jamais rencontré de personnages comme Simon et Raphaël, si bien construits et pourtant j’en ai lu des romans !), on n’a pas le temps de réfléchir qu’on se fait retourner le cerveau encore et encore. Ce roman ne rentre dans aucune catégorie, il est fou, extrêmement bien mené et ficelé, tout est super. Je conclurais finalement en affirmant que ce roman est vraiment génial !