Wendy Guerra

Wendy Guerra

Wendy Guerra naît à La Havane en 1970. Poète, romancière, cinéaste, cette jeune femme formée aux ateliers d’écriture de Gabriel García Márquez incarne un renouveau de la littérature cubaine et a été de nombreuses fois primée. En France, elle a publié quatre romans Tout le monde s’en va (Stock, 20...

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Wendy Guerra naît à La Havane en 1970. Poète, romancière, cinéaste, cette jeune femme formée aux ateliers d’écriture de Gabriel García Márquez incarne un renouveau de la littérature cubaine et a été de nombreuses fois primée. En France, elle a publié quatre romans Tout le monde s’en va (Stock, 2008), Mère Cuba (Stock, 2009), Poser nue à La Havane (Stock, 2010) et Negra (Stock, 2014), tous largement salués par la critique et le public.

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Avis sur cet auteur (8)

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    Couverture du livre « Poser nue à la havane » de Wendy Guerra aux éditions Lgf

    Bruit de Papier sur Poser nue à la havane de Wendy Guerra

    https://bruitdepapier.wordpress.com/2017/10/15/poser-nue-a-la-havane-anais-nin-a-cuba-wendy-guerra/

    https://bruitdepapier.wordpress.com/2017/10/15/poser-nue-a-la-havane-anais-nin-a-cuba-wendy-guerra/

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    Couverture du livre « Un dimanche de révolution » de Wendy Guerra aux éditions Buchet Chastel

    STEPHANE BRET sur Un dimanche de révolution de Wendy Guerra

    La littérature d’un pays peut révéler, d’une manière convaincante et efficace, les réalités de la société décrite par ses auteurs, ses blocages, ses drames, ses souffrances. C’est le cas de Cuba, pays de l’espérance révolutionnaire tiers-mondiste dans les années soixante, puis le théâtre d’un...
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    La littérature d’un pays peut révéler, d’une manière convaincante et efficace, les réalités de la société décrite par ses auteurs, ses blocages, ses drames, ses souffrances. C’est le cas de Cuba, pays de l’espérance révolutionnaire tiers-mondiste dans les années soixante, puis le théâtre d’un développement inexorable de la répression vis-à-vis de ceux qui « pensent autrement », les dissidents .Roberto Ampuero avait fort bien décrit la perversion des idéaux de l’origine dans son roman « Quand nous étions révolutionnaires. » Zoe Valdès avait évoqué cette situation de l’artiste confronté aux limitations de sa liberté d’écrire dans « Chasseuse d’astres »

    Dans Un dimanche de révolution, Wendy Guerra reprend cette thématique, celle de la situation de l’artiste, de son identité face à un régime hostile, omniprésent, s'immisçant sans cesse dans la vie privée des citoyens, au point de l’anéantir ou de la rendre très illusoire.
    Cleo est une poétesse, une romancière d’origine cubaine, elle cherche la reconnaissance littéraire mais ne l’obtient guère. Elle est en permanence la proie du soupçon : celui des exilés cubains, qui la prennent pour un sous-marin du régime, et celui des Cubains de l’intérieur, restés dans l’île pour des raisons d’opportunisme, de conformité intellectuelle « Ils voulaient un final épique, dans le style soviétique, car c’était leur référence même s’ils la repoussaient, la niaient et la déchiquetaient dans leurs gestes quotidiens ; telle était leur formation : soviétique. »

    Ce qui est magistralement décrit, ce sont les états psychologiques par lesquels passe l'héroïne : la solitude, la paranoïa provoquée par une surveillance bien réelle et des perquisitionne répétées de son domicile, les interrogations sur son œuvre littéraire .Pour qui écrit-on ? Au nom de quoi ? Les passages les plus émouvants concernent ce qui anéantit l’identité, la personnalité, la singularité des individus : « Ce mépris, cette posture collective kaki glorifiée et pérenne brevette la virilité et l’uniformité (…) écrasant ainsi tout soupçon d’individualité, de délicatesse, touche personnelle ou clin d’œil d’indépendance visuelle. » Mais ce roman va plus loin encore, il se poursuit par une révélation faite à Cleo par l’un des ses amis Geronimo Martines, un acteur originaire du Nicaragua .Cet aveu concerne ses liens de paternité, elle ne serait pas Cleopatra Alexandra Perdiguer mais la fille de mauricien Antonio Rodriguez né à Washington DC aux États-Unis ! S’ensuit une nouvelle interrogation pour Cleo : qui est-elle ? Américaine, Cubaine ? Elle va trouver la solution dans le départ de Cuba mais elle ressent immédiatement le déchirement de l’exil : « Nous avons décollé .Je sentais Cuba se détacher progressivement de mon corps, mon âme tenter de soutenir la terre(…) Sans Cuba je n'existe pas .Je suis mon île. » Ce roman séduira par la finesse des descriptions, par la profondeur des interrogations soulevées par Wendy Guerra .La sauvegardent de l'identité, le prix de la vie intérieure y trouvent une place essentielle, et c’est heureux.

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    Couverture du livre « Un dimanche de révolution » de Wendy Guerra aux éditions Buchet Chastel

    Caro Caro sur Un dimanche de révolution de Wendy Guerra

    Cleo est cubaine. Elle a grandi et toujours vécu sur l’île. À la mort accidentelle (mais est-ce vraiment un accident…) de ses parents, elle sombre, s’ enferme, s’alite, s’isole et transforme sa douleur en textes.


    Comme dans un dernier sursaut, elle trouve la force d’envoyer un recueil de...
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    Cleo est cubaine. Elle a grandi et toujours vécu sur l’île. À la mort accidentelle (mais est-ce vraiment un accident…) de ses parents, elle sombre, s’ enferme, s’alite, s’isole et transforme sa douleur en textes.


    Comme dans un dernier sursaut, elle trouve la force d’envoyer un recueil de poèmes à un éditeur espagnol. Quelle n’est pas sa surprise, son livre est publié, primé et elle accède à la notoriété, sur le continent européen.

    Sa vie change désormais. Elle peut « s’évader » en Europe ou aux Etats-Unis pour faire la promotion de son livre, puis du suivant, mais elle est aussi mise à l’écart, voire ignorée par les intellectuels de son propre pays, et constamment surveillée et harcelée par les autorités cubaines.

    Elle rencontre néanmoins quelques figures internationales, un chanteur anglais, et surtout un réalisateur américain, qui arrive avec une nouvelle étonnante touchant aux origines de Cleo, et le souhait d’en faire un film…

    Le livre navigue entre ces différents temps, bouffées d’oxygène à l’étranger, méfiance et suspicion de la part des cubains (même ceux en exil), tyrannie de la surveillance, des fouilles, des vols, des atteintes à son intimité dans sa propre maison.

    Combien de temps Cleo va-t-elle réussir à maintenir ce grand écart entre deux cultures, deux façons de vivre, deux conceptions de la liberté ? Va-t-elle surtout se trouver elle-même, et gagner sa propre liberté ?

    Dans une écriture que j’ai trouvé un peu curieuse de prime abord, Wendy Guerra nous livre un récit construit mais touffu et qui se perd souvent dans les méandres poétiques de la pensée de Cleo. Le contexte est très actuel (on évoque le discours d’Obamah et l’ouverture de Cuba aux Etats-Unis) et l’auteure évoque très bien l’atmosphère de peur, d’embrigadement d’un peuple soumis par des décennies de contrôle.

    J’ai aimé la transcription, que j’imagine très juste, du mode de vie cubain, du moins à la Havane, du mélange de modernité, de décrépitude, d’abandon et de foisonnement.

    En même temps qu’une quête d’identité, j’ai ressenti ce livre comme une magnifique ode à la cubanité, j’ai beaucoup aimé découvrir Cuba par ce biais.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/08/12/un-dimanche-de-revolution-de-wendy-guerra/

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    Couverture du livre « Un dimanche de révolution » de Wendy Guerra aux éditions Buchet Chastel

    Léane Belaqua sur Un dimanche de révolution de Wendy Guerra

    Rendez-vous de la page 100 :

    La narratrice, Cleo, est une poétesse cubaine primée en Espagne mais ignorée dans son propre pays, orpheline depuis peu. Elle ne trouve sa place ni à Cuba ni avec les exilés. Qu’importe le lieu, on se méfie toujours d’elle. Si le thème m’intéresse, je n’arrive pas...
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    Rendez-vous de la page 100 :

    La narratrice, Cleo, est une poétesse cubaine primée en Espagne mais ignorée dans son propre pays, orpheline depuis peu. Elle ne trouve sa place ni à Cuba ni avec les exilés. Qu’importe le lieu, on se méfie toujours d’elle. Si le thème m’intéresse, je n’arrive pas à vraiment suivre la narration. Cleo, est perdue, observée en permanence, traquée, et elle se pose sans cesse des tas de questions qui viennent interrompre l’avancement de l’histoire. Si cela m’allait au début par rapport à l’état dépressif du personnage, je me sens maintenant lasse. Cependant, l’histoire tend à avancer depuis quelques pages. J’espère que la narration de la deuxième moitié du roman sera plus fluide et rythmée car jusque là, je me suis plutôt ennuyée.

    Avis Explolectrice :

    C’est sur une femme seule, dépressive et fragile que s’ouvre ce roman. Cleo, poétesse cubaine reconnue partout sauf sur son île, ne s’est pas remise du décès de ses parents dans un accident. Elle survit plus qu’elle ne vit, totalement ignorée des siens. Un appel d’Espagne lui annonçant qu’elle a remporté un prix littéraire va secouer sa léthargie. Loin de la lourdeur de La Havane, elle va retrouver un souffle de vie. Mais ses voyages pour s’échapper de Cuba et de sa répression ne l’aideront pas éternellement. En effet, elle ne trouve pas sa place, et c’est là le drame de sa vie. A Cuba, on l’évite et on la qualifie de dissidente. A l’étranger, les Cubains exilés ne lui font pas plus confiance car ils la pensent espionne pour le compte du régime autoritaire cubain. Elle est constamment scrutée et les incursions dans sa vie privée vont loin. Peut-être est-ce pour cela qu’elle s’accroche à cet acteur hollywoodien, Geronimo, qui prétend avoir des informations sur sa famille et veut en faire un film révélant la vérité.

    Je n’ai pas apprécié cette lecture. J’ai trouvé la narration trop lente puisqu’elle est sans cesse interrompue par les constantes interrogations de Cleo. Le récit en devient confus, peut-être aussi confus que l’est la vie de cette héroïne. Le style d’écriture de Wendy Guerra me plaît, pourtant. Les phrases ont un rythme et une poésie très agréables. Les images employées sont inédites et illustrent parfaitement les sentiments. Grâce aux mots de l’auteur, on parvient à ressentir l’oppression étouffante que vivent les cubains. Pourtant, le rythme de l’écriture est totalement cassé par la structure du récit. Cela donne une sensation de langueur que j’ai trouvé plaisante au cours des premières pages mais qui m’a finalement lassée.

    Je me suis donc ennuyée, alors qu’il se passe des tas de choses intéressantes dans la vie de cette poétesse. Elle voyage, rencontre des personnes plus ou moins aimables, est fréquemment « perquisitionnée » à son domicile, reçoit la visite d’une célébrité qui l’apprécie, enquête sur sa famille, fréquente un acteur hollywoodien, … Mais au final, à travers la brume des émotions et des introspections de Cleo, je n’ai pas réussi à entrer vraiment dans le livre. J’ai attendu jusqu’aux derniers mots une chose qui n’est jamais arrivée. Je termine ce livre avec la très désagréable envie de dire « Tout ça pour ça ? ». Néanmoins, j’ai trouvé particulièrement intéressant de découvrir la rudesse de la vie à Cuba, ou plus précisément à La Havane. La surveillance constante, selon un système très élaboré, la nécessité de se fondre dans la masse, la difficulté de trouver sa place lorsqu’on n’est pas d’accord avec le régime.

    Un dimanche de révolution n’a pas réussi à m’accrocher. La narration est à l’image du personnage principal, floue et confuse, pleine d’incertitudes. Je regrette particulièrement de ne pas en savoir plus sur la famille de Cleo et de rester, comme elle, dans l’ignorance.

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