Vladimir Nabokov

Vladimir Nabokov
Vladimir Nabokov est né en 1899 à Saint-Pétersbourg, dans une famille aristocratique et libérale. Exilé en 1919, il vécut d'abord à Cambridge, où il acheva ses études, puis en Allemagne et en France, qu'il quitta en 1940 pour s'installer aux États-Unis. Il y enseigna pendant près de vingt ans, à ... Voir plus
Vladimir Nabokov est né en 1899 à Saint-Pétersbourg, dans une famille aristocratique et libérale. Exilé en 1919, il vécut d'abord à Cambridge, où il acheva ses études, puis en Allemagne et en France, qu'il quitta en 1940 pour s'installer aux États-Unis. Il y enseigna pendant près de vingt ans, à Wellesley College (1941-1948) et à Cornell University (1948-1958). Après l'énorme succès de Lolita, il se retira à Montreux, en Suisse, où il mourut en 1977.

Avis sur cet auteur (23)

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    Couverture du livre « Lolita » de Vladimir Nabokov aux éditions Gallimard

    NADIA D'ANTONIO sur Lolita de Vladimir Nabokov

    Petit retour à de la littérature russe (pour ne pas perdre la main).
    Cette fois, je vais parler d'un certain Vladimir Vladimirovitch Nabokov ( Владимир Владимирович Набоков), né à Saint-Pétersbourg en 1899 et décédé à Lausanne – Suisse – en 1977. Il est né dans une famille faisant partie de...
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    Petit retour à de la littérature russe (pour ne pas perdre la main).
    Cette fois, je vais parler d'un certain Vladimir Vladimirovitch Nabokov ( Владимир Владимирович Набоков), né à Saint-Pétersbourg en 1899 et décédé à Lausanne – Suisse – en 1977. Il est né dans une famille faisant partie de l'aristocratie russe.
    Ils ont voyagé à travers l'Europe (en venant, entre autres, à Biarritz ou sur la Côte d'Azur). Mais la révolution bolchévique (1917) les oblige à fuir et ils trouvent un premier refuge en Crimée – puis ce sera Londres – Berlin et Nabokov ne reverra plus jamais son pays natal.
    Il va rencontrer celle qui deviendra son épouse, Véra Evséievna Slonim. Début 1937, le couple s'installe à Paris pour fuir le nazisme et quand la seconde guerre mondiale éclate, avec leur fils Dmitri, ils partent sur le « Champlain » pour s'exiler aux États-Unis.

    A présent, le livre d'aujourd'hui : « Lolita », pour lequel Nabokov s'était inspiré de la tragique histoire d'une adolescente – un roman jugé comme « l'un des plus sulfureux mais culte, du XXème siècle. «

    Mieux vaut passer à l'histoire elle-même :
    Le narrateur, Humbert, qui logeait chez Charlotte Haze (une veuve), voit sa vie changer du tout au tout quand elle lui présente sa fille, Dolorès (douze ans - surnommée Lolita) et dont il tombe raide dingue amoureux. Mais il faut signaler que le fameux Humbert a un certain penchant pour les toutes jeunes fillettes (entre neuf et douze ans, ça lui convient). Moi, j'appelle ça de la pédophilie. Il faut tout de même signaler que Dolorès / Lolita est particulièrement aguichante (mais ce n'est pas une excuse) :
    « Ma Lolita, en amorçant l'essor ample et ductile du cycle de son service, avait une façon inimitable de lever son genou gauche légèrement plié et, pendant une seconde, l'on voyait naître et flotter dans le soleil la trame d'équilibre vital que formaient le bout de ce pied pointé, cette aisselle pure, ce bras poli et brun, sa raquette levée haut en arrière - et elle souriait, les dents étincelantes, au petit globe suspendu dans le ciel, au zénith de ce cosmos puissant et délicat qu'elle avait créé à seule fin de l'abattre d'un coup bref et retentissant de son fléau d'or. »
    Il affirme aussi : « Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
    Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "

    Il ne faudrait pas trop en dire plus car, en fait, il y a eu la question de savoir si c'était une histoire d'amour ou une histoire d'inceste. de là à dire que c'était peut-être un peu la faute de Lolita, il en a été question, car on parlait d'une « fascination mutuelle »…

    Le lecteur est entraîné dans un road trip de tous les dangers dans les États-Unis, avec ces deux personnages d'âges si éloignés, (on pourrait les prendre pour un père avec sa fille...)

    Dans un article paru dans « Libération », en 2018, il avait été dit que le journal partait à la rencontre d'un « grand tordu de la littérature »… et que Lolita était une allumeuse ?!?!?

    Nabokov n'a jamais voulu admettre que l'inspiration lui était venue d'un fait-divers mais, dans son récit, il a écrit : « Peut-être avais-je fait à Dolly ce que Franck, un mécanicien de 50 ans, avait fait à Sally Horner, 11 ans, en 1948 ? » Alors ?

    Donc, mieux vaut laisser place au mystère de la découverte de cet ouvrage pour lequel le lecteur se fera sa propre idée et donnera son jugement sur cette délicate histoire de « Lolita », si controversée, mais il y a des réflexions qui ne peuvent pas être fausses.

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    Couverture du livre « La méprise » de Vladimir Nabokov aux éditions Gallimard

    NADIA D'ANTONIO sur La méprise de Vladimir Nabokov

    Aujourd'hui, un peu de littérature russe avec :
    Un écrivain russe, Vladimir Vladimirovitch Nabokov (« Владимир Владимирович Набоков »), né à Saint-Pétersbourg en 1899, dans une famille faisant partie de l'aristocratie russe (libérale et anglophile). Mais la révolution bolchévique de 1917 les...
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    Aujourd'hui, un peu de littérature russe avec :
    Un écrivain russe, Vladimir Vladimirovitch Nabokov (« Владимир Владимирович Набоков »), né à Saint-Pétersbourg en 1899, dans une famille faisant partie de l'aristocratie russe (libérale et anglophile). Mais la révolution bolchévique de 1917 les pousse à trouver refuge, d'abord en Crimée pour ensuite, se retrouver à Londres et Berlin. Ce qu'ignore Vladimir Nabokov, c'est qu'il ne reverra plus jamais sa terre natale.

    A Berlin, il fait la rencontre de celle qui deviendra sa femme et sa muse, car elle va le pousser à écrire. Il va écrire des poèmes, effectuer des traductions… Début 1937, ils s'installent à Paris pour fuir le nazisme. Mais la France ne sera que la première étape de leur exil. En effet, alors que s'installe la Seconde Guerre Mondiale, le couple embarque à Saint-Nazaire, avec leur fils Dimitri à destination des États-Unis.

    Le livre que j'ai choisi, est :
    « La Méprise » (« недоразумение» = «nedorazumeniye »)

    Ici, on rencontre à Prague, un certain Hermann Carlovitch, (un homme d'affaires dans le milieu du chocolat en Allemagne), qui tombe sur un vagabond, son sosie : « Il apparaissait à mes yeux comme mon double, c'est-à-dire comme une créature physiquement identique à moi-même. C'est cette identité absolue qui me faisait frémir si profondément. »
    Surprise désagréable et Hermann, en rentrant chez lui, continue à penser à ce sosie qui le tracasse.
    On a droit à un réel « embrouillamini » - des digressions et élucubrations d'Hermann, qui veut à tout prix convaincre le lecteur. Hermann est un narcissique, imbu de sa personne - sa vie va être totalement chamboulée par cette « fâcheuse » rencontre avec ce vagabond, Félix, tandis que lui est à l'abri du besoin. Mais, mais…. Cette entreprise du chocolat se met à battre de l'aile. de plus, il a à sa charge son beau-frère (Ardalion)...
    Tout cela commence à coûter bien cher …
    Et il va advenir un événement bien fâcheux qui va entraîner tout un tas de problèmes et de doutes… Là, je vous laisse découvrir l'intrigue.

    Il est légitime que le lecteur se pose la question : qui croire ? Est-ce que Hermann nous raconte toute la vérité ? Et est-ce que c'est sa propre histoire ? : « Comme je brûle de vous convaincre ! Et je vous convaincrai, je vous convaincrai ! Je vous forcerai à croire, vous tous, coquins que vous êtes ! ». Il est si déterminé à prouver sa bonne foi qu'on le devine dans une situation difficile au moment de la rédaction de son récit, alors qu'il s'en tient « strictement à la vérité ».
    Il tient tellement à nous prouver sa bonne foi dans sa difficile situation, qu'il dit ne raconter que la stricte vérité. Mais avec toutes ses digressions, le résultat est que le lecteur ne sait plus à quel saint se vouer.

    Évidemment, je ne vais pas pouvoir en dire plus sur l'histoire en elle-même. Par contre, je peux dire que le genre est bien particulier – le style bien clair et prend le lecteur à témoin – et comme il y a un crime …. à malin malin et demi, le lecteur en devient presque complice – heureusement qu'il ne ne s'agit que d'un ouvrage !

    Quel talent démontré par Nabokov avec tous ses non-dits et sa façon de raconter ! Je dois reconnaître que cela m'a en peu fait penser au « Double » de Dostoïevski, bien que les circonstances ne soient pas les mêmes.

    C'est ce que l'on peut nommer une prouesse littéraire surtout que le récit est très prenant.
    On dit bien que chacun a son sosie quelque part dans le monde (ou pas bien loin).

    Dans mon cas, je suis la parfaite incarnation de ma maman : elle s'appelait Nina Aw….ka. Elle est partie top tôt et brutalement rejoindre les siens, décédés pour certains, dans sa Russie natale.

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    Couverture du livre « Lolita » de Vladimir Nabokov aux éditions Gallimard

    Lirealaurore sur Lolita de Vladimir Nabokov

    Un chef d'oeuvre bouleversant, on lit, on comprend, on reconnait et on n'est transporté par la beauté du texte, on ne sait parfois plus qui séduit, qui dégoute, qui est maitre, lui ou elle, lui l'adulte, elle l'enfant, on croit que l'amour est là, puis on se dit que c'est de la folie, qu'il est...
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    Un chef d'oeuvre bouleversant, on lit, on comprend, on reconnait et on n'est transporté par la beauté du texte, on ne sait parfois plus qui séduit, qui dégoute, qui est maitre, lui ou elle, lui l'adulte, elle l'enfant, on croit que l'amour est là, puis on se dit que c'est de la folie, qu'il est fou et qu'il ne peut que la détruire...A lire , cette dérive d'un quiquagénaire amoureux d'une très jeune fille, mi-femme mi-enfant. Sur le thème de la transgression, Nabokov évoque son déracinement et son exil ausi.

    En résumé
    Les égarements d’Humbert Humbert, intellectuel venu de la Vieille Europe, séduit par une nymphette américaine de 12 ans. À sa sortie, ce roman de la perversité a fait scandale.

    Mot de l'éditeur
    " Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
    Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l'école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. "
    Lolita a été porté à l'écran par Stanley Kubrick (1962), avec Peter Sellers, Shelley Winters et Sue Lyon, puis par Adrian Lyne (1997), avec Jeremy Irons, Melanie Griffith et Dominique Swain

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    Couverture du livre « La méprise » de Vladimir Nabokov aux éditions Gallimard

    Itzamna librairie sur La méprise de Vladimir Nabokov

    Je n'avais jamais lu Nabokov avant ce titre qui trône dans ma bibliothèque depuis... certainement une éternité. Je ne me souviens pas de la raison de mon achat.

    Dans ce livre écrit en russe et paru en 1934, le narrateur, Hermann, écrivain mégalomane et menteur invétéré, nous raconte sa...
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    Je n'avais jamais lu Nabokov avant ce titre qui trône dans ma bibliothèque depuis... certainement une éternité. Je ne me souviens pas de la raison de mon achat.

    Dans ce livre écrit en russe et paru en 1934, le narrateur, Hermann, écrivain mégalomane et menteur invétéré, nous raconte sa rencontre impromptue avec Félix, son double, physiquement. Si, dans les premiers chapitres, Hermann semble être un homme d'affaires classique du début du XXème siècle, progressivement il se révèle beaucoup plus complexe et d'un caractère moins limpide.
    Si la première partie du roman m'a à ce point agacée, c'est que je me demandais toujours qui parlait ainsi ? L'auteur ou le narrateur, ce fameux Hermann ? Tant que j'ai pu penser que Nabokov pouvait témoigner d'autant de suffisance, j'ai été exaspérée par ma lecture.
    Puis progressivement, on se laisse entraîner dans le délire du narrateur dont on ne sait pas très bien quel est son métier, d'où il tire son train de vie, ce qu'il attend de Félix, le vagabond rencontré au début du récit. D'abord bouleversé par la similitude des traits entre lui et l'inconnu, Hermann semble lié à cet homme dont il semble se sentir responsable. Puis il agit de manière toujours plus étrange et on ne comprend plus très bien ce qu'il cherche dans cette relation avec Félix.
    Les choses virent ensuite au drame et Hermann révèle ses motivations bien plus troubles. Tout ce que le lecteur pouvait tenir pour acquis devient suspect et rien n'est plus ce qu'il semble. Suffisant, prétentieux, Hermann est certain de pouvoir réaliser le crime parfait, tel un véritable artiste à l'image, en négatif, de Sherlock Holmes. Finalement, on plonge dans cette histoire déconcertante comme dans un polar, avalant les pages pour découvrir de quelle manière ce brave Hermann va bien pouvoir s'en sortir.