Valentine Goby

Valentine Goby
Valentine Goby est née à Grasse en 1974. Après des études à Sciences Po, elle a effectué des séjours humanitaires à Hanoï et à Manille et commence à publier après son retour à Paris. Elle est lauréate de la Fondation Hachette, bourse jeunes écrivains 2002 et a reçu le prix Méditerranée des Jeunes... Voir plus
Valentine Goby est née à Grasse en 1974. Après des études à Sciences Po, elle a effectué des séjours humanitaires à Hanoï et à Manille et commence à publier après son retour à Paris. Elle est lauréate de la Fondation Hachette, bourse jeunes écrivains 2002 et a reçu le prix Méditerranée des Jeunes, le Prix du premier roman de l'université d'Artois, le prix Palissy et le prix René-Fallet en 2003. V. Goby a publié plusieurs romans chez Gallimard et des livres pour la jeunesse chez Autrement (derniers titres parus : Qui touche à mon corps je le tue, Gallimard, en 2008 ; Chaïma et les secrets d'Hassan, du Maroc à Marseille, Autrement Jeunesse, en 2009 et Des corps en silence, Gallimard en 2010).

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    Couverture du livre « La fille surexposée » de Valentine Goby aux éditions Alma Editeur

    VANILLE LN LECLERC sur La fille surexposée de Valentine Goby

    "C'est une photo en noir et blanc dont le blanc a tourné sale. Une fille foncée à peau phosphorescente sous lumière crue. Une fille surexposée. Une jeune fille sur une vieille carte. Une photo ancienne, peut-être, figée sur plaque de verre au bromure d'argent. La fille est nue. De profil, côté...
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    "C'est une photo en noir et blanc dont le blanc a tourné sale. Une fille foncée à peau phosphorescente sous lumière crue. Une fille surexposée. Une jeune fille sur une vieille carte. Une photo ancienne, peut-être, figée sur plaque de verre au bromure d'argent. La fille est nue. De profil, côté droit. Les seins pèsent. Le bras droit replié masque les tétons. Les doigts tiennent une cigarette à peine allumée dont la fumée gris clair se dissout dans le gris foncé de l'arrière-plan. Le ventre bombé répond courbe pour courbe à la cambrure, noir des reins creusés, blanc tranchant de l'abdomen. Le cadre coupe le corps au ras du pubis. Le visage incliné est bordé d'ombre, la peau est mate, c'est la vraie peau de la fille. Bouche charnue, nez épaté, yeux baissés. Visage statuaire, sans regard, qui fixe le sol. Peut-être pas le sol mais le bas, un ailleurs étranger à l'œil de l'appareil, du photographe, du spectateur, un point de fuite ; et alors l'autre, celui qui voit la fille, toi qui en saisis l'image, toi qui scrutes la photo, tu as le champ libre pour prendre toute cette peau, y river les pupilles et la prendre, la reprendre, chassé, réprouvé par rien : les yeux de la fille désertent. La fille se retire, te laisse avec sa peau, ne te dérange pas. Le front est barré d'une mèche de cheveux ou bien d'un bandeau noir, la tête prise dans un tissu à motifs noué autour du crâne. Des boucles brunes et rares, ou bien des perles tombent sur l'épaule. La fille porte un pendant d'oreille, un collier à peine visible, quatre bracelets ronds au poignet. En-dessous, dans le liseré clair, on lit «Femme mauresque – Khadidja la Marocaine.»"

    Au cœur de ce récit bref, dense et magnifiquement original, il y a cette photo, dont nous est dévoilée l'histoire au fil des années, d'un siècle à l'autre, d'un pays à l'autre. L'image nous apparaît dans un carton de cartes postales envoyées par Maurice à son ami Alexandre, au fil de "cinquante années de guerre, de voyages, de mutations militaires", et que ce dernier a transmis à la petite-fille de Maurice, Isabelle. La jeune femme étale toutes ces cartes, "ni pour refaire l'itinéraire et la chronologie, mais par curiosité soudaine : pour voir le tableau d'ensemble, à quoi ça ressemble, cinquante ans de traversée du monde."

    Alors qu'Isabelle s'interroge sur cette photo, son histoire, son grand-père, le peintre Miloudi Niouga, dans son atelier, travaille sur cette même photo. Il l'imprime en agrandi, la colle sur une plaque d'Isorel, bien lissée, bien tendue, puis projette dessus peinture et brou de noix. "Seul le geste compte. Le reste – la couleur, l'ordonnancement exact des taches et des coups de pinceau – n'a aucune importance, c'est pur hasard. Un décor. Maintenant, ce n'est plus le bras qui travaille c'est l'estomac, chaque projection de couleur trempe dans la bile du dedans. La photo est posée par terre sur du papier journal. Miloudi plonge le pinceau dans l'acrylique, lève le bras, l'abat d'un coup et une pluie bleue grêle la fille, éclate en minuscules impacts étoilés sur la peau, le blanc du pourtour, le fond flou, puis le pinceau barbouille la coiffe de Berrechid et tranche l'ovale net de l'image. Un autre pinceau, du noir cette fois, même précipitation du bras vers le sol, et sur le tableau un chaos de mouchetures brunes. Miloudi attrape un morceau d'Isorel, le trempe dans le brou de noix, l'applique en deux mouvements brefs au bas de la plaque, puis le laisse perler, faire flaque sur l'épaule. Trois gouttes d'eau de Javel et le brou se dilue dans le coin supérieur gauche, progressivement, se dévale jusqu'au bord.

    C'est fini.". Le résultat : l'image qui orne la couverture du livre. "Lire dans le bleu une espérance. On pourrait remarquer : le corps n'est pas touché, ou bien à peine, comme épargné. Et on y chercherait un sens : la fille n'est pas l'objet de la colère, la colère, c'es§ l'image elle-même, la fille, le peintre l'a préservée."

    Paradoxalement, "il n'y a pas de projet esthétique. Il n'y a que le geste qui dit quelque chose, ici toute harmonie, toute économie des éléments est accident. C'est le geste qu'il faut comprendre, pas le tableau. Il n'est pas sûr que ce geste soit compris par le passant. Ce n'est pas une pure chorégraphie du corps à la Pollock. Ce n'est pas une danse tracée. Ce n'est pas une révélation de l'état du corps de Miloudi. C'est une sentence, ce geste.

    Et pas celle qu'on croit."

    Pour tenter de comprendre ce geste, il faut voyager dans le temps.

    En 1924, lorsque la photo a été prise, avec pour modèle une jeune fille du Bousbir, le quartier des prostituées de Casablanca au temps de la colonisation, puis reproduite et vendue en cartes postales aux soldats.

    En 1953, au premier de l'an, lorsque Maurice l'envoie à son ami Alexandre, découvre le Bousbir, passe une nuit inoubliable avec Aïcha – difficile à admettre pour sa petite-fille, que son grand-père ait pu fantasmer sur ce style de filles et en fréquenter au temps de sa jeunesse, elle qui ne l'a connu qu'âgé, difficile d'accepter l'image de son corps nu, avec celui d'une fille, dans un bordel de Casablanca –, et à travers cette découverte et cette nuit, ce sont toutes ces femmes surexposées, offertes malgré elles, qui sont mises en lumière...

    En 1971, à Paris, quand le jeune Miloudi découvre cette photo, et d'autres dans le même genre, ces mauresques qui, en même temps qu'elles font remonter des souvenirs d'enfance, dérobés du coin de l'œil, viennent mettre à mal ce qu'il a croit depuis vingt ans au sujet des photos. Il pensait que "la photo, ça ne ment pas. Elle montre l'invisible, ce que les yeux seuls ne peuvent pas voir." Il découvre avec ces images que "la photo invente, la légende affabule, tu as pas des yeux en plus, ces cartes montrent des choses qui n'existent pas" mais que l'on fait passer pour vraies en les associant à des visions tangibles, pour dissimuler la supercherie. Du coup, "tu ne doutes pas d'elle, la Mauresque, rien ne la contredit, on t'a menti avec douceur et avec ruse, tu ne sais pas que ces cartes nient les vraies femmes, les pas génériques, du Bousbir ou du pays maure. La photo ment." Et Miloudi se révolte. Pas contre la fille, mais pour elle. "Il a cette pensée absurde qu'il voudrait la sauver, Had'a, de ces connards, de la mise en scène qui la nie." Et décide alors de poser ce geste inouï, de balafrer de couleurs les portraits de ces filles surexposées...

    En 2012, lorsqu'Isabelle, en vacances au Maroc avec sa fille, découvre dans la vitrine d'une galerie d'art la fille de la carte postale transfigurée par le geste de Miloudi Niouga. Et que tout s'éclaire : "le geste de Miloudi braque sur elles une lumière crue et sans jugement, qui dit seulement «Ça a été»."

    Dans ce récit bref, puissant, intensément sensuel et coloré, la plume de Valentine Goby, une fois encore, fait merveille, nous emporte, nous touche, nous invite à la réflexion, à regarder au-delà, plus loin, plus profond. Elle sait mieux que personne trouver les mots justes pour dire le corps, ses représentations, les violences qu'il subit, ses cris, ses appels, qu'il faut entendre et transmettre, pour ne pas qu'ils se perdent...

    "Je suis la fille qui regarde la fille que le peintre saccage. Je suis la fille qui se trompe, ce jour de mai, voit dans le tableau un geste de censure où il y a en fait un appel, une terreur de l'oubli. Je suis la fille qui rencontre le peintre, comprend qu'elle s'est trompée d'interprétation, et cherche à rendre compte de son erreur, du véritable geste du peintre, des multiples mensonges de l'image depuis sa construction il y a presque cent ans et des vérités qu'elle révèle, rappelle, fixe définitivement." écrit l'auteure en postface. "Je dessine, restitue, invente le hors-champ, le hors-temps de l'image, du moment : cela fait des romans."

    Des romans singuliers, magnifiques, et rares.

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    Couverture du livre « Kinderzimmer » de Valentine Goby aux éditions Actes Sud

    Sandrine Fernandez sur Kinderzimmer de Valentine Goby

    En ce temps-là, Suzanne s'appelait Mila; c'était un nom de code, son nom de résistante. Elle codait les messages et cachait des résistants. Elle était jeune, ne connaissait rien de la vie, de l'amour, mais vivait dans l'urgence comme ceux qui mettent leur vie en danger. Tout bascule le jour où...
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    En ce temps-là, Suzanne s'appelait Mila; c'était un nom de code, son nom de résistante. Elle codait les messages et cachait des résistants. Elle était jeune, ne connaissait rien de la vie, de l'amour, mais vivait dans l'urgence comme ceux qui mettent leur vie en danger. Tout bascule le jour où elle est dénoncée et déportée. Vers où ? Nul ne le sait. L'Allemagne sans doute, un camp de travail probablement...Mila ne se doute pas qu'elle part pour l'enfer. A Ravensbrück, des milliers de femmes tentent de survivre à la faim, au froid, à la maladie, aux travaux forcés, aux brimades, aux sévices. Mais Mila s'inquiète surtout pour le secret qu'elle cache au fond de ses entrailles, fruit d'une nuit d'abandon dans les bras d'un résistant de passage. Cet enfant qu'elle va mettre au monde est-il condamné à mort ? Non, dans le camp, Mila n'est pas un cas isolé et il existe une "nurserie", la kinderzimmer, chambre des enfants. C'est dans cette pièce sombre et gelée que Mila voit son enfant dépérir, vieillir prématurément, malgré tous ses efforts, malgré le lait offert par les autres prisonnières, malgré le temps qui joue en sa faveur, les alliés ont débarqué, la guerre touche à sa fin...

    Le camp qui avilit, qui déshumanise...L'horizon qui se réduit à un quignon de pain sec...Le règne du "chacun pour soi"...Les jours rythmés par l'appel, les ordres aboyés...Le corps qui lâche, qui se vide, qui n'est plus que plaies...Les fours, les chambres à gaz, la mort partout...Et puis, comme une lueur d'espoir, la solidarité, l'amitié qui éclot, plus forte que la peur, la haine des bourreaux. Un bout de charbon que l'on vole pour réchauffer un bébé, du lait que l'on offre pour le nourrir, l'amour que l'on donne pour remplacer une mère disparue.
    Kinderzimmer est une histoire souvent insoutenable qui évoque les atrocités des camps de concentration, le désarroi des détenus après la libération, leur difficile retour, portée par l'écriture incisive, sans concessions de Valentine GOBY. Un récit douloureux, éprouvant mais indispensable.

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    Couverture du livre « La fille surexposée » de Valentine Goby aux éditions Alma Editeur

    STEPHANE BRET sur La fille surexposée de Valentine Goby

    Les éditions Alma ont choisi de faire illustrer les thèmes fondamentaux de l’art énoncés par Picasso dans La Tête d’Obsidienne : « la naissance, la grossesse, la souffrance, le meurtre, le couple, la mort, la révolte et peut-être le baiser ».Valentine Goby a opté pour la révolte, thème...
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    Les éditions Alma ont choisi de faire illustrer les thèmes fondamentaux de l’art énoncés par Picasso dans La Tête d’Obsidienne : « la naissance, la grossesse, la souffrance, le meurtre, le couple, la mort, la révolte et peut-être le baiser ».Valentine Goby a opté pour la révolte, thème développé dans son ouvrage : « La fille surexposée ». Dans ce récit, l’auteure décrit le voyage d’une carte postale. Celle-ci passe des mains du photographe qui prend le cliché à une prostituée marocaine, pour finir dans les mains d’un soldat français qui l’achète dans une boutique de Casablanca, dans les années 40 .Cette carte parvient enfin dans les mains de la petite-fille de ce militaire, à l’occasion d’une inspection des papiers d’un héritage.
    On connaît, bien sûr, le penchant auquel on peut céder par facilité ou par préjugé, lorsqu’on évoque le Maroc, l’Afrique du Nord .On pense aux peintures orientalistes de Delacroix, aux portraits des femmes de la kasbah écrits par Pierre Loti .Valentine Goby veut, dans ce livre, faire justice de ces visions. Ce qu’elle nous dit, c’est que cette carte postale, avant d’être la représentation d’un exotisme facile, est d’abord un mensonge .Ce dernier engobe bien sûr la condition de prostituée à cette époque dans le Bousbir de Casablanca. Ce vocable viendrait de la déformation de l’euphonie du prénom Prosper que les autochtone auraient changé en « Bousbir » .On y trouve aussi d’éclairantes réflexions sur le rôle du photographe .En l’occurrence, il se rend complice de ce mensonge et éprouve des remords perceptibles : « Il pourrait demander à la fille de tourner légèrement la tête, de braver l’objectif, mais quelque chose l’en empêche .Lui serre la gorge. Cette fille renversée et muette et hostile avec sa bouche douce s’est sauvée dans les songes .Elle s’est absentée du studio, la cigarette fume entre ses doigts sans volonté .La photo sera tendre, pense le Photographe. Une rêveuse mauresqe.La lumière entre dans l’appareil et grave l’image .Au dos du châssis, à la mine de plomb, le Photographe inscrit : »Khadidja la Marocaine ».Il a une drôle d’envie de pleurer. » D’autres passages évoquent les états occasionnées par la prostitution : « Il fourrage sous la robe d’Aïcha et l’assoit sur lui en lui tenant les hanches .Elle résiste, Al fluz ! Il lui balance le portefeuille, tiens ! (…) elle, elle pense à Jeanne d’Arc, elle exulte en-dedans, elle tient sa place de cinéma et même un glace à la sortie, elle ouvrira une bouteille de vin après, elle le soûlera son gentil Maurice, Il dormira comme un bébé, d’une traite jusqu’au matin. »
    La représentation de cette femme, sa surexposition, selon le mot de l’auteure, a été génératrice d’illusions, elle a contribué à l’ancrage des stéréotypes dans notre imaginaire .Et enfin, elle a légitimé la violence faite au corps féminin par sa marchandisation, son inclusion dans la prostitution. Cet ouvrage est donc bien un écrit de révolte.

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    Couverture du livre « L'échappée » de Valentine Goby aux éditions Gallimard

    VANILLE LN LECLERC sur L'échappée de Valentine Goby

    Ce livre bouleversant retrace le destin tragique de Madeleine, une jeune paysanne bretonne condamnée à l'infamie, l'humiliation et la fuite pour avoir connu quelques instants d'amour innocent et passionné avec un pianiste allemand sous l'Occupation. A la Libération, elle subit le châtiment...
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    Ce livre bouleversant retrace le destin tragique de Madeleine, une jeune paysanne bretonne condamnée à l'infamie, l'humiliation et la fuite pour avoir connu quelques instants d'amour innocent et passionné avec un pianiste allemand sous l'Occupation. A la Libération, elle subit le châtiment réservé aux "putains des Boches", à toutes les femmes de "la France couchée" : être tondue en public puis exhibée dans les rues... Elle décide alors de fuir, avec sa fille, mais ce n'est pas seulement à l'épuration et à ses bourreaux qu'elle veut échapper. Elle veut aussi et surtout échapper à sa famille et à ses secrets, secret de ses origines, de sa naissance, de son identité, elle veut reconstituer la vie et le corps de sa vraie mère dont elle n'a qu'un buste en céramique, sa vraie mère qui a dû fuir comme elle, coupable d'avoir aimé, d'avoir été une fille-mère. Elle tente de suivre ses traces, de retrouver un peu d'elle dans tous les lieux où elle se rend, toujours au sud de la ligne de démarcation devenue imaginaire, comme un obstacle fantômatique qui la ramène aux heures sombres... Mais où qu'elle aille, son passé finit par la rattraper, elle qui a couché avec l'ennemi, condamnant aussi sa fille, bâtarde et enfant de Boche. Elles finissent toutes deux par se faire engager pour travailler sur un paquebot, pour fuir encore, pour s'échapper de ces terres où on les rejette sans cesse. Pourront-elles enfin trouver le repos et le bonheur ? La fin ouverte en trois "rêves" de destins possibles laisse enfin place à un peu d'espoir après toutes les luttes de Madeleine pour vivre, simplement vivre comme elle le veut... L'écriture de ce récit est suggestive, souvent implicite, et tout se dévoile progressivement, avec beaucoup de subtilité. La plume est musicale et sensible quand il s'agit de piano ; elle devient passionnée pour dépeindre les étreintes des amoureux ; elle se contente d'une banale simplicité pour décrire le service à l'hôtel ou la vie à la ferme ; elle se fait violente pour raconter l'humiliation de l'épuration, douloureuse pour évoquer les souffrances physiques et psychologiques de Madeleine, rêveuse pour imaginer des futurs possibles. Une écriture investie et multiformes pour un récit complexe et dense.