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Truman Capote

Truman Capote
Abandonné à cinq ans par sa mère, le jeune Truman Capote est élevé par ses tantes à la Nouvelle Orléans. Il commence à écrire à l'âge de dix ans et publie sa première nouvelle, 'Miriam', à vingt ans. Cultivé, homosexuel et souvent provocateur, il se fait connaître dès son premier roman 'Les Domai... Voir plus
Abandonné à cinq ans par sa mère, le jeune Truman Capote est élevé par ses tantes à la Nouvelle Orléans. Il commence à écrire à l'âge de dix ans et publie sa première nouvelle, 'Miriam', à vingt ans. Cultivé, homosexuel et souvent provocateur, il se fait connaître dès son premier roman 'Les Domaines hantés', paru en 1948. Il fréquente Tennessee Williams et Gore Vidal, avec qui il se brouillera. Après le succès de 'Petit Déjeuner chez Tiffany', portrait aigre doux d'une marginale, il marque un changement de style radical. Capote consacre six années à l'écriture de 'De sang-froid' , une enquête très réaliste tirée d'un fait divers sanglant. C'est là le manifeste du 'non fiction novel' (roman de non-fiction) par l'enfant terrible de la littérature américaine. Au sommet de sa gloire, mondain, alcoolique, il est aussi célèbre pour ses propos corrosifs. Son roman inachevé 'Prières exaucées', offre une peinture sans fard des milieux huppés qu'il fréquente (de Marilyn Monroe à Andy Warhol), et fait scandale avant même d'être publié. Il meurt à soixante ans, rongé par une vie d'excès.

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Avis sur cet auteur (22)

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    Couverture du livre « De sang-froid » de Truman Capote aux éditions Gallimard

    Manonlitaussi sur De sang-froid de Truman Capote

    Novembre 1959, un couple de fermiers prospères et respectés d'une ville du Kansas et leur deux enfants sont retrouvés mort dans leur maison. Truman Capote présente l'avant de la découverte, la découverte des corps, l'enquête, le procès et aborde en dernier un tableau de la peine de mort et des...
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    Novembre 1959, un couple de fermiers prospères et respectés d'une ville du Kansas et leur deux enfants sont retrouvés mort dans leur maison. Truman Capote présente l'avant de la découverte, la découverte des corps, l'enquête, le procès et aborde en dernier un tableau de la peine de mort et des conditions de détention de ces prisonniers qui attendent dans le couloir de la mort. Oui car au Kansas la peine de mort peut être prononcée et c'est ce que va requérir le procureur dans cette affaire avec jury.
    Avec sang-froid j'ai découvert Truman Capote et surtout j'ai découvert son talent. J'ai eu du mal à me situer au début, un peu surprise par le temps pris pour planter le décor le Kansas, la famille Clutter mais le décor est savamment planté pour nous prendre dans l'histoire, dans une époque, un lieu. Je m'attendais à un roman mais c'est un "exercice" particulier et très rondement mené aussi que j'ai découvert. Cela raconte une histoire, nous livre une psychologie des personnages, entre dans les intimités, livre un déroulement mais ce n'est pas un roman. C' est un style journalistique mais sans état d'âme ou prise de position qu'il pourrait y avoir lors de l'exposé des faits car ce sont des faits que nous décrit l'auteur mais c'est aussi une histoire. C'est tellement minutieux et détaillé qu'on ne peut rester simple spectateur on est pris dedans. L'auteur fait vivre des personnages à travers sa plume grâce aux détails de leurs actes que ce soit la famille Clutter, les enquêteurs et les 2 tueurs auxquels Truman Capote donne vie.

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    Couverture du livre « Cercueils sur mesure » de Truman Capote aux éditions Gallimard

    Louis donne son avis sur Cercueils sur mesure de Truman Capote

    Je connais bien entendu Truman Capote, l'un des plus grands auteurs de la littérature américaine contemporaine, mais je n'avais jusqu'à présent jamais rien lu de lui. Afin de combler mes lacunes et prouver à mon lectorat ma bonne volonté, j'ai donc opté pour "Cercueils sur mesure", un court...
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    Je connais bien entendu Truman Capote, l'un des plus grands auteurs de la littérature américaine contemporaine, mais je n'avais jusqu'à présent jamais rien lu de lui. Afin de combler mes lacunes et prouver à mon lectorat ma bonne volonté, j'ai donc opté pour "Cercueils sur mesure", un court roman paru dans la collection Folio 2€ que l'éditeur annonce dans la veine de son chef d'œuvre, "De sang froid". Au programme, un peu plus de cent pages au service d'une enquête racontée par le narrateur qui a joué un rôle prépondérant dans sa résolution - ou sa non-résolution, ce sera à vous de voir. Ce qui m'a marqué d'emblée dans ce roman, c'est le style de Capote, subtile mélange entre le langage familier des dialogues, une narration riche en détails sur les lieux, les personnages et des citations et références à d'autres auteurs, notamment Mark Twain dont l'auteur utilise au bout de trente pages cette citation que j'aime beaucoup : "De toutes les créatures existantes, l'homme est la plus détestable. De tous les êtres vivants, il est le seul, l'unique, le solitaire, doué de méchanceté. C'est là le plus bas de tous les instincts, de tous les vices, de toutes les passions - le plus haïssable. Il est le seul qui inflige la douleur par jeu, en toute connaissance de cause. Et il est également le seul de toute la liste à posséder un esprit mauvais." Non seulement cette citation lui permet de montrer sa filiation avec les grands noms de la littérature U.S., mais elle permet également de mettre le lecteur sur la piste du meurtrier et de nous préparer à une nouvelle émanation de violence d'un esprit torturé. Pour construire son intrigue, Capote, par l'intermédiaire de son alter-égo narrateur qu'il baptise T.C., opte pour trois modes d'expressions complémentaires mais différents. Le roman démarre avec une narration classique où l'entrée en jeu du narrateur dans l'enquête nous est expliquée, mais dès que celui-ci évoque ses discussions et ses rencontres avec Jake Pepper ou les autres protagonistes liés aux crimes, il opte pour des dialogues construits comme une pièce de théâtre, utilisant régulièrement les didascalies pour commenter les réactions et les émotions des personnages. Ces scènes théâtralisées sont régulièrement entrecoupées d'une narration classique et vont aboutir un temps sur la retranscription du journal intime de T.C., une autre manière de raconter qui enrichit constamment les deux autres. On se rend compte en avançant progressivement vers la fin de l'histoire que chaque mode d'expression sert en fait à donner une indication sur le rythme à l'intrigue. La narration classique permet de faire le point, de tirer les conclusions et de passer à l'étape suivante. Les dialogues théâtralisés correspondent aux moments où l'enquête avance le plus et où les révélations vont bon train, une approche finalement très classique quand on sait que les meilleurs détectives de la littérature - Sherlock Holmes, Hercule Poirot - deviennent de grands bavards lorsqu'il s'agit d'élucider un crime. Enfin, le journal intime et ses phrases brèves permettent au lecteur de bien comprendre la difficulté et l'angoisse des enquêteurs lorsque les investigations sont au point mort, une sensation renforcée ici par les rapports difficiles entre T.C. et son vieil ami Jake Pepper. En dehors de la résolution de l'enquête dont on tire soi-même les conclusions qui m'a déàu - même si la culpabilité du principal coupable sera pour la plupart avéré -, j'ai été complètement happé par cette histoire, par la qualité du texte - rendons au passage hommage au traducteur français Henri Robillot - et le style maîtrisé et imagé de l'auteur. Je ne vais donc surprendre personne en disant que cette lecture m'a réellement enchanté et que je vais donc approfondir cette découverte en dénichant d'autres livres de l'auteur, mais également en regardant l'adaptation cinématographique de "De sang froid" ou en jetant un œil à sa carrière en tant qu'acteur.

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    Couverture du livre « De sang-froid » de Truman Capote aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur De sang-froid de Truman Capote

    COUP DE ❤

    Je viens de refermer ce classique de la littérature américaine et moi qui ne suis pas une adepte de romans policiers, je dois avouer que j'ai été tenu par ce roman-enquête de Truman Capote, un page turner que je n'ai pas lâché même si dès les premières lignes on a tous les...
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    COUP DE ❤

    Je viens de refermer ce classique de la littérature américaine et moi qui ne suis pas une adepte de romans policiers, je dois avouer que j'ai été tenu par ce roman-enquête de Truman Capote, un page turner que je n'ai pas lâché même si dès les premières lignes on a tous les ingrédients de ce qui va arriver.

    Les deux meurtriers, Perry et Dick, sont en route, ils roulent vers leur cible et la cible est vite identifiée :  la famille Clutter composée des parents et de deux de leurs enfants : Nancy et Kenyon. L'auteur alterne les présentations, installant peu à peu les futurs meurtriers, leurs victimes, leurs voisins. Puis les crimes sont perpétrés mais nous n'en connaissons pas le motif. On retrouve Perry et Dick dans leur fuite pendant près de huit semaines, de vol de voitures en petites escroqueries, leur arrestation, leurs aveux et motifs puis leur emprisonnement et condamnation.

    Les événements ont marqué par leur sauvagerie les médias et  le peuple américain par leur sauvagerie, comme ils ont interpellé Truman Capote qui s'est lancé dans une enquête afin de disséquer, avec minutie, chaque personnage intervenant à un moment ou à un autre dans les événements : enquêteurs, juges, relations, familles des meurtriers afin que nous ayons toutes les cartes en mains, tous les éléments comme lui les a découverts au cours de son enquête, allant jusqu'à évoquer les hommes attendant comme eux dans le couloir de la mort.

    Vous allez me dire pas de suspens..... Mais si justement et c'est en cela que le roman est passionnant et parfaitement maîtrisé : Truman Capote nous tient en haleine tout au long du récit, distillant tous les détails de son enquête sur ces meurtres véridiques perpétrés une nuit de Thanksgiving 1959 dans le Kansas, meurtres particulièrement sauvages et dont on se pose la question du pourquoi mais aussi du comment on en arrive à tuer sans réel motif. Nous devenons nous-mêmes enquêteurs : comprendre, analyser, écouter ces deux hommes avec leur logique, leur absence de sentiments, vivant au jour le jour, sans regret ni avenir.

    Ce qui est le plus remarquable dans ce récit c'est la façon dont l'auteur expose les faits, sans aucune prise de position, les faits rien que les faits et il faut avouer que ceux-ci parlent d'eux-mêmes, le lecteur se laisse guider par les différents informations, découvrant peu à peu toute l'horreur d'un crime sans conscience réelle des assassins. On est atterré par l'absence de tout sentiment de culpabilité,  à la limite de l'inconscience qui d'ailleurs déroutera enquêteurs et psychologues.

    Aucun temps mort, c'est un véritable page-turner, les 500 pages sont dévorées, Truman Capote fait d'un fait véridique un roman sociétal sur l'Amérique de l'époque (mais pas différente de l'actuelle) pour lequel il poussera la conscience à rencontrer les protagonistes pour tenter de comprendre leurs mobiles, leurs psychologies, leurs ressentis jusqu'à leurs derniers instants (ils attendirent pendant 5 ans leurs exécutions).

    C'est le genre d'œuvre qui laisse une empreinte en vous une fois le livre refermé. On ne peut oublier ces deux hommes, monstres ou victimes d'une enfance, de violences, de hasards de rencontres, de circonstances ou tout simplement psychologiquement faibles, fragiles ? 

    Dans la dernier partie du roman, "Le coin" (nom donné à l'endroit de l'exécution de la peine de mort), j'ai eu le sentiment que Truman Capote qui avait rencontré les meurtriers, s'attache à eux avec presque un sentiment de pitié mêlée à de l'incompréhension devant leurs arguments : 

    "...Perry dit : "Est-ce que j'ai des regrets ? Si c'est que tu veux dire, non. Je ne ressens rien. Je voudrais bien. Mais ça me laisse complètement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait, et moi, je riais. Peut-être qu'on est pas humains. J'suis assez humain pour m'apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d'ici quand tu t'en iras. Mais c'est tout. (p430)"

    Oui un grand bon classique de la littérature américaine qui allie écriture, construction, style, travail d'enquête, regards sur un pays au milieu du 20ème siècle sans oublier réflexions sur la culpabilité, la violence gratuite et la peine de mort.

    Richard Brooks en a fait une version cinématographique en 2003.

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    Couverture du livre « Nouvelles ; romans ; impressions de voyages ; portraits ; propos » de Truman Capote aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Nouvelles ; romans ; impressions de voyages ; portraits ; propos de Truman Capote

    COUP DE ❤

    Je viens de refermer ce classique de la littérature américaine et moi qui ne suis pas une adepte de romans policiers, je dois avouer que j'ai été tenu par ce roman-enquête de Truman Capote, un page turner que je n'ai pas lâché même si dès les premières lignes on a tous les...
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    COUP DE ❤

    Je viens de refermer ce classique de la littérature américaine et moi qui ne suis pas une adepte de romans policiers, je dois avouer que j'ai été tenu par ce roman-enquête de Truman Capote, un page turner que je n'ai pas lâché même si dès les premières lignes on a tous les ingrédients de ce qui va arriver.

    Les deux meurtriers, Perry et Dick, sont en route, ils roulent vers leur cible et la cible est vite identifiée :  la famille Clutter composée des parents et de deux de leurs enfants : Nancy et Kenyon. L'auteur alterne les présentations, installant peu à peu les futurs meurtriers, leurs victimes, leurs voisins. Puis les crimes sont perpétrés mais nous n'en connaissons pas le motif. On retrouve Perry et Dick dans leur fuite pendant près de huit semaines, de vol de voitures en petites escroqueries, leur arrestation, leurs aveux et motifs puis leur emprisonnement et condamnation.

    Les événements ont marqué par leur sauvagerie les médias et  le peuple américain par leur sauvagerie, comme ils ont interpellé Truman Capote qui s'est lancé dans une enquête afin de disséquer, avec minutie, chaque personnage intervenant à un moment ou à un autre dans les événements : enquêteurs, juges, relations, familles des meurtriers afin que nous ayons toutes les cartes en mains, tous les éléments comme lui les a découverts au cours de son enquête, allant jusqu'à évoquer les hommes attendant comme eux dans le couloir de la mort.

    Vous allez me dire pas de suspens..... Mais si justement et c'est en cela que le roman est passionnant et parfaitement maîtrisé : Truman Capote nous tient en haleine tout au long du récit, distillant tous les détails de son enquête sur ces meurtres véridiques perpétrés une nuit de Thanksgiving 1959 dans le Kansas, meurtres particulièrement sauvages et dont on se pose la question du pourquoi mais aussi du comment on en arrive à tuer sans réel motif. Nous devenons nous-mêmes enquêteurs : comprendre, analyser, écouter ces deux hommes avec leur logique, leur absence de sentiments, vivant au jour le jour, sans regret ni avenir.

    Ce qui est le plus remarquable dans ce récit c'est la façon dont l'auteur expose les faits, sans aucune prise de position, les faits rien que les faits et il faut avouer que ceux-ci parlent d'eux-mêmes, le lecteur se laisse guider par les différents informations, découvrant peu à peu toute l'horreur d'un crime sans conscience réelle des assassins. On est atterré par l'absence de tout sentiment de culpabilité,  à la limite de l'inconscience qui d'ailleurs déroutera enquêteurs et psychologues.

    Aucun temps mort, c'est un véritable page-turner, les 500 pages sont dévorées, Truman Capote fait d'un fait véridique un roman sociétal sur l'Amérique de l'époque (mais pas différente de l'actuelle) pour lequel il poussera la conscience à rencontrer les protagonistes pour tenter de comprendre leurs mobiles, leurs psychologies, leurs ressentis jusqu'à leurs derniers instants (ils attendirent pendant 5 ans leurs exécutions).

    C'est le genre d'œuvre qui laisse une empreinte en vous une fois le livre refermé. On ne peut oublier ces deux hommes, monstres ou victimes d'une enfance, de violences, de hasards de rencontres, de circonstances ou tout simplement psychologiquement faibles, fragiles ? 

    Dans la dernier partie du roman, "Le coin" (nom donné à l'endroit de l'exécution de la peine de mort), j'ai eu le sentiment que Truman Capote qui avait rencontré les meurtriers, s'attache à eux avec presque un sentiment de pitié mêlée à de l'incompréhension devant leurs arguments : 

    "...Perry dit : "Est-ce que j'ai des regrets ? Si c'est que tu veux dire, non. Je ne ressens rien. Je voudrais bien. Mais ça me laisse complètement froid. Une demi-heure après que ce soit arrivé, Dick blaguait, et moi, je riais. Peut-être qu'on est pas humains. J'suis assez humain pour m'apitoyer sur moi-même. Je regrette de ne pas pouvoir sortir d'ici quand tu t'en iras. Mais c'est tout. (p430)"

    Oui un grand bon classique de la littérature américaine qui allie écriture, construction, style, travail d'enquête, regards sur un pays au milieu du 20ème siècle sans oublier réflexions sur la culpabilité, la violence gratuite et la peine de mort.

    Richard Brooks en a fait une version cinématographique en 2003.