Tom Wolfe

Tom Wolfe
Fondateur du « nouveau journalisme » dans les années 1960-70, auteur d'une quinzaine de livres, immense romancier depuis le succès planétaire du Bûcher des vanités, Tom Wolfe est une grande voix de la littérature contemporaine, qui ne cesse de s'amuser de son rôle de « poil à gratter du monde lit... Voir plus
Fondateur du « nouveau journalisme » dans les années 1960-70, auteur d'une quinzaine de livres, immense romancier depuis le succès planétaire du Bûcher des vanités, Tom Wolfe est une grande voix de la littérature contemporaine, qui ne cesse de s'amuser de son rôle de « poil à gratter du monde littéraire américain ».

Articles (1)

  • Bloody Miami de Tom Wolfe
    Bloody Miami de Tom Wolfe

    Le phénomène Tom Wolfe est-il encore un écrivain ? A 82 ans, le célèbre dandy réac américain publie son quatrième roman, Bloody Miami (Robert Laffont). Il y dépeint l’ambiance si particulière de cette ville américaine où une minorité, les latinos, sont devenus majoritaires et, fait singulier aux EU, ont pris les rênes de la ville.

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Avis (22)

  • Couverture du livre « Le bûcher des vanités » de Tom Wolfe aux éditions Lgf

    Dominique Lemasson sur Le bûcher des vanités de Tom Wolfe

    Prenez un type assez peu sympathique qui habite Park Avenue dans un appartement à2,6 Millions de $, gagne 1M$ par an (il y a trente ans, donc vous pouvez tout multiplier par quatre ou cinq), roule en coupé Mercedes et trompe sa femme. Circonstance aggravante : il ne sait même pas faire semblant...
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    Prenez un type assez peu sympathique qui habite Park Avenue dans un appartement à2,6 Millions de $, gagne 1M$ par an (il y a trente ans, donc vous pouvez tout multiplier par quatre ou cinq), roule en coupé Mercedes et trompe sa femme. Circonstance aggravante : il ne sait même pas faire semblant de promener le chien de sa femme quand il a envie de sortir pour téléphoner à sa maîtresse (eh oui, les jeunes, il y a trente ans pas de smartphone, ni de mobile, vous imaginez la vie qu’on a eue ?). Pas de GPS non plus, alors le type va chercher sa maîtresse à JFK et rate la sortie pour Manhattan. Les voici de nuit en plein Bronx où ils n’ont jamais mis les pieds. La suite,…va falloir la mériter mais ça en vaut vraiment la peine. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’il se fait agresser, réussit à prendre la fuite en renversant l’un des deux assaillants. Alors, à vous de jouer, et je vous parie que, bien avant la fin, le type pas sympa du début, vous n’aurez plus envie de l’accabler. Vous aurez juste envie qu’il s’en sorte tellement il a déjà morflé au-delà de ce qu’il méritait.
    Pourquoi ça ? Parce qu’il va servir d’alibi et d’exutoire à une société complètement pourrie dont le fonctionnement justifie à lui tout seul le titre du roman. Tout est vain, à commencer par lui et son train de vie délirant (sa femme lui donne un sérieux coup de main pour claquer tout ce qu’il gagne), par ses relations mondaines, amitiés factices qui s’envolent au premier coup de vent et par les pauvres mensonges qu’il sert sans conviction à sa femme.
    Il va se trouver sur le chemin de différents personnages dont la caractéristique principale est de ne concevoir la fonction ou l’emploi qu’ils occupent que comme le moyen d’assouvir leurs ambitions personnelles, les dites ambitions n’étant pas toujours très présentables.
    Le maire qui vient justement, sous les caméras de télé (ah ! la télé), de se faire éjecter d’une réunion électorale qu’il avait osé organiser dans le Bronx. Il a besoin des voix du Bronx pour se faire réélire, alors, s’il pouvait se refaire une virginité à bon compte... Le procureur du tribunal est dans la même situation, il est prêt à tout pour satisfaire les électeurs du Bronx car lui n’a affaire qu’à eux, alors s’il pouvait leur démontrer qu’il est avec eux. Ajoutons le chef des agitateurs, mi-maffieux mi-évangéliste dont l’objectif principal est, en maniant la menace d’émeutes et en manipulant les médias, de ramasser le maximum de fric possible (ça ne vous fait penser à rien de ce côté-ci de l’Atlantique ?). Un journaliste alcoolique, bon à rien si ce n’est à diffuser les révélations qui lui sont apportées sur un plateau par l’avocat d’un plaignant, qui, bien sûr, le manipule ; un substitut au procureur dont l’ambition ultime est de séduire une des jurées ; un milliardaire de soixante et onze ans qui s’est « offert » une beauté de vingt-cinq ans et s’étonne d’être cocu. Tom Wolff décrit une société devenue folle avec en point d’orgue la machine judiciaire dont l’objectif n’est pas, n’est plus, n’a jamais été, de faire baisser la délinquance ou de rendre justice aux victimes. Non, l’objectif de cette machine est juste de fonctionner, de nourrir son armée de juges, de procureurs, d’avocats, de greffiers, de secrétaires, de gardes, d’experts, de psychiatres, de travailleurs sociaux, de journalistes, d’éditorialistes et de commentateurs de la marche du temps ou des nuages. A tel point que les deux-cent-cinquante nouveaux délinquants pris en charge chaque début de semaine par le tribunal du Bronx sont appelés par le personnel judiciaire « la bouffe ». Et on cuisine la « bouffe » avec comme seul objectif de continuer à passer à table. Et pour passer à table, il faut faire très attention à ce que la marmite n’explose pas (traduction en français, acheter par de grandes ou de petites compromissions, de grands ou petits renoncements, la paix sociale, ce que le révérant Bacon appelle contrôler la pression). Alors, vous comprenez bien que dans une telle cuisine, la Justice impartiale est un mythe qui fait doucement rigoler les convives. Sherman, le yuppie au coupé Mercedes, va prendre cher.
    Au-delà du New York des années 80 et des personnages si savoureux de Tom Wollf (quel talent de conteur !), c’est notre société qui est magistralement autopsiée et on ne peut qu’être effrayé par ce que « le contrôle de la pression » amène comme concessions et renoncements sans jamais pouvoir prendre pour acquis que la pression soit effectivement sous contrôle. Tout cela ne sert à rien, tout est vain, sans espoir, parce que le pouvoir a été abandonné aux exécutants et que les exécutants ne pensent qu’à passer à table, avec leurs misérables petits appétits.
    « C'était une question de principe. Plus le métro devenait sinistre, plus les wagons se peinturluraient des graffitis de ces gens, plus ces gens arrachaient de chaînettes au cou des filles, plus ils agressaient de vieillards sans défense, plus ils poussaient de femmes devant les trains, plus John Campbell McCoy était déterminé à ne pas se faire virer du métro de New York. Mais pour la nouvelle génération, la jeune génération, celle de la puissance, celle de Sherman, il n'existait pas de tels principes. Isolation! Tel était le mot d'ordre ». Difficile de ne pas penser, à la lumière de cette citation, à un ex-ancien homme politique ayant occupé l’Elysée et confiant à ses amis journalistes que la situation est devenue telle qu’il faudrait envisager « la partition ».
    Impossible d’oublier ce roman magistral qui donne envie de continuer à « bouffer » du Tom Wolff !

  • Couverture du livre « Le bûcher des vanités » de Tom Wolfe aux éditions Lgf

    Anita Millot sur Le bûcher des vanités de Tom Wolfe

    Quand on y pense, cette journée était maudite : le maire de New York s’était fait chahuter et avait perdu la Face … Sherman McCoy, “Wasp” de Park Avenue et “Maitre de l’Univers” chez Pierce & Pierce avait fait la bourde de sa vie : il avait appelé Maria, sa maitresse, d’une cabine téléphonique...
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    Quand on y pense, cette journée était maudite : le maire de New York s’était fait chahuter et avait perdu la Face … Sherman McCoy, “Wasp” de Park Avenue et “Maitre de l’Univers” chez Pierce & Pierce avait fait la bourde de sa vie : il avait appelé Maria, sa maitresse, d’une cabine téléphonique au coin de la rue - malheureusement à son propre numéro - et c’est sa femme Judy qui avait répondu ! Judy avait immédiatement installé le “mur de Berlin” dans leur lit et Sherman avait eu vraiment peur de perdre sa fillette de six ans, Campbell, prunelle de ses yeux …
    La sublime Maria, épouse de l’héritier d’une grosse fortune, s’avérera être son “mauvais génie” : un soir où il ira la chercher à l’aéroport, ils se perdront dans le Bronx, prendront peur de la “faune” dont ils ignorent tout et Maria passera sur le corps d’Henry Lamb, un jeune garçon noir de dix-huit ans, en tentant de fuir avec la Mercedes de Sherman. Ce dernier hésitera à se dénoncer …
    Bien vite, ce fait divers fera les gros titres des journaux et le substitut du Procureur du Bronx, Larry Kramer, aigri et rêvant lui aussi d’une carrière formidable, s’y trouvera mêlé jusqu’au cou … Ainsi que le journaliste anglais, Pete Fallow, qui tirera son épingle du jeu en devenant lauréat du Pulitzer pour son article sur l’affaire.
    Tom Wolfe nous livre un roman exceptionnel dont l’action se déroule sur treize mois, une “comédie humaine” à l’américaine : un chef-d’oeuvre, n’ayons pas peur des mots !

  • Couverture du livre « Moi, Charlotte Simmons » de Tom Wolfe aux éditions Pocket

    Bill sur Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe

    Lu en à peine 8 jours ce pavé (1008 pages) de Tom Wolfe met en scène une jeune fille d'un village perdu des Montagnes Bleues.

    Très brillante, Charlotte, issue d'une famille très pauvre à la moralité rigoureuse, accède grâce à une bourse, à la prestigieuse Université Dupont.

    S'attendant à...
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    Lu en à peine 8 jours ce pavé (1008 pages) de Tom Wolfe met en scène une jeune fille d'un village perdu des Montagnes Bleues.

    Très brillante, Charlotte, issue d'une famille très pauvre à la moralité rigoureuse, accède grâce à une bourse, à la prestigieuse Université Dupont.

    S'attendant à n'y rencontrer que de purs esprits comme elle, elle n'est absolument pas préparée à la vulgarité de ses camarades brillants intellectuellement ou sortivement.

    On la voit, au cours de ce premier semestre, être ballotée, d'une part, entre le désir de ne pas décevoir parents et professeurs en absorbant toutes les richesses intellectuelles que l'Ecole lui propose, et d'autre part de profiter de la vie, de faire des expériences, de fréquenter LE play-boy de l'Ecole, d'être acceptée et reconnue par ces fraternités / sororités qui sont le pivot de la vie sociale.

    Charlotte se cronstruira son identité d'adulte au cours de ce semestre, et lorsque le roman s'arrête, on la sent prète désormais à concilier toutes ces facettes de la vie étudiante.

    En quatrième de couverture, un critique considère ce livre comme un 'roman de désapprentissage et de déformation (... ) un sottisier de l'Amérique ... '.

    Ce n'est pas mon avis ! C'est un roman d'apprentissage et de formation .. .et pourquoi critiquer comme étant de là-bas, ce qui se passe bien évidemment aussi chez nous !

    En tous cas, moi, j'ai bien aimé cette histoire .... malgré sa longueur - nécessaire !

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