Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Tom Wolfe

Tom Wolfe
Fondateur du « nouveau journalisme » dans les années 1960-70, auteur d'une quinzaine de livres, immense romancier depuis le succès planétaire du Bûcher des vanités, Tom Wolfe est une grande voix de la littérature contemporaine, qui ne cesse de s'amuser de son rôle de « poil à gratter du monde lit... Voir plus
Fondateur du « nouveau journalisme » dans les années 1960-70, auteur d'une quinzaine de livres, immense romancier depuis le succès planétaire du Bûcher des vanités, Tom Wolfe est une grande voix de la littérature contemporaine, qui ne cesse de s'amuser de son rôle de « poil à gratter du monde littéraire américain ».

Articles en lien avec Tom Wolfe (1)

  • Bloody Miami de Tom Wolfe
    Bloody Miami de Tom Wolfe

    Le phénomène Tom Wolfe est-il encore un écrivain ? A 82 ans, le célèbre dandy réac américain publie son quatrième roman, Bloody Miami (Robert Laffont). Il y dépeint l’ambiance si particulière de cette ville américaine où une minorité, les latinos, sont devenus majoritaires et, fait singulier aux EU, ont pris les rênes de la ville.

Avis sur cet auteur (27)

  • add_box
    Couverture du livre « Le bûcher des vanités » de Tom Wolfe aux éditions Lgf

    Géland Charline sur Le bûcher des vanités de Tom Wolfe

    Un superbe roman chorale où l'on suit l'évolution d'un fait divers selon plusieurs points de vue. L'auteur nous plonge dans une Amérique pleine d'ambiguïté où la classe sociale détermine beaucoup de choses. Un roman très instructif.

    Un superbe roman chorale où l'on suit l'évolution d'un fait divers selon plusieurs points de vue. L'auteur nous plonge dans une Amérique pleine d'ambiguïté où la classe sociale détermine beaucoup de choses. Un roman très instructif.

  • add_box
    Couverture du livre « Bloody Miami » de Tom Wolfe aux éditions Pocket

    Catherine Airaud sur Bloody Miami de Tom Wolfe

    Du sang (blood) mais aussi du sexe pour cette description de Miami et surtout les bas fonds de cette ville. Un melting pot, une multitude de population se côtoient, s'affrontent, se croisent : cubains, afro américains, haïtiens, wasp. Les personnages vont se croiser. La police, le milieu médical...
    Voir plus

    Du sang (blood) mais aussi du sexe pour cette description de Miami et surtout les bas fonds de cette ville. Un melting pot, une multitude de population se côtoient, s'affrontent, se croisent : cubains, afro américains, haïtiens, wasp. Les personnages vont se croiser. La police, le milieu médical (psychiatrie avec un un psy spécialiste en porno-addiction, pernodépendance) le monde de l'art contemporain ( de sacrées pages sur le Miami Basel Art, avec quelques piques sur ce monde, que ce soient les artistes, les galeristes, les conseillers d'AC, acheteurs, collectionneurs convulsifs..). Et un journaliste qui va tenter de démasquer quelques magouilles mais Miami semble la ville des magouilles.
    Une écriture trash, des personnages bien campés, des scènes très hard, trash font de cette lecture, une découverte impitoyable de la société américaine.
    Des pages hilarantes de méchancetés, quand des "sénoirs actifs" découvrent des Picasso, Delaunay, Braque.
    Tom Wolfe est un sacré écrivain qui nous décrit la société américaine et qui peut nous éclairer sur ce qui se passe actuellement. Des romans qui nous permettent d'appréhender le monde qui nous entoure.

  • add_box
    Couverture du livre « Moi, Charlotte Simmons » de Tom Wolfe aux éditions Pocket

    GeorgesSmiley sur Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe

    Tom Wolfe revisite, à sa façon, le mythe de Cendrillon, non sans, au passage, attaquer au lance-flammes les grandes universités américaines, leurs équipes sportives antichambres des ligues professionnelles, et les élites qu’elles sont censées former à grands coups de dollars.
    Les personnages...
    Voir plus

    Tom Wolfe revisite, à sa façon, le mythe de Cendrillon, non sans, au passage, attaquer au lance-flammes les grandes universités américaines, leurs équipes sportives antichambres des ligues professionnelles, et les élites qu’elles sont censées former à grands coups de dollars.
    Les personnages sont, comme d’habitude, légèrement caricaturaux ce qui ne les rend que plus attrayants. Commençons par Cendrillon-Charlotte, brillante étudiante issue d’un milieu très modeste et d’une contrée rurale perdue, soudainement propulsée dans une université branchée et renommée. On l’imagine instantanément comme une variante d’Audrey Hepburn projetée chez les beaufs et les poufs. Vous voyez le décalage, le choc des cultures !
    Pour les beaufs, il y a Jojo, un des basketteurs vedettes de l’université auréolés de leur titre de champion universitaire l’an passé. Jojo, comme ses coéquipiers, met un point d’honneur à bien montrer à tout le monde que les cours et les études, il n’en a rien à battre (pour rester dans un niveau de langage compatible avec le sien). Toujours dans cette catégorie fournie, il y a Thorpe, le beau gosse friqué dont l’univers est borné par l’alcool, le sexe et le narcissisme. Lui aussi est une vedette, genre playboy « trop cool », les filles en sont folles. Fils à papa, il n’est guère préoccupé par les études, assuré qu’il est de décrocher sans se fatiguer un salaire à six chiffres. Il enfile les « bons coups » sans perte inutile de temps ce qui lui a valu le surnom envié de « M. sept minutes ». Ne croyez pas que ces deux-là soient des cas isolés, non, pas du tout, c’est juste le haut du panier. Ce sont deux des fleurons de l’élite de Dupont University, deux phares, deus stars que chacun rêve d’imiter et chacune d’approcher d’un peu plus près si vous voyez ce que je veux dire. Et puis, en bas de la hiérarchie, très loin des grands singes dominants précédemment cités, il y a les besogneux comme Adam. Pas d’argent, intelligent, travailleur mais toujours puceau. Pas cool, quoi ! Pour survivre, il livre des pizzas et sert de répétiteur à un sportif vedette, cette année c’est Jojo. Dans répétiteur, comprenez souffre-douleur, larbin, esclave, convoqué à minuit et sommé de rédiger le devoir en lieu et place de sa majesté pour le lendemain huit heures.
    Côté poufs, on a l’embarras du choix. Commençons par Beverly, la « camarade » de chambre de Charlotte, une pétasse friquée arrogante, méchante et snob que l’on finirait par plaindre tant l’auteur décharge son fiel (une de ses qualités essentielles) sur ce triste personnage, détestable mais indispensable faire-valoir, chez Wolfe comme chez Disney. Après, la galerie est bien remplie, de Gloria, Nicole, Crissy, Lucy, Samantha ou Marilyn qui finit par avouer pendant un court moment de lucidité post-coïtal du géant Jojo qui s’interroge (soudain subjugué par Charlotte, il s’est inscrit à un cours sur Socrate):
    « Je vois que tu es une fille bien, alors…pourquoi tu fais ça ? Tu ne me connais même pas.
    _ Tu es sérieux, là ?
    _ Mais ouais… Pourquoi ?
    _ Tu es une star.
    _ Et donc ?
    _ N’importe quelle fille veut… baiser… une star – Comme tout le reste, elle avait énoncé cela avec gentillesse, douceur et sincérité – N’importe quelle fille qui prétend le contraire est une menteuse. »
    Rajoutez le sénateur de Californie surpris sur le campus en galante compagnie (je surveille mon niveau de langage) que Tom Wolfe (qui ne censure pas celui de ses personnages) traduit par « la nuit de la turlute », le coach de l’équipe de basket, l’homme le mieux payé du campus, un professeur gauchiste intraitable avec les compromissions, des copines jalouses, une bande d’intellos qui se voient devenir les éminences grises du siècle nouveau et vous obtenez le cocktail jubilatoire du dynamiteur de la société américaine qu’était Tom Wolfe, nous offrant, comme à l’accoutumée, un excellent moment de lecture en suivant les aventures de Charlotte que je me garderai bien ici de déflorer (je parle bien sûr des aventures. Pour Charlotte, les candidats ne manquent pas).
    Un excellent Tom Wolfe, incisif, amusant, et qui donne à réfléchir.

  • add_box
    Couverture du livre « Bloody Miami » de Tom Wolfe aux éditions Pocket

    GeorgesSmiley sur Bloody Miami de Tom Wolfe

    « Balzac sous amphétamines !» Tom Wolfe poursuit sa propre Comédie Humaine à Miami. Après le golden boy new-yorkais, le promoteur d’Atlanta, voici le petit flic de Miami.
    Nestor Camacho est un bon gars, cubain de seconde génération (il faut dire Américain d’origine cubaine), parfaitement...
    Voir plus

    « Balzac sous amphétamines !» Tom Wolfe poursuit sa propre Comédie Humaine à Miami. Après le golden boy new-yorkais, le promoteur d’Atlanta, voici le petit flic de Miami.
    Nestor Camacho est un bon gars, cubain de seconde génération (il faut dire Américain d’origine cubaine), parfaitement intégré, même s’il se sent parfois ostracisé par ses collègues Blancs (à Miami, on dit Americanos) lorsqu’ils le traitent, lui et les siens, de « Canadiens ». Il frime un peu, du haut de son mètre soixante-dix, sous son crâne rasé, derrière ses lunettes de soleil, au-dessus de son cou de taureau, dans son T-shirt une taille trop petit, prêt à exploser sous la pression de « formations massives et lisses, de vrais Gibraltar, trapèzes, deltoïdes, dorsaux, pectoraux, biceps, triceps, obliques, abdos, fessiers, quadriceps d’acier » forgés en « grimpant à la corde de huit mètres sans les jambes ! . Le meilleur moyen de faire craquer toutes les jebitas dans la rue. C’était exactement comme ça qu’il avait fait la connaissance de Magdalena! » Ah, Magdalena…
    Reprenons ! Nestor est vraiment un bon gars, bon fils, bon petit-fils (il habite encore chez ses parents et grands-parents parce que la paye n’est pas épaisse et parce que la famille, c’est sacré), bon…, enfin, voyez … avec Magdalena (« une nana plus canon, plus vive, plus brillante que… que… qu’une vedette de la télé »), bon flic de la Patrouille Maritime, courageux, ambitieux, obéissant et efficace ! Quand l’occasion se présente, Nestor ne recule pas, Nestor fonce, Nestor réussit, Nestor devient un héros avec sa photo à la une de la presse. Il savoure et va pouvoir retrouver Magdalena « qu’il n’avait pas tenue comme ça depuis presque deux semaines. Quand ce n’était pas ses horaires de travail à lui, c’étaient les siens à elle. Il n’aurait jamais cru que les infirmières en psychiatrie avaient des journées de travail aussi longues » Mais Nestor comprend les choses, décide et agit : « J’y ai pensé toute la journée. Tu sais bien, on dit toujours « Ce n’est pas le bon moment », on dit ça, hein ? Eh bien, Manena, je te le jure, je sais que ça y est ! C’est le bon moment ! Ce moment-ci !... Manena… marions-nous, maintenant, tout de suite ! » … Pendant un instant, Magdalena se contenta de le dévisager… d’un regard vide. Elle finit par murmurer « Ce n’est pas si simple, Nestor. Pas si simple ? » Il lui adressa son sourire le plus doux, le plus amoureux… Elle ne le regardait pas quand elle dit « Nous ne pouvons pas penser qu’à nous. _ Tu veux parler de nos parents ? Ils ne vont pas tomber des nues, tu sais. Ca fait trois ans qu’on est ensemble… » Cette fois, Magdalena le regarda dans les yeux. « Il n’y a pas qu’eux… Je vois quelqu’un d’autre… aussi ».
    Aie, aie, aie ! Pauvre Nestor !
    Ca ne fait que commencer, les ennuis vont s’enchainer, s’acharner sur le sympathique mais malheureux Nestor. Tom Wolfe le jette en pâture un peu partout dans un Miami qui ne manque pas de chausse-trappes, tandis que Magdalena poursuit son ascension sociale à marche forcée, « assise à ça d’un homme trop chic, trop beau gosse, trop riche, trop célèbre pour avoir pu lui téléphoner et l’inviter à sortir avec lui – et pourtant, il l’avait fait ! Lui, l’oligarque russe qui avait fait don de tableaux à soixante-dix millions de dollars au Musée des beaux-arts de Miami. » Le rêve américain, non ?
    Dangereux dealers de crack, petits caïds haïtiens, escrocs, faussaires et hommes de main russes, psychiatre fou, milliardaires vulgaires, jusqu’au maire prêt à tout pour « apaiser les communautés », vont rivaliser d’énergie pour causer tous les ennuis qu’ils peuvent à ce petit gars qui essaye juste de bien faire. Paradoxalement, et une fois n’est pas coutume chez Tom Wolfe habituel pourfendeur de la presse manipulatrice, le héros déchu trouvera un peu d’aide auprès d’un Rouletabille débutant, Tintin au visage pâle mais déterminé, lui-même en but aux tentatives d’étouffement de son rédacteur en chef.
    Wolfe découpe au scalpel les dérives de la société américaine (ségrégations racistes assumées des différentes communautés entre elles, disparition de la notion de bien commun, appétits féroces pour l’argent, les drogues, le sexe, le pouvoir et les passe-droits), dans un roman épais mais fluide comme le polar qu’il est, très enlevé avec des scènes très cinématographiques et un humour toujours en arrière-plan. On ne s’ennuie jamais avec Tom Wolfe et comme le dit un des personnages clés de l’intrigue : « C’est un plaisir de vous retrouver, Camacho ».