Tito Topin

Tito Topin
Tito Topin, romancier, illustrateur, scénariste, un autodidacte à l'humour corrosif, est surtout connu pour être le créateur de la série Navarro. Avec Jean Yanne, il crée les dossiers loufoques du B.I.D.E., le « Bureau d'Investigations pour la Défense des Espèces ». De son travail en tant qu'il... Voir plus
Tito Topin, romancier, illustrateur, scénariste, un autodidacte à l'humour corrosif, est surtout connu pour être le créateur de la série Navarro. Avec Jean Yanne, il crée les dossiers loufoques du B.I.D.E., le « Bureau d'Investigations pour la Défense des Espèces ». De son travail en tant qu'illustrateur de bandes dessinées (La Langouste ne passera pas, Voyage au centre de la C...ulture), il dira avec humour : « dessiner ces albums a été pour moi le travail le plus dur de mon existence, un boulot de moine moyenâgeux auquel j'ai consacré une année de ma vie. J'ai été récompensé, des milliers d'exemplaires vendus, mais aucun succès ne vaut un tel bagne. Plutôt voler son prochain ! ». Tito Topin publie son premier roman en 1982. Suivront une vingtaine de polars dans la veine des séries noires, d'une langue rythmée, incisive et presque cinématographique, toujours empreinte d'humour : « mes romans sont le résultat de mauvaises lectures, de longues conversations alcoolisées et de grandes douleurs ».

Avis (4)

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    Couverture du livre « 55 de fièvre » de Tito Topin aux éditions La Manufacture De Livres

    Evadez-Moi (Lau Lo) sur 55 de fièvre de Tito Topin

    On a tous une raison différente d’aimer un roman.

    Ça peut être la plume de l’auteur, l’histoire qui est racontée, les personnages qui y prennent vie.

    Parfois, c’est d’abord une histoire de lieu, quelque chose qui renvoie des images tapies en vous.

    Quand j’ai lu la 4ème de couverture de...
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    On a tous une raison différente d’aimer un roman.

    Ça peut être la plume de l’auteur, l’histoire qui est racontée, les personnages qui y prennent vie.

    Parfois, c’est d’abord une histoire de lieu, quelque chose qui renvoie des images tapies en vous.

    Quand j’ai lu la 4ème de couverture de ce roman j’ai été irrésistiblement attirée, pour des raisons très personnelles.

    Nous sommes à Casablanca, au Maroc, en 1955. La France a depuis plusieurs années « colonisé » le pays. Les Français dirigent la plupart des grandes entreprises du pays, vivent dans les plus luxueuses villas dans des quartiers en périphérie de la ville comme Anfa.

    Je suis née là-bas, des années après la période pendant laquelle se situe ce roman.

    L’auteur a fait remonter en moi des images, des couleurs, des parfums mais aussi des mots que je n’avais plus entendus depuis de nombreuses années.

    L’ambiance et les comportements relatés dans ce roman sont une photo d’une parfaite netteté de ce qu’étaient les relations entre Français et Marocains avant l’indépendance (dans les années 70).

    Certains pourront être choqués par certains dialogues mais qu’il faut laisser dans leur contexte et leur époque. Malheureusement, les insultes, les humiliations, tout cela a vraiment existé.

    Leur regard était confiant. Ils ne comprenaient pas le français, ignoraient la signification de mots comme bicots, ratons ou assassins. En revanche ils savaient qu’ils n’avaient rien à craindre de mots comme Ils vien-nent jus-que dans nos bras E-gor-ger nos fils nos com-pa-gnes Aux arrrr-mes ci-toy-ens ! Ils connaissaient bien ces mots-là. Ils les aimaient.

    Alors, quand l’auteur nous présente l’histoire de Georges, un Français parmi les riches de la ville, qui viole Gin, la fiancée de Manu, il n’est pas surprenant que la police française se laisse manipuler par les « puissants » et fasse porter le chapeau aux arabes, au risque de provoquer des bains de sang.

    J’aurais pu n’être happée que par ce décor que je connais si bien. Ce n’est pas le cas. Le scénario m’a aussi conquise, tout comme le style qui arrive à recréer toute une époque dans un lieu décrit avec beauté.

    Les personnages sont pour certains parfaitement détestables, à l’image de Georges. D’autres sont touchants, d’autres encore ont ce reste de conscience qui en fait des hommes biens et parmi ceux-là Manu et le policier Gonzalès qui refuse de voir des innocents accusés à la place d’un fils à maman riche et dangereux.

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    Couverture du livre « L'exil des mécréants » de Tito Topin aux éditions La Manufacture De Livres

    NADIA D'ANTONIO sur L'exil des mécréants de Tito Topin

    Lorsque j’ai rencontré Tito Topin, l’événement se passait les mêmes jours que pour Ingrid Astier, Benoït Séverac et Tito était accompagné de son éditeur de La Manufacture de livres, Pierre Fourniaud. Se trouvait également Jean-Hugues Oppel mais j’en parlerai dans une autre chronique pour son...
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    Lorsque j’ai rencontré Tito Topin, l’événement se passait les mêmes jours que pour Ingrid Astier, Benoït Séverac et Tito était accompagné de son éditeur de La Manufacture de livres, Pierre Fourniaud. Se trouvait également Jean-Hugues Oppel mais j’en parlerai dans une autre chronique pour son dernier livre.

    Cette rencontre s’est passée sous le thème : « La Société du Polar » dans une librairie spécialisée dans des manifestations littéraires toutes plus intéressantes les unes que les autres.

    Nous avons vu arriver un Monsieur, avec une canne, salué avec enthousiasme par les autres écrivains et tenant à la main un exemplaire du journal « Libération » où un grand article lui était consacré, mais lui, il n’était pas très content de sa photo car il la trouvait un peu trop sombre. Rires de ses amis. Monsieur faisait-il preuve de coquetterie ?

    Au cours de sa présentation, Tito Topin a expliqué qu’il écrit des livres qui sont le miroir de lui-même car, pour lui, toute littérature est miroir de soi-même. De plus, dans l’écriture, il se sent libre. Il a avoué qu’il avait besoin de travailler tout le temps et ce qu’il aime, c’est le côté obscur.

    Mais passons au livre qu’il était venu présenter : « L’Exil des mécréants », paru en février 2017.

    Tout d’abord, cette fois je commence par l’aspect du livre : la couverture de couleur marron attire l’œil car y figure un supplicié sur une croix et c’est déjà annonciateur d’une histoire pas banale.
    Et le titre : « L’exil des mécréants » ? Mais qui sont ces mécréants ?

    Ici, il s’agit de ceux qui n’ont aucune religion alors qu’elle est devenue obligatoire.
    Ceux-ci, malgré la menace, refusant de céder à la pression, fuient la Sainte Inquisition et le lecteur va suivre, principalement, dans ce thriller, quatre de ces personnages. On y trouve Boris (un libre-penseur qui a perdu sa femme et sa fille dans un accident) – un ami (Hector) – son ancien amour (Soledad) – une jeune femme esseulée et enceinte (Anissa dont le crime est d’attendre un enfant alors qu’elle n’est pas mariée) – et un certain Pablo plutôt pittoresque.

    Ils désirent se rendre à Lisbonne mais leur fuite va être semée de multiples embûches car ils sont pourchassés par la lieutenante Gladys Le Querrec, très connue pour sa ténacité, mais aussi par un tueur travaillant pour l'évêque Perrin.

    Voilà posée la trame de ce thriller où l’action est toujours présente, où on assiste à une course-poursuite sans merci, un exode géant parmi tous les réfugiés.

    Mais c’est aussi un réquisitoire contre toute forme de fanatisme, et par là donc, le terrorisme.
    Tout le récit se passe dans un futur proche (mais que j’espère lointain) et dès le début, on se trouve happé par la lecture qui se fait très vite. D’abord le livre n’est pas très épais, certes (187 pages), mais c’est surtout par l’écriture de l’auteur qui use de phrases courtes, qui nous offre des images d’une foule épouvantée, épuisée et des scènes de persécutions.
    Le lecteur est entièrement immergé dans tout ce chaos et se demande avec angoisse comment va s’en sortir Boris, le meneur.
    Descriptions aussi de vraies scènes dignes de l’Apocalypse avec cet exode de milliers (ou plutôt de centaines de milliers) de gens, ces mécréants qui fuient la répression.

    Tito Topin a signé là un excellent thriller (encore un), qui, de plus, aborde le sujet que l’on connaît actuellement (malheureusement), avec les intégristes et leur terrorisme aveugle.

    Au début je craignais que ce livre soit un peu difficile à lire, justement à cause de ce problème de religion, mais en fait, j’ai été séduite dès les premières pages car tout est vraiment bien maîtrisé et Tito Topin, né au Maroc, a derrière lui un sacré palmarès. C’est lui qui a créé le personnage de Navarro pour la télévision. De plus, il a reçu le Grand Prix national de la création audiovisuelle en 1996 ; il est Chevalier des Arts et Lettres et a présidé la Guilde des scénaristes de 1999 à 2001 … entre autres choses et a publié une trentaine de livres.
    C’est donc un grand Monsieur qui est venu participer à ces journées mémorables et qui n’a pas pu s’empêcher de nous faire rire avec ses réparties pleines d’humour.

    Chapeau bas donc, Monsieur Tito Topin, heureuse de vous avoir rencontré et merci pour votre si grande gentillesse.
    Au fait, un tout dernier mot : Bravo pour votre allant car, né en 1932, vous avez su garder une âme très jeune !

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    Couverture du livre « La belle vie » de Tito Topin aux éditions Grasset Et Fasquelle

    myriam ariza-pelé sur La belle vie de Tito Topin

    Ces gens très simples gagnent au loto... C'est très divertissant, très joyeux, plein d'humour....

    Ces gens très simples gagnent au loto... C'est très divertissant, très joyeux, plein d'humour....

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    Couverture du livre « Des rats et des hommes » de Tito Topin aux éditions Rivages

    Jacques Griffault de LE SCRIBE sur Des rats et des hommes de Tito Topin

    Les rats sont entrés dans Paris ; la grève des éboueurs dure depuis plusieurs mois. Kubitschek vit dans un bel appartement. Ses enfants participent à des manifs. Il recueille Olga, une jeune femme sans boulot, sans domicile. L'emmène à son cercle de jeu assez huppé en la présentant comme sa...
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    Les rats sont entrés dans Paris ; la grève des éboueurs dure depuis plusieurs mois. Kubitschek vit dans un bel appartement. Ses enfants participent à des manifs. Il recueille Olga, une jeune femme sans boulot, sans domicile. L'emmène à son cercle de jeu assez huppé en la présentant comme sa femme. Commence à jouer. Joue la date de naissance de la jeune femme. Le 22. Gagne mais le club se fait braquer. Les malfrats emportent tout l'argent et les bijoux des membres. Même le faux collier d'Olga. Kubitschek résiste, ne donne pas sa montre. Le braqueur trépigne, menace, lui fiche le canon de l'arme sur la tempe. «Fais pas l'con !» gueule celui qui semble être le chef de bande. Kubitschek reconnaît cette voix ; c'est celle de Georges, l'aîné des deux frères Canetti. Le braqueur frappe Kubitschek, le jette à terre, lui flanque des coups de pied. Les malfrats s'en vont.
    Kubitschek est suspecté d'être à l'origine du coup par le commissaire Boniface. «Ils ont piqué les montres de tout le monde sauf la tienne». Kubitschek propose au commissaire un accord : «Je sais qui a fait le coup. Je veux être libre de mes mouvements et je veux m'occuper moi-même de cet enfoiré. Je le bute et ensuite vous m'arrêtez. Deux coups gagnants. En échange vous me dites où je peux trouver ce braqueur.» Commence alors une formidable partie de poker menteur entre Kubitschek et Boniface, car Boniface a des rapports avec les malfrats.
    "Tu sais quoi, Kubitschek ? T'as beau porter le smoking pour faire croire que t'appartiens au beau monde, t'es qu'un rat, chez les rats (...) Tu veux faire la guerre à un autre rat et vous allez vous battre à mort partout, dans les égouts, dans les ordures, dans le moindre trou de cette putain de ville qu'est devenue une immense décharge, vous allez vous entre-tuer et il n'y aura aucun survivant, ni dans le camp des perdants, ni dans le camp des gagnants."
    Roman noir de chez noir, à l'écriture rapide et nerveuse, aux dialogues acérés. Un polar qui se déguste cul sec.

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