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Sylvie Yvert

Sylvie Yvert
Née à Paris, Sylvie Yvert a été correctrice pour la presse et l'édition avant de travailler comme chargée de missions au Quai d'Orsay puis au Ministère de l'Intérieur. En 2008 elle publie Ceci n'est pas de la littérature, recueil de critique littéraire, aux éditions du Rocher.

Avis sur cet auteur (21)

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    Couverture du livre « Mousseline la sérieuse » de Sylvie Yvert aux éditions Pocket

    Sophie Gauthier sur Mousseline la sérieuse de Sylvie Yvert

    Mousseline et Sérieuse, voilà deux termes qui paraissent a-priori antinomiques car la légèreté presque frivole qu'évoque le premier entre en opposition avec la gravité austère du second. C'est entre ces deux connotations que se déroule la vie de Marie-Thérèse Charlotte de France, Duchesse...
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    Mousseline et Sérieuse, voilà deux termes qui paraissent a-priori antinomiques car la légèreté presque frivole qu'évoque le premier entre en opposition avec la gravité austère du second. C'est entre ces deux connotations que se déroule la vie de Marie-Thérèse Charlotte de France, Duchesse d'Angoulême, Madame Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, qui lui avait donné ce surnom, pressentant peut-être la fracture entre les deux existences de sa fille : une enfance choyée à Versailles avant le chaos de la Révolution, l'emprisonnement, la disparition de sa famille et les longues années d'exil.
    Sylvie Yvert se glisse dans la peau et dans la tête de cette femme, que Napoléon qualifiait de "seul homme de la famille", et qui au seuil de la mort entreprend de raconter ce que fut sa vie. A partir des correspondances et témoignages des contemporains, l'auteur dresse un superbe portrait de cette femme meurtrie dont l'enfance a été broyée par l'Histoire. Quelle existence incroyable ! Quelle personnalité fascinante ! La seule survivante de la prison du Temple aura traversé 3 révolutions, l'Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet et la 2ème République. Quarante ans d'exil. Elle fut même, très brièvement, Reine de France. Quelle vie !!
    Dans le style absolument délicieux du XVIIIème siècle, la narratrice nous convie au banquet de l'Histoire, vécu du côté de la famille royale et c'est criant de vérité. On compatit à la terreur de cette petite fille éperdue qui ne comprend pas ce qui soulève le peuple contre ses parents. On frissonne à la narration des scènes d'horreur auxquelles elle assiste. On sourit face à son analyse forcément partiale des évènements. On admire sa dignité et sa volonté indomptable. On prend conscience de l'écart irréductible entre sa vision du peuple et la réalité vécue par celui-ci. Souverains de droit divin, comment la famille royale aurait-elle pu seulement envisager que ce droit lui fût ôté par la volonté de ceux qu'elle gouvernait ?
    Sans arrogance mais sans humilité non plus, Marie-Thérèse de France par la plume sensible de l'auteur nous raconte ce que fut sa destinée et c'est tout bonnement époustouflant de rigueur, de vraisemblance et d'honnêteté.
    Ce roman historique engage aussi, l'air de rien, une réflexion sur ce qu'est l'Histoire et sur la façon d'en rendre compte. Quels sont les points de vue que l'on adopte lorsqu'on la transmet ? La vision des personnages historiques en devient soudain toute brouillée : Mirabeau corrompu ? Robespierre incorruptible ? Louis XVI réformateur ? Marie-Antoinette frivole et perfide ? Quelle confiance accorder aux sources et aux témoins contemporains ?
    Bref un roman beaucoup plus profond qu'il n'y paraît et qui procure un très, très beau moment de lecture.

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    Couverture du livre « Mousseline la sérieuse » de Sylvie Yvert aux éditions Pocket

    Virginie H sur Mousseline la sérieuse de Sylvie Yvert

    Marie-Thérèse Charlotte de France, fille aînée de Louis XVI et de la détestée Marie-Antoinette, est emprisonnée dans la prison du Temple et survivra à ses parents, décapités sur jugement du tribunal révolutionnaire, et à son petit-frère, le dauphin Louis XVII, mort de maladie à dix ans.
    Le...
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    Marie-Thérèse Charlotte de France, fille aînée de Louis XVI et de la détestée Marie-Antoinette, est emprisonnée dans la prison du Temple et survivra à ses parents, décapités sur jugement du tribunal révolutionnaire, et à son petit-frère, le dauphin Louis XVII, mort de maladie à dix ans.
    Le roman calque sa trame sur le récit de Madame Royale, survivante de la Révolution et de la Terreur et propose sa version des évènements qui ont bouleversé l'histoire de France et introduit la République.
    Au-delà des scènes d'horreur et de cruauté, Sylvie Yvert révèle ce qu'aurait pu être la personnalité et l'avenir de l'héritière du trône de France si la loi salique n'avait trouvé à s'appliquer.

    Exil et résilience :
    Un destin hors du commun, marqué par l'exil, servi par une narration sobre et élégante, dont les accents ont ceux de la sincérité. Mousseline la sérieuse dévoile la personnalité d'une femme blessée à l'incroyable faculté de résilience et de pardon (les vertus chrétiennes enseignées dès le plus jeune âge, le non-désir de vengeance n'empêchent pourtant pas une certaine forme de rancune), la combativité forcent le respect. Si l'histoire n'a retenu qu'une froideur apparente l'auteur nous dévoile ici une sensibilité et une pudeur de sentiments, exacerbés par le goût de la solitude, qui donnent à l'héroïne un visage plus doux que celui qu'on imaginait.
    Au final, Mousseline la sérieuse est un roman délicat, bien qu'il relate une vie tragique, et ressemble souvent à une biographie tant il est érudit et bien documenté, même s'il accuse quelques longueurs.

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    Couverture du livre « Mousseline la sérieuse » de Sylvie Yvert aux éditions Pocket

    Chantal Lafon sur Mousseline la sérieuse de Sylvie Yvert

    Vous lecteurs, qui commencez à lire ma chronique, avouez, tout comme moi,qu'en refermant votre manuel d'histoire des célèbres Mallet et Isaac, sur l'épisode qui vous narrait avec moult détails la décapitation de Louis XVI et de Marie-Antoinette, vous ne vous êtes jamais demandé ce qu'était...
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    Vous lecteurs, qui commencez à lire ma chronique, avouez, tout comme moi,qu'en refermant votre manuel d'histoire des célèbres Mallet et Isaac, sur l'épisode qui vous narrait avec moult détails la décapitation de Louis XVI et de Marie-Antoinette, vous ne vous êtes jamais demandé ce qu'était devenue leur fille.

    Mon professeur d'histoire a du faire son devoir et nous en parler, lorsque dans la torpeur de l'après-déjeuner elle nous chantait, d'une voix vibrante de passion ce chant révolutionnaire :

    "Ah! ça ira, ça ira, ça ira,
    Le peuple en ce jour sans cesse répète,
    Ah! ça ira, ça ira, ça ira,
    Malgré les mutins tout réussira.
    Nos ennemis confus en restent là
    Et nous allons chanter «Alléluia!»
    Ah! ça ira, ça ira, ça ira..." 

    Mais la mémoire...
    Sylvie Yvert, d'une plume élégante vous donne rendez-vous avec Marie-Thérèse Charlotte de France.
    "Fille,nièce et belle-fille des trois derniers rois de France, qui étaient frères, j'ai été l'ultime et furtive reine de France et de Navarre, selon Napoléon « le seul homme de la famille". Qui se le rappelle? (1778-1851)."
    Immédiatement sous le charme d'une écriture majestueuse et raffinée, sachant manier à la perfection l'emploi des temps (passé simple et imparfait du subjonctif) qui nous restitue l'attrait d'une époque en nous permettant de nous identifier à ce parcours.
    Marie-Thérèse est avec nous, dans notre salon.
    Une histoire, où chaque détail compte, le quotidien d'une éducation et d'un exil.
    De félonies en tractations son sort est scellé pendant le long enfermement qui suit la mort de tous ses êtres chers...
    D'héritière royale elle sera "une marchandise" pour certains..
    Elle n'a d'autre choix que de se construire sur ces ruines et de survivre avec toute la dignité que lui ont inculquée ses parents.
    Ainsi commence cinquante-six ans de survivance... Comment aurait-il pu en être autrement?

    L'élégance de la narration ne nuit en rien à l'émotion de ce beau portrait, au contraire , s'attachant à rester au plus près de la réalité, cela donne au lecteur une idée de l'attachement de Madame Royale à la France et aux français.
    Mousseline, c'est doux et c'est juste l'impression qui nous restera de cette petite fille, grandi trop vite.
    Une belle idée, que ce livre-ci.

    Je laisserai à Victor Hugo le soin de conclure (Troisième lettre Le Rhin) : "Un homme aborda le roi à la façon de Judas en disant : Bonjour Sire...; il y avait cinq personnes royales dans la voiture; le misérable, avec un mot, les frappa toutes les cinq. Ce Bonjour Sire, ce fut pour Louis XVI, pour Marie-Antoinette et pour Mme Elisabeth la guillotine; pour le Dauphin l'agonie du Temple; pour Madame Royale l'extinction de sa race et l'exil."

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    Couverture du livre « Mousseline la sérieuse » de Sylvie Yvert aux éditions Pocket

    Julie Joyeux sur Mousseline la sérieuse de Sylvie Yvert

    "Mousseline la sérieuse" est l’histoire de Marie-Thérèse Charlotte de France, fille de Marie-Antoinette et Louis XVI.
    Le roman commence lorsque Marie Thérèse est enfant et qu’elle vit encore au palais. Nous sommes à la veille de la révolution. Louis XVI tente d’apaiser le peuple. Des rumeurs...
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    "Mousseline la sérieuse" est l’histoire de Marie-Thérèse Charlotte de France, fille de Marie-Antoinette et Louis XVI.
    Le roman commence lorsque Marie Thérèse est enfant et qu’elle vit encore au palais. Nous sommes à la veille de la révolution. Louis XVI tente d’apaiser le peuple. Des rumeurs courent sur la famille royale : ceux-ci sont oisifs et dilapident les caisses royales ne se souciant peu des paysans.

    Marie-Thérèse nous conte son histoire, avec son point de vue et son vécu.
    Son père a fait de son mieux. Il s’est toujours préoccupé du peuple, il a négocié et a capitulé sur bien des lois et décrets. La fille du roi se souvient de la violence du peuple envers sa famille qui la traumatisera à jamais. L’effraction de ceux-ci aux Tuileries où elle a dû fuir avec sa famille. Leur violence inouïe : accrocher des têtes sur des piques.
    Et puis la famille royale subit la révolution. Elle se retrouve prisonnière, enfermée dans une tour.
    Il y a dans un premier temps le procès de Louis XVI puis sa décapitation. Vient ensuite Marie-Antoinette, suivi d’Elisabeth la tante de la princesse, la sœur du roi.
    Après ce régicide la princesse reste prisonnière, complètement isolée dans cette tour, seule, car séparée de son frère par les révolutionnaires.
    Elle ne sortira que des années plus tard. Contrainte toute sa vie à l’exil, elle fuira en Angleterre, en Autriche, Italie et jusqu’en Russie.
    Toute sa vie Marie-Thérèse ne cessera de penser à ses parents, à sa famille qu’elle a perdue. Elle ne se remettra jamais de ces drames et gardera pour toujours ses blessures et traumatismes d’enfances.
    Le texte est construit sans dialogue et c’est avec une grande sensibilité et justesse que l’auteure, Sylvie Yvert, rédige les modestes mémoires de Marie-Thérèse Charlotte, princesse de France. Nous sommes dans l’intimité de la famille royale, dans un oppressant huit clos où l’on perçoit la détresse de cette enfant et de sa famille. J’étais durant ma lecture incontestablement du côté des royalistes, et je haïssais Napoléon et les révolutionnaires.
    Nous connaissons tous une partie de l’Histoire : le destin funeste de cette famille royale. Néanmoins j’espérais une uchronie : que Louis XVI et sa famille arrivent à fuir Paris.