Sylvia Tabet

Sylvia Tabet

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Avis (5)

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    Couverture du livre « La femme qui lisait des romans anglais » de Sylvia Tabet aux éditions Lattes

    Michel BLAISE sur La femme qui lisait des romans anglais de Sylvia Tabet

    "Cherchez le, sentez le avec vos mains, ne réfléchissez pas,…soyez plus sage que votre tête"… (Matt Damon, la légende de Bagger Vance).

    Mariés depuis 25 ans, Juliet et François forment un couple comblé. Elle – quarante-cinq, professeur et sociologue à Paris, est éprise de littérature...
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    "Cherchez le, sentez le avec vos mains, ne réfléchissez pas,…soyez plus sage que votre tête"… (Matt Damon, la légende de Bagger Vance).

    Mariés depuis 25 ans, Juliet et François forment un couple comblé. Elle – quarante-cinq, professeur et sociologue à Paris, est éprise de littérature anglaise, celle dont les auteurs racontent la vie d'héroïnes amoureuses, tourmentées, malmenées, violentées. Ces personnages l'instruisent, pallient les carences de « l'éducation sentimentale » d'une mère disparue trop tôt. Lui - est un époux aimant. Ils ont trois enfants. Un parcours et une perspective idéales, à priori…

    Depuis sa rencontre avec Jérémy, devenu son amant au mois de mai 2015 – « photographe - reporter », célibataire et libre de toute attache familiale – Juliet doit affronter, durant huit mois d'amours clandestines, un dilemme : sauver son mariage ou quitter son époux et partir avec Jérémy. La raison ou la passion ? Tel est le choix que Juliet va devoir faire en se replongeant dans les intrigues de ses héroïnes préférées des romans anglais quand elle était enfant, en s'identifiant à elles, et dans le « petit cahier » laissé par sa mère, « son seul héritage ». Car, sa psychiatre, le docteur Barel, ne lui est pas d'un grand secours.

    Au mois de janvier 2016, Jérémy, las de l'indécision de Juliet, part définitivement pour Beyrouth et met un terme à leur liaison. Juliet, désemparée, avoue tout alors à François. Elle jure que "tout est terminé". François pardonne. Juliet ment, elle pense toujours à Jérémy…

    Six mois après, un matin du mois juin 2016, Juliet est assisse à proximité du jardin du Luxembourg : dans une heure, elle a rendez-vous avec celui qu'elle a enfin choisi…Juliet est-elle enfin délivrée de son dilemme ? Pas si sûr…

    Sylvia Tabet est écrivain et peintre. "La femme qui lisait des romans anglais", publié aux Editions JC Lattès / Le Masque, est son cinquième roman (1). Les romans d'apprentissage - "une bonne éducation" (Éditions Dialogues, 2013) - de même les récits intimistes – "je n'ai pas vu tes yeux" (Hachette, 2002), "les patientes", (La Découverte, 2010), "l'atelier rouge" (Éditions Dialogues, 2010), - sont les genres privilégiés par Sylvia Tabet pour évoquer certaines questions sociales sur la condition des femmes, la maladie, le sentiment amoureux, mais aussi l'art, la culture, l'éducation…

    Il y a des livres qui font l’actualité - dont certains nous régalent, d’autres moins. Et puis, il y a les livres plus discrets ; ils n’en sont pas moins meilleurs, loin s’en faut. "La femme qui lisait des romans anglais" fait partie de ceux-là. Avec l'atelier Rouge", également construit sur le monde de l'identification du « héros – narrateur » (Romain Gary) à des personnages du monde artistique (les peintres russes Nicolas de Staël et Mark Rothko), Sylvia Tabet nous offre, une fois encore, un petit bijou, en nous conviant à une belle promenade dans la grande bibliothèque de littéraire anglaise.

    Cette fiction emprunte à la fois au genre intimiste et d'apprentissage, parfois. Elle n'est pas une romance, ni simplement une "intrigue amoureuse" avec son cortège de tribulations, même si l'auteur construit un "suspens" jusqu'à la révélation finale qui demeure l’enjeu de la fiction.

    "Bientôt il la prendra dans ses bras…elle déposera une année d'errance passée à se demander à qui, de François ou de Jérémy, elle ne saurait finalement renoncer… Juliet se dit qu'elle se lèvera bientôt pour rejoindre l'homme qu'elle a enfin choisi…" (Prologue, paragraphe dernier).

    Aussi, Sylvia Tabet, c’est ce que nous avons tout particulièrement aimé dans ce livre, ne donne pas plus de détails qu'il n'en faut des relations entre Juliet, François et Jérémy. Ceux-ci ne sont que prétexte à une réflexion "socio-littéraire" - plus particulièrement, mais pas seulement - à propos de la condition et de l'émancipation de la femme à la lumière de la question du mariage, de l'amour et du sentiment amoureux.
    Ainsi, face aux contradictions de Juliet, qui ne relèvent plus maintenant de l'imagination procurée par les livres, mais qui s'invitent dans son quotidien - celle-ci doit-elle préserver sa famille et faire le choix entre son mariage, symbole de la raison et la durée, ou bien se déterminer en faveur de son amant et de la passion d'une relation récente et intense ? Sylvia Tabet convoque alors les plus grands auteurs de la littérature anglaise - V. Woolf, J. Austen, T. Hardy, O. Wilde, C. Brontë... afin de permettre à Juliet de renouer avec ses anciennes héroïnes, de s'identifier celles qui la guideront pour prendre cette difficile décision.

    Une ouvre fictionnelle qui traite de questions sociales sérieuses et actuelles avec tant de richesse, qui suscite autant la réflexion tout en éveillent les sens - « la femme qui lisait des romans anglais" est aussi un roman sensuel - tout en permettant de se distraire délicieusement du quotidien, est nécessairement un très bon livre.
    Sylvia Tabet maîtrise magistralement l'art de l'écriture à telle enseigne que celle-ci - riche, soutenue, exigeante – magnifie toute la richesse du contenu romanesque. L’œuvre de Sylvia Tabet, c'est ici que réside toute la force du récit, est sublimée par la rencontre, parfois la découverte, de nombreux auteurs et de leurs personnages avec leur cortège de malheurs sentimentaux et existentiels. L'auteur n'est pas tombé dans le piège de la digression et du « roman catalogue » consistant à décliner "des" œuvres de la littérature anglaise. Tout est admirablement exploité au bénéfice du récit, de ses enjeux, et de son aventure.
    Ainsi, lors d'une séance avec le docteur Barel, Juliet sort de son sac le livre de T. Hardy "les yeux bleus" et lit ce passage qui provoqua, quelques jours plus tôt, une crise d'angoisse aiguë dans le métro :

    « Jeanne baisse les yeux sur son livre et se met à lire avec lenteur. Son ton, atterré ; une sentence qu'elle s'adresse à elle-même « les mesures de la vie devraient être prises suivant l'intensité d'une expérience plutôt que sa durée ». Silence ». (Chapitre 2).

    C'est un très beau roman, riche, cultivé, intelligent, mais non moins captivant et distrayant, que nous offre Sylvia Tabet, une fois de plus. Je remercie bien vivement les Editions JC Lattès / Le Masque et NetGalley de m'avoir permis de le découvrir.

    1) Sylvia Tabet est également l'auteur de L'amour en partage : Plaidoyer pour une garde alternée, Hachette, 2004. Essai sur l’évolution des mœurs familiales en France par le prisme de la garde alternée. L’Amour en partage met en scène l’ensemble des enjeux et des acteurs politiques et sociaux, en dévoilant les intérêts particuliers des uns et des autres.

    Lien : https://fureur-de-lire.blogspot.com

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    Couverture du livre « La femme qui lisait des romans anglais » de Sylvia Tabet aux éditions Lattes

    Marie Hélène Fasquel sur La femme qui lisait des romans anglais de Sylvia Tabet

    Un livre-écrin, écrin de la littérature anglaise, un beau cadeau pour la professeure de littérature américaine (et anglaise) que je suis ! Un livre qui sonne juste, qui donne à voir, sans filtre, sans fards, les aléas d’une femme, d’une femme amoureuse de deux hommes, son mari et un bel inconnu,...
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    Un livre-écrin, écrin de la littérature anglaise, un beau cadeau pour la professeure de littérature américaine (et anglaise) que je suis ! Un livre qui sonne juste, qui donne à voir, sans filtre, sans fards, les aléas d’une femme, d’une femme amoureuse de deux hommes, son mari et un bel inconnu, séduisant, fascinant, qui va faire basculer son monde intérieur. Juliet, meurtrie par la vie (perte de ses parents alors qu’elle est encore très jeune) s’accroche au seul legs de sa mère : un livret d’extraits littéraires anglais sur l’amour et le mariage….
    Ce texte très fort fait alterner les réflexions de Juliet et des citations qui la nourrissent et l’aident à avancer. Entre analepses et prolepses, entre flashbacks et présent, tout semble s’opposer, tout est compliqué pour Juliet qui a besoin de se retrouver.
    Un très beau livre sur la féminité aussi, sur l’apport de la littérature dans nos vies, sur les choix que nous devons effectuer sans cesse, qui peuvent parfois nous déchirer intérieurement. Pline disait déjà dans l’antiquité : « N’écris pas ce que tu vis, mais écris pour avancer ». N’y a-t-il pas là, révélé, un des secrets de la littérature ?
    Un livre-hommage aux livres que nous recommandons sans hésiter !

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    Couverture du livre « Une bonne éducation » de Sylvia Tabet aux éditions Editions Dialogues

    Jacqueline Fayolle sur Une bonne éducation de Sylvia Tabet

    « Nous cherchons des lieux de paix et des liens de bienveillance. Ils sont toujours ailleurs. Chez les autres. » Dans ces trois phrases est résumée toute la teneur de cette « bonne éducation ».
    L’auteur bâtit son roman au fur et à mesure de l’émergence de ses souvenirs, ce qui ne facilite pas...
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    « Nous cherchons des lieux de paix et des liens de bienveillance. Ils sont toujours ailleurs. Chez les autres. » Dans ces trois phrases est résumée toute la teneur de cette « bonne éducation ».
    L’auteur bâtit son roman au fur et à mesure de l’émergence de ses souvenirs, ce qui ne facilite pas toujours la lecture car la chronologie n’est pas respectée. On se perd trop souvent entre passé et présent, entre malaise physique et malaise psychique. La violence maternelle [« …notre mère commence à percevoir ses propres traits dans un miroir grossissant. Ceux de l’horreur. De la folie. »] est la clé de voûte de cette histoire familiale. Sylvia Tabet écrit au fil de ses sentiments, de ses souvenirs et c’est à une véritable introspection que nous participons. C’est à ce niveau que je formulerai une réserve ; une trop grande place est faite à l’exposé des problèmes personnels, au détriment d’une construction cohérente ; c’est dommage, même si on se sent en empathie avec cette jeune femme souffrante. Car il y a bien matière à un beau roman : une enfance dans une famille discrète et de « bonne éducation », aux racines juives, des grands-parents attentifs et affectueux, une mère « fragile » qui brutalise ses enfants, des parents qui finissent par se séparer, une quasi impossibilité à trouver sa place dans cet écheveau emmêlé, avec en filigrane ce sentiment de rejet, cette quête incessante d’un amour maternel inaccessible.
    J’ai vraiment adhéré à ces situations complexes dans lesquelles évoluent des personnages attachants ; cependant, la dernière partie du roman m’a semblé longue.

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    Couverture du livre « Une bonne éducation » de Sylvia Tabet aux éditions Editions Dialogues

    Valérie Vunck sur Une bonne éducation de Sylvia Tabet

    Critique d'une exploratrice de la rentrée littéraire.
    Voici l'histoire de trois enfants : Anne, Alice et Romain.
    Elevés dans une famille bourgeoise sans aucun problème apparent, tout devrait y être pour le mieux, malgré les quelques secrets de famille qui les entourent.
    Anne, la cadette, va...
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    Critique d'une exploratrice de la rentrée littéraire.
    Voici l'histoire de trois enfants : Anne, Alice et Romain.
    Elevés dans une famille bourgeoise sans aucun problème apparent, tout devrait y être pour le mieux, malgré les quelques secrets de famille qui les entourent.
    Anne, la cadette, va pourtant nous faire découvrir, à mots feutrés, qu'une "bonne éducation" peut également cacher des eaux bien plus noires. Heureusement, grands-parents et arrières-grands-parents sont gages de chaleur, d'amour et de repos de l'âme pour ces enfants, mais le jour où ils disparaissent, les dernières protections s'envolent aussi.

    Pourtant, j'y ai cru à ce début de roman, tellement je me retrouvais dans certaines situations décrites (à une époque où j'étais moi-même enfant). Mais ensuite, malgré une prose des plus agréable, chose qu'on ne peut en aucune façon retirer à son auteur, j'ai trouvé que l'histoire tournait un peu en rond. J'aurais aimé avoir des réponses plus concrètes, apprendre plus de l'histoire des parents et pourquoi la mère des enfants était ce qu'elle était, pourquoi le père et les grands-parents ne réagissaient pas... Mais rien, donc déception au final. Dommage !

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