Sylvain Coher

Sylvain Coher

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis (8)

  • add_box
    Couverture du livre « Vaincre à Rome » de Sylvain Coher aux éditions Actes Sud

    Littéraflure sur Vaincre à Rome de Sylvain Coher

    Dites, Sylvain Coher, quand est-ce qu’on arrive ? Avant même qu’il prenne le départ, le lecteur sait que la route sera longue. Parce qu’il n’y a pas de suspense : on connaît le destin du coureur Éthiopien Abebe Bikila. Parce qu’il n’y aura pas la surprise du sujet : l’héroïsme et le courage du...
    Voir plus

    Dites, Sylvain Coher, quand est-ce qu’on arrive ? Avant même qu’il prenne le départ, le lecteur sait que la route sera longue. Parce qu’il n’y a pas de suspense : on connaît le destin du coureur Éthiopien Abebe Bikila. Parce qu’il n’y aura pas la surprise du sujet : l’héroïsme et le courage du coureur de fond ont été maintes fois abordés (les films « les chariots de feu », « Un enfant de Calabre » dont le petit héros admirait Bikia… d’ailleurs). Le seul intérêt du livre pouvait résider dans la qualité du style, le parti pris de la narration ou la personnalité extraordinaire du protagoniste. Et pour être sincère, ayant vécu deux ans à Rome… je suis donc curieuse de tout ce qui s’y rapporte. Sur le style, pas grand-chose à dire, c’est soigné, avec de très beaux passages décrivant les efforts de l’athlète, ou sa lutte acharnée contre son concurrent marocain. Sur la narration, il y a beaucoup à dire. L’auteur ayant décidé de faire parler le marathonien à la première personne, il a dû inventer un truc pour délivrer tout le fruit de ses recherches (notamment lors de son année à la Villa Médicis). Il choisit une « petite voix » qui fait des rappels historiques ou des apartés touristiques. Ça ne fonctionne pas toujours. Et puis il insiste un peu trop sur les éléments censés rythmer la foulée : répétition de phrase (« c’est comme ça), voix du speaker…Ensuite, les intentions de l’auteur son trop évidentes : dans le contexte de l’Italie de Salvini, rappeler que la victoire de 1960 était une revanche sur l’histoire (invasion mussolinienne – p121) et que les combats (contre le racisme) ne doivent jamais cesser. Le personnage, enfin. Pour faire de la bonne biographie romancée, il faut une personnalité plus extravertie (ex : le bouquin sur Nadia Comaneci). Ce n’est pas le cas de Bikila, homme placide et modeste, qui veut juste gagner la course et rentrer chez lui, auprès de sa femme. Son destin (après la course) est plus intéressant que son exploit romain.
    Bilan :

  • add_box
    Couverture du livre « Vaincre à Rome » de Sylvain Coher aux éditions Actes Sud

    Philippe DUVAL sur Vaincre à Rome de Sylvain Coher

    "Vaincre à Rome " de Sylvain Coher
    Les explos 2019
    " Courir, parce que c'est ce que font les vaincus ". Dans " Ecoutez nos défaites ", le romancier Laurent Gaudé décrit ainsi la fuite du Négus, Hailé Sélassié, devant les bombardiers italiens de Mussolini. Le marathon des J.O de Rome, un quart...
    Voir plus

    "Vaincre à Rome " de Sylvain Coher
    Les explos 2019
    " Courir, parce que c'est ce que font les vaincus ". Dans " Ecoutez nos défaites ", le romancier Laurent Gaudé décrit ainsi la fuite du Négus, Hailé Sélassié, devant les bombardiers italiens de Mussolini. Le marathon des J.O de Rome, un quart de siècle plus tard, sera l'occasion pour un coureur éthiopien inconnu de s'imposer à la surprise générale, de prendre une revanche sur l'envahisseur dans sa propre capitale et ainsi de "vaincre mille fois " comme lui avait dit son empereur. L'auteur s'est glissé dans la tête d'Abebe Bikila et l'accompagne de sa petite voix tout au long de sa course victorieuse. Cent cinquante pages pour relater les deux heures et quart d'un parcours dans et autour de la Ville. En dehors du préambule et des épilogues, le roman est découpé en onze chapitres qui suivent la progression de l'épreuve tous les cinq kilomètres. Avec les temps de passage comme il se doit. Sylvain Coher parvient à maintenir l'intérêt du lecteur d'un bout à l'autre en imaginant les pensées de l'athlète qui évoluent sans se répéter lors de la progression de la course. Dans la réalité, un marathonien est concentré sur le fonctionnement de son corps, la nature du terrain qui change, la surveillance de ses adversaires et ne peut se permettre de laisser son esprit divaguer. Mais il a dû rêver si souvent au déroulement de ce marathon dans sa préparation… Ce livre original par son thème et le traitement qu'en fait l'auteur m'a beaucoup plu. J'ai toujours suivi les épreuves d'athlétisme de l'extérieur et, dans ce roman, j'ai eu l'impression de devenir Bikila , de partager ses désirs, ses interrogations et la joie de sa victoire. Il faut beaucoup de talent pour parvenir à rendre possible une telle identification : deviner la psychologie intime de l'athlète et faire naître une véritable empathie pour l'homme dans toute sa complexité. De plus le style poétique, tantôt haletant, tantôt plus calme, la connaissance précise du marathon, de l'histoire du vingtième siècle et de la Rome antique m'ont fortement impressionné. Dans mes souvenirs, je gardais une image romantique d'un athlète surdoué qui même pieds nus arrivait à s'imposer sans préparation particulière. Le roman m'a montré l'importance de l'entraineur suédois, de la rigueur scientifique de son travail avec son élève, en Ethiopie d'abord puis à Rome dans l'étude minutieuse du parcours. Sylvain Coher montre aussi parfaitement que le sentiment national et les encouragements du roi des rois, Hailé Sélassié, l'ont terriblement motivé et ont ainsi contribué à sa réussite. Cette fierté africaine retrouvée ouvrira la porte à bien d'autres champions de ce continent.

  • add_box
    Couverture du livre « Vaincre à Rome » de Sylvain Coher aux éditions Actes Sud

    Laëti K. sur Vaincre à Rome de Sylvain Coher

    42 km dans la tête d’Abebe Bikila, marathonien éthiopien, voici le propos de ce livre. Le gagnant du marathon de Rome en 1960, c’est lui. On sait d'avance la fin car cet exploit a été relayé de nombreuses fois, mais on ne connaît pas réellement le déroulement de la course, pieds nus pour Abebe....
    Voir plus

    42 km dans la tête d’Abebe Bikila, marathonien éthiopien, voici le propos de ce livre. Le gagnant du marathon de Rome en 1960, c’est lui. On sait d'avance la fin car cet exploit a été relayé de nombreuses fois, mais on ne connaît pas réellement le déroulement de la course, pieds nus pour Abebe. Et c'est un récit dense, prolifique que nous offre l'auteur. On suit l'effort, les foulées mais surtout les pensées du coureur qui nous parle de ses ancêtres, de son entraînement mais aussi de colonisation et des pierres sur la route. Les foulées nous emportent et on se retrouve à Rome avec lui, à courir, le souffle court. Percutant, rythmé, extrêmement précis, le récit est riche en informations historiques mais aussi contemporaines sur l’Afrique et l’Italie.


    Les paragraphes sont entrecoupés d’appel radio de la France, d’une ou deux phrases commentant la course : une manière pour l’auteur de faire respirer son texte car celui-ci est extrêmement compact. Cependant, à lire ce texte, on est un funambule tenu au fil de ses mots sans jamais sauter une ligne. Il y a un rythme de lecture à tenir, qui nous tient, tout du long.


    Je me suis demandé si l’homme qui parlait pendant sa course savait déjà qu’il gagnerait ou si c'est l'homme victorieux qui s’exprimait ? Car alors il me semble très ambitieux, sûr de lui à ce moment-là. Est-ce une manière de se booster ? On sent l'effort et la souffrance de cette course de 42 km, mais aussi la facilité avec laquelle Abebe l'entreprend, sa préparation, ses tactiques, son don, la maîtrise de son corps, sa persévérance. C'est extrêmement intéressant, d'autant plus qu'un hommage est rendu au sport et au bien-être qu’il procure. On ressent vraiment le bouillonnement de la course, dans la tête du premier Africain à avoir emporté un marathon.


    Un roman ambitieux qui nous transporte en peu de pages, mais beaucoup de mots sur les chemins de Rome. Une belle découverte !

  • add_box
    Couverture du livre « Vaincre à Rome » de Sylvain Coher aux éditions Actes Sud

    Markus OLMES sur Vaincre à Rome de Sylvain Coher

    Les explos Rentrée littéraire 2019 - Chronique page 80 :

    Nous sommes le 10 septembre 1960 aux Jeux Olympiques de Rome. A 17h30, l'ultime épreuve, le marathon, va débuter, les "grands" sont présents Zatopek, Vandendriessche, Rhadi Ben Abdeselem, Keily et un inconnu, un jeune caporal éthiopien...
    Voir plus

    Les explos Rentrée littéraire 2019 - Chronique page 80 :

    Nous sommes le 10 septembre 1960 aux Jeux Olympiques de Rome. A 17h30, l'ultime épreuve, le marathon, va débuter, les "grands" sont présents Zatopek, Vandendriessche, Rhadi Ben Abdeselem, Keily et un inconnu, un jeune caporal éthiopien qui se distingue par le fait de courir pieds nus, Abebe Bikila.

    L'auteur, Sylvain Coher, signe ici ce que j'ai envie de qualifier comme un exploit littéraire. Plus qu'un récit sportif, c'est un récit poétique de cette course légendaire, narrer par Abebe, qui durant ces premiers vingt kilomètres, à en mémoire son épouse , les conseils de son coach et cette petite voix qui le suit.

    J'ai été entraîner sur ces routes interminables, par les métaphores, les descriptions, les pensées de ce caporal, l'optimisme de celui-ci, ses observations.

    Ce livre rend le sport encore plus beau, vécu dans la tête de ce coureur mais aussi, et c'est là que je considère ce roman comme une réussite à l'égal de l'épreuve, dans la tête de l'écrivain. Moi qui ne suis pas du tout adepte de la course à pied, j'avoue que courir à travers ces pages est vraiment addictif.

    Bon la pause est terminée, il est temps de reprendre la course à la suite d'Abebe Bikila.

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !