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Steinunn Sigurdardottir

Steinunn Sigurdardottir
Née en 1950, Steinunn Sigurdardóttir publie son premier recueil de poésie à dix-neuf ans, suivi d'une dizaine de romans. Le Voleur de vie (1995), a été porté à l'écran par Yves Angelo avec Emmanuelle Béart et Sandrine Bonnaire. Elle a publié en 2008 aux Éditions Héloïse d'Ormesson Le Cheval Solei... Voir plus
Née en 1950, Steinunn Sigurdardóttir publie son premier recueil de poésie à dix-neuf ans, suivi d'une dizaine de romans. Le Voleur de vie (1995), a été porté à l'écran par Yves Angelo avec Emmanuelle Béart et Sandrine Bonnaire. Elle a publié en 2008 aux Éditions Héloïse d'Ormesson Le Cheval Soleil, plébiscité par la critique, et en 2011 Cent portes battant aux quatre vents. Romancière et poète, Steinunn Sigurdardóttir est également une traductrice réputée. Yo-yo est son cinquième roman traduit en français. Elle partage sa vie entre l'Islande et l'Allemagne.

Avis sur cet auteur (1)

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    Couverture du livre « Cent portes battant aux quatre vents » de Steinunn Sigurdardottir aux éditions Heloise D'ormesson

    Nadège Badina de BIRMANN MAJUSCULE sur Cent portes battant aux quatre vents de Steinunn Sigurdardottir

    Ayant promis à sa fille de lui trouver un paravent particulier, Brynhildur pousse la porte du magasin Aux cent deux paravents. Elle y fait la connaissance de Tahar qui va devenir, le temps d'une étreinte, l'amant tant désiré... Cette entrée en matière pourrait être digne des meilleurs romans de...
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    Ayant promis à sa fille de lui trouver un paravent particulier, Brynhildur pousse la porte du magasin Aux cent deux paravents. Elle y fait la connaissance de Tahar qui va devenir, le temps d'une étreinte, l'amant tant désiré... Cette entrée en matière pourrait être digne des meilleurs romans de Barbara Cartland, mais elle est avant tout, prétexte à une introspection lucide et troublante d'une femme qui ne coïncide jamais avec elle-même, et dont la vie a été guidée par un amour et son manque. Car, ce dont Brynhildur ne se doute pas, c'est qu'elle a, en réalité, pénétré dans une véritable caverne d'Ali Baba, celle de sa mémoire.
    Sur le ton de la confession chuchotée mais assumée, Steinunn Sigurdardóttir plonge dans les arcanes des souvenirs de Brynhildur. On découvre ainsi comment ce professeur de grec, noble dégénéré, «expert en veillées funèbres de jeunes filles bien vivantes», et caché au bout de l'impasse menant au cimetière Montmartre, envoûta la jeune étudiante de l'époque et transforme encore la femme mariée d'aujourd'hui en une femme vaguement lassée d'elle-même. Si le sujet ne semble pas risqué, le pathétique pourrait néanmoins poindre à chacune des pages, mais l'auteur est une dentellière de la langue. Elle donne voix aux silences, assourdit les cris et bouleverse ainsi les moroses en mots roses. Avec une poésie dont les frontières sont si perméables, elle mêle insidieusement le passé et le présent, le quotidien concret et les désirs vains, les rêves inachevés et la vie avortée. Son roman tout enclin à la nostalgie n'en est pas moins un hymne aux possibles : son écriture, oscillante «comme une multitude de portes qui s'entrouvrent et se referment doucement et inlassablement», laisse toujours de la place à l'espoir. Le roman de Steinunn Sigurdardóttir devient alors un portrait vertigineux d'une femme, semblable à tant d'autres, qui est toujours au Paradis, sans jamais savoir où elle est vraiment. Ensorcelant !