Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Stefan Zweig

Stefan Zweig

Stefan Zweig (1881, Autriche - 1942, Brésil) est un écrivain, journaliste et biographe autrichien. Il est l'auteur de nombreuses nouvelles, parmi lesquelles Le joueur d'échec, Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, Lettre d'une inconnue...

Articles en lien avec Stefan Zweig (1)

Avis sur cet auteur (142)

  • add_box
    Couverture du livre « Magellan » de Stefan Zweig aux éditions Lgf

    Sophie Wag sur Magellan de Stefan Zweig

    Quelle dose de courage, culot, et inconscience fallait-il à l'époque des Grandes découvertes pour oser tenter un tel voyage: partir du sud de l'Europe et rejoindre par l'ouest les Moluques (îles aux Épices). Ces épices dont l'Europe avait développé un goût prononcé vont faire la richesse des uns...
    Voir plus

    Quelle dose de courage, culot, et inconscience fallait-il à l'époque des Grandes découvertes pour oser tenter un tel voyage: partir du sud de l'Europe et rejoindre par l'ouest les Moluques (îles aux Épices). Ces épices dont l'Europe avait développé un goût prononcé vont faire la richesse des uns et provoquer le décès de beaucoup d'autres. A l'époque, la vie d'un homme n'a que peu de valeur surtout en comparaison du prix des ces épices dont la vente peut rapporter tant.
    Un récit superbement écrit en 1938 par Stefan Zweig qui avance l'idée que le premier homme à avoir bouclé le tour du monde serait l'esclave de Magellan, Henrique, dès 1521. Pour les amateurs de biographies historiques, un tantinet pas assez romancé et un peu trop factuel pour mon goût personnel !

  • add_box
    Couverture du livre « Vingt-quatre heures de la vie d'une femme » de Stefan Zweig aux éditions Lgf

    benif sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

    Une nouvelle construite sur un enchâssement de deux récits qui s'emboîtent comme des poupées russes. L'auteur enquête sur la passion amoureuse féminine : il fallait être Stefan Zweig pour relever le défi avec autant de talent. L'histoire est captivante, et la composition habile entraîne le...
    Voir plus

    Une nouvelle construite sur un enchâssement de deux récits qui s'emboîtent comme des poupées russes. L'auteur enquête sur la passion amoureuse féminine : il fallait être Stefan Zweig pour relever le défi avec autant de talent. L'histoire est captivante, et la composition habile entraîne le lecteur dans une réflexion qui fait affleurer des réminiscences, de Phèdre et Hippolyte chez Racine au "Joueur d'échecs" du même Zweig ou au "Joueur" de Dostoievski ; de Roméo et Juliette chez Shakespeare à "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen. Les pages qui décrivent les mains du joueur au casino sont d'un peintre délicat et très habile. Si le mystère de la générosité et du dévouement exceptionnel des femmes reste entier, l'éloge que fait le romancier de la féminité touche au but.

  • add_box
    Couverture du livre « Le monde d'hier ; souvenirs d'un Européen » de Stefan Zweig aux éditions Lgf

    CaroGalmard sur Le monde d'hier ; souvenirs d'un Européen de Stefan Zweig

    Monde d'hier...ou d'aujourd'hui
    De la belle ouvrage.
    Stefan Zweig nous entraîne avec lui à l'aube du siècle. Stefan Zweig abat les frontières européennes à coup de rencontres artistiques.
    Il se place à une époque charnière où le progrès technique dans les transports rapproche les hommes alors...
    Voir plus

    Monde d'hier...ou d'aujourd'hui
    De la belle ouvrage.
    Stefan Zweig nous entraîne avec lui à l'aube du siècle. Stefan Zweig abat les frontières européennes à coup de rencontres artistiques.
    Il se place à une époque charnière où le progrès technique dans les transports rapproche les hommes alors que les guerres les éloignent. En sa compagnie, on a le privilège de croiser et apprendre à connaitre ces écrivains, poètes, sculpteurs, peintres qui ont compté et de réaliser de quelle manière ils ont combattu pendant les guerres, avec des armes réelles ou leurs plumes et leurs pinceaux
    De l'intérieur, on vit la mise à l'écart de la communauté artistique juive autrichienne et allemande. Farhenheit 451 parait affreusement réel.
    Ce qui est un peu déroutant dans cette autobiographie reste que l'auteur ne se place jamais d'un point de vue personnel ; on n'y apprend rien sur sa vie privée. Il ne traite que le plan strictement artistique de sa vie et la peinture de la conscience, voire l'inconscience collective, sans jamais sombrer dans le manichéisme.
    Faut-il le lire ? Oui. C'est une évidence. Vous ne manquerez pas de faire certains parallèles assez effrayants entre cette époque ancienne et notre présent troublé. Alors après, pour vous détendre, je vous recommande de lire la biographie Marie-Antoinette, suivie du Joueur d'Echec pour retrouver de la fiction pure.

  • add_box
    Couverture du livre « Montaigne (6e édition) » de Stefan Zweig aux éditions Puf

    Dominique Jouanne sur Montaigne (6e édition) de Stefan Zweig

    J’adore lire les biographies de Stefan Zweig. Avec son écriture fluide et qui semble si facile, il a le don de transmettre son immense culture avec enthousiasme et nous faire connaitre les personnages sous un angle particulier et nous rendre curieux.

    Non seulement je n’ai jamais lu Montaigne...
    Voir plus

    J’adore lire les biographies de Stefan Zweig. Avec son écriture fluide et qui semble si facile, il a le don de transmettre son immense culture avec enthousiasme et nous faire connaitre les personnages sous un angle particulier et nous rendre curieux.

    Non seulement je n’ai jamais lu Montaigne mais je ne connaissais rien de lui avant de lire cette courte biographie.

    C’est en attendant l’heure d’une dédicace d’Yves Ravey, que j’ai flâné dans la rue des Écoles près de la Sorbonne et me suis arrêtée devant la statue en bronze de Montaigne. Il m’apparût bien bel homme mais il ne mesurait qu’ 1m57. (I faudra que je retourne voir cette statue). En errant dans la Librairie Compagnie, j’ai vu sur une des tables, une biographie non lue, signée Zweig quand je croyais les avoir toutes dans la bonbonnière de ma bibliothèque. Comme une collectionneuse effarée, j’en ai bien entendu fait l’immédiate acquisition.

    A grands traits, je pense que la vie de Montaigne est livrée de façon complète de l’enfance à sa mort.

    Pourtant Zweig sait y insuffler autre chose que le reflet d’une vie mais celle d’un homme chez qui il retrouve un réconfort dans la mesure où sa propre vie rencontre des similitudes.

    Entre autre, celle de l’homme éduqué qui ne va pas chercher noise et qui aime rester dans sa bulle mais que le monde vient perturber à son insu.

    Montaigne va naturellement créer sans se rendre compte que ce qu’il écrit, va rencontrer l’âme du plus grand nombre et que la notoriété va le faire connaître mondialement et le faire demander par les grands de son monde dont les rois et le pape…

    Montaigne, de riche éducation et héritier fortuné, bien qu’il sera fort attiré par la gente féminine, (il terminera sa vie auprès de Marie de Gournay pas plus âgée que sa fille cadette), n’aura que peu d’attention ni à une épouse de complaisance auquel il est lié, ni à ses enfants qu’il ignore, pas plus qu’à l’héritage du patrimoine et négoce bordelais qui l’importunent plus qu’autre chose.

    Il va se confiner dans une tour de sa propriété. Et c’est dans cette citadelle que Montaigne deviendra Montaigne. Là où il va lire, écrire, noter et faire un travail sur la connaissance de lui-même, se centrer sur soi, se bâtir. « Il s’épie, il s’observe, il s’étudie et devient comme il l’écrit, ‘ma métaphysique, ma physique’. Il ne se quitte pas du regard (…’Il n’est plus seul, il devient double’. (…) son moi évolue constamment ‘ondulant’, (…) le Montaigne d’hier est différent du Montaigne d’aujourd’hui. »
    Mille questionnements jusqu’au fameux… « Que sais-je ? » empreint de sincérité et d’une humilité qu’il s’inflige malgré son vaste savoir intellectuel et surtout réfutant tout droit à détenir une vérité.

    Après deux ans de lectures et d’introspection sur « Qui suis-je ? », Montaigne va se déconfiner.

    Voilà ce que, rapporté par Zweig, résonne bruyamment dans notre actualité de 2020 :

    « (…) aussi longtemps qu’on est propriétaire, on s’attache à la propriété ou bien elle s’accroche à nous de ses mille petites griffes, et une seule chose nous vient en aide : la distance, qui transforme toutes choses. Seule la distance extérieure permet la distance intérieure : ‘Absent, je me dépouille de tels pensements, et sentirais moins lors de la ruine d’une tour que je ne fais à présent de la chute d’une ardoise.’ Celui qui se restreint à un lieu confiné tombe dans l’étroitesse. Tout est relatif. Depuis peu, Montaigne ne cesse de répéter : ce que nous nommons soucis n’a pas de poids unique. Nous seuls les exagérons ou les diminuons. Ce qui est proche de nous nous touche plus que ce qui est éloigné, et plus nous nous cantonnons dans des proportions étroites, plus l’étroitesse nous pèse. »

    Après ce temps de réclusion volontaire, Montaigne, le sédentaire, retournera dans le monde avec une envie de voyager. Prévoyant, il organise son absence de façon à retrouver sa vie sans problèmes quand il reviendra au château de Montaigne. Il voudra un voyage hors itinéraire touristique et se laissera pousser par le vent et lui-même jusqu’en Italie. Le ‘moi’ en exode pendant plus de deux ans.

    Les Essais auront été publiés et à son étonnement le livre rencontrera un succès retentissant jusque dans la cour des plus grands dont le Pape qu’il rencontrera à Rome. Henri III et les Bordelais l’obligeront à revenir de son périple pour devenir maire de la ville de Bordeaux alors qu’il n’en a pas du tout envie puis enfin il déclinera l’invitation de rejoindre la cour d’Henri IV dont il a été le conseiller.

    Pourtant, il sera confronté à la peste et devant le danger et la peur de l’épidémie meurtrière, sa belle philosophie ne sera plus de mise. Il fuira et comme tout un chacun voudra sauver sa peau.

    Époques aux destins similaires – Rechute de l’humanisme dans la bestialité « un de ces accès sporadiques de folie qui saisissent parfois l’humanité » :

    « Un flot de richesse se répandait sur la vieille Europe, créant le luxe, et le luxe à son tour créait des édifices, des tableaux, des statues, tout un monde embelli, spiritualisé. Mais toujours, quand l’espace s’élargit, l’âme s’ouvre. (...) Mais toujours, quand la vague monte trop haut et trop vite, elle n’en retombe que plus violemment, comme une cataracte. (…) les éléments de la renaissance et de l’humanisme qui semblaient apporter le salut devinrent poison mortel. (…) Furor heologicus, au lieu de l’humanisme c’est l’intolérance qui triomphe. Dans toute l’Europe, une meurtrière guerre civile déchire chaque pays, tandis que, dans le nouveau monde, la bestialité des conquistadores se déchaîne avec une cruauté sans égale. Le siècle de Raphaël et de Michel-Ange, de Dürer et d’Erasme retombe dans les atrocités d’Attila, de Gengis Khan et de Tamerlan.»

    Zweig considère Montaigne comme un écrivain protecteur et ami mais aussi comme un exemple :

    « Seul celui qui reste libre de tous et de tout accroît et préserve la liberté sur terre. »

    Cette lecture nous en apprend autant sur Zweig que sur Montaigne, deux écrivains qui défient le temps.