Sophie Audouin-Mamikonian

Sophie Audouin-Mamikonian
Arrière-petite-nièce de Tristan Bernard, arrière-petite-fille de Pierre-Gilles Veber ("Fanfan la Tulipe", "Macao l'enfer du jeu"), nièce de Francis Veber : Sophie Audouin-Mamikonian a l'écriture dans le sang. Depuis 2003, sa série "Tara Duncan" (un nouveau volume chaque année), vendue dans une di... Voir plus
Arrière-petite-nièce de Tristan Bernard, arrière-petite-fille de Pierre-Gilles Veber ("Fanfan la Tulipe", "Macao l'enfer du jeu"), nièce de Francis Veber : Sophie Audouin-Mamikonian a l'écriture dans le sang. Depuis 2003, sa série "Tara Duncan" (un nouveau volume chaque année), vendue dans une dizaine de pays, bientôt adaptée au cinéma et en dessin animé, rencontre un succès de plus en plus large. Elle est aussi l'auteur de "Clara Chocolat", sorte de petite soeur de son héroïne fétiche pour les plus jeunes. "La Danse des obèses" est son premier roman pour adultes mais certainement pas le dernier ! Quand elle n'écrit pas, Sophie Audouin-Mamikonian s'occupe de son mari, de ses deux filles, qui sont ses premières lectrices, et de l'ONG Douleurs sans frontières.

Avis (96)

  • Couverture du livre « La couleur de l'âme des anges » de Sophie Audouin-Mamikonian aux éditions Robert Laffont

    Lunartic sur La couleur de l'âme des anges de Sophie Audouin-Mamikonian

    J'avais plus que hâte de lire ce roman, vu que j'avais entendu dire beaucoup de bien de Sophie Audouin-Mamikonian, la très célèbre auteure de la saga fantasy Tara Duncan... dont je n'ai lu que le tome un pour l'instant, honte à moi ! (surtout que c'est juste génial) Je peux dire désormais que...
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    J'avais plus que hâte de lire ce roman, vu que j'avais entendu dire beaucoup de bien de Sophie Audouin-Mamikonian, la très célèbre auteure de la saga fantasy Tara Duncan... dont je n'ai lu que le tome un pour l'instant, honte à moi ! (surtout que c'est juste génial) Je peux dire désormais que l'autrice écrit vraiment très bien, la lecture est fluide et rapide, on est pris dans l'histoire jusqu'au bout, et la plume de Sophie Audouin-Mamikonian déborde d'imagination. Malheureusement, pour ce qui est de ce titre, cela ne l'a pas fait pour moi. Pourtant, il promettait une histoire démentielle et absolument passionnante sur le papier... Cela aurait pu être le cas, et ça l'a été dans un certain sens, MAIS...

    Déjà, parlons des personnages. Pour moi, il est indispensable que, dans un roman, je m'attache aux personnages du récit. Ou, du moins, que je les tolère. Je suis vraiment navrée de le dire mais je n'ai réussi à m'attacher véritablement à aucun des personnages. Ah si, quand même à Angela, la petite sœur du personnage principal, Jeremy. Je l'ai trouvée adorable et très attachante. Son immense amour pour son grand frère m'a beaucoup émue et j'étais folle de rage contre l'Ange rouge qui la torturait et la faisait cauchemarder dès qu'elle n'avais pas son médicament somnifère. Pauvre Angela, elle ne méritait pas du tout d'être tourmentée ainsi. J'ai beaucoup apprécié sa mère également, Claire. Cela m'a agacée qu'elle se rende compte du fait qu'elle aurait dû et surtout pu être plus proche de son fils lorsque celui-ci est mort, mais cela est si fréquent dans la vraie vie que je comprends tout à fait que l'auteure ait voulu que ce soit comme cela... Elle m'a beaucoup chagrinée en la voyant ainsi pleurer son fils et aussi beaucoup attendrie. Elle remplit à merveille son rôle de maman, dévouée et pleine d'amour qu'elle est pour sa petite fille.

    Ce qui m'a déçue au niveau des personnages (car vous êtes sûrement en train de vous dire que j'en fais tout un foin pour pas grand chose), c'est que je ne me suis pas attachée aux deux personnages principaux, autant le masculin que le féminin, Jeremy et Allison. Je les ai même méprisés parfois, c'est dire. C'est très, très rare que cela m'arrive. Certes, Jeremy m'a fait ressentir beaucoup de peine et de compassion à son égard lorsqu'il se fait décapiter, le pauvre (j'ai quand même un semblant d'humanité qui m'anime le cœur, encore heureux !) et qu'il se retrouve Ange et perdu par toutes les choses qu'il a à apprendre de son nouveau "statut". J'ai aussi été très touchée par le fait qu'il prend son rôle de grand frère très à cœur, même depuis l'au-delà, et qu'il est prêt à tout pour protéger sa petite sœur de ce satané Ange rouge. Je le sens venir, vous allez vous insurger et me demander alors : « Qu'est-ce qu'il y a de négatif là-dedans ? »

    Ce qu'il y a de négatif, c'est que je n'ai pas accroché à son couple avec Allison. Je ne sais pas pourquoi, j'avais beau sentir que les deux personnages avaient un bon fond, que Jeremy aimait follement Allison au point d'en mourir une seconde fois pour elle, mais je n'ai pas ressenti en moi ces émotions. Ces émotions qui peuvent me faire pleurer comme un bébé ou être folle de bonheur. Ou les deux en même temps, et alors là... je ne réponds plus de rien. Mais là, justement, rien. Nada, niente. J'ai lu leur rencontre, leur histoire, j'ai vécu tous ces immenses chamboulements en même temps qu'eux, mais malgré tout, je n'ai pas réussi à avoir réellement l'impression d'être avec eux. Cela m'a énormément frustrée ; cependant, je ne reproche absolument rien à l'auteure. J'ai été heureuse du mariage de Jeremy et d'Allison à la fin du livre, tout comme de la victoire de Jeremy face à l'archange rouge, qui est son assassin au katana (oui, la fameuse décapitation sordide qui vous retourne l'estomac à peine le livre commencé), mais je n'ai pas ressenti une immense joie comme si j'étais à leur place, ou comme si je faisais partie de leur entourage, comme si, en tant que lectrice, j'étais leur compagne de route. Et d'habitude, je ressens cela dans les livres que j'adore ou même que j'aime beaucoup. C'est une des choses qui me plaît le plus dans ma passion pour la lecture et je ne sais pas pourquoi rien ne s'est passé de poignant avec ce roman.L'histoire est pourtant emplie d'originalité, elle est prenante et nous donne envie de finir le livre pour savoir de suite la fin tant on est curieux, et je félicite Sophie Audouin-Mamikonian pour cela, mais je n'ai pas ressenti d'émotions extrêmes, ou plutôt celles que j'aurais aimé ressentir en lisant une telle quatrième, et je trouve cela fort dommage. Pour en revenir à Jérémy, je ne compte pas lui pardonner son infidélité à Allison, contrairement à celle-ci. Comment a-t-il osé faire l'amour telle une bête de sexe à l'Ange millénaire Lilith ?! Pour faire revenir Allison et Flint en plus ! Justement pour qu'Allison revienne ! J'ai trouvé cette scène de sexe répugnante et, quant j'ai appris la raison de son acte, j'ai trouvé ça pitoyable et pathétique ! Franchement, n'y avait-il pas une autre solution pour faire revenir sa bien-aimée ? Non, vraiment, je ne comprends pas un tel comportement !

    Après mon avis sur Jeremy, mon avis sur sa chère et tendre, Allison. J'ai été très émue par son combat pour permettre que le vaccin contre certains types de cancer soit mis en vente par le commanditaire de son meurtre. C'est glauque et c'est la triste ironie du sort mais c'est aussi et avant tout une belle revanche ! Tout comme Jeremy, elle aussi a un très bon fond (dommage qu'ils ne mettent pas cela plus en avant par le biais de leurs décisions et de leurs actes, n'est-ce pas Jeremy ?!) mais je n'ai pas supporté qu'elle soit aussi soumise à son "soi-disant" meilleur ami Clark, que j'abhorre. Monsieur le mannequin prétentieux et imbu de lui-même sait que sa meilleure amie a promis à sa mère sur son lit de mort d'être vierge jusqu'au mariage et il profite d'elle en l'embrassant sur tout le corps alors qu'il était censé lui faire simplement un massage pour la relaxer !!! Quel être ignoble et fourbe !!! Et Allison n'est pas beaucoup mieux de se laisser faire ainsi. J'avais presque l'impression qu'ils faisaient déjà l'amour ! C'était dégoûtant, cette trahison de leurs propres principes et valeurs (du moins pour Allison, car Clark n'est qu'un hypocrite) ! Bon, j'ai l'air d'être une vraie nonne psychorigide et qui crie au blasphème en proférant de tels propos. Je dois reconnaître que je me suis un peu lâchée et que j'ai exagérer, il n'empêche que cette scène m'a mis extrêmement mal à l'aise et m'a surtout fait péter une durite. Je ne suis pas contre les scènes de sexe, contrairement à ce qu'on pourrait penser, simplement, il y a une manière de les écrire et aussi que cela ne desserve pas l'intrigue. Dans le cas présent, Allison se fait abuser par un goujat de la pire espèce, et elle n'en a même pas conscience. Ce n'est pas de sa faute à elle, j'en ai bien conscience désormais, et j'ai honte d'avoir proféré de telles paroles à son encontre. Par contre, mon avis sur Clark n'ai pas changé du tout. Ce type est une ordure, un déchet, une enflure, une mauvaise engeance. Point.

    Flint et Lilith m'ont également déplu. Au départ, j'aimais bien Flint car il apprend à Jeremy ce qu'il doit savoir, il lui fait un vêtement (oui, car les anges doivent faire leurs vêtements avec de la brume et les nouveaux n'y arrivent qu'au bout de plusieurs années !) mais ensuite, il le lâche assez vite pour aller jouer au poker et se laisser aller à tous les vices. Et puis, plus tard dans l'histoire, il veut séduire Allison et arrive presque à la faire passer du mauvais côté (oui, oui, du côté obscure... Même si on n'est pas dans Star Wars là !). Vous l'aurez compris, je ne l'aime pas. Surtout qu'il se trouve être Méphistophélès, aka le diable ! Enfin, plutôt le chef des Anges rouges... Quelle surprise ! Je m'attendais à ce qu'il soit un Ange rouge mais pas à ce qu'il soit THE diable en personne (en même temps, j'ai envie de lui dire que c'est pas un cadeau...) ! Cela m'a pris de court, il faut le reconnaître ! Quant à Lilith, je ne l'ai pas aimé non plus. Vous avez vu, j'en rajoute une couche, je tiens à bien insister sur ce point : JE. NE. L'AIME. PAS. Elle aussi tente de son côté de séduire ouvertement Jeremy, tandis que Flint s'occupe d'Allison, pour qu'il devienne un de ses "petits chéris" (passage tout aussi dégoûtant que la scène de sexe, j'ai détesté également !) et elle n'a pas réussi à m'attendrir ou à m'apitoyer sur son sort lorsqu'on apprend qu'elle aime réellement Jeremy et qu'elle le sauve de l'Archange rouge via Allison. Même Einstein ne m'a pas été attachant ! J'ai trouvé cela vraiment génial de faire apparaître des savants et des célébrités mortes dans le monde des Anges et Einstein est décalé et même assez drôle parfois mais je n'ai pas su m'y attacher, malheureusement... Il a à peine relevé le niveau et, pour un personnage tel que lui, qui a véritablement marqué notre Histoire, je trouve cela vexant et décevant. Le père et le grand-père de Jeremy ne m'étaient pas très sympathiques non plus. Ils ont un bon fond et aiment profondément Jeremy mais, selon moi, le grand-père de Jeremy est assez froid et distant, obnubilé par le travail, et le père, Paul Galveaux, affreux de vouloir que sa femme meurt afin de la retrouver, très égoïste... Même si, à la rigueur, cela peut se comprendre... Enfin, le beau-père de Jeremy est très spécial. Il m'a fortement déplu de par ses mensonges et sa menace (garder leur fille en cas de divorce) envers sa femme et, en même temps, on sent qu'il l'aime et qu'il va arrêter ses trafics d'armes. Décidément, tout le monde fait ce qu'il ne faut pas faire dans ce roman ! C'est assez déroutant...

    Du côté de l'histoire, j'ai trouvé ça très original, toutes ces trouvailles avec les Anges rouges et bleus, la Brume, les Archanges au sommet de la hiérarchie et l'histoire du savant et de son antidote contre certains cancers,... L'idée de la palette de couleurs auxquelles correspondent les différentes auras des sentiments humains qui irradient de notre corps était super bien pensée aussi ! Mais... Mais... Mais je relève néanmoins certains points négatifs. Déjà, au niveau des Anges rouges et bleus. J'ai eu un peu de mal à me dire que les Anges puissent être gentils "bleus" et méchants "rouges", surtout avec le diable en chef des rouges. C'est beaaaaaaaaucoup trop manichéen et simpliste. Je m'en rends compte seulement maintenant, alléluia ! Y'a de l'espoir sur Terre, je vous le dis... Puis, à l'époque de ma lecture, je l'ai finalement acceptée, cette rivalité rouge/ bleu, en comparant les Anges rouges à des sortes de diables. Je dois admettre que cette image est toute bête mais facile à retenir. Simple, efficace. Je n'aurais pas fait mieux. Mais, ce que j'ai moins accepté, c'est que les Anges bleus ne m'ont pas semblé si bons et gentils que ça ! Y'a pas un camp pour rattraper l'autre, quoi ! A part le conseil des Archanges bleus, dont fait partie Jeremy, qui a été choisi (autre grosse surprise, sérieusement ! Pourtant, j'aurais dû le sentir), et qui fait le bien à la fin lorsqu'il bat enfin les Archanges rouges pour une période de paix de trente ans (seulement ?! Ça ne pouvait pas être "pour l'éternité" ?! Pourquoooooooi ?!! Honnêtement, pourquoi 30 ans ??), en supprimant des dictatures sur Terre et en faisant commercialiser le fameux vaccin anti-cancers, les Anges bleus nouveaux et anciens m'ont paru assez semblables aux Anges rouges car, au fond, ils ne vivent que pour se nourrir de la Brume, soit des sentiments heureux des humains, alors que les rouges vivent de la Brume des sentiments négatifs. Ils s'en gavent même, et modèlent la vie des humains à leur guise pour pouvoir leur faire exprimer de tels sentiments. C'est une vraie exploitation et maltraitance ! C'est de la torture psychologique et morale même ! J'ai eu du mal à accepter le fait que les Anges ne soient pas vraiment bons, comme les vrais Anges à mes yeux, et qu'ils soient même presque pire que les humains. Cela m'a mis le moral dans les chaussettes, de quoi briser bien des espoirs dans les fondements de notre Humanité et de nos croyances, quelles qu'elles soient. La façon dont Sophie Audouin-Mamikonian a dépeint Galilée par exemple n'a pas été à mon goût du tout. Dans ce roman, il semble être le commun des mortels, assez bas d'esprit, qui adore proférer des injures et regarder les belles femmes à tout bout de champ. Certes, je ne l'ai pas connu et je ne sais pas comment il était dans la vraie vie mais, pour un savant comme lui, cette description n'est pas très flatteuse. Après, grâce à tout ce que j'ai appris depuis, je peux comprendre qu'un génie dans quelque domaine que ce soit peut être un être inhumain et/ou profondément laid dans la vraie vie et que tout n'est pas tout blanc ou tout noir. Il faut savoir accepter les nuances de Grey aussi. Oui, même Christian, cet homme insupportable, possessif, jaloux, et aux tendances sexuelles franchement cheloues. C'est dur la vie.

    Pour conclure, je dirais que je m'attendais à beaucoup mieux pour cette lecture, qui m'a in fine assez déçue, et encore, je suis gentille. Cependant, j'ai fortement apprécié l'inventivité de l'auteure, qui me semble être quelqu'un de profondément aimant, humain et extraordinaire, et sa manière d'écrire, qui m'ont tout de même donné envie de lire la suite (c'est un miracle qui aurait dû se produire en janvier 2013 et qui n'a finalement jamais eu lieu, vu que le tome 2 n'est, à ce jour, toujours pas paru !) et de lire d'autres romans de l'auteure, comme la saga Tara Duncan, dont le premier tome est une tuerie et je vais m'empresser d'aller emprunter les autres, ou Indiana Teller, dont le tome 1 est très satisfaisant, malgré certains petits défauts. In fine, la plume et l'imagination de Sophie Audouin-Mamikonian et moi, ça matche du tonnerre ! Quel soulagement ! C'est juste que La Couleur de l'âme des anges n'était pas fait pour moi.

    En bref : Un roman avec énormément de potentiel qui m'a finalement beaucoup déçue. L'univers est très intéressant et vraiment prenant, mais les personnages sont à la limite du tolérable, ils ne nous font ressentir aucune émotion particulière, le côté érotique n'a rien à faire là et est très gênant dans la façon dont il est écrit. La plume de l'autrice est cependant top ! Ça ne l'a juste pas fait ici.

  • Couverture du livre « Indiana Teller t.1 ; lune de printemps » de Sophie Audouin-Mamikonian aux éditions Michel Lafon

    Maureen sur Indiana Teller t.1 ; lune de printemps de Sophie Audouin-Mamikonian

    Livre qui se lit assez rapidement. Beaucoup d'humour qui du coup fais glisser la lecture. Le rebondissement et l'amour sont au rendez-vous. A lire!!!

    Livre qui se lit assez rapidement. Beaucoup d'humour qui du coup fais glisser la lecture. Le rebondissement et l'amour sont au rendez-vous. A lire!!!

  • Couverture du livre « La danse des obèses » de Sophie Audouin-Mamikonian aux éditions Robert Laffont

    Marie Kacher sur La danse des obèses de Sophie Audouin-Mamikonian

    Contrairement à mon habitude, je ne vais pas vous proposer de résumé « à ma sauce », pour la simple et bonne raison que je doute fortement de la faisabilité de la chose : l’intrigue est si complexe, si emberlificotée, qu’il me semble drôlement compliqué de vous présenter la situation initiale et...
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    Contrairement à mon habitude, je ne vais pas vous proposer de résumé « à ma sauce », pour la simple et bonne raison que je doute fortement de la faisabilité de la chose : l’intrigue est si complexe, si emberlificotée, qu’il me semble drôlement compliqué de vous présenter la situation initiale et d’introduire l’élément perturbateur sans vous  dévoiler les trois quart du mystère. Ce qui serait terriblement dommage ! Sachez tout de même qu’en ouvrant ce livre, vous allez avoir le droit à … des considérations culinaires qui donnent faim, des meurtres sanglants qui coupent l’appétit, de l’humour plus ou moins douteux qui fait cependant drôlement rire, des rebondissements frustrants qui font grogner, des personnages à la personnalité riche et complexe qui se débattent avec leur passé tout en jonglant avec présent et futur … Je sais, présenté comme cela, on dirait un véritable patchwork, mais ça représente bien la richesse de cette intrigue qui est menée d’une main de maitre du début à la fin !

    En effet, bien qu’il s’agisse de la première incursion de Sophie dans le monde du thriller policier, je n’ai absolument rien à reprocher à l’intrigue qui a su me captiver et me surprendre. En l’espace que quelques pages à peine, l’auteur a réussi à agripper le lecteur dans ses filets : il ne pourra désormais plus s’arrêter de lire sans risquer de mourir d’impatience ! Il y a plusieurs éléments qui rendent cette lecture si captivante et si difficile à interrompre. Tout d’abord, les deux personnages principaux, Elena et Philippe, qui portent cette intrigue avec courage et détermination en dépit de leurs nombreuses failles psychologiques. Je ne saurai dire lequel je préfère, car ils sont suffisamment différents pour que je les apprécie autant l’un que l’autre. Les personnages secondaires ont également leur importance, je pense particulièrement à Jeanne, l’assistante de Philippe, Karl, le patient surdoué d’Elena qui va apporter son grain de sel à l’enquête, et surtout au docteur Harold Point, médecin légiste à l’humour aussi caustique que débordant. Ajoutez à cela un père surprotecteur, un supérieur invivable, un collègue au comportement inhabituel et un meilleur ami exubérant, et vous aurez déjà de quoi remplir un roman entier !

    Alors vous imaginez bien que lorsqu’on ajoute une sombre affaire de meurtres en série à cette ribambelle de protagonistes, on obtient quelque chose de fichtrement intéressant. D’autant plus lorsque toutes les victimes sont des individus de forte corpulence, n’ayant au premier abord aucun point commun hormis celui de souffrir d’obésité, et que le mode opératoire pour le moins spectaculaire du meurtrier comporte de sordides poèmes ensanglantés qui, bien que donnant de précieux indices sur la localisation du prochain cadavre, ne permettent jamais de le prendre en flagrant délit. Philippe vogue de fausses pistes en fausses pistes, avec l’horrible sensation de se faire manipuler par celui qu’il tente de démasquer. Et le plus génial, dans toute cette affaire, c’est que le lecteur se retrouve exactement dans la même situation ! Pourtant, contrairement à ce cher capitaine, nous avons la « chance » d’avoir quelques chapitres présentant le point de vue du mystérieux tueur, mais cela ne nous aide absolument pas à deviner qui est le coupable. De rebondissements en coups de théâtre, Sophie nous mène par le bout du nez et je suis à la fois époustouflée par son habileté et effarée par son machiavélisme !

    Comme tout bon thriller qui se respecte, La Danse des obèses est légèrement sanglant … bon, d’accord, vraiment sanguinolent, en fait. Sophie n’épargne ni ses personnages, ni son lectorat ! Elle décrit les mises en scène macabres du meurtrier ainsi que les autopsies sans aucune omission ou atténuation, y consacrant des paragraphes entiers pour stimuler l’imagination des lecteurs. Et comme Sophie a une narration très visuelle, ça n’a pas loupé : je me retrouvais avec une image troublante de réalisme imprimée dans mon cerveau, et je dois avouer avoir grimacé plus d’une fois au cours de ma lecture. Mais je vous rassure cependant : en dépit de cette représentation quasi-cinématographique des scènes de crimes, Sophie a veillé à ne pas tomber dans le gore insupportable et superflu. Malgré ma sensibilité extrême et mon naturel anxieux, je n’ai pas fait de cauchemars après avoir lu ce livre : ce livre impressionne mais ne traumatise pas ! En effet, à côté de l’enquête à proprement parler, nous avons le droit à une jolie romance pleine de bienfaits ainsi qu’à l’humour débordant de Sophie qui vient dédramatiser toute cette sordide affaire.

    En bref, l’auteur nous offre ici un thriller palpitant et haletant aux bouleversements remarquables, un thriller saisissant et captivant aux dénouements improbables. Une intrigue terriblement complexe qui oriente sans cesse le lecteur sur de fausses pistes, des personnages d’une complexité rare qui posent la question de l’influence du passé sur le devenir d’une identité, une narration atypique qui mêle descriptions sanguinolentes et humour piquant, voici les ingrédients indispensables pour mijoter un thriller qui donne faim d’un côté et qui coupe l’appétit de l’autre. Âmes et estomacs sensibles s’abstenir, ce livre n’est à lire ni après les repas ni avant de s’endormir ! Pour sa première incursion dans le monde du polar, Sophie y va très fort : une intrigue magnifiquement bien ficelée, un rythme merveilleusement bien maitrisé et une maitrise parfaite de la tension dramatique. Ma chère Sophie, si jamais tu passes par-là : n’hésite surtout pas à te relancer dans un nouveau roman de cet acabit, je suis persuadée que nombres de tes lecteurs en seraient ravis !

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