Sok-Yong Hwang

Sok-Yong Hwang
Hwang Sok-yong, né en 1943, fait sûrement partie des plus grands écrivains asiatiques de sa génération. Très ancrée dans l'histoire contemporaine de la Corée, son œuvre est toujours d'une vibrante actualité politique. Son engagement lui a valu l'exil et la prison. La plupart des romans de Hwang ... Voir plus
Hwang Sok-yong, né en 1943, fait sûrement partie des plus grands écrivains asiatiques de sa génération. Très ancrée dans l'histoire contemporaine de la Corée, son œuvre est toujours d'une vibrante actualité politique. Son engagement lui a valu l'exil et la prison. La plupart des romans de Hwang Sok-yong - comme le Vieux Jardin ou Shim Chong, fille vendue - ont été récompensés par de prestigieux prix littéraires, et sont lus dans le monde entier. Les critiques coréens voient volontiers dans plusieurs scènes de Monsieur Han, le premier roman de Hwang Sok-yong devenu un classique étudié dans toutes les classes en Corée du Sud, certaines des plus belles pages de la littérature coréenne contemporaine.

Avis (8)

  • Couverture du livre « Princesse Bari » de Sok-Yong Hwang aux éditions Picquier

    Sandrine Fernandez sur Princesse Bari de Sok-Yong Hwang

    Une légende coréenne raconte l'histoire d'une reine qui, désespérée après la naissance de sa septième fille, décide de l'abandonner à la mort. La petite Bari, ''l'abandonnée'', survit et, plus tard, accepte de venir en aide à ses parents mourants en allant chercher l'élixir de vie qui sauvera...
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    Une légende coréenne raconte l'histoire d'une reine qui, désespérée après la naissance de sa septième fille, décide de l'abandonner à la mort. La petite Bari, ''l'abandonnée'', survit et, plus tard, accepte de venir en aide à ses parents mourants en allant chercher l'élixir de vie qui sauvera leurs âmes.
    Une famille nord-coréenne vit le même drame : six filles déjà et une septième qui arrive au monde. Craignant la colère du père, la mère abandonne le bébé dans la forêt. Mais la chienne de la maison la retrouve et la grand-mère la prend sous son aile. Inspirée par la légende, cette chamane reconnue la prénomme Bari. La petite miraculée n'est pourtant pas au bout de ses peines. Car, même si sa famille est plutôt à l'aise, elle ne pourra échapper à la terrible famine des années 90, ni à la répression exercée par le régime nord-coréen. Bari se retrouve seule au monde mais elle a reçu en héritage les dons de voyance de sa grand-mère. Elle peut aussi communiquer avec son chien et se réfugier dans ses rêves. Des dons qu'il lui permettront de quitter son pays, de survivre en Chine et de traverser l'océan, à 16 ans à peine, au fond d'une cale pour arriver à Londres. Un nouveau monde, une nouvelle vie, de nouvelles épreuves.

    Ancrée dans la tradition du chamanisme encore très présent en Corée, l'histoire de Sok-yong Hwang raconte la douleur du peuple nord-coréen. Dans le pays bien sûr où la famine, la peur, la dictature ont brisé bien des familles. Mais aussi à travers l'exil en Chine ou en Europe. Parqués dans des containers à fond de cale, maltraités et violés par les passeurs, les fuyards qui survivent à la traversée doivent encore rembourser le prix de leur passage et souvent les femmes sont livrées à des réseaux de prostitution. Mais malgré la douleur et les épreuves, Bari affronte la vie avec l'innocence de sa jeunesse et la force de ses dons. Capable de se dissocier de son corps, elle trouve dans ses rêves le réconfort et les conseils de sa grand-mère, la fidélité de son chien qui la guide dans les méandres de son inconscient. A Londres, elle découvre l'amitié, la solidarité mais aussi le sort réservé aux clandestins par les autorités. En se rapprochant de la communauté musulmane, Bari apprend d'autres croyances, d'autres traditions mais aussi l'amalgame fait entre musulmans et terroristes après les attentats du 11 septembre.
    Princesse Bari se lit comme un conte. Naviguant entre la réalité la plus cruelle et un onirisme très poétique, c'est un roman atypique, une histoire d'errance, d'exil avec une héroïne lumineuse, forte, fragile et humaine. Sok-yong Hwang, s'il aime dans ses romans parler de son pays coupé en deux par la folie des hommes, sait transcender l'histoire nationale pour en faire une fable universelle. Une lecture à la fois tragique et enchanteresse.

  • Couverture du livre « Princesse Bari » de Sok-Yong Hwang aux éditions Picquier

    Mistinguette M. sur Princesse Bari de Sok-Yong Hwang

    J’ai été surprise par l’écriture de l’auteur. Ne vous y méprenez pas, c’est très bien écrit et je comprends pourquoi Hwang Sok-yong fait partie des grands auteurs sud-coréens. Je m’attendais à une écriture plus poétique, moins occidentale d’une certaine façon. Mais je l’ai retrouvée dans les...
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    J’ai été surprise par l’écriture de l’auteur. Ne vous y méprenez pas, c’est très bien écrit et je comprends pourquoi Hwang Sok-yong fait partie des grands auteurs sud-coréens. Je m’attendais à une écriture plus poétique, moins occidentale d’une certaine façon. Mais je l’ai retrouvée dans les rêves de Bari et son initiation. Dans ces passages très oniriques, on découvre les sources de la mythologie coréenne avec ce chamanisme. Ce fut une vraie découverte et un voyage complètement dépaysant ! Hwang Sok-yong s’est inspiré d’une légende coréenne qui raconte l’histoire d’une princesse qui doit traverser le monde pour trouver l’eau de la vie qui permettra aux morts de trouver la paix.

    Dans les pas de cette princesse, Bari va faire un voyage spirituel mais aussi traverser les mers allant de la Chine à la ville de Londres. Sa vie ne sera qu’une succession d’épreuves et de douleurs. Mais elle relève la tête à chaque fois et continue de soigner les âmes qu’elles croisent. N’attendez pas un récit optimiste sur le monde et la nature humaine. Ce roman est empreint de réalisme et de noirceur. Terrible mais sûrement nécessaire.

    En bref, une très belle découverte de l’année 2017 qui m’a donné envie de lire d’autres romans de Hwang Sok-yong. C’est une lecture complètement dépaysante, étonnante qui nous bouscule. Je pense que Bari fait partie des personnages qui laissent une empreinte sur le lecteur.

    https://lecturesdemistinguette.wordpress.com/2018/01/12/princesse-bari-hwang-sok-yong/

  • Couverture du livre « L'étoile du chien qui attend son repas » de Sok-Yong Hwang aux éditions Serge Safran

    Colette LORBAT sur L'étoile du chien qui attend son repas de Sok-Yong Hwang

    Nous sommes en 1960, Chun est sur le quai de la gare en partance pour le Vietnam, pour une guerre qui ne le concerne pas. Le livre est un retour sur sa jeunesse. « A ce moment-là, alors que je disais adieu à ma jeunesse, je me rendis compte à quel point je l’avais aimée. »
    Les plaies de...
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    Nous sommes en 1960, Chun est sur le quai de la gare en partance pour le Vietnam, pour une guerre qui ne le concerne pas. Le livre est un retour sur sa jeunesse. « A ce moment-là, alors que je disais adieu à ma jeunesse, je me rendis compte à quel point je l’avais aimée. »
    Les plaies de l’occupation japonaise et celles de la guerre (guerre entre les deux Corée) ne sont pas totalement refermées. Manifestant contre le sommet Corée-Japon, Chun sera jeté en prison, verra un de ses amis tomber sous les balles.
    Chun sert de fil rouge dans ce livre chorale où chaque ami raconte une partie de son histoire. Les jeunes étudiants se retrouvent souvent au café Mozart pour boire du Soju et du Makkoli, qu’est-ce qu’ils picolent !! Chun avec d’autres prennent la décision d’arrêter leurs études pour parcourir la Corée. Il explique son choix dans une très belle lettre adressée à son professeur responsable « Je voudrais acquérir la capacité de créer, plutôt que d’apprendre par cœur ». Ils partent à la découverte d’un pays, d’une campagne encore éloignée d’une certaine modernité. Ces jeunes gens, férus de poésies, citent des extraits de Paul Valéry, Henri Michaux, des poètes et auteurs coréens…Chun, rencontre Chang, alias Lieutenant à la prison et décide de le suivre. Engagés comme manœuvre, il découvre le vrai prolétariat. «Il me fallut attendre l’âge de vingt ans pour sortir des livres et prendre conscience de toute l’énergie qu’exigeait la dure vie de travailleur.»

    Dans ce récit largement autobiographique, Hwang Sok-yong fait le portrait de la jeunesse coréenne de l’époque, une jeunesse désenchantée qui refuse, entre autre, la discipline militaire des établissements scolaires (poches cousues pour ne pas y mettre les mains malgré le froid, mensuration de la chevelure…), le capitalisme forcené

    J’ai aimé son écriture pleine, forte, avec de très belles descriptions. Ce n’est pas un livre que j’ai lu en une seule nuit, non ; il faut le temps d’écouter ces jeunes gens, de les regarder vivre, de comprendre leurs attentes, leurs aspirations qui ressemblent étrangement à celles de notre jeunesse, découvrir la vie coréenne.

    Un livre très dense très bien écrit et traduit, un plaisir de lecture. Je n’ai pas pu, pas su en parler tant ce livre est dense, parfait, alors lisez-le.

    Au fait, l’étoile du chien qui attend son repas, c’est Vénus.

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