Sofia Aouine

Sofia Aouine

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Avis (10)

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    Couverture du livre « Rhapsodie des oubliés » de Sofia Aouine aux éditions La Martiniere

    Joe sur Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine

    " Ma rue raconte l'histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s'appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans. C’est mon père qui a choisi qu’on débarque ici. Je me dis souvent que ce vieux doit aimer la misère, comme si c’était la femme de...
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    " Ma rue raconte l'histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s'appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans. C’est mon père qui a choisi qu’on débarque ici. Je me dis souvent que ce vieux doit aimer la misère, comme si c’était la femme de sa vie. "

    La couleur est annoncée dès le début du récit. Un fond musical et cela pourrait être un slam. Dans cette rue Léon se côtoient les déracinés, les gamins livrés à eux-mêmes, les démunis, les laissés pour compte . C’est le quartier de la Goutte d’Or, celui des « pas français », un bastion populaire et multiculturel.

    Et c’est la voix d’Abad qui se fait entendre, un adolescent d’origine libanaise, avec un cœur gros comme ça, qui rêve d’Amour et d’ailleurs. Il est cash quand il raconte le quotidien de son quartier, ses quatre cents coups, ses hormones qui le titillent, ses désirs, ses premiers émois, ses colères, ses rêves.

    Autour de lui gravitent des personnages peu recommandables, dangereux, qui sèment la violence et la mort et des personnages très émouvants, des femmes qui vont veiller sur lui chacune à sa manière. Ethel Futterman au passé douloureux qui « ouvre dedans » pour soigner, Odette cette vieille dame au grand cœur mais dont la mémoire finit par flancher, Gervaise au destin brisé qui tapine pour envoyer de l’argent à sa petite fille Nana, restée en Afrique.

    À travers les yeux d’Abad, Sofia Aouine dépeint une réalité sociale faite de misère, de violence avec beaucoup d’humanité et sans misérabilisme. Ici les rêves permettent à Abad de survivre même si les désillusions viennent souvent les entraver.

    L’écriture est inventive, parfois crue et pimentée, parfois sobre et émouvante. Elle déclenche des sourires et étreint le cœur à la fois. Il y a du rire, des larmes, de l’amour, de très beaux portraits de femmes, l’ombre de Bashung, des clins d’œil à Truffaut, Gary, Zola, Hugo, la vie, la mort …

    On suit l’odyssée d’Abad avec deux villes qui se dessinent en filigrane et se font écho, Beyrouth et Paris. Et cet adolescent attachant, en mal d’amour, à travers ce dernier message, adressé aux gens qu’il aime, comme une bouteille à la mer : « Ce qui nous lie, ce sont les enfants que nous avons été. » devient bouleversant.

    Un premier roman percutant, sensible et bourré de tendresse où les voix des oubliés s’unissent pour scander une mélopée douloureuse et teintée de mélancolie.
    À découvrir !!!

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    Couverture du livre « Rhapsodie des oubliés » de Sofia Aouine aux éditions La Martiniere

    DELPHINE MARTEL sur Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine

    Si vous avez aimé l'esquive et que le slam ne vous pose pas de problème ce roman pour être tout à fait vous emporter très loin. Lecture rapide coup de poing, langage percutant et contemporain pas de misérabilisme mais une bonne façon de voir l'évolution sociale d'un quartier parisien.
    Le héros...
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    Si vous avez aimé l'esquive et que le slam ne vous pose pas de problème ce roman pour être tout à fait vous emporter très loin. Lecture rapide coup de poing, langage percutant et contemporain pas de misérabilisme mais une bonne façon de voir l'évolution sociale d'un quartier parisien.
    Le héros rythme ce livre comme une musique où des personnages se percutent, loin de leurs racines.

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    Couverture du livre « Rhapsodie des oubliés » de Sofia Aouine aux éditions La Martiniere

    Sophie Gauthier sur Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine

    Je viens de lire cette "Rhapsodie des oubliés" et j'ai envie, besoin, d'en parler là maintenant tout de suite. En parler du mieux que je peux pour que d'autres lecteurs l'ouvrent, le découvrent et soient happés à l'intérieur des mots comme je l'ai été.

    Voilà donc Abad, 13 ans, arrivé du Liban...
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    Je viens de lire cette "Rhapsodie des oubliés" et j'ai envie, besoin, d'en parler là maintenant tout de suite. En parler du mieux que je peux pour que d'autres lecteurs l'ouvrent, le découvrent et soient happés à l'intérieur des mots comme je l'ai été.

    Voilà donc Abad, 13 ans, arrivé du Liban avec sa famille et installé rue Léon, Paris, XVIIIe arrondissement, qui raconte et qui nous fait pénétrer dans son quartier, dans cette rue qui "raconte l'histoire du monde avec une odeur de poubelles". Oui, les images sont crues, osées, aussi violentes que la réalité quotidienne que ce gamin doit affronter en essayant de ne perdre ni son âme, ni sa liberté. Son âme, c'est avec Gervaise la belle tapineuse camerounaise qu'elle parvient à s'envoler ; c'est avec Odette, la vieille dame aux milliers de chansons et de livres, qu'elle se nourrit ; c'est avec Mme Futterman, la psy avec "une valise qui hurle dans un coin", qu'elle "s'ouvre du dedans". Et c'est avec Batman, la jeune fille voilée de l'appartement d'en face, avec Colette, avec toutes ces filles et ces femmes rencontrées, croisées, observées, qu'elle apprend à se rebeller.

    Comme la rue Léon, le roman de Sofia Aouine contient l'histoire du monde, d'un monde étroit et mal foutu qui, comme un ogre, dévore l'enfance avant qu'elle ne s'épanouisse et avilit le corps des femmes pour mieux dissoudre leur souffle. Avec ses mots de gamin malicieux et lucide, dans une langue colorée de multiples influences, Abad nous emmène au coeur de la misère, là où justement il n'y a guère de coeur. Et le roman se construit comme une tapisserie où se cousent l'une à l'autre différentes voix, des temporalités éclatées, des histoires déchirées que le récit raccorde entre elles et à celles de cet Antoine Doinel du XXIe siècle. Pas de dolorisme, pas de lamento ! Une énergie incroyable émane du personnage et de l'écriture, une volonté prête à bouffer tous ceux qui seraient susceptibles de l'empêcher d'avancer, de grandir, d'être l'homme qu'il veut être.

    Cette langue ravageuse, rebelle, se fait souple pour s'adapter aux histoires qui influent sur celle d'Abad. D'une ironie mordante quand il s'agit d'évoquer l'influence des intégristes, elle se fait poétique pour raconter le passé de Madame Futterman, rageuse pour retracer la vie de Gervaise, désespérément hilarante pour décrire l'arrivée en Picardie. C'est une langue protéiforme qui vit et qui change au gré des situations, des descriptions, des personnages... et du point de vue du narrateur. Une langue d'aujourd'hui qui ne craint pas de se frotter aux classiques (les noms des personnages et les différents exergues y incitent aussi), Zola, Ajar-Gary, Proust, Hugo, Truffaut..., pour s'en repaître, de la même manière qu'Abad se nourrit et s'élève en lisant et en écrivant dans son carnet noir. Emportée par l'urgence d'une vie à vivre loin de la rue Léon, l'écriture parvient à ramasser tous ces lambeaux d'existence pour donner son unité et sa solidité au roman.

    Histoire, construction, personnages, écriture, rythme, sujet... tout, absolument tout, m'a épatée dans ce premier roman ! Et, malgré la violence qui en émane, malgré la tristesse et la colère désespérée, je garde de cette lecture une impression d'optimisme revigorant. Cette "Rhapsodie des oubliés" à l'énergie prodigieuse va chanter longtemps dans ma mémoire !

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    Couverture du livre « Rhapsodie des oubliés » de Sofia Aouine aux éditions La Martiniere

    Nathalie Chartier sur Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine

    Une chronique tendre et douloureuse, hymne à la vie croquée par Abad, jeune libanais dont les parents se sont réfugiés à Paris, précisément dans le quartier de la Goutte-d’Or.

    Il a bien du mérite Abad, dont « la rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelle » ; il improvise, il...
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    Une chronique tendre et douloureuse, hymne à la vie croquée par Abad, jeune libanais dont les parents se sont réfugiés à Paris, précisément dans le quartier de la Goutte-d’Or.

    Il a bien du mérite Abad, dont « la rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelle » ; il improvise, il est audacieux, facétieux et très débrouillard du haut de ses 13 ans.
    Il dépeint le monde qui l’entoure avec humour et férocité, rien ne l’effraie, il découvre la sexualité, lorgne sur les filles aux seins nus de l’appartement d’en face.

    Un jour, après avoir dépassé les limites, il est envoyé chez une psychologue, une dame « censée guérir son dedans ». Passée une période d’hostilité à son égard, il se prend à apprécier les séances, à échanger avec la dame qui semble tout connaître de lui et surtout, sur ses conseils, il se met à noter sur un carnet ce qui lui vient à l’esprit, le monde dans lequel il vit.

    Certains passages sont savoureux, d’autres cruels.

    Le texte emprunte à La vie devant soi et aux œuvres de Zola (un personnage se prénomme même Gervaise, sa fille Nana), fait référence aux Quatre cents coups, très (trop) ambitieux à mon goût. En effet je n’ai malheureusement pas toujours été emportée par le récit, il me revenait toujours en mémoire Momo et Madame Rosa.

    Ces juxtapositions de situations, de personnages et de malheurs à la limite du cliché, ne m’ont rien apporté de nouveau hormis le personnage d’Ida. Un état des lieux de misères humaines trop « fourre-tout », (l’expression n’engage que moi).

    Pourtant, il est attendrissant Abad, il en invente régulièrement ! J’ai même crains pour lui sur la fin du récit – je n’en dit pas plus.

    En résumé, un premier roman touchant à l’écriture saisissante, à la fois littéraire et langage familier, qui mérite d’être découvert en dépit de mes réserves car il séduira certainement bon nombres de lecteurs.

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