Smadja Yoan

Smadja Yoan

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis (20)

  • add_box
    Couverture du livre « J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi » de Smadja Yoan aux éditions Belfond

    Mes écrits d'un jour sur J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi de Smadja Yoan

    Printemps 1994, Sacha, journaliste française, est envoyée en Afrique du Sud pour couvrir les élections post-apartheid. Un accrochage avec un camion dont le chargement sème le doute chez la jeune femme l’amène à s’intéresser de plus près au véhicule et à ses occupants. Elle suit son instinct et...
    Voir plus

    Printemps 1994, Sacha, journaliste française, est envoyée en Afrique du Sud pour couvrir les élections post-apartheid. Un accrochage avec un camion dont le chargement sème le doute chez la jeune femme l’amène à s’intéresser de plus près au véhicule et à ses occupants. Elle suit son instinct et prend la route du Rwanda avec son photographe. Sacha est piégée au milieu du conflit Tutsis et Hutus. En parallèle, il y a les carnets de Rose, Tutsi. Elle parle de son mari, médecin, travaillant à l’ambassade de France. Elle noircit les pages comme une nécessité de survie avec son fils Joseph.
    T’écrire, c’est me faire la promesse que tu me liras un jour.

    J’ai cru qu’ils enlevaient toutes traces de toi, vous allez vous dire, encore un roman historique. Il est c’est vrai bien documenté sur le génocide du Rwanda rendant la lecture parfois insoutenable mais ce n’en est pas un roman historique pour autant. Les évènements politiques s’équilibrant avec l’histoire de ces deux femmes, les mots gardant le lien entre elles. Les mots. Jouant le rôle principal de ce roman. Ceux que l’on dit, que l’on pose, que l’on transmet, que l’on oublie, tels un fil rouge. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce premier roman, parfois la gorge serrée, les larmes qui coulent. Yoan Smadja a choisi la guerre civile du Rwanda en fond. La violence, la haine, les conflits en font un puissant récit. Et puis, l’amour (parce qu’il en faut bien dans ce monde de brutes !). Celui de Rose fait de fragilité et d’espoir. Sacha et Rose sont liées entre la vie et la mort, entre la belle et la bête.
    Un livre poignant qui démontre qu’au milieu de cette monstruosité il peut en ressortir de la beauté.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2019/12/03/37835931.html

  • add_box
    Couverture du livre « J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi » de Smadja Yoan aux éditions Belfond

    Mylene Colas sur J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi de Smadja Yoan

    Très difficile pour moi de vous parler du premier roman de Yoan SMADJA. Bouleversant et tragique ce livre restera, c’est certain, une lecture marquante pour moi.

    Et pourtant, il faut que je trouve les bons mots pour évoquer ce magnifique récit empli d’humanité tout autant que de folies...
    Voir plus

    Très difficile pour moi de vous parler du premier roman de Yoan SMADJA. Bouleversant et tragique ce livre restera, c’est certain, une lecture marquante pour moi.

    Et pourtant, il faut que je trouve les bons mots pour évoquer ce magnifique récit empli d’humanité tout autant que de folies humaines.

    Nous sommes au printemps 1994.

    Journaliste renommée d’un grand quotidien français, Sacha aime passionnément son métier et se rend régulièrement sur tous les fronts, esquivant tous les dangers.

    Toujours en partance, elle est envoyée à LE CAP en AFRIQUE DU SUD pour couvrir les premières élections présidentielles depuis la libération de MANDELA. Arrivée sur place, son flair de journaliste la conduit avec son photographe au RWANDA, pays voisin, où les évènements tragiques vont se précipiter et les haines ethniques exacerbées se révéler génocidaires.

    Au milieu de cette guerre fratricide, Rose, jeune femme Tutsi, écrit des lettres à son époux, médecin, dont elle est sans nouvelle. Muette, c’est le seul moyen qu’elle a pour raconter ses peurs, ses stratégies de fuite en plein chaos, son amour pour son fils et son mari.

    Au cœur de l’innommable et terrible campagne d’extermination à laquelle se livrent les Hutus, le destin de ces deux femmes vont s’entrecroiser sans jamais se rejoindre.

    Ces deux voix féminines différentes vont tenter de fuir le danger, de protéger leurs proches et de sauver le peu d’humanité qu’il leur reste.

    Autant le dire tout de suite, ce roman a été pour moi un véritable choc émotionnel.

    J’ai été complètement captivée par la première partie du récit qui plante le décor, précise l’enchainement des évènements politiques et définit l’intrigue.

    Puis au fil des pages, j’ai tenté de garder la tête hors de l’eau alors que des vagues déferlantes me coupaient le souffle tellement les histoires de ces deux femmes, l’innocence des victimes et l’abandon total de la population rwandaise m’ont broyé le cœur …

    Le grand talent de Yoan SMADJA est de proposer un roman totalement maîtrisé, parfaitement juste, terriblement émouvant et impeccablement documenté. Il nous offre un récit dans lequel le souffle romanesque rencontre la tragédie de l’Histoire et permet au lecteur de mieux comprendre le drame qui s’est joué en 1994 dans ce superbe pays aux mille collines.

    Les voix de Sacha et de Rose nous dévoilent page après page l’horreur et l’ampleur du génocide perpétré au RWANDA.

    Le style journalistique de Sacha est très visuel et factuel. J’ai ressenti beaucoup de tension dans les chapitres au cours desquels elle décrit la situation, les scènes de chaos et de barbarie dont elle est spectatrice, les tentatives de fuite et de sauvetage avec plus ou moins de réussite auxquelles elle prend part.

    En revanche, les lettres de Rose au style plus lyrique et sentimental m’ont étreint le cœur tellement elles étaient évocatrices d’un paradis perdu, d’une passion amoureuse si belle et si pure et reflétaient si admirablement l’amour d’une mère pour son petit garçon et sa hargne pour le protéger.

    Indubitablement, J'AI CRU QU'ILS ENLEVAIENT TOUTE TRACE DE TOI est un roman marquant, qui ne peut laisser indifférent et résonnera longtemps chez le lecteur qui aura la curiosité et la force de se plonger dans ses pages. A travers la lecture de ce livre, nous sommes confrontés à notre propre humanité car les pires atrocités côtoient l’altruisme le plus sincère.

    Avec ce premier roman, Yoan SMADJA réalise avec brio un coup de maître et s’impose déjà comme un romancier talentueux.

    Je suis étonnée (et même attristée) que la critique ne se soit pas emparée de ce récit si brillant pour en faire l’éloge et le mettre en avant lors de sa sortie.

    Heureusement que certaines lectrices avisées ont su guider mes choix de lecture et me permettre de lire ce roman si poignant.

    MYMY
    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2019/11/24/37813766.html

  • add_box
    Couverture du livre « J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi » de Smadja Yoan aux éditions Belfond

    CalliPetri sur J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi de Smadja Yoan

    "Plutôt que d'entendre raconter, puisses-tu voir toi-même."
    Proverbe rwandais, "Les proverbes en kinyarwanda"

    "J’ai cru qu’ils m’étouffaient. J’ai cru qu’ils effaçaient ce que nous avions vécu. J’ai cru qu’ils étaient des dizaines ou des milliers. J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de...
    Voir plus

    "Plutôt que d'entendre raconter, puisses-tu voir toi-même."
    Proverbe rwandais, "Les proverbes en kinyarwanda"

    "J’ai cru qu’ils m’étouffaient. J’ai cru qu’ils effaçaient ce que nous avions vécu. J’ai cru qu’ils étaient des dizaines ou des milliers. J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi. J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de moi. Peut-être que le Rwanda et moi ne faisions plus qu’un. Ils nous ont violés au même instant."

    Il est des lectures qui, la dernière page tournée, vous intimident. Voilà une petite quinzaine de jours que je procrastine l’écriture de ma chronique. Comment rendre compte de ce roman sans le trahir ? en parler sans l’écorner ? dire tout le bien que j’en pense sans flagorner ?

    "Ceux qui ne savent qu'écrire n'ont pas d'issue, car il n'y a pas de mots. Il n'y a pas de mots. Il n'y a pas de mots. Il n'y a pas de mots."

    Comment avoir les mots, en effet ? Ces mots qu’à la lecture j’ai enfouis en une boule tout au fond de ma gorge et qu’il va bien me falloir faire remonter à la surface pour vous dire combien "J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi" est un premier roman d’un souffle rare, bouleversant, puissamment écrit. Voilà, c’est dit. Mais encore…
    Je remercie les fées des #68premièresfois de l’avoir inclus dans la sélection d’automne alors qu’il a été publié ce printemps et que, pour une raison qui m’échappe tout à fait, il n’était pas apparu sur l’écran de mon radar littéraire.

    Non, le roman de Yoan Smadja n’est pas un récit de plus, le récit de trop, sur le génocide Tutsi de 1994, même si, bien sûr, viennent à l’esprit "Une saison de machettes" de Jean Hatzfeld, "Petit Pays" de Gaël Faye, "Un dimanche à la piscine à Kigali" de Gil Courtemanche, ou tout récemment "Tous tes enfants dispersés" de Beata Umubyeyi Mairesse embarqué lui aussi dans l'aventure des #68premièresfois, pour ne citer qu’eux.
    "J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi" est un modèle de texte qui entrelace l’intensité de destins personnels et la destinée d’un pays, l’histoire de personnes prises dans la tourmente écœurante de l’Histoire, sans jamais tomber dans le pathos grandiloquent, l’empathie facile, le voyeurisme gratuit.

    "C'est en avril 1994 que j'ai demandé à Dieu de divorcer."

    Cette première phrase – et quelle première phrase ! – est aussi le titre du dernier article qu’écrira Sacha Alona. Sa carrière de reporter de guerre s’arrête à Kigali, au printemps 1994. Elle quittera définitivement les pages internationales du quotidien pour se consacrer aux critiques gastronomiques dans l’espoir d’y trouver une douceur salvatrice.

    Après avoir couru le globe, l’Afghanistan, la Somalie entre autres, Sacha est envoyée en Afrique du Sud pour couvrir les premières élections post-Apartheid. À peine est-elle descendue de l’avion en provenance de Paris, qu’elle et Benjamin, son photographe, à la faveur d’un accrochage avec un convoi de camions, découvrent une cargaison d'armes à destination de la capitale rwandaise qu’agitent les premiers soubresauts de tensions entre Hutu et Tutsi.

    "La frontière entre les deux communautés était à l’origine relativement poreuse. Hutu et Tutsi partageaient les mêmes caractéristiques de langue, de civilisation, de coutumes et de religion. La différenciation […] était davantage de type classique, voire sociologique."
    "Entre les Hutu et les Tutsi, la déchirure est celle du quotidien, elle est intime."

    Mus par un instinct professionnel aguerri, Sacha et Benjamin décident de partir pour Kigali faisant fi de l’avis de Witz, rédacteur en chef du Temps, journal qui les emploie tous deux.

    "Nous aurions dû comprendre ce qui se passait au Rwanda bien avant le printemps de cette année-là. Peut-être avions-nous tenté de ne pas voir, de nous rassurer. Peut-être avions-nous baissé la garde. Alors que les Rwandais et la communauté internationale auraient dû ne pas céder un pouce de terrain, ils avaient détourné les yeux, des années durant, face à l'hydre. Jusqu'au naufrage."

    "J’ai cru qu’ils enlevaient toute trace de toi" raconte en parallèle les massacres atroces de la guerre civile au Rwanda et l’histoire familiale de Daniel Kobeyisi, médecin particulier de Paul Kagame, de Rose, son épouse et fille du commis de cuisine de l’ambassade de France ainsi que de leur unique enfant, Joseph.

    "Elle est mon sol, il est mon ciel."

    Ces deux récits, l’un portant le regard extérieur et distancié de la journaliste,

    "Elle s’envolait, libre, douée d’une faculté rare : la capacité à percevoir le monde avec les yeux de l’autre. Inébranlablement convaincue que la matière dont se compose l’homme est si fragile, si fluide, que l’écoute ne peut que la révéler. Witz attendait d’elle qu’elle raconte les villes, qu’elle en rapporte le crépuscule, les instants précieux et, à travers eux, les affres de l’homme, l’aspérité des âmes, le battement des cœurs."

    l’autre offrant à lire ce que Rose perçoit dans sa chair-même sont d’une justesse rare. Les événements innommables de ce printemps rwandais sont consignés soigneusement et simultanément dans deux petits carnets qui ne quittent jamais, ou presque, leur propriétaire. Le premier a toutes les qualités de l’écrit journalistique, nerveux et concis, basé sur des faits réels et vérifiés. Le second, noirci des lettres que Rose écrit journellement et vainement à son mari, est émouvant, empreint d’un lyrisme contenu. Il porte la parole de Rose, muette de naissance, il est son témoignage. Elle y confie d’abord ses inquiétudes, avant d’y consigner l’horreur et la fuite éperdue pour tenter d’échapper à la pire des barbaries où les amis d’hier se muent en tortionnaires sanguinaires.

    Les mots, voilà ce qui lie Rose et Sacha.
    Le carnet noir, "sale et élimé" de Rose se retrouve dans les mains de Sacha, quelque vingt ans plus tard, un lundi d’avril 2017 et déclenche a posteriori le compte-rendu de l’horreur absolue qu’elle a vue ce printemps-là au pays des mille collines et qu’un passage à lui seul résume :

    "Benjamin posa son appareil photo, Sacha posa son carnet, son stylo. […] Sacha songea que ça ne lui était jamais arrivé. Quoi qu’elle ait vu, quoi qu’elle ait entendu, elle n’avait jamais posé son carnet. Ni en Afghanistan, ni en Somalie, ni ailleurs. Elle n’était jamais intervenue. Elle n’avait jamais saisi la main d’un enfant. Et elle comprit, quoique leur geste fût spontané, instinctif, irrémédiablement humain, que quelque chose s’était brisé."

    Ce moment où la journaliste chancelle pour laisser enfin affleurer la femme.

    Le dernier tiers du livre est terrible, à la limite du supportable avant que la fin, poignante, ne vienne rallumer une parcelle d’espoir. Impossible d’en rendre compte sans en déflorer ce qui en fait le sel et que je ne veux pas gâcher. Reste la beauté des mots pour dire autant la bestialité la plus immonde que l’amour le plus pur de deux femmes pour un jeune garçon.

    "À ce moment précis et pour la première fois de ma vie professionnelle, j'aurais voulu être à Paris. Je l'ai voulu obstinément, déraisonnablement. Échapper à cette laideur, dire « Désolée je n'ai rien vu », faire comme si je n'étais jamais venue puis refermer la porte, me retirer sur la pointe des pieds, me rassurer, me dire que de toutes façons je n'aurais rien pu faire."

    Raconter, ne jamais cesser de raconter. La mémoire est là pour ne pas perdre le fil, le récit est le plus sûr moyen de ne pas oublier, de se ressouvenir, et dire l’histoire d’un passé qui heureusement n’est plus et ne doit jamais se reproduire.

    Ce livre est lauréat du premier #prixHonorédeBalzac.
    1er roman, lu pour la session automne des #68premieresfois

    https://www.calliope-petrichor.fr/2019/11/21/j-ai-cru-qu-ils-enlevaient-toute-trace-de-toi-yoan-smadja-belfond/

  • add_box
    Couverture du livre « J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi » de Smadja Yoan aux éditions Belfond

    DELPHINE MARTEL sur J'ai cru qu'ils enlevaient toute trace de toi de Smadja Yoan

    Bouleversant, lu dans le cadre des merveilleuses 68 premières fois, je n'ai pas pu le lâcher et l'ai lu d'une traite.
    Le sujet si délicat du génocide rwandais avait été merveilleusement rappelé à nos mémoires grâce au livre de Gaël Faye mais ce premier opus de Yoan Smadja permet d'aborder le...
    Voir plus

    Bouleversant, lu dans le cadre des merveilleuses 68 premières fois, je n'ai pas pu le lâcher et l'ai lu d'une traite.
    Le sujet si délicat du génocide rwandais avait été merveilleusement rappelé à nos mémoires grâce au livre de Gaël Faye mais ce premier opus de Yoan Smadja permet d'aborder le sujet d'une manière originale ce conflit qui me hante car je pense que ce sont les premières images que j'ai vues à la télévision d'un conflit contemporain.
    Une journaliste aguerrie prend ici une décision radicale quant à la suite de son projet professionnel, elle est accompagnée dans ce périple fou qui débute par un "banal" accident de voiture par un ami photographe qui est vraiment retrait et fait de ses yeux la meilleure des pellicules.
    Evidemment on s'interroge sur la lâcheté des Etats occidentaux qui ont abandonné les ressortissants Tutsi sur place, on tente d'imaginer l'horreur d'un massacre programmé poussé à son paroxysme en 3 mois et 10 jours selon wikipédia...
    Quelle claque, bravo d'avoir imaginé ces personnages, ce témoignage épistolaire qui fait d'une femme muette, la plus criante des porte paroles!

Ils le suivent

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !